DÉCAPODES
tlbles : vous savez quelle consomraalioii ou l’ait (1 Ecrevisses (lîg. 504), de llouiards, de Langoustes (lig. 514), de Crevettes (fi'T. 51‘2) et d’uue foule d’autres aiiiniaux voisins. On mange encore le Bernard-V ermite (fig. .512). Cet animal, bien connu
de ceux qui habitent les bords de la mer, se blottit dans une coquille vide et proportionnée à sa taille qu’il rencontre sur son chemin : dès qu’il a trouvé logis à sa mesure, il ne le quitte plus jusqu’à ce que, ayant grandi à la suite d’uiie mue, sa demeure
oÜO
CRUSTACÉS
soit devenue trop étroite. Il va et vient traînant après lui la coquille dans laquelle il a élu domicile, et, abrité de la sorte, il doit ctre bien redoutable pour les Poissons ou autres animaux
Fig. 511. — Langouste.
de petite taille dont il se nourrit, car il ne laisse passer par 1 ouverture de la coquille que ses deux formidables pinces.
Parmi les Décapodes braghyures, en outre des Crabes et des Gécarcins, dont nous avons parlé déjà, on trouve encore les Maïas ou Araignées de mer (fig. 505). Les Crabes et les Maïas sont les
BRÂT^CIIIOPODES.
seules espèces dont on se nourrisse, dans nos pays du moins Les AIYIPHIPODES comprennent un assez grand nombre de petites espèces dans le détail desquels il est impossible d’entrer.
Dans le nombre nous vous signa- Fig. 5io. - crevetiine.
lerons simplement comme vous
étant bien connues les Crevettines (bg. 515), si communes dans
les ruisseaux.
L’Ordre des ISOPODES est peu riche en espèces. G est parmi eux que l’on rencontre les cloportes (fig. 502), qui vous donnent une bonne idée de la forme et de l’organisation du groupe. Le Cloporte vit à terre, mais c’est une exception, même parmi les Isopodes, dont la plupart sont marins ; les Ligîes, si voisines des Cloportes, vivent dans l’eau de mer (fig. 507).
Les BRANCHIOPODES sont de petits Crustacés dont toutes les
Fig. 516. — 1, Apus. — 2, Limnadie (grandeur naturelle).
pattes servent aussi bien à la respiration qu’à la natation. Les Apus (fi^* 51G| et les Brancliîpes (fig. 517), que nous vous
CRUSTACES.
avons déjà cités, appartiennent à cet ordre. Les A pus ont une carapace constituée par un bouclier qui recouvre simplement le corps et ne l’entoure point complètement.
Ces animaux apparaissent dans les eaux stagnantes provenant d’une pluie violente ou d’une inondation. On les trouve parfois
dans les ornières des chemins peu fréquentés. Ce mode d’apparition en apparence inexplicable tient à ce que les œufs de ces animaux ont la propriété curieuse de garder toute leur vitalité, même après une dessiccation ayant duré plusieurs années. Une génération d’Apus ou de Branchipes a existé déjà, peutêtre 5 ou 6 ans auparavant, dans l’endroit même où l’on rencontre ces animaux : leurs œufs, conservés dans la terre, ne se sont développés que lorsqu’ils ont trouvé un milieu favorable à leur éclosion, c’est-à-dire après avoir baigné dans l’eau pendant assez longtemps; c’est la première fois que nous observons
chez les animaux le phénomène de la vie latente :
nous aurons l’occasion de l’étudier plusieurs fois encore, à mesure que nous descendrons l’échelle zoologique.
Les Dapiiiiies OU Puces (Peau (fig. 518), infiniment plus petites que les espèces précédentes, pullulent dans les eaux stagnantes.
Fig. 518. Daphnie (très-grossie).
A Torclre des Branchlopodes appartient encore un groupe
important, celui des trilobites, Crustacés disparus aujourd hui, mais qu’on retrouve à l’état fossile dans les terrains les plus anciens (fig. T) 19 et 520). A l’époque de la formation des terrains cambrien, silurien et dévonien, ils étaient extrêmement abondants; le silurien surtout les renferme en quantités prodigieuses, et dans ce seul étage on en compte plus de sci/e cents es[)èccs. Ces Crustacés s éteignirent complètement lors de la formation du terrain carbonifère.
Drinslcstcmpsgéologiques, lorsque les Trilobites disparurent, ils furent remplacés par imc tonne nouvelle de Branchiopodes, par les LIMULES (fig. 52 1), dont on retrouve les premières traces dès l’époque carbonifère. Ces animaux bizarres vivent encore dans nos mers
CRUSTACÉS
mais ils semblent être sur le point de s’éteindre. Après avoir été représentés par un grand nombre de genres et d’espèces, il n’en existe plus actuellement qu’un seul genre, comj)renant deux ou trois espèces ; on peut donc prévoir qu’ds ne tarderont pas à disparaître complètement.
Ces Crustacés sont connus sous le nom vulgaire de Crabes des Moluqaes . Ils habitent l’océan Indien et se rencontrent particulièrement à Batavia, au Japon et sur les cotes occidentales de 1 Amérique du Nord. Ils se distinguent de tous les autres' Brancbiopodes par leur taille considérable, ainsi que par certains détails d’organisation qui les mettent bien à part et les rapprochent des Arachnides. Leur corps, recouvert d’un bouclier demi-circulaire qui rappelle celui des Apus, est terminé par une longue queue rigide, en forme d’épée.
Les COPÉPODES comprennent encore des animaux de fort
petite taille. C’est parmi eux que l’on rencontre les Cyciopes (fig. et 525), petits Crustacés qu’il faut regarder à la loupe,
Fig. 5'22. — Cyclopc.
Fi.’
— Larves du Cyclope.
et qu’on trouve répandus en grande abondance dans toutes les eaux stagnantes; ils doivent leur nom à ce qu’ils ne possèdent qu’un seul œil, placé à la partie antérieure de la tête. Ils sont libres, mais à coté d’eux on rencontre un grand nombre de Copépoiies parasites, qui vivent sur d’autres Crustacés ou sur des Poissons. La bouche se transforme alors en un organe apte à piquer et à sucer. Chose curieuse! parmi ces Copépodes parasites, il en est dont le thorax porte des élytres à la face dorsale, établissant ainsi une sorte d’analogie avec les Insectes. Cet exemple ne montre-t-il pas d’une façon saisissante ipie les
cmmiiPÈDES.
types animaux, en se modifiant peu à peu, arrivent insensiblement à s’enchaîner étroitement les uns les autres.
L’ordre des CIRRHIPÈDES est le dernier de la classe dos i ustacés. Ces animaux ne sont libres qu’à l’etat larvaire; paivcnus^ l’à"e adulte, ils se fixent d’une façon définitive aux rocliers et aux corps sous-marins. Ils diffèrent notablement par leur or<^anisation des autres Crustacés, dont on les a longtemps séparés, mais la larve est un NaiipHus, comme pour tous les Crustacés inférieurs, et ce caractère met hors de doute leur
parenté avec ceux-ci.
Les deux formes principales de Cirrliipèdes et les Anatifes. Les balanes ou Glands de nier
sont les llalanes sont les animaux
Fig. 52 i. — .\nalifes.
que contiennent ces petites coipiilles pyramidales, tronquées a leur sommet et fermées en ce point par deux valves, qu il est si fréquent de rencontrer sur les rochers battus par la mer,
ainsi (lue sur une foule d’objets marins, notammcnUcs^ coquilles
des Huîtres et des Moules. Quant aux anatifes (lig. leur
VERS
coips est iccoiivert de cinq plaques calcaires séparées par de petits interstices membraneux, et porté par un pédoncule épais et plus ou moins long, qui se fixe aux rochers, aux quilles des na\iies ou aux morceaux de bois lloltaut à la surface de la mer. Ces animaux sont appelés communément Pouce-pieds .
E^lBMNCIIEMENT DES VEIÎS
Les Vers, dont la forme, la taille, le genre de vie et l’organisation varient à l’infini, ne présentent extérieurement qu’un seul caractère commun, celui d’être dépourvus de membres aiticulés. Ce n est point à dire que tous les Vers soient dépourvus de membres, ainsi que nous le verrons bientôt, mais les organes locomoteurs, lorsqu’ils existent, ne sont jamais segmentés : ce fait sépare bien nettement les Vers des Arthropodes, auxquels on les réunissait jusqu’à Cuvier.
L embranchement des Vers peut être divisé en cinq classes : Annélides, liotifères, Géplujinens, Némathelminthes ^ Platelminthes.
CLASSE DES ANÎNÉLIDES
Chez les Annélides, le corps se montre toujours divisé en une série de segments ou d’anneaux situés les uns derrière les autres et désignés par les naturalistes sous le nom de zoonites ou de somites. Examinez une Néréis, un Arénicole, un Lombric et une Sangsue et vous reconnaîtrez aisément cette disposition qui est le caractère essentiel de la Classe des Annélides.
Chacun des segments de ces animaux peut être considéré comme 1 epi ésentant une individualité distincte. Cette manière de voir se trouve conlîrmée par des expériences curieuses de Lyonnet, de Réaumur et de Dugès. Ces auteurs ont observé que les tronçons séparés artificiellement du corps des Lombrics et des Nais peuvent continuer de vivre et même s’acroître. Pour les Lombricules, qui habitent la vase, le pliénomène est bien
âîhNÉLIDES.
curieux : on peut eu effet couper, ces Vers en morceaux : chaque
pour ainsi dire, indéfiniment tronçon reconstituera un ani
Comparez maintenant entre elles les quatre espec nous venons do prendre comme types.
Vous constaterez sans peine ipie ces animaux varient quant à leur forme :
la Néréis (lig. 525), l’ Arénicole (fig. 526 et 527) et le Lombric (fig. 5o2) sont arrondis, leur corps est hérissé par
Fig. 525. — Néi’éis.
Fig. 526. — Arénicole des pécheurs
places de poils rudes qui constituent de véritables organes locomoteurs; la Sangsue (fig 555) est au contraire aplatie, la sur face de son corps est dépourvue de soies, mais ranimai pro
VERS
gresse au moyen de deux ventouses placées chacune à l’une des extrémités du corps. Ces animaux sont donc assez différents les uns des autres ; aussi pouvons-nous les séparer en deux groupes, les Annélides cylindriques et munies de poils formeront le groupe des Cliélopodes {yai-r,, soie; tmîç, pied);
les Annelidcs telles que la Sangsue formeront l’ordre des Iliru- (linées {Hirudo, sangsue).
^ Poursuivez votre examen et considérez de plus près la Néréis, 1 Arénicole et le I^pmhric; vous trouverez bientôt entre eux des différences importantes : Vous verrez notamment que chez la Néréis et 1 Arénicole les soies s’implantent sur des sortes de pieds non articulés, placés par paire sur chaque segment; ces soies sont en outre nombreuses. Pour le Lombric, rien de semblable, et il faut une grande attention pour découvrir çà et là quelques poils enfoncés dans des cryptes de la peau. Il est donc permis, en raison de ces faits, de diviser les Chétopodes en deux groupes : ceux qui sont munis des faisceaux de soies cbitineuses constitueront l’ordre des Polychètes nombreux; yatVi;, soie); ceux dont les poils sont moins nombreux et sont cachés dans des dépressions de la peau formeront 1 ordre des Olujochèles (iXiyo;, peu nombreux; /airr,, soie). Nous verrons bientôt un certain nombre de caractères importants venir légitimer cette division.
Les soies des Annélides présentent les configurations les plus diverses : tantôt elles ont la forme de lames courbes, de dards barbelés, de scies, de tiges droites, de flèches, etc., et leurs caractères sont si tranchés qu’on a pu les utiliser dans la détermination des nombreuses espèces que renferme cette classe. Celles du Lombric sont un peu courbes, renflées en leur milieu, et rappellent l’aspect d’un cimeterre.
ORDRE DES POLYCHÈTES
La Néréis et V Arénicole^ que nous venons de ranger parmi les Polychètes, sont des animaux marins, de même que tous
PÜLYCIIÈTES.
les autres Vers de cet ordre. Ces deux êtres diffèrent l’un de
l’autre bien plus profondément que nous ne l’avons indirpic jusqu’à présent. La Ncréis en effet nage librement dans la mer : elle est le type des annélides errantes; 1 Arénicole se creuse au contraire dans le sable des tubes qu’il ne quitte pas :
il est le type des annélides sédentaires ou TUBICOLES.
Qu’ils soient errants ou sédentaires, les Polychètes présentent des caractères communs qui montrent bien leur parenté. Tous subissent des métamorphoses avant d’arriver à 1 état adulte. On observe dans tous les cas une tête distincte, composée de deux zoonites transformés. Tous les autres anneaux peuvent être semblables entre eux et munis d’une paire de pieds couverts de soies, comme c’est le cas chez les Néréis.
En outre des pieds, il arrive fréquemment que le corps des Annélides porte des filaments charnus, plus ou moins développés, dans lesquels le sang vient circuler abondamment et qui fonctionnent à la façon de branchies. Ces branchies s’observent dans les deux groupes des Polychètes : elles se rencontrent surtout dans la jiarlic antérieure du corps, comme les Sabciiaîres (fig. 528) nous en offrent un exemple ; parfois même, comme chez les Serpuies (fig. 529), qui vivent dans des tuhes membraneux ou calcaires et qui se rencontrent en grand nombre sur nos côtes, elles forment autour de la tête un panache très élégant.
5^7 — Arénicole des sables.
VERS
Fig. 550. — Polyiioë.
OUGOCHÈTES
Les branchies, lorsqu’elles existent, sont des appendices placés à la partie supérieure des zoonites. Cdiez les «•oijm.é* (lig. 5Ô0), Annélides errantes fort répandues sur nos plages, ccrappendices supérieurs se montrent particulièrement développés, mais au lieu do se transformer en branchies, ils s’épanouissent sous forme de plaques imbriquées que I on désigne
SOUS le nom
Cdicz la plupart des Polycliètcs, le sang estcoloré en rouge par de riiérnoglobine, la substance colorante des globules rouges du sang des vertébrés, mais ici elle est simplement dissoute. La bouche est située sur le premier zoonite. L’anus s’ouvre a l’extrémité postérieure du corps et débouche ordinairement a la face dorsale de l’avant-dernier segment.
Les Polychètes sont extrêmement nombreux ; on les rencontre
dans toutes les mers.
ORDRE DES OLIGOCHÈTES
Les Annélides oligocbètes diflèrent a première vue des piecédentes par Pabsence de pieds et par 1 habitat : ce sont en effet des Vers d’eau douce, comme les lyaïs (fig. 551) et les Xiibîfex nui se rencontrent dans la vase des iivu'ies et des étangs, ou des Vers terrestres, comme les Lombrics (tig. ooJ). Les Oligocbètes sont en outre caractérisés parce qu’ils ne subissent point de métamorphoses avant de devenir adultes. On ne trouve chez eux ni tentacules, ni branchies, ni yeux : leurs appendices ne sont jamais que de simples soies implantées au
fond de dépressions de la peau.
Le Lombric ou Ver de terre mérite une mention toute spéciale.
Le corps de l’animal est très allongé, cylindriipie dans ^a partie moyenne et aminci à ses deux extrémités. L extrémité la plus effilée débute par un anneau fort étroit, (pii porte la bouche à sa face inférieure.
Le corps se compose d’environ 180 anneaux, tous à peu près
VERS
d’égale dimension. Passez le corps du Yer entre vos doigts et vous éprouverez une sensation très nette de grattement. Si maintenant vous examinez attentivement la surface de la peau, soit à 1 œil nu, soit avec une loupe, vous constaterez sur elle quatre séries de petites dépressions, dont deux situées sur les
côtés et deux placées sous le ventre, au voisinage de la ligne médiane. Chaque segment présente ainsi quatre dépressions. Au fond de chacune de ces fossettes vien-
Fig. 552.
Lombric.
nent s’insérer deux petites soies, courtes, raides et brillantes, que 1 animal peut faire saillir plus ou moins, à sa volonté.
On considère assez volontiers les Lombrics comme des ennemis de nos plantations ; cetle mauvaise réputation n’est aucunement justifiée. Bien au contraire, les Lombrics sont de précieux auxiliaires du jardinier. En effet, dans quelque cir-
IIIRIIDIÎSÉES.
constance qn’on les examine, on ne trouvera jamais leur tube digestif rempli que d’humus, c’est-à-dire de terre renlermant de°s substances végétales en décomposition. En creusant scs «paieries, le Ver avale la terre, et la nuit il sort de son trou pour venir rejeter à la surface du sol la terre qu’il a mangée de la sorte. Les excréments du Ver constituent ces tortillons de terre qu’il est si fréquent de rencontrer dans les jardins ou le long des fossés qui bordent les routes. En séchant, ces tortillons durcissent et finissent par se réduire en poussière; s’il pleut, ils se délayent et s’étalent sur le sol.
Vous comprendrez aisément la conséquence de ce simple fait. Les Vers prennent constamment la terre à quelques décimètres de profondeur et la ramènent à la surface du sol. Cette terre, qui a dù traverser leur tube digestif, est fine et ne contient pas de pierres. Les Vers préparent donc le sol d’une excellente manière pour la germination et la pénétration des racines des plantes. Ils mêlent le terreau à l’air, en écartent les pierres, le rendent propre à retenir l’humidité et les engrais ; ils enterrent en outre les débris organiques de toute nature qui peuvent se trouver à la surface du sol, ils en lacilitent par conséquent la décomposition et les mettent à portée des lacines qui doivent les absorber.
Les Vers de terre sont bien réellement les principaux producteursdo la terre végétale, et l’expérience suivante suffit à le montrer. Placez du sable fin et humide sur des feuilles sèches et introduisez-y quelques Vers. Au bout d un ceitain temps, les feuilles auront entièrement disparu, et le sable se trouvera recouvert d’une couche d’humus dans lequel les plantes pousseront avec la pins grande facilité.
ORDRE DES HIRUDINÉES
La Sanfjsiie médicinale (fig. 555) peut être prise pour tyjic des animaux de l’ordre des llirudinées. C’est un Ver aplati, chez lequel on reconnaît sans peine une face ventrale et une lace
YEUS.
dorsale. A la surface du corps, on ne trouve ni poils ni soies : le corps se montre simplement divisé en 95 anneaux.
[Jn caractère important des Ilirudinécs, c’est la présence de deux ventouses, l’une en avant, à la bouche, l’autre à l’extrémite postéiieure du corps. Ces ventouses servent d organes de fixation et de locomotion, et l’adhérence de la Sangsue est telle, lorsqu’elle fait jouer ses ventouses, qu’on a parfois une peine extrême à la détacher. La ventouse postérieure est formée d’un large disque qui termine le corps.
Fig. 553. — Sangsue.
Les Sangsues, comme leur nom l’indique, sont des animaux carnassiers qui se nourrissent de sang : elles vivent passagèrement en parasites sur les animaux aquatiques ou sur les animaux terrestres qui se rendent souvent à l’eau. Cette faculté qu’ont les Sangsues a été utilisée par les médecins, qui se servent fréquemment de ces animaux pour pratiquer des saignées locales.
La bouche des Sangsues est fort bien organisée pour percer la peau des animaux. Elle se présente sous l’aspect d’une fente étoilée, là trois branches : l’une de ces branches est supérieure, les deux autres sont inférieures. Pour faire fonctionner cet appareil, la Sangsue se fixe d’abord au moyen de sa ventouse postérieure, puis, relevant la tête, elle va à la recherche d’un point où la peau est facilement attaquable. Ce point trouvé, elle y applique sa bouche et fait une aspiration : la peau se soulève et vient d’elle-même se placer au-devant d’un appareil inciseur que renferme la cavité buccale. Cet appareil se compose de trois mâchoires très mobiles, en forme de dcmi-dis(jues dont le bord convexe est, chez la Sangsue médicinale et quelques autres espèces, muni d’un très grand nombre de dents fines
HlRUDlîsÉES.
et acérées, qui coupent la peau avec la l'ius grande faci i e.
La Sangsue attire alors le sang au moyeu de succions répétées qu’elle exerce sur la plaie. Ce sang qu’elle absorne va remplir son estomac; lorsqu’elle a avalé tout ce quelle peut contenir, elle tombe. Le sang n’en continue pas moins a couler par la plaie, aussi doit-on suryeiller soigneusement les personnes auxquelles on a fait des api.lieations de Sangsues. Une Sangsue absorbe environ 10 grammes de sang: la quantité de san<T qui s’échappe de la plaie, après que l’animal a cesse de se gorger, peut encore être évaluée à 1 0 grammes environ : c est donc un total de 20 grammes qu’une Sangsue peut soustraire
à un Homme.
Le tube digestif, au lieu d’être un simple tube rectiligne, comme chez le Lombric, présente une série de larges culs-desac latéraux, dans lesquels le sang vient s’accumuler. L’anus est situé immédiatement au-dessus de la ventouse postérieure.
Au moment de la ponte, la Sangsue s’enfonce dans la terre, puis sa peau produit en abondance un liquide visqueux et spumeux, qui se dessèche rapidement à l’air et qui constitue un cocon dans lequel l’animal dépose scs œufs. Ceux-ci se développent dans le cocou et donnent naissance a des petits qui acquièrent les caractères et l’organisation do leurs parents
sans sui)ir aucune méiamorpliose.
La Sangsue médicinale est indigène de nos pays : elle y est devenue très rare à l’état de liberté, mais on la cultive et on l’élève dans certaines localités. A côté d’elle, il convient de citer niæmopis ou Sangsue de Cheval; cet animal, répandu dans presque toute l’Europe, mais surtout abondant daiio les ruisseaux du nord de l’Afrique, ne s’atlaijue point seulement a la peau, mais il s’introduit fréquemment dans la bouche ou les naseaux des animaux qui viennent boire, et peut de la soite occasionner de graves accidents. L’Homme n est pas a 1 abri de ses atteintes et des soldats ont péri étoulfés par une Sangsue fixée dans le larynx.
YERS.
CLASSE DES UOTIFÈRES
Dans les eaux stagnantes vivent en grand nombre de petits animalcules, pour la plupart microscopiques, que l’on a rangés pendant longtemps parmi les Infusoires. Mais un examen plus approfondi de lein structure a fait voir que, malgré leur extrême petitesse, leur organisation est fort compliquée et que la place qui leur convient dans les classifications est bien plutôt à coté des Annélides. Ces animalcules ont la bouche entourée d’une
Fig. 535, — Ilyciafine (Rotifère) — a, cils vihratils. — b, niasse charnue qui meut les mâchoires. — c, estomac. — rf, cloaque. — c, anus. — f, glandes salivaires. — <7, ovaires. — h, muscles.
couronne de cils vibratiles dont les mouvements incessants, qui donnent l’illusion d’une roue en mouvement, ont pour eftet d’attirer les particules alimentaires; de là l’appellation de Rôti fèves (fig. 55 i et 555).
Les Rotifères ont la surface du corps divisée en anneaux, comme les Annélides ; mais, à l’inverse de ce qui s’observe chez celles-ci, les anneaux cutanés ne correspondent à aucune
NÉMATODES.
segnicnlalion intcmG. Lg prGmicr aniiGJiu porte la l)ouche , le (ieniier est muni de deux appendices semblables aux mors d une pince.
Nous ne vous aurions point signalé ces petits animaux si Spallanzani n’avait fait sur eux une expérience des plus curieuses. Il a vu que si l’on vient à les dessécher d’une façon convenable,, ils perdent toute espèce de mouvement et, après être restés dans cet état pendant plusieurs années, |)euveni recommencer à se mouvoir quand on leur rend un peu d’eau. Cette expérience, rien ne vous sera plus facile que de la répéter vous-même : enlevez un peu de cette mousse qui forme des touffes vertes sur les toitures et mettez-en un fragment dans quelques gouttes d’eau. Au moyen d’une forte loupe, vous verrez bientôt nager dans l’eau de petits animalcules. Laissez maintenant cette eau s’évaporer et les petits Rotifères vont s’immobiliser et se ramasser en boules. Ils semblent morts et pourront rester dans le même état pendant plusieurs mois ou plusieurs années, jusiju’à ce que vous les remettiez dans l eau : la mort n’était donc qu’apparente. Ce curieux phénomène a reçu le nom de réviviscence et l’état qui ressemble à la mort, mais qui pourtant n’est point la mort, s’appelle vie latente. C’est la première fois que nous rencontrons des animaux réviviscents ; nous aurons l’occasion d’en observer d’autres, chemin faisant.
CLASSE DES NÉMATODES
Les Nématodes (vTjga, fil; sTooç, image) sont des Vers ronds, dont le corps allongé s’effile vers les extrémités ; ils ne présentent jamais la moindre trace de segmentation, et se montrent constamment dépourvus de membres.
La bouche est située à la partie antérieure du corps; elle est fort petite et se présente sous l’aspect d’une étoile à trois branches. A sa suite vient un tube digestif rectiligne, qui
VERS
(léboiiclie au voisinage de l’extrémité postérieure du corps.
Les jeunes diffèrent toujours assez notablement des adultes; avant d’arriver à l’état parfait, il leur faudra accomplir plusieurs mues.
Les Nématodes vivent le plus souvent en parasites chez les végétaux et surtout chez les animaux. Un certain nombre d’entre eux se rencontrent chez l’Homme; toutefois, dans certains cas, le parasitisme peut n’exister qu’à une époque déterminée de la vie, surtout pendant l’âge adulte. D’autres Nématodes ne sont jamais parasites et vivent librement pendant toute leur existence, dansj’eau douce ou dans l’eau salée, ou meme dans la terre. Ces Vers libres sont bien plus élevés en organisation que les parasites ; chez eux le système nerveux et les organes des sens sont notamment plus développés.
La. taille des Nématodes est des plus variables : on en trouve en effet qui mesurent 15 à 20 centimètres, comme V Ascaride lombyncoide, 60 à 80 centimètres, comme la Filaire de Médine, ou meme 80 centimètres à 1 mètre, comme le Strongle géant; un très grand nombre sont au contraire microscopiques. Certains de ces animaux, comme VAyiguillnle dii blé niellé, sont réviviscents.
La nielle du blé est due à une petite Anguillule qui s’est développée dans les grains de blé, et qui s’est desséchée en demeurant à l’état de larve. Les grains attaqués par ce parasite sont arrondis et noirâtres. Aussitôt qu’ils tombent, si la terre est humide, ils se ramollissent et commencent à se putréfier; en même temps, les larves reviennent à la vie^ et se mettent à grimper le long de la tige de blé. Sont-elles saisies en route par la sécheresse, elles tombent de nouveau dans la vie latente et demeurent en cet état, cachées dans la gaine des feuilles, jusqu’à ce que la pluie vienne de nouveau les faire ressusciter.
* Des expériences ont montré que ces larves pouvaient être encore rappelées à la vie au bout de vingt-sept ans.
r^EMATODES.
Finalement ces larves atteignent l’épi, pénètrent clans son épaisseur et deviennent adultes pendant c|u’il lleurit et mûrit. Bientôt après, les Anguillnles pondent des ceufs, puis meurent; les ceufs donneront naissance à des larves cjni parcourront à leur tour le cycle cjue nous venons d’indiquer.
Une autre Anguillule vit dans le vinaigre et dans la colle de pâte aigre. Une autre es])èce, le Rfiabdüis, vit dans le poumon de la Grenouille. Une autre encore, le Leptodère slevcoral, en raison de son accumulation en nombre immense dans l’intestin et jusque dans les canaux biliaires de Ullomme, cause une maladie grave, la diarrhée de Cochinchine.
La Filaïre de Médine ou Dragonneau, que nous avons déjà citée à cause de la taille exceptionnelle qu’elle atteint, vit dans le corps de petits crustacés pendant sa période larvaire. Les pays on on la rencontre sont la côte occidentale d’Afrique, les bords de la mer Rouge et du golfe Persique, la Ilaute-Égyple, l’Abyssinie, les bords du Gange, certaines îles des Indes occidentales et même le Brésil, où l’ont introduite les nègres de Guinée. En buvant l’eau qui les renferme, l’Homme avale-t-il par mégarde quelques-uns de ces Crustacés, le Yer se trouve mis en liberté. Il pénètre alors dans les organes de l’Homme, devient adulte, puis finit par ramper au-dessous de la peau, où il provoque la production d’abcès douloureux, dans le pus desquels il vit pelotonné sur lui-même. Généralement l’abcès s’ouvre seul, et les malades procèdent alors à l’extraction du Yer en l’enroulant autour d’un petit bâton.
Une autre espèce, beaucoup plus petite que la précédente, vit dans les vaisseaux sanguins de l’Homme. Cette Filaire s’observe dans les pays tropicaux, aux Indes, dans l’Amérique du Sud et en Australie.
Bien qu’elle ne dépasse point un millimètre ou un millimètre et demi de longueur, la Trichine spirale (fig. 55G et 537) est un des parasites les plus redoutables pour l’Homme. La Trichine est fréquente en Allemagne et s’observe surtout
VERS
dans rAiiiériquc du Nord, où l’on fait une énorme consommation de \iande de Porc. On la trouve, à l’état larvaire, enkystée dans les muscles du Rat, c’est-à-dire enfermée dans des capsules ovalaires extrêmement petites, dans lesquelles elle
s’enroule en spirale. Le Porc la contracte en dévorant les Rats vivants ou les cadavres de Rats jetés sur les fumiers : parvenus dans l’intestin du Porc, les muscles du Rat se digèrent, les coques qui contiennent la Trichine se détruisent, et celle-ci, devenue libre, se trouve dans un milieu favorable à son développement : elle passe alors à l’état adulte et donne bientôt naissance à des jeunes qui perforent les parois intestinales et vont s’enkyster dans tout le système musculaire. La viande du Porc ainsi infesté de Trichine est-elle mangée sans avoir subi une cuisson suffisante, ces jeunes larves, mises en liberté dans l’intestin de Tllomme, vont y devenir adultes et donner naissance à une génération nouvelle qui se comportera chez celui-ci comme elle l’eût fait chez le Porc. La présence de la Trichine chez l’Homme produit la trichinose, maladie fort grave et souvent mortelle.
Le Slrongle géant (fig. 558) mérite une mention spéciale, à cause de sa taille exceptionnelle : c’est lui le plus grand des Néma-
NÉMATODES.
todes. La femelle atteint I mètre de longueur, mais le male ne dépasse jamais ^0 tà 50 centimètres. Cet animal se rencontre dans le rein de différents Carnivores, particulièrement chez ceux qui, comme le Phoque et la Loutre, se nourrissent de Poisson. Les œufs, expulsés avec Purine, sont entraînés par les eaux et avalés par des Poissons; les larves se développent chez ceux-ci et ne deviennent adultes que si le Poisson qui les héberge devient à son tour la proie d’un Mammifère.
Fi:r. 558. — Strongle géant.
\j Oxyure vermiculaire habile en nombre immense la dernière partie du gros intestin de l’Homme ; on 1 observe surtout chez les enfants, et il existe dans tous les pays. Les œufs, émis avec les excréments, se développent dans l’eau ; c’est donc par l’eau que les larves pénétreront dans l’intestin, où elles deviendront adultes. Ce Ver est long d’un centimètre à peine : les femelles sont infiniment plus nomltreuses que les mâles.
Pour en finir avec l’étude des Nématodes, dont nous vous avons indiqué surtout les espèces parasites de l’Homme, il nous reste encore à signaler V Ascaride loirihricoïde^ qui habite la première portion du petit intestin. Cet animal est fréquemment rendu par l’anus, mais peut être expulsé aussi par la bouche. H ne se rencontre chez l’Homme qu’à l’état adulte : les migrations qu’il subit sont encore ignorées; il est probable néanmoins que les premières phases de son développement se passent
VERS
dans l’eau. L’Ascaride lomliricoïde présente d’ordinaire une longueur de 15 centimètres. Une espèce voisine, {'Ascaride à grosse tête, parasite du Cheval et du Bœuf, atteint jusqu’à 40 centimètres.
CLASSI^: DES PLATHELMINTllES
Les Plathelmiinthes sont les plus dégradés de tous les Vers. Leur coips, plat et plus ou moins allongé, est fréquemment dépourvu de toute segmentation; mais dans d’autres cas il est divisé en une série d’anneaux. Le système digestif peut faire complètement défaut, comme chez les Cestodes, parmi lesquels se rangent les Ténias. Ces animaux subissent généralement des métamorphoses compliquées. Un grand nombre d’entre eux sont armés de ventouses et de crochets qui servent d’organes de fixation. Ils vivent enfin pour la plupart en parasites dans le corps d’autres animaux, mais peuvent aussi vivre dans l’eau, dans la vase ou dans la terre humide.
En se basant sur la présence ou l’absence du tube digestif, sur la présence ou 1 absence de ventouses et de crochets, etc., on peut diviser les Platbelmintbes en trois ordres : les Turbellariés, les Trématodes et les Cestodes.
ORDRE DES TURBELLARIÉS
Les animaux qui font partie de cet ordre ne sont jamais parasites; ils habitent Peau douce ou l’eau salée ou même se trouvent sur la terre humide. Us sont constamment dépourvus de crochets et de ventouses, mais ils ont une bouche et un tube digestif. Les plus petits d’entre eux sont microscopiques, tandis que les plus grands peuvent être longs de plus d’un mètre. Les uns sont larges, aplatis et discoïdes, les autres s’allongent extrêmement, tout en restant fort étroits. Leur corps ne se divise jamais en segments, et sa surlace externe est i?arnie de cils vibratiles dans toute son étendue.