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ORDRE DES ORTHOPTÈRES

Cet ordre, le dernier de la classe des Insectes, tire encoie son nom (s?6iç, droit; zTspv, aile) do la conformation des ailes. Ces organes sont au nombre de quatre ; les antérieurs, diflérents des autres par leur texture et leur forme, sont semicoriaces et se croisent l’un sur l’aulre pendant le repos; les

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jwstencurs, mcrnbrannux et parcourus par des nervures rectiigncs, se plient dans le sens de la longueur, à la irianièrc c es éventails, et c est de ce caractère qu’est tirée l’appellation U groupe entier. Toutefois, cette structure des ailes est loin d etre generale parmi les Orthoptères, car, dans cet ordre coinpose d individus disparates et l.clerogènes, il est fréquent de iciicontrer des especes qui n’ont jamais d’ailes.

1 *■"* ‘disposée pour broyer et pour mordre, diffère peu

poses. L abdomen est généralement segmenté, composé de di.v

aiincaiix et terminé par des appendices eu forme de tenailles et de stylets.

Tes Orthoptères subissent des métamorphoses incomplètes.

’tfp. 475.

Foificules. - i, Forficule auriculaire. - 2, Laldâdoure géante. - 5, Chéli-

tloure aptère. ’

Chez les espèces ailées, la larve ne diffère de l’animal adulte

que par sa plus petite taille et Tabsence d’ailes : il lui suffira,

jiour aiiivei à 1 état parfait, de subir plusieurs mues et d’ac- (jiiérir des ailes.

On peut diviser les Orthoptères en coureurs^ marcheurs et

ORTHOPTÈRES

sciuleurs . Parmi les coureurs, nous rencontrons les Forficuies (lig. 475) ou Perce-oreilles. Ces Insectes sont bien remarquables à cause de la pince peu redoutable, mais pourtant si redoutée, qui termine leur abdomen. Leur nom de Perce-oreilles repose sur une légende ridicule i on prétend qu ils pénètrent dans l’oreille des personnes endormies et qu a 1 aide de leui tenaille ils peuvent s’introduire dans la tête. Les ailes sont fort courtes ; les antérieures sont cornées et constituent de véritables élytres. De même que la plupart des Orthoptères, ces animaux se nourrissent de matières végétales.

Les Blattes (bg* 4/6) ou Cctucrelüfs vivent par troupes nombreuses dans les boulangeries, les magasins et la cale des navires, où elles exercent de grands ravages , elles s’attaquent à toutes les substances animales ou végétales desséchées : les denrées coloniales, les

Fig. 476. — Blatte.

viandes conservées, le cuir, tout leur

est bon. Ces Insectes sont nocturnes; pendant le jour, ils se tiennent cachés dans des endroits sombres, dans d’étroites üssures où il leur est facile d’entrer, grâce à l’aplatissement de leur corps.

Fig. 477. — Mante.

Parmi les orthoptères marcheurs, nous vous citerons seulement les mantes (fig. 477), Insectes carnassiers des pays

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chauds qui, en France, ne se rencontrent que dans le Midi.

On les y connaît sous le nom provençal de Prega-Diou. Pendant

des heures entières, elles se tiennent à l’affût sur les arbres

dans une complète immobilité, les pattes de devant repliées •

elles ont ainsi une attitude calme et méditative qui leur a valu

leur nom. Les Mantes sont des Insectes de grande taille qui,

grâce à leur coloration verte ou brune, peuvent se dissimuler

lacilement dans le feuillage ou sur les brandies et écliaiiper

ainsi aux regards des Mouches ou des autres animaux dont elles se nourrissent.

A côté des Mantes viennent se placer les Vh^uies (fig. 478), curieux Insectes des îles Seychelles, qui jouissent encore à un bien plus haut degré de la faculté de se dissimuler dans les feuilles : leur corps est aplati et comme mem-

ORTHOPTERES

branciix et leurs ailes antérieures sont parcourues de nei*-

Fig. 479. — Kéraocrâne.

vures qui imitent à s y méprendre la nervation d’une feuille.

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Des exemples de mimétisme peut-être encore plus curieux s’observent chez les Phasmes, les Bacilles et d’autres Orthoptères au corps élancé : les plus grands qui soient connus, les hcraocrânes (fig. 479), originaires de la Nouvelle-Guinée, ont 20 centimètres de longueur. Tous ces Orthoptères vivent suides arbres on des arbustes, au milieu desquels l’œil le plus exercé a peine a les découvrir, tant leur corps allongé ressemble niix binncliGs sur 1gs(|ug11gs ils sg fixGnl.

Lgs Sauterelles (fig. 4SQ) appartiGnnGiit au groiipG cIgs ORTHOPTÈRES SAUTEURS. Cgs animaiix GU GffGt volGiit assGz facilG-

iTiGnt, malgré 1g poids de leur corps, mais la marche leur est dilficile, leurs pattes de derrière, puissantes et vigoureuses, étant notablement plus longues que les autres pattes : aussi leur mode de progression est-il presque exclusivement le saut.

Les ailes antérieures des Sauterelles sont de véritables élytres. Chez le

Fis. 480. - Saule, elle. trailsfor-

ment en un instrument de musique qui produit le son monotone et strident que vous connaissez : à la base des élytres, les nervures diversement con-

tournées laissent entre elles un espace plus ou moins grand, occupé par une mince membrane transparente bien rendue, que I on nomme le ?/n'roù\. Si l’animal vient à frotter l’une contre 1 autre les deux élytres, il se produit un son qu’amplifie notablement le miroir.

Les femelles portent à contournée en forme de

l’extrémité de l’abdomen une tarière^ yatagan, et qui leur sert à creuser en

ORTHOPTÈRES

terre des trous dans lesquels elles effectueront leur ponte.

Au Brésil, à Cayenne, à Surinam et dans toute l’Amcrniue équatoriale vivent des Insectes voisins des Sauterelles, les Plérochrozes (üg. 481), qui ne sont pas moins remarquables

l'ig. 481. — Plérochrozes.

que les Pliyllies et les Phasmes par la manière dont ils se dérobent à la vue de leurs ennemis. Ils passent leur existence au milieu des feuilles, dont leurs ailes, colorées d’une belle teinte verte, ont pris complètement l’aspect.

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. Les tiriiioiis (fig. 482j ont les plus grands rapports avec les Sauterelles et cependant leur aspect est bien différent. Lein» élytres sont pourvues d’un large appareil musical. De meme que les Sauterelles, ils ont les pattes postérieures adaptées pour le saut: les femelles ont une tarière longue,

Ein* 482. — Grillon domestique.

mais frêle. A l’inverse des Sauterelles, les élytres sont plus coui Igs cfue les ailes'de la seconde paire.

Les Grillons vivent solitaires dans les champs, cachés le jour dans des terriers qu’ils se sont creusés. Une espèce particulièie, difféientede celle des champs, habite nos maisons : elle

Fig. 485. — Courlilière.

se trouve surtout chez les boulangers et dans les maisons mal tenues; elle aflectionne les cuisines et le voisinage du leu.

La Courtiiière (tig. 485) OU Taupe-GrUlou doit ce dernier nom a son genre de vie, souterrain comme celui de la Taupe, et aussi a ce que ses pattes antérieures , considérahlenient

ORTHOPTÈRES

élargies et épaissies, sont transformées en appareils fouisseurs. Cet animal estbcancoup plus gros que le Grillon; il s établit fréquemment dans les jardins et les potagers, ou il coupe et mange les racines et cause des pertes appréciables.

Le's Crique»* diffèrent des Sauterelles, entre autres caractères, parce que leurs élytres sont dépourvues d’appareil musical ; ils n’en sont pas moins des Insectes musiciens et tout leur art consiste à se frotter la cuisse contre l’élytre, à la manière d’un archet qui frotte les cordes d’un violon (tig. 484).

Fig. 484. — Criquet migrateur et ses métamorphoses.

Les Ci‘ic|ucts constituent une nombreuse famille : ils ne sont guère représentés chez nous (jue par ces Insectes, Iréquents surtout dans les vignes et confondus généralement avec les Sauterelles, qui montrent en s’envolant des ailes rouges ou bleues. Mais dans les pays chauds, ce sont des espèces de très grande taille, qui s’abattent parfois en quantités vraiment prodigieuses sur certaines régions. Les pays du nord de l’Afrique et d’Orient sont surtout exposés à leurs inv»asions : ce sont eux qui ont causé la huitième plaie d’Égypte dont il est question

LNSEGTES.

dans la Bible. Véritable fléau en effet, car ces animaux détruisent toute la végétation d’une contrée, ruinent les récoltes, es plantations et causent des dégâts inimaginables. L’Europe meme 1,’est point à l’abri de leurs attaques et les provinces

1748 0^749 envahies par eux en 1747,

En Algérie, les nuées de Sauterelles, semblables à d’immenses nuages d’où sort un bruissement caractéristique viennent du Sud; elles s’abattent sur les récoltes et en quelques jours y causent de grands dégâts. Jlais cela n’est encore rien : chaque femelle pond en terre une centaine d’œufs, qui eclosent au boufde quelques semaines; les jeunes Criquets apteres se reunissent alors en immenses colonnes, couvrant quelquefois des kilomètres carrés, qui dévorent tout sur leur passage, jusqu à l’écorce des arbres.

Les THYSANOURES (6i«vîi, fraugcs ; oùpà, queue) ont été loimtemps considérés comme devant former un ordre à part, inaFs

Fig. 485. — Lépisme du sucre.

de nombreux caractères les rapprochent des Névroptères, et

particulièrement des Ephémères. Ils possèdent à l’extrémité de

abdomen des appendices filiformes, ordinairement repliés

sous le ventre, qui en se redressant font sauter l'animal : ces

appendices sont entièrement comparables à ceux que nrésenteiit

les Ephémères. D’autre part, la houche est constituée coinnœ

chez les Nevroptères. Les Thysanoures ne subissent aucune

metamorpbose ; ce sont des Insectes de petite taille, totalement dépourvus d’ailes.

De ce groupe peu nombreux en espèces, nous ne vous en citerons que deux : l’une qui vous est familière, car vous

MYRIOPODES.

l’avez rencontrée fréquemment dans les buffets et les gaulemanger de nos maisons, est le Lépisme du sucre ((\^. 485); sa couleur argentée est due à des écailles microscopiques, semblables à celles des Papillons. L’autre est la Podurclle (üg. 486) , dont l’abdomen se termine par une

CLASSE DES MYRIOPODLS

Les Myriopodes ([rjpio', dix mille; t:cOç, pied) ou Mille-

pieds constituent une seconde classe du grand groupe des Arthropodes. On les a longtemps réunis aux Insectes, dont ils se rapprochent à beaucoup d’égards, notamment par Porganisation du système nerveux et de la bouche, et par la disposition des appareils de la circulation et de la respiration; mais ils en diffèrent par des caractères si tranchés que le rapprochement que l’on établissait autrefois ne saurait actuellement se soutenir.

Les ailes font toujours défaut. La tête est distincte, mais le thorax et l’abdomen ne se reconnaissent plus. Ils sont représentés par une série d’anneaux dont le nombre, jamais inférieur à 15, peut devenir plus considérable.

On peut comparer aux métamorphoses des Insectes l’acquisition que font les Myriopodes, à leurs mues successives, d’un nouvel anneau avec nouvelles pattes. Cet accroissement de longueur a, vous le pensez bien, une limite; mais le nombre des anneaux acquis de la sorte est plus que double, dans certaines espèces. Chacun des anneaux porte une paire de pattes. Il y a donc au minimum 50 pattes, et au maximum environ 150 : nous sommes loin des chiffres 1000 on 10 000 qu’indiquent les noms de ces animaux; mais il faut reconnaître que cette dénomination de Myriopodes ou de Mille-pieds n’a d’autre

espèce de queue fourchue.

MYRIOPODES.

prétcnlion que d’indiquer que le nombre des pattes est fort grand.

Chez certaines espèces, chaque anneau porte deux paires de pattes : c’est qu’alors les anneaux se sont soudes et confondus deux à deux. Cette distinction a permis d’élablir deux ordres dans la classe des Myriopodes : ceux de ces animaux dont cha-

que anneau porte une seule paire de pattes ont reçu le nom collectif de Chilopodes (/sTXoç, lèvre; xoüî, t.oo:;, pied); ceux dont chaque anneau porte deux paires de pattes sont les Cliilognathes (yüXoi, lèvres ; YvâOoç, mâchoires). Ces deux ordres sont représentés dans notre pays, mais par un très petit nombre d’espèces. Les Myriopodes du reste sont peu nombreux.

Il vous est certainement arrivé, en retournant des pierres dans un jardin, de rencontrer un animal d’un noir bleuâtre, au corps cylindrique, muni d’un très grand nombre de petites pattes, qui s’enroule sur lui-même quand on le surprend : c’est un CHILOGNATHE, auquel on a donné le nom d’hde terrestre {lig. 487). Cet animal n’a pas plus de 5 à 4 centimètres de

Fig. 487. — Iule.

longueur ; mais dans 1 Amérique du Sud on rencontre des espèces voisines qui peuvent atteindre jusqu’à 55 ou 40 centimètres. L’Iule, dont les pièces buccales sont assez làibles, se nourrit de substances végétales en décomposition.

Ou trouve aussi sous les pierres ou sous l’écorce des arbres un animal aplati, de petite taille également, qui appartient à l’ordre des Chilopodes : c’est le Lithohie fourchu.

Les CHILOPODES sont représentés dans les pays chauds ])ar les Scolopendres (fig. 48cS) , auimaux aussi grands que les

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