AUDITION
qui ont produit tel ou tel son, et de les distinguer ainsi de tous les autres.
Si nous remarquons en outre que l’audition est possible quelle que soit la direction suivant laquelle les ondes sonores arrivent a notre oreille, et qu’elle conserve toute sa finesse alors que l’obscurité a suspendu l’usage de la vue, on comprendra de quel secours doit être aux animaux un sens aussi parfait, et l’on ne s’étonnera pas que 1 appareil qui lui est affecté soit un des plus compliqués de l’organisme.
Mais cette complication et la difficulté de bien comprendre le rôle particulier des différentes pièces entrant dans la composition de
Fig. 225. — Oreille de l’IIomme (*).
l'oreille ont, jusqu’.à ce jour, empêché les physiologistes et les physiciens d’établir la théorie définitive des phénomènes auditifs avec une précision comparable à celle à laquelle ils sont arrivés en ce qui concerne les phénomènes visuels. Le rôle de plusieurs des parties dont l’ensemble de l’oreille est formé, reste même à découvrir.
L’appareil de l’ouïe est placé à la tête, sur les côtés de celte région du corps, entre le troisième et le quatrième des segments osseux qui la forment. On y reconnaît trois ordres de parties, constituant, suivant que leur position est extérieure, intermédiaire ou profonde, l 'oreille externe , l 'oreille moyenne et l 'oreille interne.
Oreille externe. — Cette première partie comprend la conque audi-
( ) a, pavillon ou conque auditive; — b, conduit auditif externe; — c, membrane du tympan, il, caisse du tympan; e, enclume; — m, marteau; — g, canaux semi-circulaires; — h, limaçon; — i, trompe d'Eustachc.
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tive, aussi appelée pavillon, et le méat auditif ou conduit extérieur de l’oreille.
La conque varie beaucoup dans sa forme, suivant les espèces chez lesquelles ou l’observe ; elle est toujours plus étendue chez celles qui vivent dans des endroits déserts, éloignées par conséquent des autres animaux et obligées d’entendre à de grandes distances. Elle est affectée au recueillement des sons. Les mammifères en sont seuls pourvus, et il est même certaines espèces, parmi eux, qui en manquent absolument, telles que les taupes et les rats-taupes; ces espèces vivent sous terre. Les cétacés, les sirénides, ainsi que la plupart des
phoques, animaux essentiellement aquatiques, n’ont pas non plus de conque auditive.
Chez l’homme, la conque est remarquable par son contour ovalaire, par le repli qui la borde dans toute sa partie supérieure, et par le lobule graisseux qui la termine inférieurement. Celle des chauves-souris est souvent munie d’un prolongement qui semble la doubler intérieurement et qui lui sert d’obturateur lorsque ces animaux veulent se soustraire au bruit.
On donne à cette partie le nom d'oreillon : c’est un prolongement du tragus de l’homme, c’est-à-dire de la petite saillie cartilagineuse qui, dans l’oreille humaine, se remarque à la partie antérieure et moyenne .de la conque, en avant du méat auditif. Il est très-développé dans l’oreillard (fig. 226).
La conque est de nature fibro-cartilagineuse. Des muscles, en général plus développés chez les animaux que chez l’homme, sont spécialement affectés à cette partie, et permettent, lorsque leur action est suffisamment grande, d’en diriger l’ouverture dans des sens différents, comme nous le voyons faire à l’âne, .au lapin, et a d autres espèces qui tendent leur oreille externe dans la direction des bruits qu’ils veulent mieux entendre.
Le méat auditif , ou conduit de l'oreille externe, va du fond de la conque à l’oreille moyenne. Dans les espèces dépourvues de conque, plus particulièrement dans celles qui sont aquatiques, il est muni >» son orifice d’un muscle circulaire qui en permet la complète fermeture au gré de l’animal. La peau qui garnit ce tube présente de nombreuses glandules sébacées destinées à la sécrétion dune matière grasse, de couleur jaune, appelée cérumen. (*)
(*) Espèce de chauve-souris dont les oreilles et les oreillons, ou tragus, sont très-grands.
audition.
üukillm moyenne. —L’oreille moyenne, interposée à l’oreille externe et à l’interne, constitue une sorte de caisse aérienne servant a la répétition des sons recueillis parla conque et a leur, transmission al oreille interne. Elle est logée dans une cavité osseuse qui se rende d une manière sensible chez les espèces plus capables de percevoir 1 impression des moindres bruits, et elle est en rapport avec 1 oreille externe par une membrane tendue, par conséquent susceptible de vibrer sous l’intluence des ondes sonores arrivant par le méat auditif externe. Cette membrane est le tympan ; son support constitue un cadre osseux appliqué à la partie inférieure de l’os temporal avec laquelle elle se soude de bonne heure. La portion solide de la caisse est elle-même une dépendance de cet os, ou plutôt elle se joint a lui peu de temps après la naissance.
Deux autres parties membraneuses, et comparables au tympan, sont tendues à la manière du tympan lui-même a la face opposée de l’oreille moyenne, sur deux ouvertures de l’oreille interne, dites fenêtre ovale et fenêtre ronde. Leur présence justifie la comparaison que l’on a établie entre l’oreille moyenne et un tambour. Seulement la seconde membrane de l’oreille moyenne, au lieu d être simple comme la première, c’est-à-dire comme le tympan, est par cela même divisée en deux parties appliquées chacune sur l’une des deux fenêtres dont il vient d’être question.
Comme l’est aussi une caisse de tambour, l’oreille moyenne est remplie d’air. Cet air doit y conserver son élasticité et se maintenir à une pression égale à celle de l’air extérieur, car il est destiné à répéter les vibrations sonores que celui-ci reçoit du tympan et à les transmettre à l’oreille interne.
L’air pénètre dans l’oreille moyenne et par suite dans l’intérieur de la caisse en traversant la trompe d'Emtache, espèce de tube qui va de l'arrière-bouche jusque dans la caisse ellemême, et dont l’obturation par des mucosités endurcies ou par l’épaississement de ses propres parois est une cause fréquente de surdité.
L’analogie de l’oreille moyenne avec un tambour est complétée par la présence des osselets de l’ouïe, qui sont une chaîne de quatre petites pièces osseuses allant de la membrane du tympan à la membrane de la fenêtre ovale. Celte chaîne, en se raccourcissant ou s’allongeant sous l’action des petits muscles qui s’y insèrent, tend ces membranes ou les détend et facilite ainsi les vibrations sonores ou les atténue. Quoique placée à l’intérieur de la caisse auditive, elle répond évidemment aux cordes placées en dehors d’un tambour, puisqu’elle (*)
(*) m, le marteau et scs muscles; — e, l’enclume; — l, le lenticulaire; — k, l’étrier et son muscle.
Fig. 227. — Osselets de l’ouïe, vus dans leurs rapports naturels ; figure grossie (*).
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sert, comme elles, à modifier la tension des membranes appliquées aux deux extrémités de la caisse.
Les osselets de l’ouïe sont le marteau, en rapport avec le tympan; l 'enclume, sur laquelle porte le marteau; le lenticulaire , de petite dimension, et V étrier, ainsi appelé de sa forme. La platine de l’étrier porte sur la fenêtre ovale.
Oreille interne. — C’est le véritable bulbe de l’oreille, et son ensemble, qui prend le nom de labyrinthe , est contenu dans une pièce osseuse d’une grande densité, appelée, à cause de cela, le rocher ou l’os pétreux. On y distingue trois parties, savoir: le vestibule, les canaux semi-circulaires et le limaçon. Un canal osseux, (Siiméat auditif interne,
y conduit le nerf spécial de la sensation auditive ou nerf acoustique. Le labyrinthe osseux est occupé par un appareil membraneux, renfermant un liquide comparable à une sorte de gelée, qui remplit dans l’audition la fonction d’humeur vibrante. Le labyrinthe membraneux est divisé, comme Fig. 228. — Le limaçon, coupé obli- le labyrinthe osseux, en vestibule, ca-
quemeni pour montrer les deux tours nauxsemi-circulairfis et limaçon. C’est
et demi qu’il forme, et la lame spirale , ' . . • .
.... 1 . dans son intérieur que s épanouissent
intérieure qui le divise en deux 1 1 .
rampes (*). les divisions du nerf acoustique char-
gées de percevoir les sensations auditives, et à cet égard ces nerfs peuvent être comparés à la rétine, puisqu’ils sont aussi des agents de sensibilité spéciale.
Le vestibule renferme en suspension, dans l’humeur dont il est rempli, de petites concrétions calcaires, qui chez les poissons osseux constituent une pièce solide, de structure cristalline, assezvolumineuse et appelée otolithe ou pierre auditive.
C’est au point de contact du vestibule et de l’oreille moyenne qu’existe la fenêtre ovale sur laquelle s’applique la platine de l’étrier. Le vestibule est la partie fondamentale de l’oreille interne.
Les canaux dits semi-circulaires, à cause de leur forme, sont au nombre de trois. Ils aboutissent également au vestibule, mais par cinq ouvertures seulement, deux d’entre eux se réunissant par une de leurs extrémités avant d’opérer leur jonction à la cavité commune; leur autre extrémité se renfle en ampoule auprès de son embouchure; une des extrémités du canal, qui reste entièrement indépendante des deux autres, présente aussi une dilatation ou ampoule.
Quand au limaçon , il doit son nom à sa ressemblance avec la coquille
(*) <t, la laine spirale extérieure ou la lame des contours; — bb, lame spirale intérieure séparant les deux rampes et sur laquelle s'étendent les terminaisons a du nerf acoustique propres à cette partie de l’oreille interne; — c, séparation du deuxième tour d’avec le troisième; — d, rampe supérieure, vue au second tour; — e, sommet du limaçon.