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la couronne des dénis molaires émoussée el tuberculeuse, le porc (fig. 29) esl un de ceux chez lesquels ce caractère est le plus accentué.

Fig. 55. — Les dénis du Cheval vues par la couronne.

Beaucoup de singes, les ours, les chiens, les lamantins (fig. 57), les rats, ■et un assez grand nombre d’autres, appartiennent a cette catégorie. Une disposition peu différente se retrouve chez ceux qui sont frugivores.

Les mammifères vivant d’insectes ont aussi les dents garnies de tubercules; mais ces tubercules sont en général plus relevés, plus «aigus et plus obliques :c’cstce que l’on voit chez les petites espèces de singes ou de lémuriens et chez les chauves-souris, les taupes (fig.58\ les musaraignes (fig. 59 et 00), certaines mangoustes, les sarigues et chez

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les antéchines, qui sont de petites espèces du genre australien des dasyures.

Chez les herbivores, les denlsont lacouronne surmontée d’arêtes lon-

gitudinales, arquées ou transversales, et, dans certains cas, on y voitdes replis de substance dure, c’est-à-dire d’émail, qui en augmentent la ré-

Fig. 58. — Dentition de la Taupe.

Fig. 59. — Dentition de la Musaraigne des sables.

sistance : tels sont les chevaux (fig. 55), les ruminants (fig. 56), certains rongeurs, etc. Les dents des carnivores sont tranchantes : elles coupent, comme des lames de ciseaux. Nous citerons pour exemple celles du chat domestique (fig. 54) et des autres espèces du genre Felis, dont la formule a été indiquée plus haut.

Celles des animaux piscivores sont comprimées et à couronne festonnée, afin de mieux retenir les poissons et en même temps de les couper (fig. Gi).

On sait que les oiseaux manquent de dents, ou que du moins ils n’ont que des rudiments de ces organes caches sous la corne de leur bec et très-difficiles à observer. La corne

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si dure de ce bec leur lient lieu d’organes de mastication, et ils n’ont pas non plus de lèvres. Il en est de même des tortues.

Les crocodiles possèdent au contraire de véritables dents, mais qui

n’ont jamais qu’une seule racine; et chez d’autres reptiles ces organes, au lieu d’être thécodontes, c’est-à-dire implantés dans des alvéoles, se soudent au corps même des mâchoires ou bien ils sont appliqués contre

Fig. 62. — Crâne et dentition des Serpents (*).

leur l'ace interne. Dans le premier cas, on dit que les reptiles sont aerodontes (caméléons, agames); et dans le second, pleurodonles (lézards, iguanes). Le mode d’implantation des dents des serpents n est pas moins remarquable, el il existe de ces organes sur les os palatins et pterigoidiens de ces animaux (fig. 02).

( *)a,b,c , crùno do la Vipère, vue en dessus, en dessous cl de profil ; — d, ses crochets ou dents venimeuses; — c, coupe d’une dent venimeuse pour montrer le canal qui la traverse et la position de son bulbe; — f cl g, cr;\nc de la Couleuvre à collier.

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Les poissons présentent, sous le rapport de la dentition, des différences plus grandes encore que les reptiles ou les mammifères, mais dont le détail n’importe pas aux questions que nous avons à traiter en ce moment ; nous renvoyons donc pour ce qui les concerne aux ouvrages spéciaux d’ichthyologie, en nous bornant à dire que les animaux de cette classe ont souvent un très-grand nombre de ces organes, et que leurs dents peuvent être insérées sur des parties très-diverses et qui, pour la plupart, en sont toujours dépourvues chez les espèces des classes supérieures.

Structure des dents. — On a longtemps pensé que les dents ne différaient pas des os par leur structure, ou même qu’elles n’avaient pas de

I’ig. 03. — Développement et structure des dents (*)•

structure propre ; et malgré les travauxdu célèbre micrographe Leuwenhoeck, cette opinion était acceptée il n’y a encore qu’un petit nombre d'années. On sait maintenant que les dents sont composées de trois substances différentes: l’émail, l’ivoire et le cément.

L émail est l enveloppe extérieure et vitrée de la couronne dentaire.

<*) A, H et C= phases diverses du développement d’une dent de lait • — Pct iP „„rm„ de cette dent ; - b, la dent de la deuxième dentition qui devra la remplacer : celle-cr n’est visible que dans les figures 15 et C. - I) = bulbe dentaire très-grossi; - „ Cst le sac ou follicule de ce bulbe; - b, la membrane qui fournira l'émail; - d, le bulbe qui se transformera en ivoire en se solidifiant; - c, les vaisseaux et le nerr dentaire - F = dent incisive de l’homme sciée verticalement pour en montrer la structure - - 'a l’émailb, 1 ivoire et ses canalicules ; - c, la partie du bulbe non encore soli.liîién ultérieurement transformée en ivoire; — d, le cément ou matiém ’ ' S ^Ul SCni

racine. — E’=» coupe transversale de la môme dent, prise au milieu dr 'lT -1*1- r'.'C0"'’raut. la ossifié; — c, partie encore molle de l'ivoire; — d cément r ' ' l‘l.t:"11C; /',lvoire prise à la couronne ; - «, émail ; - b, ivoire - È"Z «ZÏ = nZ- ^ ,lcnt’

pour montrer les tubes calcigères ou canalicules dont il est criuTé 1 F-^

sciée verticalement; — a, émail; — b les tubes ralri^- . I — dent de Squale

gro, q„e chez le, mammifère, ; - c,’ p.ni„ hiférieure'üu bl""‘ r£'6''li<!rS * P'""

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11 résulte de l’accolement, sous la forme d’une couche solide et comparable au vernis des faïences, d’une multitude de cellules allongées, d’abord molles et semblables aux filaments du velours, mais susceptibles d’acquérir promptement une consistance fort dure. C’est lui qui constitue la partie extérieure et prolectrice des dents; on pourrait la comparer à une sorte d’épiderme vitreux.

L’ivoire a plus de ressemblance avec les véritables os, mais sa consistance est plus grande que la leur. C’est la partie principale des dents; on l’a quelquefois nommé pour cela dentine, ou, à cause des nombreux canalicules qui en parcourent la masse, substance tubulaire. Il répond à la pulpe dentaire ossifiée, et sa solidification se fait de l’extérieur à l’intérieur. De là résulte que, dans les dents qui ont été

arrachées avant d’être complètement formées, la base est toujours plus ou moins évidée, la partie molle ayant disparu. G est a Leuwenboeek que l’on doit la découverte des canalicules calcigères de l'ivoire, canalicules si déliés, que leur ouverture n’admet pas même les globules du sang.

On emploie à différents usages 1 ivoire de plusieurs espèces d animaux : celui des éléphants, de l’hippopotame, du morse, du narwhal et des cachalots, est surtout recherché, el 1 on trouve dans certaines localités de la Sibérie, ainsi que dans l’Amérique boréale, des amas de dents fossiles d’éléphants, soit défenses, soit molaires, assez bien consenée pour qu’on les utilise comme celles des animaux fraîchement morts. Dans certains gisements, elles ont été trouvées en très-grand nombre, et il aétérecueilliavec elles des poils provenant des memes éléphants.

Le Cément, aussi appelé cortical osseux) est la troisième des substances qui concourent à la formation des dents. Il enveloppe surtout leurs racines, et, dans certains cas, on l'observe aussi dans les replis de leur couronne, entre ses lobes, au-dessus de l'émail, où il sedéveloppe dans des excavations ménagées à la surface de la dent. 11 existe abondamment (*)

(*) a, ivoire ; — h, émail ; — c, cernent ou cortical osseux.

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sur les molaires des éléphants (fig. 65 et 66), et c’est lui cpii comble les intervalles de leurs crêtes ou collines; par contre, les mastodontes (fig. 5), en sont privés, et le caractère différentiel en Ire ces deux genres de proboscidiens consiste en ce que le premier, qui renferme à la foisdes espèces vivantes et d’autres éteintes, a toujours la couronne des dents molaires cémentées, tandis que le second, dont lesespèces sont toutes anéanties, a les molaires dépourvues de cément. Ce dernier caractère se retrouve chez les dinolhériums, qui sont aussi des fossiles appartenant au même ordre de mammifères.

Le cément est une substance osseuse semblable à celle des os, et l’on y retrouve les corpuscules étoilés, visibles au microscope, qui font reconnaître ces derniers.

Les caractères fournis par la structure intime des dents ne sont pasmoins importants que ceux que l’on lire delà forme extérieure de cesorganes ou de la formule suivant laquelle ils son t disposés. On est arrivé, par l’étude microscopique des dents prises chez différents genres d’animaux éteints, à mieux comprendre leurs affinités zoologiques ou à

Fig. 65. — Dent molaire de F Éléphant cl’Afrïque.

Fig. 66. — Dent molaire de l 'Éléphant de l'Inde.

les définir d’une manière plus précise qu’on ne l’avait fait d’abord. C’est ainsi que les zeuglodontes, gigantesques vertébrés marins, qui sont fossiles aux Etats-Unis, ont été reconnus pour des mammifères et retires de la classe des Reptiles dans laquelle on les avait d’abord places. Les dents des labyrinthodontes ou mastodonsaures, grands batraciens anéantis, dont les pistes, observées dans les grès du trias, ont etc d’abord décrites sous le nom de ehirothériums, présentent de leur cote un caractère qui leur est exclusivement propre : il consiste dans des rentrées llexueuses de l’émail séparant, comme par autant de rayons, 1 ivoire en différents secteurs. Ce caractère permet de distmgucr aisément une dent de ce genre do celles de tous les grands îepliles ou poissons des mêmes terrains.

8 IV. — Cilandes du tube digestif et sécrétions qu’elles fournissent.

La membrane digestive doit ses qualités muqueuses non-seulement à la disposition facilement perméable de sa tunique fibreuse, mais encore à la présence dans cette tunique, au-dessous de l’épithélium qui la recouvre, d'une multitude de petits sacs glanduleux destinés à sécréter divers liquides qui viennent s’épancher à sa surface pour agir sur les aliments. Certains de ces sacs glanduleux restent séparés les uns des autres et conservent leur individualité propre; d’autres sont associés sous la forme de petites grappes, et versent leur produit par un canal commun. Il en est de plus compliqués encore, acquérant un volume et une importance tels, par la multiplicité des éléments glandulaires dont ils sont formés, qu’ils deviennent des organes du premier ordre etacquièrent un volume considérable : tel est le foie, qui possède une poche de dépôt, placée sur le trajet de son canal excréteur et destinée à retenir pendant un temps déterminé le tluide qu il produit .

Tous les organes de sécrétion, cutanés, intestinaux ou autres, simples ou compliqués, possèdent, dans leur partie spécialement sécrétrice, un épithélium particulier dont les cellules sont elles-mêmes des agents de ces sécrétions. Pour chaque sorte de glande sécrétrice, ces cellules élaborent un produit particulier, et, lorsqu'elles crèvent ensuite, leur produit se mêle au liquide exsudé à travers la membrane à la surface de laquelle s'opère la formation; de même nous voyons dans la peau des oranges de petites loges remplies d’utricules chargées du principe essentiel et dénaturé inllammable qui se dé\eloppe dans le péricarpe de ces fruits.

Le phénomène des sécrétions ne se passe pas autrement chez les animaux. La différence réside seulement dans la grande simplicité de l’appareil sécréteur pour le fruit qui vient d être cite comme exemple, et dans sa complication au contraire extrême, lorsqu il s agit d une sécrétion animale ayant l’importance de la salive, de la hile ou du un gastrique, étudiés chez les animaux les plus élevés. Mais la sécrétion biliaire elle-même, chez les espèces animales les moins parfaites, a déjà une analogie évidente avec la sécrétion telle que nous la montrent le^ végétaux, et le foie résulte alors d’une multitude de glandules éparses le long de la partie de l’intestin de ces animaux qui répond au duodénum. De simples petits cryptes, disséminés sur cette portion du tube digestif, sont chargés de la sécrétion biliaire, et la structure de ces poches le cède encore en simplicité -à celles qui fournissent le mucus intestinal ou le suc gastrique dans les espèces des premières classes.

Nous partagerons les organes sécréteurs placés sur le trajet du tube digestif en gldàutes et en glandes conglomérées. Cette division, tout artificielle qu’elle puisse paraître, nous permettra de mieux saisir 1 împor-

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