‹ Éléments de zoologieChapitre 55 sur 184 · INSTINCT ET INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

INSTINCT ET INTELLIGENCE

sibilité reste obscure et, pour ainsi dire, douteuse. On ne saurait encore donner le nom de volonté au mobile qui met leurs déterminations en rapport avec leurs impressions. La vie de relation des zoophytes, des vers et de la plupart des mollusques, reste trop au-dessous, dans ses diverses manifestations, de celle des céphalopodes, des crustacés décapodes ou des insectes, pour qu’on puisse attribuer toujours à ces espèces autre chose que de vagues instincts ; elles vivent pour ainsi dire à la manière de nos organes internes de nutrition. Lamarck en faisait des animaux apathiques, ce qui implique cependant contradiction avec le caractère, bien constaté chez tous ces invertébrés, d’être pourvus de système nerveux. Il est vrai que certaines espèces encore plus rapprochées des végétaux, et qui font partie de ce qu’on appelle maintenant les protozoaires, n’ont présenté jusqu’à ce jour aucune trace évidente de ce système.

. V instinct, si varié dans les insectes et si admirable chez beaucoup d’entre eux par la précision de ses résultats, est une faculté innée qui permet, aux animaux qui en sont doués, d’exécuter, sans en comprendre le secret, des actes en apparence très-compliqués, qu’ils ne savent cependant ni perfectionner ni même modifier sensiblement, quand ils sont appelés aies accomplir au milieu de circonstances nouvelles. L’abeille fait toujours ses ruches de la même manière, et c’est sans rien changer d’important aux procédés qu’ils mettent en œuvre que les vers à soie tissent leur cocon ou que les fourmis emmagasinent leurs récoltes.

L 'intelligence, au contraire, est plutôt une aptitude à comprendre et à exécuter qu’une notion innée de ce qui doit être su et fait. Aussi

a-t-elle besoin d’être cultivée par l’éducation pour donner tous les résultats dont elle est susceptible, et chez beaucoup d’animaux intelligents nous voyons les rapports des parents avec les petits se prolonger non-seulement en vue du développement physique de ces derniers dans le but évident de leur transmettre les ruses propres à leur espèce ainsi que tous ces artifices auxquels ils auront recours pour se procurer leur nourriture ou éviter leurs ennemis. C’est, pour ainsi dire, une sorte d’éducation destinée à apprendre aux jeunes sujets de ■ees espèces tout ce qui peut contribuer à former leur expérience individuelle, assurer leur propre conservation ou accroître leur bien-être. Les individus sont alors perfectibles avec l’âge, et, dans une même espèce, certaines races peuvent même acquérir un degré de supériorité sur les autres, comme nous le voyons pour les chiens, dont les qualités sont si diverses, etdont plusieurs variétés appartenant aux nations civilisées ont certainement l’intelligence plus développée que celles des peuples sauvages. 1

Descartes ne voulait voir, dans l'exercice des fonctions de relation des animaux, qu un pur automatisme ; au contraire, Condillac, accentanl une opinion diamétralement opposée, attribuait toutes leurs actions a 1 intelligence, môme celles des espèces les plus inférieures.

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