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T 11 Ê 01U K DE CETTE FONCTION

ments plus faciles à avaler, elle agit en même temps, par sa ptyaline ou principe actif, sur les substances amylacées ou féculentes, dont elle commence la transformation en glucose ou matière sucrée. Nous savons en effet que l’action de la ptyaline est analogue a celle de la diastase, et nous retrouverons la même transformation chimique des piincipes amylacés en sucre chez les végétaux lorsque nous étudierons leui s fonctions nutritives. Ces principes dont les végétaux sont plus ou moins abondamment pourvus éprouvent, chez eux, une modification analogue à celle que nous voyons subir aux aliments de même nature dans le tube digestif des animaux ou aux cellules de même composition qui se développent dans le foie et dans d autres parties du corps de ces derniers.

La mastication et l’insalivation étant accomplies, la déglutition intervient pour faire passer les aliments de la bouche dans 1 estomac, en les obligeant à traverser l’œsophage. Cet acte est du nombre de ceux qui sont essentiellement mécaniques. Les aliments arrivent ainsi dans l’estomac sous la forme d’une pâte molle, mélange de substances salines avec les principes ternaires, gras ou féculents, et avec les principes quaternaires, tels que la gélatine, la fibrine, 1 albumine, la caséine, etc. C’est sous l’influence de ]a sécrétion stomacale, ainsi que du ressassement opéré par les contractions de l’estomac, que le bol alimentaire prend une apparence homogène. On a donné a cette opération le nom de chymification.

Réauinur, voulant s’assurer si l’estomac agit en dissolvant les aliments ou au contraire en les broyant mécaniquement par la force de ses contractions, introduisit dans cet organe de petites sphères métalliques percées de trous et remplies de viande. Les mouvements de l'estomac étant ainsi rendus impuissants par la résistance des boules, la viande n’en fut pas moins dissoute, grâce aux sucs sécrétés par celte partie du tube intestinal, et l’on acquit ainsi la preuve que la digestion stomacale est ayant tout un acte de dissolution.

Vers la même époque, Stevens répéta ces expériences sur un homme qui avait la faculté, propre à certains bateleurs, d’introduire dans son estomac des corps étrangers et de les rendre ensuite à volonté. Ses conclusions furent analogues à celles de ltéaumur.

11 en fut de même pour Spallanzani, qui, en retirant, au moyen d’éponges, du suc gastrique de l’estomac de différents animaux, et en agissant ensuite en vase clos et à une température convenable à l'aide <lu suc exprimé de ces éponges sur des substances alimentaires, réussit a opérer artificiellement et en dehors de l'organisme de véritables digestions de viande.

Plus récemment, W. Beaumont a pu répéter ces observations sur un Canadien qui avait une ouverture tisluleuse de l’estomac, suite d un coup de feu. 11 a aussi reconnu l’action dissolvante que cet organe exerce sur les aliments, et le docteur Blondlol (de Nancy) a entrepris des expériences analogues sur des animaux, en pratiquant

DI EST ION

tos

des fistules stomacales artificielles. Deux opérations de gastrotomie, récemment pratiquées à Paris sur l’homme, ont permis de contrôler quelques-unes de ces remarques.

C’est sur les substances de composition quaternaire que le suc gastrique agit particulièrement ; l’estomac est le siège de la digestion de ces aliments, ainsi que le lieu où ils sont absorbés. Les veines en opèrent l’absorption à travers les parois de sa propre cavité et ils sont ainsi versés dans le torrent circulatoire ; il en est de même pour les boissons.

La chymification est donc un phénomène complexe, duquel résulte la possibilité, pour les substances quaternaires et par conséquent azotées, d’être absorbées immédiatement, et pour les substances ternaires, soit grasses, soit amylacées, celle de continuer séparément leur route, c’est-à-dire de passer de l’estomac dans les intestins. C’est pourquoi l’expérience ayant pour but de faire digérer artificiellement des aliments au moyen de suc gastrique retiré de l’estomac ne réussit pas lorsque, au lieu de chair musculaire, de cervelle, de caséum ou de toute autre substance analogue et de nature également plastique, on emploie soit des fécules soit des corps gras.

L’absorption de ces derniers exige une seconde digestion, qui a lieu dans l’intestin au moyen du suc pancréatique et de la bile ; cela est si vrai, que si, au lieu d’employer inutilement du suc gastrique pour la digestion artificielle des aliments féculents, on a recours à du suc pancréatique, leur transformation s’opère aussi promptement cjue si elle s’accomplissait dans les intestins. Dans le but de faire plus aisément ces essais, on a pratiqué sur des ruminants ou cl autres animaux des fistules permettant d’éconduire le suc fourni par le pancréas et de le recueillir extérieurement au fur et à mesure qu'il se produit. Le même procédé a aussi été employé pour obtenir de la bile et en étudier le mode d’action. 11 a également permis de faire des expériences sur la salive recueillie séparément a laide de fistules piatiquées sur le canal de Sténon ; de la sorte la salive des parotides a pu être isolée de celle fournie par les sublinguales ainsi que de celles des

sous-maxillaires.

M. W. Bush, médecin à l’hôpital de Bonn, a observé avec attention une femme chez laquelle un coup de corne de taureau avait déterminé une plaie fistuleuse du duodénum; dans ce cas, pour ainsi dire complémentaire de celui décrit par Beaumont, il a constaté que le chyme arrive dans l’intestin après avoir perdu la plus grande partie des substances plastiques contenues dans les aliments ingérés, et qu il ne se compose plus guère que des corps gras et amylacés.

Le suc pancréatique détermine la transformation déjà commencée par la salive, des matières amylacées en un principe sucré qui est ensuite absorbé parles intestins. C’est ainsi que se forme en grande partie le chyle, qui passe à travers les parois intestinales, par l’intermédiaire des villosités, pour être reçu, non plus dans les veines, comme

CIRCULATION

cela a lieu pour l’albuminose fournie par les aliments plastiques digérés dans l’estomac, mais dans des vaisseaux particuliers que nous avons appelés vaisseaux chylifères. En outre, le suc pancréatique concourt, avec la bile, à l’émulsion des principes gras, et c’est après avoir été ainsi émulsionnés que ces derniers sont, à leur tour, pompés par les vaisseaux chylifères au moyen des villosités auxquelles ces vaisseaux aboutissent et versés par eux dans la masse du sang. Le canal thoracique est particulièrement chargé de les y conduire.

Cependant le chyle intestinal, tel qu’il est transmis par 1 estomac au duodénum, possède encore une certaine quantité de principes plastiques ou azotés; la digestion en est terminée dans les intestins, et chez beaucoup d’espèces le cæcum constitue sur le trajet de ces derniers un réservoir qu’on a souvent comparé à un second estomac. On le trouve rempli de la portion des aliments qui n’a pas encore subi l’action des sucs digestifs, et diverses glandules dont les parois de l'intestin sont garnies achèvent, en ce qui concerne les principes azotés, le travail commencé dans l’estomac proprement dit.

Peu à peu s’opère, à travers les parois de l’intestin, l’absorption des matières assimilables, et celles qui n’ont pas la propriété de pouvoir être utilisées par l’économie, ou qui ont résisté pour une cause quelconque à l’action des sucs digestifs ou ont échappé à cette action, sont rejetées au dehors par l’anus. Tel est le mode de formation des excréments ou fèces, dans lesquels on retrouve, avec les matières incapables de servir à la nourriture des animaux, celles qui n’ont subi pendant leur trajet à travers le tube digestif aucune modification ou qui n'ont été qu’incomplétement transformées. La bile en retarde la décomposition et prévient ou ajourne les accidents putrides auxquels leur trop prompte décomposition pourrait donner lieu.

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