ORDRE DES TRÉMATODES
Les TiuImatodes trou; siâo;, image) sont des Vers
plats dont le corps ne présente jamais la moindre trace de segmentation. Tous sont parasites, soit à l’extérieur, soit dans les organes internes d autres animaux. Lu grand nombie d entre eux sont microscopiques, et aucun d eux ne dépasse une longueur de 4 à 5 centimètres.
En raison de leur forme générale, il est facile de leur distinguer une face dorsale et une face ventrale. Celte dernière présente souvent une ventouse qui sert d organe de fixation : d’autres ventouses analogues peuvent également s’observer soit à la bouche, soit à la queue. Le nomhre et la situation de ces ventouses offrent d’excellents caractères jiour la subdivision de l’ordre des ïrématodes.
VERS
Cos animaux piosenlent en outre une Ijouclie et un tube digestif qui se divise bientôt en deux brandies; celles-ci ne tardent pas à se diviser à leur tour en un grand nombre de ramifications se terminant toutes en cul-de-sac. 11 n’existe jamais d anus : les résidus de la digestion doivent donc sortir
par la bouche, de même que chez les Cœlentérés, dont nous parlerons bientôt.
L œuf des Trématodes ne peut se développer que dans l’eau ; dans ce milieu il donne naissance à un embryon en forme de fer de lance, qui vit à l’état libre pendant quelque temps; la surface tout entière de son corps est couverte de cils vibratiles extrêmement fins, et on ne constate la présence d’aucun orifice, non plus que l’existence d'aucun organe. Si cet embryon rencontre un Mollusque, il pénètre dans l’intérieur do son corps et se fixe entre ses branchies ou dans sa cavité pulmonaire. ' A partir de ce moment, l’embryon subit d’intéressantes métamorphoses. Son épiderme ne tarde point à se déchirer et, à la manière d une chrysalide qui donne le jour à un Papillon, il met à nu un animal de forme à peu près cylindrique, dépourvu de cils, arrondi en avant et muni en arrière de trois saillies, dont une médiane et deux latérales plus petites : on a donné à cet être nouveau le nom de Rhédie.
La Rhédie présente une ventouse et possède déjtà un tube digestif rudimentaire. On voit bientôt se former dans .l’épaisseur de son corps des amas de substance, qui se transforment en de petits animaux ayant la forme de têtards et désignés sous le nom de Cercaires : ceux-ci perforent les parois du corps de la Rhédie et se trouvent de la sorte mis en liberté.
Le Cercaire, d’une organisaticn très simple et très rudimentaire, abandonne, donc la Rhédie et quitte également l’animal qui bebergeait cette dernière. Au moyen de sa queue, qui fonctionne comme une rame, il se déplace agilement dans l’eau. Un Mollusque, un Yer, une larve d’insecte, un Crustacé, un Ralracien ou un Poisson, en un mot un animal aqiiatiipie avale
TUÉMATODES.
le Cercaire ; celui-ci résiste à la digcstioii, pénètre clans les tissus de son hôte, puis ne tarde pas à perdre sa queue, a se ramasser sur lui-méme et à s'enkifster : il reste dès lors immobile et ne se développe j)as davantage. 1/animal (jui le renferme vieut-il alors cà être la proie d’un autre animal, surtout d’un Vertébré, !e Cercaire se trouve dans' un milieu favorable à son développement : il abandonne son kyste, et les organes génitaux, qui lui manquaient encore, ne tardent point à se montrer. Le Trématode, devenu adulte, se rend alors dans l’organe où il est destiné à passer le reste de son existence.
Ainsi nous voyons, dans une première génération, les œufs donner naissance à des larves ciliées qui se transforment en Rliédies. Celles-ci donnent naissance à leur tour, par une seconde génération, à des Cercaires qui se transforment finalement en Trématodes parfaits, qui seront ajites à pondre des œufs. Ces curieuses métamorphoses constituent ce qu’on appelle la génération alternante, dont nous trouverons bientôt de nouveaux exemples.
Parmi les animaux qui appartiennent à l’ordre des Trématodes, nous vous signalerons tout particulièrement la Douve du foie. Cette es[)èce atteint jusqu'à 2 ou 5 centimètres de long et 1 centimètre de large. Sa forme est celle d’une feuille de myrte. Cet animal appartient au groupe important des distomes (Sic, deux fois; GTC'j.a, bouche), c’est-à-dire des Trématodes munis de deux ventouses : en effet, à l’extrémité antérieure du corps on voit facilement une ventouse, et il est également aisé d’en découvrir une seconde, à la face ventrale, un peu en arrière de la précédente.
La Douve du foie(Tig. 559) vit à l’état adulte dans les canaux biliaires du foie du Mouton et d’autres animaux domestiques; elle se rencontre aussi, mais très rarement, chez Tllomme; ses
Ki.
;>59. — Douve (lu foie.
œnls, amenés dans l’intestin parla bile, sont rejetés au dehors avec les excréments : ils ne peuvent se développer que dans l’eau. Les Cercaires, avalés par ini Mouton en même temps que l’eau, se fixent dans le corps de celui-ci et y subissent leur dernière transformation.
Un des plus curieux Trématodes est la Bilkarzie, qui, en Égypte, est assez fréquente dans les veines de rilomme; on ignore absolument comment elle peut s’y introduire.
Un grand nombre de Trématodes sont munis de plus de deux ventouses : ils forment le groupe des Polystomes {rS/hz, beaucoup; cTTctj.a, bouche). Ils diffèrent encore des précédents en ce qu’ils se développent directement, sans génération alternante, et en ce qu’ils vivent en parasites sur le corps des autres animaux et non dans l’intérieur de leurs organes.
ORDRE DES CESTODES
Les Cestodes (y.sjTcc, ceinture; sTcoç, forme) sont des A ers plats qui, à l’état adulte, vivent en parasites dans le tube digestif des Vertébrés.
Pour nous faire une idée nette de l’organisation de ces êtres et pour bien comprendre leurs métamorphoses compliquées, prenons tout de suite un exemple et examinons une espèce qiUil est assez fréquent de rencontrer chez l’Homme, le Tænia solium ou Ver solitaire.
Cet animal vit à l’âge adulte dans l’intestin de l’Homme. Ses œufs, dont le nombre est immense, sont expulsés avec les excréments. En raison de leur grand nombre, il y a des chances pour que l’iin d’entre eux soit avalé par un Porc, cet animal ayant l’habitude de fouiller du groin les tas d’ordures. Parvenu dans l’estomac du Porc, Pœuf, dans l’intérieur duquel l’embr yon s’est déjà développé, ne tarde pas à subir des transformations : sa coque est détruite par les sucs digestifs et l’embryon est mis en liberté. Celui-ci est arrondi et présente à sa petite extrémité six crociiets constitués chacun par une petite
CESTODES.
baguette solide. A l’aide de ces crochets, il [)erfore la paroi de l’estomac, puis chemine dans l’épaisseur des tissus ou bien pénètre dans les vaisseaux et ahandorme au courant sanguin le soin de l’entraîner au loin. Finalement cet embryon s’arrête dans divers organes. Il s’enkyste et augmente rapidement de taille, taudis que les six crochets se détachent.
L’embryon, qui est à ce moment constitué par une simple membrane distendue par du liquide, acquiert rapidement la forme et le volume d’un gros haricot (üg. 540, e). Sa paroi se
déprime alors en un point déterminé, et dans le loin! de cette dépression il est aisé de voir se former un ])etit bourgeon audessous duquel se montre bientôt un étranglement qui constituera le cou, le bourgeon lui-rncme devant être la tête, /. Celle-ci, continuant à se déveloj)per, se creuse bientôt de (piatre ventouses bémispliéri(pies, au-dessus desquelles apparaissent en outre deux couronnes de crochets cornés. Eu même temps, le cou semble se segmenter : on voit apparaître à sa surlace des sillons transversaux qui lui donnent un aspect annclé, g, h.
Parvenu à cette période de son développement, le jeune Tænia occasionne la ladrerie du Porc et reçoit le nom de Cgsticcrque. Il peut rester en cet état pendant fort longtemps ; tant qu’il demeurera dans les organes du Porc, il ne subira aucune
VERS
transformation. Mais si la ciiair du Porc vient à être mamrêe crue ou insuffisamment cuite, des changements notables vont se produire. Le Cysticerque arrive dans l’intestin de l’Homme : dans ce milieu éminemment favorable à son développement, il
dégaine sa tête et son cou, se fixe tà la paroi intestinale avec ses crochets et ses ventouses, et la poche remplie de liquide dans laquelle il était précédemment invaginé se détache finalement.
A partir de ce moment, le jeune animal va subir rapidement ses dernières transformations. Les derniers anneaux de son corps augmentent de taille et on y voit apparaître des organes génitaux, l’animal est désormais devenu adulte, le Cysticerque s’est définitivement t ra nsformé en Tænia (fig. 541 ).
Les œufs mûrissent vite et, aussitôt (pCils sont mûrs, la fécondation a lieu.
Pendant que ces phénomènes s’accomplissent, les derniers anneaux, qui sont toujours les plus avancés en développement, grandissent beaucoup : finalement ils se détachent et, en raison de la forme sous laquelle ils se présentent quand ils sont isolés, on leur donne alors le nom de cucurbi-
Fig. 511. — Tænia solium. — 1, exlrémité céphalique très grossie; a, rostre; h, couronne tie crochets ; c, ventouses. — 2, crocliet isolé; rt, manche. — 3, fragment d’un Tænia; a, tête ; h, pores génitaux.
CESTODES.
tains (par comparaison avec une graine de Cucurbitacee). Ces cucurbitains sont expulsés en meme temps cpie les excréments : ils se putiéfient bientôt et b^s œufs qu’ils renlérment se trouvent de la sorte mis en liberté. Protégés par leur coque épaisse, ceux-ci résistent aisément aux inlUiences extérieures : aussi, meme au bout d’un temps fort long, peuvent-ils donner naissance à un embryon s’ils viennent à être avalés par un Porc. Cet embryon passera par toute la série des phénomènes que nous avons décrits.
Nous venons de voir que, au fur et à mesure de leur développement, les anneaux postérieurs se détachent. Ces anneaux apparaissent quand l’animal est encore tà l’état de cysticerque : ils sont alors bien peu nombreux et l’animal ne tarderait pas être réduit à la seule tête, si celle-ci ne donnait naissance à de nouveaux anneaux, à mesure que ceux de l’autre extrémité du corps grandissent et se détachent. La production de nouveaux anneaux se fait même bien plus vite que la maturation des derniers, en sorte que le Tænia augmente considérablement de longueur. Ces animaux sont en effet, vous le savez, remarquables par leur extrême longueur, et il n’est point rare d’en rencontrer qui mesurent jusqu’à 7 ou 8 mètres et même davantage : ces immenses Vers rubanés (Tænia, ruban) proviennent pourtant toujours d’un œuf dont le diamètre ne dépasse pas 50 millièmes de millimètre !
D’après ce qui précède, il est évident que nous devrons trouver chez un même Tænia des anneaux à tous les degrés de développement. Ceux qui viennent immédiatement à la suite de la tête sont encore dépourvus d’organes reproducteurs; ces mêmes organes ont au contraire atteint leur maximum de dévelopjiement sur les anneaux situés à l’autre extrémité du corps. Dans les parties intermédiaires, on trouve toutes les transitions entre ces deux états extrêmes.
L’organisation des Cestodes est des plus simples. Ces Vers sont dépourvus d’organes des sens : toutefois on ne saurait re-
VERS
fuser ù la surface du corps une certaine sensibilité tactile I ’an I>areil digestif fait complètement défaut : ces animaux se tiennent dans des parties de l’intestin où allluent d’ordinaire les sucs élaborés par le travail de digestion; la surface de leur corps, plongeant dans ces sucs, les absorbe.
ba tôle, dont la forme varie avec les espèces, est à peu près hémisphérique cl, ez leTænia solium. Les dimensions en sont fort petites, puisqu’elle n’a qu’un demi-millimètre de largeur Elle est surmontée d’une sorte de renllement conique connu sous c nom de rostre, à la base duquel on voit les deux couronnes formées chacune de 15 à 10 crochets, mais tellement rapprochées qu’elles semblent se confondre et n’en former qu’une seule. Les crochets ont la forme de petits poignards et l’on v décrit Inibituellement trois parties ; la poignée, la garde et la lame. Grâce aux mouvements qu’ils peuvent accomplir, ils s enfoncent dans les parois intestinales et contribuent de la sorte a la fixation du parasite. Au-dessus des crochets, la tête porte encore quatre ventouses hémisphériques, saillantes, icprimees au centre et munies de muscles qui, en rétractant le lond de la ventouse, déterminent une diminution de iiression dans l’intérieur de celle-ci ; il y a tendance au vide et la pression extérieure fait adhérer solidement l’animal à la paroi de 1 intestin. C’est le même mécanisme que pour les ventouses des Sangsues et des Céphalopodes.
En outre du Pænia solium, un certain nombre d’autres Tæ-
nias peuvent se rencontrer chez l’ilomme : je ne vous en ciîe-
rai qu’un seuUe Tænia incrme, qui se distingue du (irécédent
en ce que sa tète est dépourvue de crochets. En Angleterre,
il est bien plus fréquent dans l’intestin de l’Homme'’ que le
fionia solium ; il se rencontre dans les muscles du Bœuf à l’état de Cysticerque.
On trouve encore dans l’intestin do l’Homme, particulièrement en buisse et dans le nord de la Biissio, des Cestodes différents des Tænias et appartenant à la famille des bothr.ooéphales.
mollusques.
Chez eux, la tète est dépourvue de crochets, et au lieu de (juatre veutouscs hémisphériques, n’eu présente plus que deux allongées en forme de fentes profondes.
Les LIGULES, constamment dépourvues de ventouses, présentant ou non des crochets, vivent dans le tuhe digestil des Poissons et des Oiseaux aquatiques ; leur corps est marqué de sillons transversaux.
EMnilANClIEMENT DES MOLLUSOUES
L’embranchement des Mollusques rciderme un très grand nombre d’animaux dont la forme et la structure anatomique varient assez pour qu’il soit difOcilc d’indiquer d’une façon générale leurs caractères communs : aussi ce chapitre d’introduction sera-t-il forcément très bref. Ce n’est que quand nous passerons à l’étude des diverses classes de Mollusques que nous pourrons apprécier en quoi diffèrent ou se ressemblent les animaux de ce groupe.
Les Mollusques sont des animaux invertébrés, comme les Arthropodes, mais, à l’inverse de ce que nous avons vu chez ceux-ci, leur corps est toujours inarticulé; de même, leurs appendices ne sont jamais articulés.
La forme générale des Mollusques est extrêmement variable. Le corps est mou, d’où leur nom L La peau forme fréquemment des replis plus ou moins grands, que Pou désigne sous le nom de manteau, parce que le corps est entouré et enveloppé de ces replis exactement comme il le serait d’mi habit. Le manteau donne fréquemment naissance à une ])ro(hiction dure et pierreuse que l’on nomme la coquille et qui protège le coi'ps à la manière d’une cuirasse.
La coquille présente des formes et des aspects divers, sur
1 Mollis, mou. On les appelle encore Malacozoaires mou ; Çwov,
animal), et la malacologie est 1 etude des Mollusques.
MOLLUSQUES
lesquels nous aurons à revenir : comparez à cet égard lacoiiuille do 1 Huître et celle de I Escargot, et vous ])ourrez juger déjà (Je sa diversité. Les Ibrmes de la coquille sont d’une grande valeur pour la classification, aussi le conclujlioloyiste leur attache-t-il une grande importance; il attrihue encore une grande valeur au.x colorations qu’elle peut présenter et qui, à part de légères variations individuelles, sont assez constantes dans une meme espece pour entrer en ligne de compte dans la classihcation. Ces colorations sont une sorte de teinture opérée parla peau de I animal ; celle-ci en ei'f'et se nioiitre teinte d’une manière correspondante à celle do son enveloppe. Quand la coquille vient à se casser, si lu lésion n’est pas trop vaste, l’animal continue à vivre et on voit se former et se consolider jieu
à peu un nouveau fragment de coquille qui vient combler la broche.
Le carbonate de chaux qui imprègne la matière organique de la coquille se dépose plus abondamment à la surface interne de celle-ci; il en résulte en ce point une plus grande dureté et aussi une structure particulière; la coquille devient en effet vitreuse, chatoyante, et la couche de naa^e peut même dans certaines espèces atteindre une grande épaisseur. La cocpiille, avons-nous dit, est une production du manteau : comme elle lecoime celui-ci, elle doit donc se développer par sa l'ace profonde, en sorte que la plus externe descouclies qui la composent est aussi la plus anciennement formée. Cette déduction se trouve confirmée par 1 expérience, et nous en aurons la preuve quand nous parlerons des pej les.
L immense majorité des Mollusques sont organisés pour vivre dans l’eau et principalement dans la mer. Un petit nombre seulement sont terrestres, et ceux qui présentent ce genre de vie spécial recherchent toujours les endroits humides.
L embranchement des Mollusques' se compose de quatre classes principales : 1“ Céphalopodes, 2^ Gastéropodes, 5'’ Ptéropodes, 4^ Acéphales.