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FONCTIONS DE RELATION

La vérité n’est ni avec l’une do ces hypothèses, ni avec l’autre, et, suivant le rang que les animaux occupent dans la série, ou même, plus simplement encore, suivant l’Age où l’on étudie les individus constituant leurs espèces, et selon la nature des actes dont on se préoccupe, on constate que les fonctions de relation sont de nature bien différente.

C’est par le fait d’une innervation automatique que le poulet, encore dans son œuf, ou tout autre animal pris au même Age, réagit contre les lésions qu’on lui fait subir ; sa sensibilité est alors aussi obtuse et aussi inconsciente d’elle-même que celle de ces zoophytes donl nous parlions plus haut: il fait plus que végéter, mais en réalité il ne sent pas encore, comme il le fera plus tard, et il ne se rend pas compte de ses sensations; dans beaucoup de cas, d’ailleurs, la distinction de l’intelligence et du simple instinct est difficile à établir, même chez l’adulte.

A leur naissance, le poulet et le petit mammifère sont mus par un sentiment purement instinctif, c’est-à-dire intérieur ; ils cherchent la graine qui doit les nourrir ou le mamelon qui leur fournira le lait nécessaire à leur alimentation, sans avoir eu besoin d’apprendre à le faire et comme s’ils en avaient depuis longtemps l’habitude; mais bientôt des lueurs d’intelligence éclairent peu à peu leurs différents actes, et chez eux, comme chez les animaux des mêmes classes, les effets en sont d’autant plus variés et d’autant plus évidents, que l’espèce possède un cerveau plus développé dans la partie de cet organe spécialement affectée à l’exercice des fonctions intellectuelles, c’est-à-dire dans les hémisphères cérébraux.

On sait, en effet, que cette partie de l’encéphale et sa contexture ont une grande influence sur les manifestations de 1 intelligence; mais celle-ci, tout en restant chez les animaux, même les plus parfaits, fort au-dessous de ce qu’elle est chez l’homme, n’en est pas moins évidente, et si elle varie dans ses manifestations, on constate dans la forme du cerveau des différences correspondantes.

L’intelligence est un lien qui rattache à nous certaines espèces domestiques, comme le chien, le chat, le cheval, le bœuf, l’éléphant, etc. Beaucoup d’animaux sauvages en donnent des preuves non moins évidentes que celles que nous pouvons constater à tous les instants par l’observation des races qui nous sont soumises ou des individus que nous avons apprivoisés.

Certains singes, plus particulièrement l’orang-outang, le chimpanzé et le gorille, donl les formes extérieures et l'organisation ont tant de rapports avec celles de notre propre espèce, sont également des animaux pourvus d’intelligence, et l’on doit s’étonner de voir quelques auteurs persister à nier d’une manière absolue que les animaux puissent être doués de cette faculté. Les animaux sont loin sans doute de la posséder au même degré que l’espèce humaine; mais ce serait se tromper complètement que de les en supposer tout à fait dépourvus.

Toute sensibilité, soit celle de l’homme, soit celle des animaux,

SQUELETTE

exige, pour donner les résultats dont elle esl capable, la perception des phénomènes du monde extérieur; aussi des organes de sensation existent-ils chez ces espèces comme chez celles qui sont purement instinctives, et chez un grand nombre des espèces encore plus inférieures on les retrouve aussi. Ils sont destinés à les avertir de ce qui se passe en dehors d’eux et à leur en donner connaissance.

Ces organes sont mis en rapport avec les centres nerveux, siège des fonctions intellectuelles et instinctives : ils procurent aux animaux la notion des corps environnants et celle de leur manière d’être. Ce sont les organes des sens, organes qui acquièrent chez l'homme et chez les espèces des premières classes une complication si remarquable : ils forment comme des sentinelles avancées de la sensibilité cérébrale, toujours prêtes à nous avertir de ce qui se passe dans le" monde ambiant.

Là ne se bornent pas les divers actes dont l’ensemble constitue les fonctions de relation. Des organes encore différents de ceux dont il vient d’être question donnent aux animaux la faculté de se rapprocher ou de s’éloigner des autres corps, suivant qu’ils ont avantage à le faire, et ils leur permettent, indépendamment de ces mouvements de translation, des déplacements partiels qui ne sont pas moins utiles à leur conservation. Ces mouvements sont sous l’influence de la sensibilité, et chez les espèces les plus parfaites la volonté les a sous sa dépendance. Il y a des muscles particuliers pour accomplir ces actions mécaniques. Chez les animaux de 1! embranchement des vertébrés, ils ont pour principal point d’appui les os, constituant par leur ensemble le squelette , c’est-à-dire la charpente intérieure destinée à soutenir tout le corps, et ils fournissent à ces leviers les forces nécessaires pour les mettre en jeu.

Avant d’aborder l’étude du système nerveux et celle des organes des sens, nous parlerons donc du squelette et des muscles, c’est-à-dire des organes passifs de la locomotion.

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