PHONATION
appelé cartilage cricoïde. Au bord postéro-supérieur du thyroïde sont encore deux autres cartilages beaucoup plus petits que lui, appelés cartilages aryténoïdes.
Les cartilages du larynx sont réunis entre eux par des ligaments et des muscles spéciaux les mettent en mouvement; la membrane muqueuse qui tapisse intérieurement cet organe présente plusieurs particularités importantes à étudier, si 1 on veut bien comprendre le rôle qu'il remplit dans la production de la voix.
On y remarque deux fossettes, une pour chaque côté. Ces deux fossettes apparaissent, comme une double boutonnière dans l’intérieur du larynx ; elles sont bordées chacune par une paire de lèvres dont l’inférieure renferme un ligament élastique susceptible d’entrer en vibration sous l’action des colonnes d’air que le poumon chasse avec plus ou moins de force. Ces fossettes s’appellent les ventricules du larynx; leurs lèvres supérieures sont les ligaments supérieurs de la glotte, et les inférieures, les cordes vocales. La glotte elle-même comprend l’ensemble de ces diverses parties, ainsi que l’espace qu’elles occupent; c’est dans la glotte que se forme principalement la voix.
Le degré de tension des cordes vocales, leur longueur variable suivant l’âge ou le sexe, et. du larynx de l’Homme (*). par suite la. rapidité plus ou moins grande de
leurs vibrations, sont, avec le volume du larynx et le degré de solidité de ses cartilages, les principales causes des différences que présente la voix chez les divers sujets.
Les muscles du larynx sont au nombre de neuf, savoir : un impair antérieur, les crico-thyroïdiens; deux paires latérales, les crico-aryténoïdiens latéraux et les thyro-aryténoïdiens; deux paires postérieures, les aryténoïdiens et crico-aryténoïdiens postérieurs.
Pour se rendre compte des modulations si multipliées de la voix humaine, c’est-à-dire de sa transformation en parole , ainsi que des variétés d’expression qu’elle présente et dont le chant, les sanglots, la voix de fausset, la ventriloquie, etc., sont les plus remarquables, il faut savoir aussi comment interviennent les muscles respiratoires, et en outre quelle est la participation du nez ainsi que celle des diverses parties de la bouche, en y comprenant spécialement le voile du palais, les joues, les lèvres et jusqu’aux dents. Tous ces organes ont en effet une part active dans la production du langage, et ils concourent à en faire l’expression des sentiments dont notre âme est animée, à faci-
(*) u, épiglotte; — b, orifice supérieur du larynx fendu et étalé; c, ventricule du larynx; — d, orifice inférieur du larynx; — e, trachée-artère; — f , coupe de la grande corne de l’os hyoïde ; — id, du ligament thyro-hyoïdien ; — id, du cartilage thyroïde; — id, du cartilage cricoïde; — k, premier anneau de la trachée.
Fig. 233. — Intérieur
larynx.
liter l’émission dos sons et à on modifier l’amplitude ou le timbre.
La disposition du larynx chez certains mammifères donne a leur voix une étendue plus grande qu'à celle des autres ; il en est chez lesquels elle est au contraire remarquable par son extreme acuité ou bien encore par sa gravité. Cola peut tenir dans le premier cas au développement des ventricules du larynx, et dans le second a la brievete ainsi qu’à la tension des cordes vocales, ou au contraire a leur longueur ou à leur relâchement. La disposition et le jeu des parties dont
nous rappelions tout à l’heure le nom intervient aussi dune manièie spéciale.
L’âne et les singes hurleurs sont au nombre des mammifères dont la voix porte le plus loin; 1 orang-outan, le gorille et les gibbons l’ont aussi très-étendue. Celle des chauves-souris est très-aiguë et celle du bœuf très-grave.
Chez l’orang-outan et le gorille, des poches membraneuses communiquant avec le larynx s’étendent sur les côtés du cou et jusque sur la poitrine. La voix retentissante du singe hurleur tient surtout au grand développement de son os hyoïde qui forme une poche considérable dans laquelle se logent les sacs laryngés.
La voix humaine, qui est comprise dans des limites intermédiaires, possède cependant un registre assez étendu ; mais, suivant qu’il s’agit d’un homme, d’une femme ou d’un enfant, elle s’arrête à des points différents de l'échelle musicale. Il y a près d une octave de différence (*)
(*) Le sujet dessiné est vieux et du sexe mâle.