‹ Éléments de zoologieChapitre 45 sur 184 · THÉORIE · texte numérisé non relu

THÉORIE

■tirait pour eux la cause d’une mort presque immédiate. D’ailleurs la région postérieure du poumon des serpents manque presque entièrement de vaisseaux sanguins, et elle se*lrouve réduite a un simple réservoir fournissant peu à peu à la région antérieure de cet organe l'oxygène dont elle a besoin pour hématoser le sang : aussi ces reptiles peuvent-ils suspendre leurs inspirations d’air plus longtemps encore

que les autres.

Diversité des modes et des organes de respiration. Comme on le

voit, tous les animaux son t bien éloignés d’avoir une égale activité respiratrice, et il s’en faut aussi de beaucoup qu’ils respirent tous par des organes de même forme ou de même complication. Indépendamment des particularités déterminées par le rang que les différentes espèces occupent dans la série zoologique, et qui font que les unes ont une organisation plus parfaite, tandis que les autres leur sont inférieures, ces organes présentent aussi des variations qui tiennent aux conditions dans lesquelles chacune de ces espèces est appelée à vivre. Les animaux qui sont aquatiques cl restent plongés sous l’eau pendant

() a, a, poumons droit cl gauche; — b, cœur entouré de son péricarde; — c, origine de la crosse de 1 aorle; d, artère pulmonaire; — e, veine cave supérieure; — f, trachéeartère , — g, g, bronches; h et i, veines jugulaires externes et internes; — k,k, veines sous-clavières , p, partie inférieure du sternum et cartilages costaux, coupés pour faire voir le diaphragme.

I! ESIURATION.

toute leur vie n’avaient pas besoin, comme ceux qui habitent l'air, d’avoir leurs organes de respiration protégés contre la dessiccation, puisqu’ils peuvent fonctionner sans craindre cet inconvénient, qui serait funeste aux animaux aériens. Nous savons d’ailleurs qu'il s’en faut de beaucoup qu’une même fonction soit toujours remplie par des organes semblables, et la respiration fournirait au besoin des preuves nombreuses de la facilité avec laquelle certains organes de nature différente peuvent être appropriés à des usages identiques si on les examine

Fig. 102.— Trachée-artère et sa ramification en bronches (*).

dans des animaux de groupes distincts. Une nouvelle source de particularités analogues est la possibilité qu’ont certaines espèces, non pas seulement de vivre alternativement et à des âges diflérents dans 1 air ou dans l’eau, mais de respirer à volonté dans 1 un de ces deux tluides ou dans l’autre : ce qui en fait des amphibies dans toute 1 extension du mot.

Respiration cutanée. — Chez tous les animaux, qu ils soient aériens ou aquatiques, ht peau concourt à l’exercice des phénomènes respiratoires; mais il n’est qu’un petit nombre d’espèces chez lesquelles cette respiration purement cutanée suffit à accomplir 1 hématose. Dans la plupart des cas, des organes spéciaux sont affectés a celte partie du service nutritif, et ces organes sont tantôt des poumons ou des trachées, tantôt des branchies. Voyons quelles sont les particularités qui les distinguent et les espèces chez lesquelles on les observe.

(*) a, trachée-artère ; — />, bronche droite se divisant en bronchioles dans le parenchyme pulmonaire; — c, bronche gauche; — d, <1, ses principales divisions apres quon a enlevé le parenchyme pulmonaire mais laissé la partie viscérale de la plèvre.

POll MON S.

Poumons. — Nous parlerons d’abord des organes propres à la respiration aérienne, qui ont reçu le nom de poumons. Les véritables poumons ne s’observent que dans l’embranchement des animaux vertébrés. On y distingue deux parties: la trachée-artère ou conduit; aérien, qui se divise en bronches, et le ; parenchyme pulmonaire , formé de l'enchevêtrement des divisions bronchiques (petites bronches, bronchioles et vésicules pulmonaires) avec les rameaux également li ès— multiplies de l'artère pulmonaire elles origines des veines de même nom.

La trachée-artère des mammifères se compose de plusieurs couches membraneuses superposées les unes aux autres. La couche interne, celle par laquelle ce tube aérifère est en contact avec l’air, est de nature muqueuse. Elle est garnie d’un épithélium vibratile, et renferme dans son épaisseur de petites glandes en grappes destinées à la sécrétion de la mucosité qui en lubréfie la surface. Elle se continue depuis le larynx, ouvert dans le pharynx au sommet de la trachée, jusqu’aux extrémités des rameaux aériens les plus rapprochés des vésicules pulmonaires, siège spécial, de la respiration. Ces rameaux prennent successivement les noms de bronches, petites bronches et bronchioles que nous avons déjà rappelés. En dehors de la muqueuse, toujours sur le trajet de l’arbre aérien qui introduit l’air dans les poumons, est une couche de nature musculaire dont les fibres sont, les unes transversales et circulaires, les autres longitudinales. Là trachée-artère est en outre soutenue par des anneaux cartilagineux élastiques habituellement incomplets dans leur partie postérieure. Les bronches ont aussi de semblables anneaux, mais ils sont moins réguliers et leur circuit n’est pas interrompu. Les anneaux de la trachée sont complètement, fermés chez les lamantins et chez les cétacés ordinaires. Ceux du dugong sont disposés spiralement. Le paresseux aï est le mammifère qui en possède le plus grand nombre : il en a environ quatre-vingts.

Les poumons sont les organes spéciaux de respiration propres aux animaux aériens de l’embranchement des vertébrés. Chez l’homme et tous les mammifères, ce sont des sacs placés dans la cavité du thorax, où ds sont enveloppés par la plèvre, membrane de nature séreuse appliquée pai un de ses doubles sur le corps même de ces organes (plèvre (*)

Fig. 103. — Structure des bronches (*).

(*) a, couche épithéliale dont ta partie superficielle est formée de l’épithélium cilié; — y membrane muqueuse; c, glande muqueuse; — d, couche musculaire; — e, cellule des anneaux cartilagineux; — /1, couche fibreuse.

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RESPIRATION

viscérale), et par l’autre, sur la paroi interne de la cage thoracique, à laquelle elle adhère (plèvre pariétale). Ces deux feuillets de la séreuse pulmonaire n’étant pas soudés entre eux, celui qui enveloppe particulièrement le poumon peut glisser avec le poumon lui-même dans l’intérieur de l’autre pendant les mouvements d’inspiration et d expiration, ce qui facilite l’entrée et la sortie de l’air nécessaire à l’hématose, attendu que la plèvre viscérale fait l’effet d’une sorte de sac qui

se remplit et se vide successivement d’air, comme le ferait une vessie que l’on placerait dans un appareil susceptible de dilatations et de contractions successives; rôle que remplit effectivement la cage thoracique doublée intérieurement par la plèvre pariétale.

11 y a deux poumons, l'un à droite, 1 autre à gauche ; le premier a trois lobes chez 1 homme ; le second deux seulement. Ce dernier est plus petit que celui du côté opposé, parce qu il doit laisser la place du cœur, qui est rejeté du même côté de la poitrine (tig. 28 et 101).

Le nombre des lobes pulmonaires n'est pas toujours le même que chez l’homme. Chez le paca, espèce de gros rongeur sud-américain appartenant à la même famille que le cochon ,,o. 104. - noscau sanguin d’Inde, il y a sepl lobes au poumon droit et des vésicules pulmonaires, quatre au poumon gauche. Chez les cétacés., le*

deux poumons n’ont qu un seul lobe chacun.

L’intérieur du poumon ou son parenchyme est formé par la réunion des canalicules aériens avec d’innombrables vaisseaux sanguins résultant de l’anastomose des artères et des veines pulmonaires mises en rapport par des vaisseaux capillaires. Des canalicules aériens, qui sont les divisions ultimes de la trachée-artère et de ses bronches, leur sont associés et portent aux poumons l’air nécessaire à la respiration. Les vaisseaux artériels y conduisent le sang noir, qui vient, au milieu des nombreux capillaires de l’organe, se débarrasser de son acide carbonique et prendre une nouvelle provision d oxygène avant de îetouim î au système aortique en traversant les veines pulmonaires et le cœur

gauche. , ,

On nomme vésicules pulmonaires ou respiratnees (tig. 10 4) les neimtis culs-de-sac de l’arbre aérien; leurs parois sont minces et couxeites d’un épithélium pavimenteux.

11 y a aussi, dans le poumon, des vaisseaux nourriciers, des vaisseaux lymphatiques, des nerfs de deux ordres, les uns provenant du système encéphalo-rachidien les autres du grand sympathique, du tissu connectif, etc. 11 en résulte une grande complication dans la structure du parenchyme de cet organe.

La cavité thoracique chez l'homme et chez les mammifères est sepa-

POUMONS

rée de la cavité abdominale par un voile fibro-musculaire, à convexité supérieure, qui est le diaphragme. Ce sont les contractions de ce diaphragme et celle des muscles de la cage thoracique (intercostaux, scalènes, etc.) qui déterminent l’entrée de 1 air dans les poumons (inspiration) et sa sortie (expiration). Les poumons se gontlent ou se vident suivant que la capacité du thorax est élargie ou rétrécie par les mouvements qu elle exécute, mais leur rôle dans cette circonstance est passif.

Chez certains vertébrés, également aériens, les poumons, au lieu d’être compliqués dans leur structure comme le sont ceux de l'homme et des mammifères, que nous prenons ici comme type, sont presque réduits à leurs parois, et ils ressemblent encore davantage aux vessies auxquelles nous avons comparé ces organes, pour mieux faire comprendre leur mécanisme.

A la face interne de ces sacs pulmonaires existe alors un réticule plus ou moins profondément gaufré, qui sert à exécuter l’hématose. Ce réticule est formé par les vaisseaux sanguins ; c’est là une disposition caractéristique des sauriens, des ophidiens et des batraciens.

Les poumons des oiseaux ont une structure assez différente de ceux des mammifères et en rapport avec la plus grande activité respiratrice de ces animaux. Cuvier disait que si l’on prend pour unité la respiration des mammifères (animaux à respiration simple), on peut regarder les oiseaux

comme ayant une respiration double. Dans l’aménagement de cette fonction chez les oiseaux, la nature avait un nouveau but à remplir: augmenter l’activité respiratrice et alléger en même temps le poids du corps.

Chez ces animaux, l’air ne s’introduit pas seulement dans les poumons : des sacs ou poches aériennes en rapport avec ces organes en reçoivent une certaine quantité, l’emmagasinent pour ainsi dire et lui donnent accès jusqu’à l’intérieur des os. Voici comment les choses se passent : un certain nombre de pièces du squelette s’évident après la naissance par la résorption de la moelle et du tissu diploïque existant d abord dans leur intérieur, et des poches provenant des poumons

H «, caWtd thoracique servant à loger le cœur et les poumons; - b, le diaphragme,

eparant cette cavité de la cav.té abdominale, qui renferme l’estomac, le foie, les intes-

ms, ce., (y section des vertèbres; — ey le canal rachidien qui entoure la moelle épiniere. 1

Fig. 105. — Coupe longitudinale du tronc chez l'IIomme (*).

RESPIRATION

mettent ces organes en rapport avec ces nouvelles cavités. L’air passe ainsi des sacs aériens dans l’intérieur des os; c est la ce qui explique pourquoi, lorsqu’on a brisé un membre chez un animal de celle classe, on peut insuffler de l’air dans ses poumons par l’os fracturé, ou, inver-

Fio. 100. — Appareil respiratoire de la Poule (*).

sentent, faire sortir de l’air par la fracture de l'os, en soufflant dans la trachée-artère. Dans certaines espèces, cette disposition est plus prononcée que dans d’autres; mais il y en a, comme 1 apteixx, °>m au de la Nouvelle-Zélande, à ailes tout à fait rudimentaires, chez lesquels il ne pénètre point d’air dans les os. Halntuellemen , es s (*)

(*) a les côtes coupées; — l>, trachée-artère; monairc; — c, sac’ aérien de la région claviculaire g et h, grands sacs aériens de l’abdomen.

c, bronches ; — rf, parenchyme pulj ft sacs aériens de l’épaule ;

POUMONS

,los oiseaux reçoivent de l'air, et, à mesure que ces animaux ” „„ âfie un plus grand nombre de pièces du squelette parti-

rent col état de pneumatieité. L'air arrive d'abord dans la tête et dans la colonne vertébrale, p«js dans le sternum ainsi que dans les eûtes ; plus tard dans l’humérus, le bassin et les os de 1 épaulé ; Plus lard encore dans le fémur, le tibia et les os de 1 avau -bras. Des communications s’établissent entre ces differents os et les poches

qui dépendent des poumons. ,

On peut aisément, en disséquant un oiseau sous 1 eau, 'on deu. paires de ces poches aériennes (fig. 106, g et //), qm s’étendent essohs des reins, dans la cavité abdominale; elles prennent, par 1 insufflation des poumons, l’apparence de quatre énormes vessies ; mais il faut les insuffler avec précaution si l’on veut éviter de les rompre, car leurs parois sont fort minces. Ces poches ne sont pas du nombre de celles qui pénètrent dans les os pour y conduire 1 air.

La surface interne des sacs n’étant pas vasculaire, on ne sauiait les considérer autrement que comme de simples réservoirs aériens qui rendent l’oiseau plus léger et lui permettent aussi de prendre a chaque inspiration plus de gaz respirable que ne le font les mammifères. Ces fortes inspirations activent la formation de l’acide, carbonique dans les tissus et en facilitent l’échange contre l’oxygène de l’air, ce qui donne à l’animal une plus grande énergie musculaire. Un sac semblable, mais de moindre dimension, existe auprès de la cla\icule ou fourchette (fig. 106, e), et il y en aune paire auprès des épaules (fi g. f06, f). 11 peut exister des diverticulum des sacs aériens antérieurs jusque sur les côtés du cou et au sommet de la poitrine. Les marabouts, qui sont des espèces de cigognes, dont on tire les plumes connues sous le même nom, en présentent d assez volumineux. Dans d’autres espèces l’air se répand sous la peau.

Les oiseaux n’ont que des rudiments du diaphragme. Cependant l’aptéryx en a un complet, à peu près semblabe a celui des mammifères et au moyen duquel sa cavité thoracique se trouve aussi entièrement séparée de la cavité abdominale.

Envisagés en eux-mêmes, les poumons des oiseaux nous montrent ceci de particulier, que les bronches les traversent dans toute leur longueur sous forme de tuyaux droits, au lieu de s’y perdre complètement et de s’y ramifier à la manière des rameaux d’un arbre pour en former les branchioles ainsi que les vésicules pulmonaires. En outre, ces dernières ne sont pas isolées les unes des autres comme les grains d une grappe, ce qui est le caractère propre des mammifères; elles communiquent directement ensemble cl prennent une sorte de disposition labyrinthique.

Les poumons des reptiles sont établis sur deux modes assez différents 1 un de 1 autre. Chez les tortues et les crocodiles, ces organes, au lieu de constituer de simples sacs comme ceux des autres animaux de la même classe, sont partagés en plusieurs grands compartiments, ce

RESPIRATION

qui accroît d’autant leur surface respiratrice ; mais ils ne fournissent pas de poches à air se prolongeant dans le système osseux.

Dans les sauriens, ce sont de simples sacs à parois élastiques, dont la face interne est comme gaufrée, par suite de la présence des rameaux vasculaires qui rampent à leur intérieur pour y conduire le

sang ou le ramener au cœur. Le caméléon a des poumons plus amples et pourvus d’appendices en forme de petits cæcums.

Les ophidiens et plusieurs genres de sauriens serpentiformes (orvets , sheltopusiks, etc.) ont leurs deux poumons très-inégaux, l’un fort long et se prolongeant jusque dans la cavité abdominale, c’est le poumon droit; l’autre si court, qu’on a quelquefois nié son existence. La partie postérieure du grand poumon n’a pas de réticules vasculaires ; elle forme un simple réservoir aérien comparable aux poches abdominales des oiseaux. L'air qui s’y trouve renfermé ne s’altère donc que très-lentement et par le fait seul de

Fig. 107. — Poumons de YAmeiva, l’action respiratrice des parties antégenre de Reptiles sauriens voisin rieures du même organe: c est un réserdes Lézards (*). voir aérien bien plutôt qu’une surface

respiratrice. 11 en résulte que ces animaux peuvent rester longtemps enfermés ou même submergés sans avoir

besoin de renouveler l’air contenu dans leur poumon, car ils ne sont pas privés pour cela de respiration, ce poumon étant muni d air pour un temps assez considérable. L’échange entre l’oxygène et 1 acide carbonique continue à s’y opérer sans que les animaux dont il s agit aient besoin de faire des inspirations fréquentes a la manière des mammifères ou des oiseaux : c’est ce que nous avons déjà fait re-

marquer.

Les grenouilles et autres batraciens, ceux qui gardent des branchies pendant toute leur vie aussi bien que ceux qui les perdent en se métamorphosant, ont deux poumons en forme de sacs très-semblables aux poumons des sauriens. Cependant les cécilies, qui sont des batraciens serpentiformes, ressemblent sous ce rapport aux ophidiens, c’est-à-dire aux serpents.

Les batraciens, à cause de la nature muqueuse de leur peau, jouissent d’une respiration cutanée bien plus active que celle des autres vertébrés aériens cl capable de suppléer à la suspension de leur res-

(*) Les bronches sont courtes et non ramifiées en petites bronches; un réticule vasculaire recouvre la surface interne île la plèvre viscérale et y alTeetc une disposition gaufrée, visible sur l’un des poumons, lequel a été ouvert.

POUMONS

niration pulmonaire, ou même de la remplacer pendant un temps assez Ion"; aussi ne meurent-ils pas si on leur arrache les poumons, cest là une expérience facile à répéter sur les grenouilles. Une disposition anatomique propre à ces animaux explique cette propriété; la branche cutanée de l’artère pulmonaire restant considérable, c est par elle qu’une partie du sang est conduite à la peau pour s’y hématoser au lieu d entrer dans les poumons.

La plupart des reptiles exécutent au moyen de leurs muscles costaux des mouvements d’inspiration et d’expiration analogues a ceux des vertébrés des deux premières classes, mais ces mouvements sont impossibles aux tortues, parce que leur carapace rend laçage thoiacique immobile. Ces animaux avalent 1 air en exécutant une soi te de déglutition pendant laquelle ils se bouchent les orifices des moines avec la langue, afin d’empêcher cet air de s’échapper. Les batraciens anoures manquent de côtes et ils respirent aussi par déglutition , mais il ne pouvait en être ainsi pour les pipas et les dactylèthres, animaux du même ordre, dont les premiers vivent dans l’Amérique et les seconds dans plusieurs parties de l’Afrique. Us manquent en etfet de langue, et ne sauraient boucher leurs narines, comme le font les autres batraciens ou les tortues. Les apophyses transverses de plusieurs de leurs vertèbres thoraciques prennent un allongement considérable, et les muscles qui s’y attachent permettent à ces animaux d’exécuter des mouvements d’inspiration et d’expiration analogues à ceux de la plupart des autres espèces douées de respiration aérienne. Sous le rapport mécanique, leur respiration a donc une plus grande analogie avec celle des mammifères.

Les poissons sont-ils absolument privés de poumons, comme on le croit généralement? 11 n’en est rien, car on peut considérer la vessie natatoire, espèce de poche remplie de gaz dont beaucoup d’entre eux sont pourvus, comme des poumons rudimentaires. Chez quelques-uns, cet organe est même garni intérieurement d’un réticule vasculaire qui lui permet de servir jusqu’à un certain point à l'hématose.

On peut citer, comme étant plus particulièrement dans celte condition, le lépidosirène, le protoptèreel le néocéralodus, trois genres fort singuliers dont les espèces vivent dans l’Amérique, dans l’Afrique intertropicale ou en Australie; ils possèdent d’ailleurs des branchies comme les autres poissons. Ces vertébrés, dont le premier a d’abord été décrit comme appartenant à la classe des batraciens, nous fournissent un nouvel exemple d’animaux réellement amphibies à la manière des bâti aciens perennibranches, et la disposition de leur syslème vasculaire est appropriée à cette curieuse particularité. On en fait un groupe à part dans la classe des poissons sous le nom de Dipnés. Chez eux, le sang noir qui revient des veines générales est envoyé en partie aux poumons, en partie aux branchies.

O est la une exception a ce qui a lieu chez les espèces de la même classe, meme chez celles dont la vessie natatoire est le plus semblable

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RESPIRAT I OJï.

à un véritable poumon. Le polyptère, le lépisostée, 1 amie, le bagre

Jâ:

Appareils circulatoire et respiratoire du Protoptère (Lépidosirene d Afrique).

PM. 108.- Les deux appareils vus ensemble (<). Fie. 103- L'appareil re.piralo.ee .sole , ).

et quelques autres sont surtout intéressants à étudier sous ce rapport :

Fig. 110. — Saccobranche (***).

leur vessie natatoire communique avec l’extérieur par un canal spécial.

(*) /. langue et cavité buccale; - br, branchies et fentes branchiales; - n ouverture servant de glotte, qui conduit aux poumon8 ; JP°cœur ^ veine pulmo-

JJ; Te , veine cave; - p et vessie natatoire transformée en poumons, - a.p.,

ar /*♦* l'oliv Jnour montrer : u.V, la vessie natatoire transformée en poumons; - b, la colonne vertébrale, le long des apophyses épineuses de laquelle sc prolonge cette vessie

natatoire.

branchies.

Celle do certains poissons do la famille dos silures est même disposée de manière à permettre à ces animaux une respiration aérienne qui devient complémentaire de leur respiration aquatique. Tel est le cas pour les saccobranches (fig. MO et. Ml) qui sont des poissons particuliers à l’Amérique méridionale.

Habituellement la vessie natatoire est de structure moins compliquée. C’est cette poche, formée de deux compartiments successifs, qu’on retire du corps des carpes quand on vide ces poissons (fig. 25 a, tn); elle est pourvue, comme chez la plupart des autres malacoptérygiens, d’un canal qui la met en rapport avec l’air extérieur, ce qui a

Fig. 111. — Appareil respiratoire du Saccobranclie (*).

fait donner à ces poissons le nom de physostomes. Celle des esturgeons sert à faire la meilleure ichthyocolle connue.

La vessie natatoire dans les cas dont il s’agit ici est réduite à la fonction d'un simple appareil hydrostatique, et à cet effet elle est remplie d'un gaz qui est un mélange d’oxygène et d’azote dans des proportions très-variables même pour une même espèce. L’acide carbonique s’y trouve aussi, mais en petite quantité (2 ou 3 pour iUO). Beaucoup de poissons manquent de vessie natatoire ; il peut encore arriver que, dans une même famille, telles espèces soient dépourvues de cet organe, et que telles autres, au contraire, le possèdent.

Branchies. — Les branchies sont les organes spéciaux de la respiration aquatique. Au lieu d’être constituées, comme le sont les poumons, par un réticule vasculaire doublant la paroi interne d’un sac aérien profondément situé dans l’intérieur du corps, ou de canalicules répandus dans un parenchyme souvent très-complexe, canalicules au sem desquels l’air pénètre pour aller trouver les vaisseaux sanguins, les branchies sont des expansions en forme de peignes ou flabelles c’est-à-dire en panaches, ou bien encore en forme de houppes, d’arbuscules, etc. Elles reçoivent les vaisseaux sanguins et sont disposées de manière à pouvoir flotter dans l’eau, afin d’en retirer l’air nécessaire au sang noir qui les traverse. Cette disposition des branchies était indiquée par la nature même du milieu dans lequel vivent les animaux qui sont pourvus de ces organes.

Chez, tous les poissons (fig. 25 et 82) el chez les batraciens avant leu., métamorphose (fig. 8»), il existe constamment .les branchies Ces

rflle d'artère pulmonaïr'-’r V’vr.Oc'in'è5* hlrlncl"'' ’ — b< h'< vaisseau remplissant le P c 1 ’ C’"’VCSSIC natatoire et scs vaisseaux sanguins.

RESPIRATION

organes semblent correspondre à la partie anterieure de 1 appareil respiratoire (les vertébrés aériens; ils coïncident avec un développement plus considérable de l’os hyoïde qui fournit des arcs osseux surmontant les peignes branchiaux. Ces parties se trouvent placées ïëre l’endroit où commence la trachée-artère cher les animaux des premières classes. Les branchies sont par conséquent insérées dans Fa cavité pharyngienne, et c’est par la bouche qu entre 1 eau des inee l’exercice de la fonction respiratrice. Dans chacune des dénis du nemne branchial ou dans chacune de ses houppes passent deux canalicules sanguins, qui s’y répandent en capillaires. L un vient de 1 artere branchiale (répondant à l’artère pulmonaire des vertebres aeriens), il amène du sang noir; l’autre répond aux origines des veines pulmonaires de l’homme ; mais, comme les poissons manquenl du cœur gauche, les veines à sang rouge ou veines branchiales de ces animaux vont gagner directement 1 artère aorte.

L’eau introduite par la bouche pour effectuer l'hématose au moyen de l’air dont elle est chargée ne sort pas, comme le fait l’air chez les

Fig. 112. — Tête de Carpe, montrant les branchies du côté gauche après l’enlèvement de l’opercule correspondant.

vertébrés aériens, par l’orifice qui lui a donné accès. La cavité uuccupharyngienne des poissons est considérable ; elle présente en arrière deux grandes ouvertures latérales appelées ouïes , qui paraissent répondre aux trompes d’Eustache des vertébrés supérieurs. 11 semble que ces canaux aient acquis chez les espèces pourvues de branchies un développement exagéré, et l’eau introduite dans leur intérieur s’échappe par des conduits comparables aux canaux auditifs externes, comme cela a lieu pour la fumée accumulée dans la bouche et rejetee par les oreilles chez les gens qui ont le tympan crevé. G est ce qui constitue les ouïes, ouvertures qui sc ferment et s’ouvrent incessam-

KIG. 113. — Tète de YAnabat indien (*).

(*) On a enlevé l’opercule gauche pour montrer les feuillets contournes de l’appareil qn* retient l'eau et la laisse tomber goutte à goutte sur les branchies.

Histoire naturelle .

CIRCULATION 1HJ SANG ( Cœur, Artères cl Veines. )

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Zoologie . PL . I .

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