ARACHNIDES
grands Iules, et dont la morsure est venimeuse. Une seule espèce de Scolopendre habite la France : elle est confinée a la
Pi •ovence.
Tous les Cliilopodcs sont carnassiers; leurs mâchoires sont
Fig. 488. — Scolopendre.
fortes et ont facilement raison de proies vivantes. Certains d’entre eux sont lumineux de nuit, à la façon des Vers luisants : tels les üéopiiiies, assez communs dans nos pays.
CLASSF DES ARACIIAIDES
Les Auachnides (àpayyrç, araignée; lorme , a[)parence)
constituent la troisième classe des animaux articulés . comme leur nom l’indique, leur type est 1 Araignée. Mais a côté des Araignées, on a rangé dans cette classe nue loiile d animaux qui diffèrent de celles-ci tant par la forme extérieure que par l’organisation ou le genre de vie. La classe des Arachnides est donc formée d’animaux fort disparates, en sorte qu il devient
difficile de leur assigner des caractères communs.
Les Arachnides n’ont jamais d’ailes. La tète et le thorax sont confondus en une masse unique, à lacpielle on donne le nom de Céphalothorax. Les pièces buccales consistent en une paire de pattes-mâchoires, placées au niveau de la bouche, et dontl article basilaire, en forme de lame, sert à la trituration et a la dilacération des aliments. Le céphalothorax porte encore en avant des appendices diversement conformés, qui correspondent aux antennes des Insectes : ces appendices sont, ou bien de
Fjo'
i89. — Araignée.
AUACIINIDES.
simples griffes, comme cliez les Araignées (fig. 489), ou bien
des pinces, comme chez les Scorpions.
Les pattes, toujours portées par le céphalothorax, sont au nombre de huit : on a donné cà leurs divers segments les noms de hanche, trochanter, cuisse ou fémur, jambe ou tibia, et tarse, comme chez les Insectes.
Ces pattes sont généralement fort longues, surtout chez les Araignées;
cassent facilement, mais le n-ignon apres s’être cicatrisé, reproduit une nouvelle patte
qui Cl oit peu a peu et finit par être semblable à celle dont 1 animal avait été privé.
Les yeu.x sont toujours simples ; ils sont répartis symétriquement à la face supérieure du céphaloiliorax, au nombre de 2 à 12 (fig. 490). Les organes ce 1 audition sont encore inconnus.
L abdomen est globuleu.x et dépourvu de segmentation chez les Araignées; chez les Scorpion^ au contraire, on y observe une segmentation bien nette. Il est toujours dépourvu de membres. L’anus est terminal et chez
es filières, orifices souvent situés au sommet de |)etits niL melons et par lesquels sortent les fils de soie au moyen desquels ranimai construit sa toile délicate.
La rosjiiration des Arachnides est aérienne comme celle des Insectes. Chez les types inférieurs, elle sc fait au moyen de trachées répandues par tout le corps, tandis que chez les siipéneiirs, notamment chez les Araignées et les Scorpions, l’appareil se modifie de manière à se localiser sur les cotés de l’ab-
omen et a constituer des organes auxquels on a donné le nom impropre de poumons.
La plupart des Arachnides sont ovipares ; les Scorjiions sont
Fig. 490.
^eux d’araignée
ARAtGNÉES.
ovovivipares. Il arrive souvent que la mère enveloppe ses œuls dans un cocon de soie. En général, le jeune animal ne subit pas de métamorphose, et mue simplement plusieurs fois avant de devenir adulte. Mais dans un groupe fort nombreux et lort intéressant, celui des Acariens, le jeune naît avec deux ou trois paires de pattes seulement; il n’aura ses dernières pattes (pie plus tard, après avoir subi plusieurs mues.
Presque tous les Arachnides se nourrissent de proies vivantes, dont ils sucent les parties liquides; leurs pattes-mâchoires leur servent simplement à broyer les matières animales, de fa(;on à les sucer plus complètement. Les Araignées en-
«^OLirdissent ordinairement leurs vie-
times à l’aide de venins sécrétés [)ar des glandes qui viennent déboucher à l’extrémité des griffes, analogues à des antennes (lig. 491).
Un préjugé ridicule fait considérer les ARAIGNÉES comme des êtres malfaisants et dangereux. Ces animaux sont au contraire
Fig. 491. — Appareil buccal d’une Araignée. — s, sternum. — l, lèvres. — ma, mâchoires. — p, palpes des mâchoires, — vi, mamlihiiles. — g, crochets ou griffes des mandibules.
d’une grande utilité pour nous, car ils détruisent une loule d’insectes nuisibles. D’autre part, l’immense majorité d’entre eux est absolument inoffensive, et le venin que deversent leurs griffes, nuisible pour les animaux de fort petite taille dont les Araignées font leur proie, n’a presque aucune inlluence sur rilomnie. Il faut aller dans les [lays tropicaux pour rencontrer quelques rares espèces dont la piqûre soit véritablement à craindre.
Les Mygales (lig. 492), qui dans l’Amérique du Sud atteignent une taille relativement énorme, sont représentées dans le midi de l’Europe et même enErance par de petites espèces. A l’aide des crochets qui terminent leurs pattes, ces Araignées industrieuses se creusent dans la terre un puils profond dont elles tapissent les parois d’une tenture de soie line. « La demeure
arachnides
construite, une porte est nécessaire (fig. 49oj. Cette porte sorte de, couvercle, est formée de couches de terre liées par de
la matière soyeuse ; le disque, qui a une grande épaisseur, est
élargi de bas en haut, de fa- . COU à eml)oîter exactement la partie évasée du trou . A l’extérieur, la porte est toute raboteuse, comme le sol environnant, pour cpie rien ne trahisse 1 habitation ; à l’intérieur, au contraire, elle est garnie d’un tissu de soie semblable à celui qui garnit la muraille du logis. »
ha Tégénaire domesiique (bg. 494) est une grosse Araignée noire qui se rencontre fréquemment dans les cncoignurerdes murailles. C’est elle qui tisse dans les étables sa grande toile en nappe, maintenue comme un hamac par des cordages tendus
Fig. .495.
Nid (le la 3Iygale.
AUAIGISÉES.
dans diverses directions. Outre cette toile, la Tégénaire construit à l’un des angles un tube soyeux, dans lequd elle se tient blottie et d où elle s’élance sur sa toile , dès qu une Mouche est venue s’y jeter. « A l’approche du moment de la ponte, notre Araignée file un gros tlocon de soie blanche, l’entoure ensuite d’un sac de soie brune, le leste avec des débris d’insectes, quelquefois avec de petits cailloux, et 1 at-
Fig. -iOi. — Tégénaire domestique.
tache au-dessus de sa toile. Elle lait sa ponte, loge ses œufs dans un cocon de soie (ine, et va cacher le cocon dans le sac, au milieu du gros flocon blanc, pour ne plus (piitter son dépôt. Ne travaille-t-elle pas bien, cette mère toujours vigilante.^ »
Les Épéîrcs tissent dans les jardins, entie les biancliages, leurs grandes toiles à rayons concentriques. A Tautomne, il est fréquent de rencontrer, bien campée au milieu de sa toile, une belle Araignée ornée parfois de couleurs éclatantes : c’est