‹ Éléments de zoologieChapitre 58 sur 184 · SS · texte numérisé non relu

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comparant l’ostéologie des mammifères à celle de l’homme, et ces animaux en présentent aussi, suivant les familles naturelles auxquelles ils appartiennent. Ces particularités, qui sont en rapport avec le mode de locomotion et plusieurs autres conditions de la physiologie des mammifères, peuvent servir à la classification de ces derniers; c’est parleur étude approfondie, jointe à celle du système dentaire, qu’on est arrivé h la détermination exacte des espèces fossiles provenant delà môme classe.

Chez les premiers singes (fig. 134), quelques différences dans la forme des os du squelette tiennent à la station de ces animaux, qui devient

oblique au lieu d’être droite comme celle de l’homme. Us ont aussi, dans beaucoup de cas, les membres antérieurs plus longs que les postérieurs, et ils s’en servent pour s’appuyer dans la marche.

Chez la plupart des autres mammifères, les allures sont franchement quadrupèdes, mais de nouvelles particularités se remarquent dans le squelette de ces animaux, suivant les familles auxquelles ils appartiennent. C’est ce dont on pourra se taire une première idée en comparant entre eux les squelettes de la vache (fig. 133), du lapin (fig. 136), de la musaraigne (fig. 137) et de la taupe (fig. 138), a défaut d’un plus grand nombre d’espèces.

Les mammifères à doigts onguiculés, et ceux dont les pieds sont terminés par des sabots, ou les ongulés, sont surtout faciles a distinguer

par leurs caractères ostéologiques.

Sauf le chevrolain de Guinée (genre hyémosque), les ruminantsont lous les deux métacarpiens ou métatarsiens principaux soudés en-

SQUELETTE

semble et formant un canon. Ce canon porte à sa partie inférieure deux poulies articulaires destinées aux deux doigts qui ont valu à ces animaux le nom de bisulques ou pieds fourchus (fi g. 140, B, cl'). Le

cochon a aussi les pieds bisulques (fig. 140, C, cl'), mais il n’a pas de canon, ses métacarpiens et métatarsiens restant séparés, sauf toutefois chez le pécari.

Le cheval n a le canon formé que par un seul métacarpien ou métatarsien, qui ne porte qu un seul doigt, comme cela a habituellement

LOCOMOTION

lieu pour chacun des éléments du canon chez les bisulques. Les doigts

Fig. 139. — Membres

du Cheval (*) .

Fig. 1 10. — Pieds de devant des Animaux à sabots (**).

latéraux n’existent pas dans ce genre: on n’en retrouved autre vestige

(*) A = membre antérieur : a, humérus; — h, radius; — c, cubitus; — d, carpe; — (/’, métacarpe; — d", phalanges. — Il = membre postérieur : a, fémur; — h, tibia; c, péroné rudimentaire ; — d, tarse ; — d', métatarse ; — d", phalanges ; — r, rotule.

(**) \ = du Cheval. — B = de la Chèvre. — C = du Cochon. — b, radius ; — c, cubitus ; — d, carpe; — d', métacarpe ; — d", phalanges.

SQUELETTE

(iuo les métacarpiens ou les métatarsiens latéraux, qui longent le canon portant le seul doigt existant et restent cachés sous la peau (fig. 139

L’astragale du cheval (fig. 141) et de ses congénères ne différé pas d’une manière notable de celui de la plupart des aulies mammifèies, tandis que le même os a, chez tous les bisulque-s ruminants (fig. 142) et porcins (fig. 143), la forme en osselet qui le caractérise chez le mouton. L’astragale des marsupiaux est encore diflérent, et celui des édentés est souvent d'une apparence fort bizarre.

Quoique l’observation démontre le contraire, plusieurs auteurs ont soutenu que tous les mammifères avaient comme 1 homme les exilémités terminées par cinq doigts. Le nombre de ces rayons osseux foimés par les phalanges est tantôt de quatre, tantôt de trois, tantôt de deux, et, dans quelques cas, il est réduit à un seulement, comme nous

Fig. 141. — Astragale du Cheval.

le voyons pour les espèces du genre cheval. Cette réduction du nombre des doigts, de cinq à un, ne s’accomplit pas au hasard, mais au contraire suivant un ordre régulier.

Le premier doigt qui disparaisse est le pouce ; les animaux à quatre doigts manquent donc de cet organe. Ensuite c’est le cinquième doigt qui fait défaut, le même qu’à la main de l’homme on appelle l’auriculaire ou petit doigt ; puis le second ou index ; puis enfin le quatrième ou annulaire. Dans les chevaux, oii il n’y a plus qu’un seul doigt, ce doigt répond pour le pied de devant à notre médius, ef, pour le pied de derrière, à notre troisième orteil (fig. 134). Le pérodictique, sorte de lémure propre à la côte occidentale d’Afrique, a, par exception, l'index ou second doigt des membres antérieurs tout à fait rudimentaire.

Le nombre des phalanges pour chaque doigt est habituellement de trois. On les appelle : la première, phalange; la seconde, phalangine, et la troisième, phalangette. Le pouce n’a cependant que deux phalanges ; mais chez les cétacés il y en a souvent plus de trois aux doigts intermédiaires : c’est ce que l’on peut constater par la figure ci-dessous, représentant les os de la nageoire pectorale du dauphin globiceps

LOCOMOTION

(genre globicéphale), une des espèces de l’ordre des cétacés qui ont cette nageoire le plus longue et nagent le mieux (fig. 144).

Les monotrèmes sont les seuls mammifères qui aient trois pièces à

Fig. 144. — Membre antérieur de Dauphin globiceps (*).

l’épaule, ce qui tient à la présence chez eux d’un os appelé coraco'idien, que l’on retrouve aussi chez la plupart des ovipares aériens. 11 parait répondre à l’apophyse coracoïde de l’omoplate des autres animaux, qui

Fig. 115. — Épaule et sternum de YLchidné.

serait devenue ici un os distinct, au lieu de rester rudimentaire et soudé à cet os, comme cela a lieu ordinairement (fig. 145 et 1 46).

Les marsupiaux et les monotrèmes se distinguent du reste des mammifères par la présence au-devant des puhis d’une paire d os particuliers, auxquels on a donné le nom d’os marsupiaux (fig. 147). (*)

(*) a, humérus; — b, radius; — c, cubitus; — d, carpe, métacarpe et phalanges.

SQUELETTE

Squelette des. vertébrés ovipares. — Le squelette des oiseaux est remarquable par sa précoce ossification, et beaucoup des pièces qui le

Fig. 146. — Épaule et sternum Fig. 147. — Bassin du Kangurou; montrant

de F Ornitliorhynque. les os marsupiaux, mnt.

constituent sont creusées intérieurement, ce qui permet à l’air d’arriver dans leur cavité.

Dans cette classe, le nombre des vertèbres cervicales est plus va-

rie. 148. — Épaule et sternum d’oiseau (le Moineau) ; vus de face et de profil (*).

viable que chez les mammifères et celui des vertèbres caudales plus constant. Les cotes présentent à leur bord postérieur une pelite saillie dite apophyse récurrente, et leur partie allant au sternum est de consistance osseuse, particularité qui s observe rarement chez les mammifères.

Le sternum des oiseaux est habituellement muni, sur sa face anté- { ) a, omoplate; b, clavicule, dite fourchette; — c, coracoïdicn ; — d, sternum.

LOCOMOTION

rieure, d'une saillie médiane ayant la forme d’une carène (fig. 148

Fig. 149. — Sternum du Vautour; vu de face.

Fig. 150. — Sternum Fig. 151. — Tarse du Coq

du Coq; vu de face. et son éperon osseux.

c’est le brechet. Cette saillie manque aux oiseaux de la famille de l’au-

Fig.

152. — Sternum de l'Autruche d’Afrique; vu en avant et de profil.

truche (fig. 152) et à l’aptéryx. L’épaule des oiseaux est composée de

Fig. 153. — Crâne cl bec de l'Aigle.

trois os, savoir: l’omoplate, la clavicule ou fourchette, et le caracoidien

(fig. 148, c). Enfin, les mélatarsicnsdcs trois doigts principaux sont réunis

SQUELETTE. 201

ensemble en une sorte de canon comparable à celui des ruminants, et prendrait de même pour un seul os; mais cel os, en apparence

Fig. 154. — Squelette du Coq (*).

unique, est formé de trois rayons osseux distincts, et. il est pourvu, à sa partie inférieure, de trois poulies portant chacune un doigt (fig. toi) ; une disposition analogue se remarque au tarse de rongeurs (*)

(*) cr, le crâne ; — v.c., vertèbres cervicales ; — cl, clavicule ou fourchette ; — cr, coracoïdien ; — st, sternum ; — om, omoplate ; — v.d., vertèbres dorsales; — cl, côtes et leurs apophyses récurrentes ; — o.i., os innominé ou du bassin, divisé en os des îles, pubis et ischion; — r.cc., vertèbres caudales; — lis, humérus; — et, cubitus; — rs, radius; — mtc, métacarpe ; — pli, phalanges ; — fr, fémur ; — re, rotule ; — lb, tibia ; — pr, péroné ; — mit, métatarsiens réunis (vulgairement os du tarse); — pli', phalanges

LOCOMOTION

du genre gerboise. Le nombre des phalanges des oiseaux est différent pourchaque doigt : le pouce en a deux, le doigt externe Irois, le médian quatre et l’interne cinq. Quant aux membres antérieurs des mêmes animaux, leur transformation en ailes y a apporté quelques modifications plus remarquables encore (fig. 154).

Ajoutons encore que les oiseaux ont le crâne articulé avec l'atlas

par un seul condyle, et que leur maxillaire inférieur ne s’attache pas directement à l’os temporal. Entre lui et cet os existe une pièce supplémentaire appelée os carré (fig. 153).~

Les reptiles présentent de leur côté plusieurs particularités remarquables. Nous trouvons d’abord dans les tortues et autres chéloniens un exemple curieux de la fusion d’un squelette cutané, c’est-à-dire développé dans la peau, avec le squelette proprement dit , qui répond seul au squelette des autres animaux. Leur carapace a en effet cette double origine, et, en prenant une tortue de terre encore jeune, ou une chélonée (fig. 155), quel que soit son âge, il est aisé d'obtenir (*)

(*) Le plastron n’est pas représenté.

% SQUELETTE

la démonstration do ce fait. La fusion de ces deux ordres de pièces osseuses, les unes fournies par la peau, les autres appartenant au

squelette ordinaire, est. d’autant plus complète pour la tortue, que celle-ci est plus âgée, et sa carapace offre alors plus de résistance.

Cependant, chez les sphargis, ou tortues à cuir, qui sont des chéloniens marins, la carapace cutanée ne se joint ni aux vertèbres, ni aux côtes; elle en reste distincte, comme cela a lieu pour celle des tatous, et paraît ne pas répondre anatomiquement à la carapace des autres reptiles du même ordre.

Les crocodiles sont remarquables par le nombre, plus considé- (*) (**)

(*) om, omoplate; — cl, clavicule; — co, coracoïdien; — st, si', sternum.

(**) cr, crâne ; — v.a:, vertèbre allas; — v.d., vertèbres dorsales; — v.s., vertèbre sacrée; — v.cc., coccyx, formé par la réunion des vertèbres coccygicnnes ; — ont., omoplate; — o.i., os innommé ou du bassin; — h, humérus; — rs et es, radius et cubitus soudés entre eux ; — ce, os du carpe ; — mlc, métacarpe; — pli, phalanges; — f, fémur ; — Ip, tibia; — le, les deux premiers os du tarse; — te', les autres os du tarse; — mtt, métatarse; — pli', phalanges.

LOCOMOTION

Table eliez eux que chez les mammifères, des pièces dont le crâne est formé. Mais on se rend compte de cette disposition en comparant la tête osseuse de ces animaux, non plus à celle de l’homme et des mammifères adultes, mais à celle de ces espèces prises dans leur premier âge.

On constate alors que certaines pièces, d’abord distinctes chez les jeunes mammifères, se soudent bientôt les unes aux autres. Ainsi l’occipital résulte de la réunion de quatre éléments, appelés basilaire, occipital supérieur et occipitaux latéraux, qui ne sont séparés les uns des autres que dans les premiers temps de la vie. Chez les crocodiles, ces quatre pièces et quelques autres restent distinctes à tous les âges, par suite d’une sorte d’arrêt de développement dans l’ossification des

Fig. 158. — Squelette de la Perche fluviatile (*).

régions auxquelles elles appartiennent. Voilà pourquoi certains animaux à sang froid ont le nombre des os crâniens supérieur à celui des mammifères, tout en étant établis sur le même plan anatomique.

Les crocodiles méritent également d'être cités à cause des cartilages costiformes qu’ils ont à l'abdomen et qui complètent, sous leur ventre, la série des arcs squelettiques interrompue dans la plupart des autres vertébrés aériens, où ces arcs sont remplacés par de simples lignes fibreuses.

La forme des vertèbres étudiée chez les reptiles fournit aussi de bons résultats à la classification ; il en est de même pour leur sternum et pour plusieurs autres parties de leur squelette; mais nous ne saurions entrer ici dans ces détails, malgré l’importance que 1 on doit (*)

(*) n, os intcrmaxiilaire ; — l>, os maxillaire supérieur; — c, maxillaire inférieur; — il, orbite bordée inférieurement par les os sous-orbitaires; — e, région occipitale; — f, opercule; — fl(]\ colonne vertébrale et ses arcs osseux supérieur et inférieur; — h, nageoire thoracique ; — i, nageoire ventrale, ici placée sous la gorge, comme dans les autres acanthoptérygiens ; — h, rayons épineux de la nageoire dorsale antérieure; — I, rayons mous de la nageoire dorsale postérieure; — »», rayons de la nageoire anale; — n, »»’, les deux groupes de rayons qui constilUL'nt la nageoire caudale.

SQUELETTE

leur reconnaître. Rappelons seulement que les serpents ont les os de la face très-mobiles et susceptibles de s’écarter pour leur permettre de saisir leur proie; ces animaux (lig. Go) manquent de membres el

Fin. 159. — Squelette de la Raie. — - Exemple de squelette cartilagineux (*).

ils n’ont ni sternum ni bassin, pas même rudimentaire, bien qu’il en existe dans certains sauriens en apparence apodes comme eux.

Chez les grenouilles (fig. 157), on constate une diminution considérable du nombre des vertèbres, et le reste du squelette n’est pas moins

i ) cr, crâne; ma, mâchoire; — v.c., vertèbres cervicales; — br, arcs branchiaux; — pp, épaule; — v.dl'., vertèbres dorsales et vertèbres lombaires.

LOCOMOTION

singulier. Certains batraciens urodèles ont les corps vertébraux biconcaves ; l’axolotl les a de cette forme ou au contraire convcxo-concaves, suivant qu’on la prend à son état brancbifère ou lorsqu elle s’est transformée en ambystome.

Les poissons présentent aussi de nombreuses particularités osléologiques. Ils ont, comme les reptiles et les oiseaux, le crâne pourvu d’un seul condyle occipital, tandis que les batraciens en ont deux, à la manière des mammifères.

Leurs vertèbres ont, sauf chez le lépisotée, le corps biconcave, et leurs membres sont formés de rayons digitaux en plus grand nombre que ceux des autres vertébrés et dont les phalanges sont représentées par des articulations également très-multipliées. Ils les ont en outre disposés en forme de nageoires, effort différents, par conséquent, dans leur conformation, des membres propres aux animaux des classes

précédentes.

Les poissons ont en outre des nageoires impaires qui sont soutenues, comme celles dont il vient d’être question, par des rayons de nature osseuse ou cartilagineuse. Ces parties n ont pas d analogues dans le squelette des vertébrés supérieurs.

Chez certaines espèces de poissons, le squelette, au lieu des ossifier, reste cartilagineux pendant toute la vie : c est ce qui a lieu pour les raies (fig. 159) et les squales. Celui des cyclostomes (lamproies et branchiostomes) est plus ou moins complètement fibreux.

TuGorie nu squelette. — L étude des modifications de toutes soi tes que présentent le squelette et ses diverses parties dans les vertébrés a conduit les naturalistes a rechercher aussi les rapports que ces pièces ont entre elles, soit qu’on les compare dans les divers groupes de cet embranchement, soit qu’on cherche a se faire une idée de leurs, répétitions lorsqu’on les envisage dans le squelet te d un même animal. Du premier de ces deux points de vue est née la théorie des analogues dont nous avons déjà eu occasion d apprécier la \aloin (p. 5Hi, h second a conduit à celle des homologues. Ce dernier cas est le seul

dont nous ayons à traiter en ce moment.

Il y a dans le squelette deux ordres bien distincts de parties : les unes destinées à former la charpente de la tête, du tronc et de la queue ; les autres constituant la charpente des membres.

Parmi les pièces du tronc, celles qui ont le plus de fixité et auxquelles l’existence ou l’arrangement des autres semble être en grande partie subordonné, forment la série des corps vertébraux, et c est au-

dessus ou au-dessous de ces corps vertébraux que les autres pai tu >

osseuses du tronc sont fixées. En effet, on démontre facilement que les vertèbres ne sont pas des os simples, puisqu elles ne se dé\e oppent pas chacune par un seul point d’ossification.

Au corps vertébral, appelé aussi centre osseux (centrum ou cyclea ). nue présente chaque vertèbre, se superposent, pour loger la moe e épinière et compléter cette vertèbre, des apophyses dites épineuses ou

Histoire naturelle.

Zoologie . PL .111 .

ImpTraillery

SYSTEME NERVEUX

SQUELETTE

arcs vertébraux postérieurs; on les nomme encore arcs neuraux , pour rappeler la protection qu’ils fournissent au système nerveux. Chacun

gauche, tandis que le ceutrum ou corps vertébral est unique et non susceptible de division bilatérale (lig. ICO et ICI).

La succession des vertèbres (corps et arcs neuraux) forme dans le squelette un ensemble de parties que l’on peut considérer comme autant de segments successifs comparables aux divisions du corps des animaux articulés, mais logées dans l’intérieur du tronc, au lieu de l’entourer etde résulter d’un simple adoucissement delà peau comme le font les segments cliitineux du corps des insectes.

Ces segments successifs, qu’on a aussi appelés des ostéodesmes, sont

Fig. 160. — Ostéodesme ou anneau squelettique des Vertébrés (figure théorique) (*),

pour la plupart complétés en dessous par un arc osseux comparable à leur arc neural, mais antagoniste de celui-ci par sa position et aussi par ses dimensions. C’est l’arc viscéral, composé, à la poitrine par les côtes et le sternum, au bassin par les os innommés, et à la queue par les pièces dites os c-n V, qui ne s’observent que chez les animaux dont la queue est bien développée.

Dans les arcs infra-vertébraux, les viscères nutritifs trouvent un abri comparable à celui que les arcs neuraux fournissent à la moelle épinière; dans la poitrine, où ils ont un développement plus grand qu’ailleurs, sont en effet logés les poumons, le cœur, ainsi qu’une partie du canal digestif. Autrepart, comme à la queue, ils ne renferment (*)

(*) SN\r est le trou rachidien ou étui protecteur du système nerveux; — SN f est le trou viscéral ou étui protecteur du système nutritif; — v, corps de la vertèbre ou centre osseux ; — a, arc neural recouvrant le système nerveux et formé par les apophyses épineuses de la vertèbre qui se soudent bientôt entre elles; — c, partie épiphysairc de l'arc neural, a, lare bernai ou du système nutritif, formé par la partie osseuse des côtes et complété par lem paitie cartilagineuse, b , ainsi que parla pièce sternale correspondante, c'

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plus que la continuation du système aortique, mais ils n’en restent pas moins au service du système nutritif.

Par allusion à la protection constante que les arcs infra-vertébraux fournissent aux parties essentielles du système vasculaire, et par conséquent au sang, on les a désignés par le mot hémal , signifiant sanguin ou, si l’on veut, nutritif. Le crocodile a des arcs hémaux non-seulementà la poitrine et à la queue, où ils constituent les côtes et les os en V, comme chez les autres animaux, mais aussi sous l’abdomen. Nous avons déjàcu l’occasion de signaler cette particularité, mais nous la rappelons ici pour en montrer l’importance au point de vue de la théorie générale du squelette. Quelle que soit leur forme, les différents segments osseux qui composent le squelette du tronc chez les vertébrés sont donc autant d’ostéodesmqs, et l’on reconnaît à chacun d’eux un centrum ou corps vertébral, un arc neural ou rachidien, et un arc hémal, destiné aux viscères nutritifs.

Le volume du contenu de ces arcs détermine, pour ainsi dire, leurs dimensions respectives, et, suivant la destination des ostéodesmes ou les particularités propres aux espèces chez lesquelles on les examine, ces segments osseux du squelette ont une forme différente.

La grandeur des arcs neuraux et hémaux ou arcs supérieurs et inférieurs aux corps des vertèbres est donc en rapport avec le volume des organes auxquels ces arcs doivent servir de moyens de protection. Les arcs neuraux de la tête qui recouvrent le cerveau ont une dimension supérieure à ceux de la colonne vertébrale, qui ne doivent protéger que la moelle épinière. On constate au contraire que les arcs hémaux de la région céphalique ou les mâchoires sont, en général moins amples que ceux du thorax, c’est-à-dire les côtes, du moins chez l’homme et chez les premiers vertébrés, animaux chez lesquelsle cerveau acquiert un volume si considérable. A la queue des poissons les arcs neuraux et hémaux des vertèbres sont tellement semblables entre eux, qu'on a de la peine à les distinguer l’un de l’autre (fig. 101).

Les vertèbres caudales manquent souvent d’arc supérieur ou neural et d’arc inférieur ou hémal ; dans ce cas leur centrum seul persiste. Chez les poissons, la queue, qui constitue le principal organe locomoteur, a au contraire des vertèbres complètes, comme c est aussi le cas pour les cétacés.

Certains poissons ont les ostéodesmes dépourvus de centrum ou corps vertébraux, et l’emplacement est occupé a tous les âges par la corde dorsale, qui chez les vertébrés supérieurs ne s observe que pendant les premiers temps de la vie. Cette disposition paraît avoir été fréquente chez les espèces de celte classe qui ont vécu pendant les périodes jurassique et paléozoïque. La corde dorsale, point de départ de l’axe osseux du squelette, était persistante chez ces poissons, comme c’est aussi le cas pour les esturgeons et quelques autres genres aujourd’hui vivants. Sa consistance fibro-cellulaire 1 a empêchée de laisser des traces comme le font les os après la macé-

SQUELETTE

ration, et les squelettes de ces poissons qu’on trouve dans les terrains auxquels il vient d’être fait allusion manquent de corps vertébraux, tandis que toutes les autres parties sont parfaitement conservées. Ils n’avaient d’ossifiés dans la colonne vertébrale que les arcs neuiaux et les arcs liémaux.

Ces remarques sur les segments osseux du squelett e compares entre eux ne sont pas seulement applicables au tronc. La tête osseuse peut aussi être envisagée de cette manière, et il est assez aisé d y retrouver des pièces répondant aux arcs neuraux des vertèbres, aux centres osseux ou corps de ces mêmes vertèbres et aux côtes, c est-a-dire aux arcs liémaux qui se rattachent à ces corps vertébraux. C’est ainsi qu’on a été conduit à établir que le crâne, de même que le tronc, se compose d ostéodesmes, ou, en d’autres termes, qu il a une composition vertébrale comparable à celle du tronc.

Les segments vertébraux de la tête sont au nombre de quatre, dont la démonstration peut être faite aussi bien au moyen du crâne humain (fig. 129) que sur le crâne des animaux. Chez ces derniers, plus particulièrement chez les reptiles et chez les poissons, cette démonstration est cependant plus facile.

Le premier des ostéodesmes crâniens, dit aussi ostcodesme nasal, a pour centrum l’etlnnoïde, sous lequel est appliqué le vomer ; son arc neural ou supérieur est représenté par les os propres du nez, et son arc hémal ou inférieur parles os incisifs que nous avons dit être en partie soudés aux maxillaires supérieurs chez l’homme. Cet ostéodesme sert principalement à protéger l’appareil de l’odorat.

Le second ostéodesme, ou le frontal, a pour centrum le sphénoïde antérieur, entièrement soudé au sphénoïde postérieur dans notre espèce, mais séparé de ce dernier dans les animaux. Son arc neural ou supérieur est formé par les os frontaux, et son arc hémal par les os maxillaires supérieurs, zygomatiques et palatins. Ce segment vertébral est plus spécialement affecté àla protection de l’appareil de la vue.

Le troisième ostéodesme crânien, ou Y ostéodesme pariétal, ayant son (*)

(*) a, l’arc supérieur ou neural ; — a', l’arc inférieur ou hémal ; — t', le corps vertébral ou centre osseux.

Fig. 161. — Vertèbre caudale de poisson (Turbot], comme exemple de la similitude de forme que peuvent présenter les arcs neural et hémal d'un même ostéodesme (*).

LOCOMOTION

centrum dans le sphénoïde postérieur, son arc supérieur dans les grandes ailes du sphénoïde, ainsi que dans les os pariétaux, et son arc inférieur danslesos temporaux ainsi que dans le maxillaire inférieur, n’est pas moins facile à isoler des autres. Le sens qui s’y trouve abrité est celui de l’audition.

Enfin, le quatrième ostéodesme, ou Yostéodesme occipital , comprend la partie basilaire de l’os occipital, qui lui sert de centrum, les parties latérales et supérieure du même os, qui en constituent l’arc neural, et l’os hyoïde, qui en est l’arc hémal. Le sens qu’il protège est celui du goût.

L’élude des membres peut à son tour donner lieu à des remarques intéressantes qui apportent une confirmation nouvelle de la loi des homologies du squelette. Plusieurs naturalistes se sont appliqués à établir une comparaison rigoureuse entre les parties correspondantes de ces appendices.

On sait que les membres sont formés de trois ordres de pièces successives : 1° le bras, supérieurement, ou, aux membres inférieurs, la cuisse, articulés avec l’épaule ou le bassin; 2° l’avant-bras ou la jambe; 3° la partie terminale, constituant dans l’homme la main ou le pied, suivant qu’on l’examine aux membres supérieurs ou aux inférieurs.

L’assimilation du fémur, os de la cuisse, avec l’humérus, os du bras, ne saurait être discutée : leur homologie est évidente et leur forme est

presque identique chez certains reptiles. 11 n’en est pas de même pour les os de la jambe comparés à ceux de l’avant-bras, mais l'on est aujourd’hui d’accord pour admettre que le tibia répond au radius et le péroné au cubitus.

Le cubitus et le péroné sont deux os qui subissent à peu près les mêmes variations dans la série des animaux chez lesquels on constate leur présence. Ils sont tantôt assez forts et bien séparés du radius ou du tibia; tantôt beaucoup plus grêles, et d’autres fois soudés à ces os

dans une étendue plus ou moins considérable.

Quant à la rotule tibiale, on ne retrouve pas, en général, au membre antérieur de pièce qui lui corresponde. Cependant les chauves-souris et certains oiseaux ont une rotule au coude; elle est développée dans le tendon du muscle qui s’attache a cette saillie, c est-à-dire à l'olécrane ou partie supérieure du cubitus. Ce tait démontre 1 erreur dans laquelle Winslow, anatomiste du siècle dernier, était tombé en regardant l’olécrâne comme la représentation de la rotule au coude. Elle est l’épiphyse du cubitus, et l’on ne saurait la comparer à la rotule

tibiale, qui est un véritable os sésamoïde.

Il est aisé d étendre ces remarques aux parties terminales des membres, c’est-à-dire à la main ou au pied, et, sauf pour quelquesunes de leurs pièces osseuses dont les homologies sont restées incertaines, on arrive à des résultats qui ne sont ni moins concluants ni

moins généralement admis; il est même des espèces chez lesquelle»

la ressemblance des parties qui constituent les membres antérieurs avec celles des membres postérieurs est d’une évidence plus complète

MUSCLES

encore : c’est ce qui a lieu chez les tortues, dont les membres ont leurs pièces osseuses non-seulement en même nombre, mais encore il peu près de même forme en avant et en arrière.

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