MUSCLES ET AUTRES ORGANES ACTIFS DE LA LOCOMOTION
Les mouvements, soit généraux, soit partiels, des animaux, s’exé- •culent au moyen de fibres contractiles dont on distingue plusieurs sortes.
Certaines de ces fibres sont insérées à la surface des membranes par un de leurs bouts seulement; elles sont très-fines et ne peuvent ■être aperçues qu’au microscope. Ce sont les cils vibratiles (fig. 19, c et c', page 36), fréquents sur le corps des infusoires, et dont on trouve uussi des exemples à la surface de certaines membranes des animaux vertébrés, sur la pituitaire par exemple, et sur la muqueuse respiratoire. Les cils vibratiles sont remarquables par les mouvements continuels qu’ils exécutent. .
D’autres fibres, plus évidemment contractiles, sont de nature élastique; elles sont mêlées au tissu connectif ou fibreux, soit dans les ligaments intervertébraux, soit dans d’autres parties du système ligamentaire. A la peau il y en a dont la nature approche davantage encore de la fibre musculaire, et qui donnent lieu à ces contractions involontaires dont nous avons la preuve dans ce qu’on appelle vulgairement la chair de poule ; de même que celles qui forment la tunique contractible des intestins, elles manquent de l’apparence striée particulière aux fibres soumises à l’action de la volonté; ces fibres reçoivent le nom de fibres-cellules ou fibres lisses.
Les fibres musculaires proprement dites sont toujours attachées par leurs deux extrémités ; elles constituent par leur réunion tantôt des anneaux, tantôt des faisceaux plus ou moins allongés résultant de fibrilles très-déliées, et elles ont chacune une enveloppe propre dife sarcolennne. C’est dans ces fibrilles primitives des muscles que réside la contractilité. Elles sont associées par petits groupes également pourvus d'enveloppes nommées aponévroses. Leur association par groupes plus ■considérables constitue les muscles de la vie organique ainsi que ceux de la vie de relation.
Il y a, en -effet, deux sortes de fibrilles musculaires élémentaires, et leur mode d action n’est pas le même. Les unes paraissent résulter de la superposition de petits disques charnus, espèces de cellules disciformes (fig. 21, p. 37), que l’on considère comme
LOCOMOTION
étant susceptibles de se serrer les uns contre les autres ou de s’écarter, suivant que la contraction des muscles a lieu ou qu’ils sont relâchés. On suppose que ce sont ces petits disques, vus par la tranche, qui donnent aux libres musculaires qui en sont pourvues l’apparence striée qui les a fait appeler fibres striées ou variqueuses. Elles conslituent par leur groupement en faisceaux les muscles de la vie de relation ou muscles du mouvement volontaire, et sont toujours sous la dépendance du système nerveux cérébro-spinal. Les fibres musculaires du cœur ont aussi cette -apparence ; on la retrouve encore, mais par exception, dans une des couches delà tunique intestinale de la tanche et d’un petit nombre d’autres poissons, qui ont la propriété de faire passer l’air à travers leur tube digestif; leur présence n’exclut pas celle de la couche musculaire formée de fibres lisses.
Quelques auteurs supposent que les éléments anatomiques qui constituent les fibres dites striées sont de forme spirale, et ils nient que ces fibres résultent de petits disques superposés.
Les fibres musculaires des organes soustraits à l’action de la volonté sont toujours des fibres lisses , et l’on ne distingue pas de stries transversales sur leur trajet. Le tube digestif de tous les animaux a sa tunique musculaire formée de semblables libres ; la vessie urinaire, l’iris, etc., sont aussi dans ce cas.
Muscles. — Les muscles constituent, à proprement dire, la chair des
animaux. »
On sait de quelle importance est cette substance pour l’alimentation de l’homme et des carnassiers. Elle est riche en principes analogues à la fibrine, parmi lesquels on distingue la créatine; on y trouve aussi de l’albumine, des sels de soude et de potasse, ainsi que des corps gras composés d’oléine, de margarine, de stéarine et d acide oléophosphorique, qui y sont dans des proportions différentes suivant les différentes espèces. Par exemple, les viandes des animaux sau\ages, bêtes fauves et gibier, ont d’autres qualités que celles des animaux domestiques ou des oiseaux de basse-cour, et il s en faut beauc oup que nous les digérions avec la même facilité. Les poissons nous pi esentent des différences analogues. Ceux qui ont la chair blanche et légère possèdent moins d’acide oléophosphorique que ceux dont la chair est compacte et savoureuse ; ils sont aussi d une digestion plus facile, comme cela a lieu pour le merlan, la limande ou le carrelet, comparés au maquereau, au thon, etc.
Muscles du mouvement volontaire. — Dans les diverses parties du corps, les fibres contractiles, pourvues de leurs enveloppes ou sarcolemmes, sont associées par groupes, et ces faisceaux de fibres élémentaires, réunis à leur tour eu masses plus ou moins considérables, forment ce que nous avons appelé les muscles . Les renflements charnus des muscles portent le nom de ventres , et l’une de leurs extrémités celui de tètes. Les aponévroses sont des lames de tissu connectif dont les muscles et leurs faisceaux constituants sont enveloppés.
MUSCLES
Los muscles ne s'insèrent pas directement aux os par leur masse charnue. Des filaments (1e nature fibreuse réunis en bandelettes allongées, épaisses et résistantes, sont charges de cette fonction, fies nouvelles parties constituent les tendons. Ceux-ci ne possèdent pas la propriété de se contracter; ce sont de puissants moyens d attache qm permettent aux contractions musculaires d'agir sur les os quelles mettent alors en mouvement. Les os et les muscles qui s’y insèrent fournissent ainsi autant de leviers ayant leur point d appui, leur puissance et leur résistance dans des relations qui rappellent celles des trois genres de leviers dont la mécanique nous donne la description. Ces trois genres de leviers sont également représentés dans l’appareil locomoteur de 1 homme.
Les leviers du premier genre ou intermobiles ont leur point d’appui placé entre la puissance et la résistance : tel est le cas de la tète, qui se meut sur l’atlas et le cou, et se dirige, soit dans un sens, soit dans l’autre.
Les leviers du second genre ou interrésistants ont la résistance placée entre le point d’appui et la puissance. Le sol sert de point d appui au talon , l’action du pied ainsi que celle des muscles qui le mettent en mouvement et le poids du corps constituent la puissance et la résistance des feviers de cette sorte, si nous les considérons également dans le corps de l’homme.
Les leviers du troisième genre ou inter puissants ont la puissance placée entre le point d’appui et la résistance; nous les retrouvons dans la tlexion de l’avant-bras sur le bras, dans celle de la jambe sur la
cuisse, etc. .
Myologie. — On donne ce nom à la description des muscles des animaux envisagés dans leur disposition et dans leurs rapports avec les os ouïes pièces dures dont ils déterminent les mouvements. Les os sont en effet des leviers dont les muscles constituent les puissances, et suivant les animaux dans lesquels on les examine, les uns et les autres présentent de nombreuses particularités dont les lois de la mécanique peuvent toujours nous rendre compte.
Chez les insectes, les pièces dures sont extérieures aux muscles et non intérieures, comme chez les vertébrés; en outre, elles sont de nature chitineuse, au lieu d’être formées de phosphate de chaux comme les os proprement dits.
(*) On voit la partie charnue ou ventre de ce muscle en a et ses tendons d’attache en bh et en c. Ce muscle, qui est le biceps brachial, a deux tendons, bh, à l'une de ses extrémités* et un seulement à l’extrémité opposée.
Fig