‹ Éléments de zoologieChapitre 65 sur 184 · MOELLE ÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

MOELLE ÉPINIÈRE

Celle de l’homme s’arrête au commencement de la région lombaire pour se continuer par des nerfs destinés au bassin et aux jambes; nerfs dont l'ensemble, envisagé dans sa partie comprise dans le canal rachidien, constitue ce qu’on appelle \& queue-de-cheval (pl. III).

Elle est plus courte encore dans certains poissons : ainsêcelle du poisson-lune, qui vit dans nos mers, surpasse à peine le cerveau en longueur.

La moelle épinière, malgré sa nature médullaire, n’est point formée d’une masse unique et homogène. On y distingue plusieurs faisceaux qu’une dissection minutieuse permet, de séparer. les uns des autres. Ces faisceaux sont déjà distincts dans la moelle allongée ou moelle épinière cérébrale ; on les voit même passer séparément à travers la protubérance annulaire (fi g. 174); en deçà ils sont également au nombre de six.

Dans leur partie appelée moelle allongée, il s’établit entre eux un entre-croisement partiel, d’où il résulte qu’une grande portion de la substance médullaire des faisceaux droits du bulbe rachidien passe au côté gauche de la moelle, et réciproquement. La conséquence de cette disposition est que l’action de chacune des deux moitiés du cerveau porte principalement sur le côté du corps opposé à celui auquel cette moitié appartient. De là vient qu’un épanchement de sang, qui a rompu des fibres sensibles ou les fibres motrices dans la partie droite du cerveau, détermine la paralysie, c’est-à-dire la suppression de la sensibilité ou celle du mouvement, dans le côté gauche du corps, et inversement.

Les différents faisceaux dont la moelle est composée ne sont pas tellement unis entre eux, qu’on ne remarque à la surface de cet organe des traces capables de faire soupçonner leur existence. Ainsi la moelle est séparée profondément en dessus et en dessous, dans toute sa longueur, par un double sillon médian dont le postérieur (supérieur chez les animaux) est le sillon médio-postérieur, et l’antérieur le sillon médio-antérieur ; le calanius scriptorius , ouvert sous le cervelet, n’est que la continuation élargie du sillon postérieur de la moelle a son point de jonction avec le cerveau. Il y a en outre deux sillons de chaque côté de cet organe; on les distingue en sillons latéro-supérieur et sillons latéro-inférieur. Entre eux est le faisceau latéral ou moyen (fig. 179).

Des Irois paires de faisceaux médullaires que l’on reconnaît à la moelle rachidienne, la postérieure esl particulièrement affectée aux fonctions de la sensibilité, et l’antérieure à celles du mouvement. Des expériences mettent hors de doute ce fait, qui est d ailleurs démont réparles conséquences de certaines blessures, détruisant la sensibilité si elles portent sur les faisceaux postérieurs, et la locomotilité si ce sont les faisceaux antérieurs qui ont été lésés.

La moelle donne insertion, sur son trajet, aux nerfs qui se rendent aux différentes parties du corps: elle esl plus renflée aux points cor-

SYSTÈME NERVEUX

respondant à l’origine des nerfs qui vont aux membres, ce qui constitue ses renflements brachial et lombaire (fig. 179 et 181). Ces nerfs ont leurs racines entre les faisceaux postérieur et moyen (racines postérieures) ou entre les faisceaux moyen et antérieur (racines antérieures).

Chez certains animaux, les oiseaux en particulier, le sillon postérieur de la moelle se dilate en manière de ventricule (fig. 181, /r), au niveau du renflement lombaire (ventricule lombaire).

Fig. 183. — Cerveau humain,, vu en dessous, et insertion des nerfs cérébraux (*)•

Nerfs de là vie de relation. — Ces nerfs sont composés d’une substance intérieure conductrice de l’agent nerveux, et dune enveloppe extérieure, appelée névrilème . Leur partie essentielle est une pu p» renfermant un axe filamenteux, nommé cylindre axile.

Ils sont de trois sortes:

1° Ceux qui servent à la sensibilité spéciale, tels que les nerts de l’olfaction, les nerfs optiques et les nerfs auditifs.

2° Ceux de la sensibilité générale.

(*) an, hémisphères cérébraux; — c, cervelet; lp, tige pituitaire, — /" > Pro **’ rance annulaire ou pont de Varolc ; — ma, moelle allongée. Les paires nerveuses c re

braies; division en neuf paires : 1, nerfs olfactifs, qu il faut considérer comme un

ganglions du cerveau et non comme une simple paire nerveuse . • -, nfrrt °P ,(lues < .

3, nerfs moteurs oculaires communs, allant aux enveloppes de 1 œil ainsi qn a si s musc es^ i, nerfs pathétiques, allant aux yeux et à leur muscle grand oblique; , ner/s riju

meaux, affectés à la sensibilité générale de la tète; — 6. nerfs ocuto-moleurs ex ernes

7 septième paire divisée en portion dure, ou moteurs faciaux, et en poihon mo où nerfs acoustiques; — K. huitième paire. ncrta*grands hypoglosses, Mrvanl J"°”' ' ment de la langue; — neuvième paire, divisée en ghsso-pharyngiens, pneum g 1 - •

allant aux viscères nutritifs, et spinaux, dits aussi accessoires.

NEUFS CRANIENS.

3° Ceux dont la fonction est d’exciter les mouvements musculaires.

Envisagés sous le rapport de leur insertion au système encéphalorachidien, les nerfs, quelle que soit leur action physiologique, se partagent en paires successives qui répondent auxdivers segments osseux ou ostéodesmes dont le squelette est formé; ceux de la tête n onl pas encore pu être classés de celle manière. Quoique le cei\enu ne comprenne que quatre paires de lobes distinctes les unes des autres, qu'il n'y ait à la tête que quatre organes des sens, et que les vertèbres crâniennes ne soient également qu’au nombre de quatre, les anatomistes reconnaissent tantôt neuf paires de nerfs cérébraux, tantôt douze ; mais il est facile de voir que cette nomenclature aurait besoin d'être réformée. C’est à quoi l’on arriverait en déterminant, pour chaque paire nerveuse encéphalique, quels sont ses filets sensibles et ses filets locomoteurs. Dans cette manière de voir, les nerfs de sensibilité spéciale devront être regardés comme constitués plus spécialement par des diverticulums du cerveau allant aux organes des sens.

Nerfs crâniens. — Les neuf paires nerveuses crâniennes ou cérébrales (fig. 183) sont admises par la plupart des auteurs; ce sont les suivantes :

lre paire : nerfs olfactifs. Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer à la page 224, ce sont des lobes du cerveau et non des nerfs. Les filets qu’ils fournissent à la membrane pituitaire sont nombreux, de consistance molle et de fonction spécialement olfactive. Ces filets sortent du crâne par la lame criblée de l’ethmoïde.

2e paire : nerfs optiques. Ils appartiennent également à la sensibilité spéciale et ne se rendent qu’à la rétine, qu’ils mettent en communication avec le cerveau. Quelques auteurs ont supposé que cette communication s’accomplit, tantôt avec les lobes optiques seuls et par l’intermédiaire de racines dites corps genouillés externes, tantôt simultanément avec les optiques et avec les hémisphères cérébraux: ce second moyen de communication a alors pour racines les prolongements appelés corps qenouitlés internes, et ceux dont nous venons de parler sous le nom de corps genouillés externes.

L’homme elles singes auraient des racines optiques de ces deux ordres; les autres mammifères n’en auraient que du premier ordre seulement : ce qui établirait entre leurs perceptions opt iques et celles des animaux précédents une différence considérable en rapportavec la supériorité et la nature de leurs aptitudes intellectuelles, puisque, suivant qu’il existerait un ou deux ordres de racines optiques, les sensations visuelles seraient perçues par les lobes optiques seuls, qui sont le siège des facultés instinctives, ou simultanément par ces lobes et par les cérébraux, siège spécial des facultés intellectuelles.

3 9 paire : nerfs moteurs oculaires communs. Ils sont destinés au mouvement, et se rendent aux enveloppes de l’œil ainsi qu’à ses muscles.

r paire : nerfs pathétiques. Ils vont aux yeux, et se distribuent au muscle grand oblique. Ce sont aussi des nerfs moteurs.

SYSTÈME NERVEUX

«')“ paire : nerfs trijumeaux. Affectés à la sensibilité générale <le la tête; ils fournissent un grand nombre de divisions ou rameaux, surtout à la face et aux organes des sens qui y sont logés.

6° paire : nerfs oculo-moteurs externes. Nerfs de mouvement pénétrant dans l’orbite et s’épanouissant dans les muscles droits externes des deux yeux.

7e paire. On lui distingue deux branches distinctes, savoir :

a. La portion dure, constituant les nerfs faciaux , qui sont d’ordre moteur et fournissent des ramifications aussi nombreuses que celles de la cinquième paire. Quelques-uns de ces rameaux sont sensibles, parce qu'il s’y joint des filets de celle dernière.

b. Les nerfs auditifs, ou nerfs spéciaux de l’oreille, appelés aussi portion molle de la septième paire, à cause de leur structure pulpeuse.

8 * paire : nerfs grands hypoglosses. Servant aux mouvements de la

langue.

9° paire. Elle est plus complexe que les autres, et comprend deux nerfs sensibles et un nerf moteur qui naissent, les premiers des parties latérales, et le dernier des parties inférieures du bulbe rachidien. Ce sont :

a. Les nerfs glosso-pharyngicns , se rendant à la base de la langue ainsi qu’au pharynx et qui servent à la sensibilité de ces parties; beaucoup d’auteurs les regardent même comme étant les nerfs spéciaux de la gustation.

b. Les, nerfs pneumogastriques , principalement sensibles el fournissant des rameaux aux organes suivants : pharynx, larynx, trachée-artère, poumons, cœur et estomac. Leurs branches droite et gauche forment des plexus en s'unissant sur plusieurs points, soit entre elles, soit avec le grand sympathique.

Les nerfs pneumogastriques, dont le nom rappelle qu’ils vont principalement aux poumons et à l’estomac, ont une importance fonctionnelle considérable. C’est par eux que la sensibilité agit sur les organes qui viennent d’être rappelés, et ils nous en font connaître le mode d action par des sensations analogues à celles des autres nerfs, quoique plus confuses. Ils rattachent donc à certains égards la vie purement nutritive à la vie de relation, el ils en mettent ainsi les organes en communication avec celle dernière, tandis que sous les autres rapports les organes nutritifs sont complètement sous la dépendance des nerfs du système sympathique et échappent a l action de la volonté.

c. Les nerfs accessoires de WH lis, aussi appelés nerfs spinaux. Ils s accolent en grande partie aux rameaux des pneumogastriques et sont les agents de la contraction volontaire dans les organes auxquels ces nerfs se rendent.

Nous ne devons pas oublier de rappeler que beaucoup d anatomistes admettent douze paires «le nerfs crâniens au lieu do neuf. Les nerfs acoustiques deviennent alors la huitième paire; les glosso-pharyngicns, constituant la neuvième; les pneumogastriques, la dixième ; les spi-

Page 1