CŒUR
doivent le faire passer dans les artères, existent aux points mêmes où chaque oreillette débouche dans le ventricule correspondant. 11 y en a aussi à l’endroit oii les ventricules sont à leur tour en rapport avec les artères, soit l’artère pulmonaire, soit l’artère aorte. Ce sont des espèces de voiles minces, mais résistants, qui ont une forme concave, leur concavité étant tournée du côté vers lequel le sang se dirige.
Les valvules auriculo-ventriculaires sont les plus étendues et aussi celles qui diffèrent le plus des valvules ordinaires propres aux veines. Elles sont, grandes, triangulaires, attachées aupointdu cœur dontelles commandent l’entrée par leur base, et en rapport par le sommet opposé à cette base avec des filaments tendineux. Ceux-ci sont comme des espèces de cordages qui les rattachent aux colonnes charnues de la face interne des ventricules; aussi peuvent-elles se resserrer ou s’écarter, suivant qu’elles doivent laisser passer le sang des oreillettes dans les ventricules ou, au contraire, l'empêcher de refluer et de rentrer des ventricules dans les oreillettes.
L’ouverture auriculo-ventriculaire droite a sa valvule triple ou formée de trois voiles triangulaires : c’est la valvule tricuspide ou triglochine. Celle de l’orifice auriculo-ventriculaire gauche n’a que deux voiles, ce qui est en rapport avec la forme de ce ventricule, dont les parois charnues sont beaucoup plus épaisses que celles du ventricule opposé; on la nomme valvule mitrale , c’est-à-dire en forme de mitre. Chez les oiseaux, cette valvule présente une disposition assez différente de celle qu’elle affecte dans les mammifères : elle se compose de deux lames semi-lunaires, charnues, de grandeur inégale et dépourvues de filaments tendineux susceptibles de la rattacher aux colonnes charnues du ventricule.
Chez les baleines, la valvule mitrale est à trois pointes et très-peu différente de celle du cœur droit.
Les autres valvules du cœur existent au point d’insertion des artères pulmonaire et aorte sur les ventricules correspondants. Elles sont, dans l’un et l’autre cas, formées de trois petites cupules auxquelles leur forme a fait donner le nom de valvules sigmoïdes.
Bulbe artériel et valvules du coeur des poissons. — Les poissons acanlhoplérygiens et malacoptérygiens ainsi que les lophobranches et les pleclognalhes, c’est-à-dire les poissons ordinaires et de même ordre que la perche, la carpe, l'hippocampe et le diodon, ont aussi des valvules sigmoïdes, mais au nombre de deux seulement. Quelquefois cependant on leur en trouve trois ou même quatre, les deuxième et troisième étant, il est vrai, de dimension beaucoup moindre (fig. 87, A et A').
L entrée de 1 artère branchiale de tous les vertébrés de celte classe est renllée en une ampoule allongée et douée d’une grande élasticité ; c est le bulbe artériel. Cet organe manque ou disparaît de, très-bonne heure chez les vertèbres allanloïdions, c’est-à-dire chez les vertébrés supérieurs.
CIRCULATION
Dans les poissons plagiostomes (raies et squales), on trouve tantôt deux, tantôt trois rangs de valvules sigmoïdes dans le bulbe artériel : elles sont multiples pour chaque rang (fig. 87, B).
Chez les esturgeons, les lépisostées, les polyptères, les calarnichthes et les amies, poissons appartenant au groupe des ganoïdes rbombiteres, il y a aussi deux rangs de ces valvules, mais le nombre de ces dernières présente quelques différences. On a tiré de ces dispositions des caractères utiles pour la classification.
Les batraciens à branchies persistantes présentent une conforma-
tion assez analogue. Ils ont un bulbe artériel à tous les âges, et ce bulbe est de même garni intérieurement d un certain nombre de valvules.
Artères. — Le sang, chassé du cœur pour être envoyé aux differents organes, passe dans les artères, vaisseaux auxquels leur élasticité permet de se dilater sans se rompre, sous l’influence des ondées sanguines qui leur arrivent à chaque contraction des ventricules. Leurs mouvements alternatifs de dilatation et de resserrement constituent le pouls, qu’on peut observer partout où il existe des artères suffisamment grosses.
Ces vaisseaux sont formés de trois tuniques membraneuses : la pre- (*)
(*) A = cœur et scs valvules chez le Thon. — a, veines caves; — fc, oreillette; — c, ventricule ouvert» pour montrer les valvules sigmoïdes placées à son point de jonction avec le bulbe artériel (d). — A' = les valvules sigmoïdes isolées. — R = bulbe et artère branchiale du Squale lamie. — a, les trois rangs de valvules de l’intérieur du bulbe; — h, artère branchiale et ses divisions.