‹ Éléments de zoologieChapitre 91 sur 184 · CARACTÈRES DES MAMMIFÈRES. — CLASSIFICATION DE CES ANIMAUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES MAMMIFÈRES. — CLASSIFICATION DE CES ANIMAUX

L’embranchement des vertébrés comprend cinq classes, savoir : les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les batraciens et les poissons.

Les mammifères sont de tous les animaux ceux dont l’organisation •acquiert le plus haut degré de perfection, et, à ce titre, ils méritaient rl'ètre placés avant les autres.

Ils n’ont été réunis en un groupe unique que depuis l’époque de Linné. Antérieurement à ce célèbre naturaliste, on en faisait deux •catégories distinctes, l'une sous le nom de quadrupèdes vivipares , l’autre sous celui de cétacés. Cette répartition a même été conservée par Lacépède. Cependant les anciens, et parmi eux Aristote, avaient déjà constaté les affinités que les mammifères terrestres et les cétacés •ont entre eux, mais sans en tenir compte dans la classification.

En réalité, les animaux de ces deux groupes sont également pourvus •de mamelles, et leurs organes les plus importants n’offrent point de différences essentielles dans leur disposition générale.

Qu’ils soient terrestres ou aquatiques, les mammifères ont tous des mamelles, et c’est au moyen du lait sécrété par ces organes qu’ils nourrissent leurs petits pendant le temps qui suit immédiatement la naissance. Les cétacés n’échappent pas plus à cette condition que les •espèces australiennes constituant les deux genres ornithorhynque et ■échidné, qu’on avait supposées dépourvues de mamelles; et c’est à la présence constante des glandes de la lactation que les animaux mammifères doivent le nom par lequel on désigne maintenant la •classe qu ils constituent. On les appelle en latin mammalia , ce qui fait allusion au même caractère.

l ous les mammifères ou vertébrés pourvus de mamelles sont aussi des animaux a température constante et à respiration simple, mais complète. Leur cavité thoracique, dans laquelle sont placés les poumons et le cœur, est toujours séparée de la cavité abdominale par un

diaphragme. Presque lous ont les globules sanguins de forme circulaire.

Les organes des sens acquièrent chez eux une grande perfection, même dans leurs parties accessoires : ainsi ils ont des paupières distinctes, et la plupart de leurs espèces sont pourvues d’une conque auditive. On constate chez ces animaux encore d’autres dispositions qui ne se retrouvent pas chez les vertébrés ovipares.

Leur bouche est garnie de lèvres charnues, sauf chez les mono-

MAMMIFÈRES

trèmes (1), et leur corps est habituellement couvert de téguments particuliers, les poils, permettant de reconnaître à la première vue les animaux pourvus de mamelles, et destinés à conserver leur chaleur propre.

Les tatous, dont la peau est en grande partie encroûtée par des pièces osseuses formant une carapace, et les pangolins, qui ont des

écailles cornées sur presque tout le corps, ne sont pas entièrement privés de poils. On en trouve même chez les cétacés, qui passent pour avoir le corps complètement nu. Des poils sont en effet disséminés, en très-petite quantité, il est vrai, sur la peau des baleines; les jeunes marsouins en ont quelques-uns sur la lèvre supérieure, et le museau de l'inie, genre de dauphins propre au bassin de 1 Amazone, en est en grande partie recouvert à tous les Ages.

Le squelette lui-même peut servir à distinguer les animaux de la classe des mammifères. Les os restent épiphysés pendant les premiers

(t) L’ornilhorliynque cl l’écliidnû

CLASSIFICATION

temps de la vie. Les pièces dont se compose le crâne sont moins nombreuses chez les sujets adultes que chez les jeunes, ce qui tient à ce que plusieurs se soudent tes unes aux autres par synostose, lorsque ces animaux avancent en âge; l’occipital s’articule par deux condyles avec l'atlas ou première vertèbre cervicale; la mâchoire inférieure joue sur la cavité glénoïde du temporal par un condyle distinct, lui appartenant, et elle ne se compose jamais que d une seule pièce pour chaque côté, tandis qu’il y en a toujours plusieurs à celle des vertébrés ovipares; elle n’a pas d’os carré séparé du temporal; enfin, saut chez certains paresseux, le nombre des vertèbres cervicales est constamment de sept, et il n’y a que les cétacés qui aient plus de trois phalanges aux doigts (fig. 144).

Ajoutons que les dents des mammifères sont presque toujours pour-

Fig. 247. — Bœuf garonnais.

vues de racines et implantées dans des alvéoles. Certaines d’entre elles en ont même plusieurs chacune, ce qui n’a jamais lieu chez les ovipares. En outre, il est, dans beaucoup de cas, facile de distinguer ces dents en trois sortes : incisives, canines et molaires. Ce sont ces dernières qui peuvent avoir plusieurs racines.

Classification des mammifères. — Beaucoup d’auteurs, et parmi eux Georges Cuvier, ont établi la classification des mammifères au moyen d une heureuse combinaison des caractères que présentent les membres de ces animaux avec ceux qu’on peut constater par l’examen de leur dentition. Ils ont ainsi été conduits à distinguer plusieurs ordres dans la division des vertébrés qui nous occupe.

Les mammifères, sauf les sirénides et les cétacés, qui, dans cette classification, prennent rang après tous les autres, ont constamment quatre membres apparents, et ces appendices sont terminés, tantôt par des doigts onguiculés, c’est-à-dire pourvus d’ongles ou de griffes, comme les singes, les félins, les chiens, les lapins, etc., nous en four-

MAMMIFÈRES

nissenl des exemples; tantôt par des doigts ongulés, c’est-à-dire engagés dans des sabots, comme cela se voit chez les ruminants, ainsi que chez le rhinocéros, le cheval, le porc, etc. De là la distinction des mammifères quadrupèdes en deux catégories principales : les onguiculés, ou mammifères à doigts terminés par des ongles, et les oripulésy ou mammifères à doigts terminés par des sabots.

Les mammifères quadrupèdes pourvus de doigts onguiculés peuvent à leur tour être partagés en deux groupes, suivant qu’ils ont des mains (fig. 191 et 192), c’est-à-dire des extrémités terminales ayant lepouce opposable aux autres doigts, ce qui a particulièrement lieu pour les membres supérieurs de l’homme et pour les quatre membres chez la plupart des singes; ou bien qu’ils n’ont pas les pouces opposables, comme on le voit chez l’ours, le chat, le chien, etc.

Dans ce dernier cas, les mammifères ont trois sortes de dents, deux sortes de dents ou une seule sorte de dents.

De leur côté, les genres pourvus de sabots ont l’estomac disposé pour ruminer, ou au contraire impropre à la rumination.

Un tableau fera mieux ressortir les résultats auxquels conduit l’analyse des caractères dont il vient d’être question.

Page 1