INFUSOIRES
arcelles. On cite aux États-Unis une espèce terrestre de foraminifères qui serait voisine des gromies et des milioles.
Le volume des foraminifères, quoique généralement très-peu considérable, peut, dans certains cas, l’être davantage. Il y a des nummulites (fig. 597) qui ressemblent à des pièces de monnaie et ont jusqu’à trois ou quatre centimètres de diamètre. Les foraminifères de ce genre ne sont connus qu’à l’état fossile.
Quelques auteurs ont cru devoir rapprocher des foraminifères le corps appelé Eozoon, que l’on a décrit comme un fossile caractéristique des dépôts laurentiens, dépôts très-antérieurs aux terrains siluriens, et que l’on regarde comme étant les plus anciens des terrains fossilifères; mais cette manière de voir n’est pas généralement admise.
Classe des Infusoires.
Les Infusoires, aussi nommés Microzoaires ou animaux microscopiques, parce que le microscope permet seul de les apercevoir, tant ils sont petits, sont des 'êtres d’une organisation fort simple, qui vivent en quantités innombrables dans les substances en décomposition, ainsi que dans les eaux, soit douces, soit marines, dans lesquelles pourrissent des corps organisés. Les infusions faites au moyen de ces substances permettent de se procurer, pour ainsi dire à volonté, de semblables animalcules ; c’est même à cause de cela que ceux-ci ont reçu le nom qui sert habituellement à les désigner.
Quoique les infusoires aient des organes de reproduction, divers auteurs ont pensé que ces protozoaires se développent dans certains cas par génération spontanée, c’est-à-dire sans parents ni germes, et que les agents physiques peuvent suffire à leur apparition. Et ce qui permettait de supposer qu’il en est réellement ainsi, c’est que les infusions en fournissent même après qu’on les a exposées à une température très-élevée, capable de détruire tous les germes qu’elles pourraient contenir. Mais l’eau maintenue absolument pure et les matières organiques soustraites au contact de l’atmosphère sont impuissantes à fournir de ces animalcules. L’air qu’on y ajoute ne peut pas davantage leur donner celle propriété, si l’on a pris la précaution de lui faire préalablement traverser un tube chauffé au rouge, ou si on l’y a amené en le lavant dans un vase qui renferme de l’acide sul-
furique, ou tout autre liquide destructeur des substances organisées.
On est donc fondé à penser que dans le cas où les germes ont été préalablement détruits, c est 1 air pris a 1 atmosphère sans les précautions que nous venons d’indiquer, qui fournit la semence des infusoires, et l’on a depuis longtemps comparé l’atmosphère elle-même à une sorte de mer chargée de particules vivantes qui n’attendent comme des œufs ou des graines, pour se développer que de rencontrer des circonstances favorables à leur germination. Les infusoires étant du nombre des êtres qui peuvent se multiplier d’une façon par-
PROTOZOAIRES
thénogénésique, c’est-à-dire par gemmation ou simple division et sans le concours des sexes, un seul individu, par conséquent un seul germe apporté par l’air ou par l’eau, est capable, dans beaucoup d’espèces, de fournir en peu de temps un très-grand nombre de ces petits animaux. Il est facile de recueillir les germes des infusoires en suspension dans l’air, si petits qu’ils soient, et, en suivant leur développement, de constater la nature des animalcules qui en sortent.
Le nombre des genres de cette classe est assez considérable ; on a
Fig. 598. — Stentor. Fig. 599. — Vorlicelle (*). Fie. 000. — Phacus.
été conduit à les partager en deux ordres, suivant qu’ils ont tout ou partie du corps garni de cils vibratiles (fig. 245, 598 et 599) ou qu’ils sont simplement pourvus d’un ou de deux filaments analogues, mais alors beaucoup plus allongés et flagelliformes.
Toutefois de nouvelles observations sont nécessaires pour en assurer définitivement la classification, car il n’est pas certain, par exemple, que beaucoup d’infusoires pourvus d’un ou de deux longs cils seulement, c’est-à-dire les infusoires fiagellifères, ne soient pas un premier état de certaines algues: les. phacus (fig. 000) rentrent en particulier dans cette catégorie.
Dans d’autres cas, on a été trompé par les métamorphoses que plusieurs genres d’infusoires subissent.
Les observations des micrographes ont montré que différents infusoires possèdent une bouche, parfois même un an#s, et que la sub- (*)
(*) l’iusieurs individus portes par leur pédicule contractile.