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ACÉPHALES

Une division plus importante, basée sur d’autres particularités anatomiques, est la suivante. Dans la Moule, que nous avons surtout étudiée jusqu’à (U’ésent, nous avons trouvé les bords du manteau absolument libres et non soudés. Si nous avions examiné une Praire ou une Palourde, nous aurions vu au contraire qu’ils sont soudés et réunis à Tune des extrémités de la coquille, de façon à constituer un cul-de-sac d’où partent deux tubes ou siphons (fig. 572); ceux-ci sortent au dehors lorsque l'animal entr’ouvre sa coquille, et l’eau amenée })ar l’un des siphons jusqu’aux branchies est ensuite expulsée par l’antre.

La présence ou l’absence des siphons a permis de diviser les

Fig. 569. — Gardite à côtes planes.

Acéjihales en Asiphoniens et en Siphoniens. Les ASIPHONIENS sont les Huîtres, les Peignes (fig. 508), auxquels appartient la coquille de Saint-Jacques, les Pimadines ou Huîtres per-

MOLLUSQUES

lièïCSj les Moules, IcS ilnodontes 6t luS IJiiios. LgS Anodonlcs cl les Unios sont appelées communément Moules (Veau douce, et,

de toutes les espèces que nous venons de citer, seules elles ne sont point marines.

Le groupe des SIPHONIENS, beaucoup plus nombreux que le précédent, comprend les Bucarcles (fig. 567), les Praires, les Palourdes, lesiWyes, les Couteaux, leS Arrosoirs, les Pliolades

rig. 570. — Pliolade

Fig. 571. — Ilijtjjurite.

Fig. 572, — Tolline.

client encore les iiippurites (11g. 571), aujourd’liui complèleinent anéantis, et dont les lormes nombreuses se renconlrenl en SI grande abondance a 1 état lossile dans le leri*ain crétacé.

OSTRÉICULTURE.

Ostréiculture. — Un grand nombre d’Acepliales sont comestibles : nous les avons cités ])onr la plupart, mais les lluîties et les Moules méritent une mention spéciale, et nous devons vous dire (fuelques mots de ces animaux et du commerce dont ils sont l’objet.

Les Huîtres, qui entrent pour une si grande part dans notre alimentation, semblent avoir été de tout temps uu aliment de cboix. Les Romains en faisaient une grande consommation et ils avaient trouvé le moven de les cultiver comme ils cultivaient les Poissons. Toutefois, ils trouvaient aux Huîtres de POcéan un goût plus fin et plus savoureux qu’à celles de la Méditerranée, et ils dépensaient des sommes considérables pour faire venir jusqu’à Rome celles des cotes d’Angleterre.

Depuis un temps assez court, Vostréic-ulture a pris chez nous un grand développement, ainsi que dans cerlains autres pays d’Europe et d’Amérique, notamment en Italie, en Portugal, eu Angleterre, en Relgique, en Hollande et aux États-Unis. En France, on trouve l’industrie huîtrière organisée sur un grand nombre de points du liltoral, aussi bien de la Manche que de rOcéan ou de la Méditerranée. Toutefois, tes bancs d’Huîtres les plus renommés sont ceux de Cancale, de Roulogne, de Granville, de Saint-Rrieuc, de Rrest, de la Rochelle, de Rocbefort, de 1 île de Pié, de l’île d’Oléron, de Marennes, de Toulon, de la Corse, etc. Les Huîtres qu’on y cultive sont toutes les variétés d’une môme espèce, ayant acquis des caractères particuliers par suite de l’élevage. La différenciation est actuellement allée si loin que les diverses variétés diffèrent considérablement entre elles non seulement par la forme et la taille, mais encore par l’aspect et la saveur de la chair.

Toutefois, malgré la fécondité merveilleuse de ces Mollusques, les bancs d’Huîtres des côtes de France s’appauvrissent successivement; mais il faut bien reconnaître que ce résultat fâcheux 'Cst dû en grande partie aux ostréiculteurs eux-mémes, qui n’ont

mollusques.

point su prendre peut-être toutes les précautions auxquelles ils auraient dû recourir.

L’Huître, en effet, est d’une culture facile : un fond solide,

sbIjIcux ou rocailleux, et une eau claire lui suffisent. Mais si

1 éleveur laisse envahir les bancs par la vase, les Huîtres, nui

sont incapables de mouvement, ne tarderont point à être englouties et h périr.

Parmi les animaux, des ennemis de toutes sortes entourent es Huîtres et cherchent à en faire leur proie : ce senties Crabes les Oursins, les Astéries, les Éponges; ces dernières ne sont,’ pour ainsi dire, point des ennemis actifs, elles font périr les Huîtres simjilement parce qu’elles sont venues se fixer sur leur coquille, comme elles l’eussent fait surtout autre corps solide Enfin, les Huîtres ne sont point à l’abri des attaques des autres Mollusques : il est certaines espèces de Murex, qu’on désiane ordinairement sous le nom de Rocher ou de Bigorneau perceur, dont la langue est assez puissante pour percer la cociuille

ces Huîtres; la Nasse ou Courmaüleau est tout aussi redoutable.

Les meilleurs fonds naturels pour l’ostréiculture sont ceux qui présentent une couche de sable fin peu épaisse et formée de débris de coquille. pulvérisés par l’action du flux et du rellux ; il faut encore que ce fond si propre soit parsemé, comme pave de fragments plus gros de pierres et de coquillages sur lesquels les Huîtres puissent trouver un point d’appui. Une bordure voisine de rochers est encore une bonne condition, l’eau, par suite du battage incessant des flots, se chargeant d’une P us grande quantité d’air. Si enfin le banc est installé au voisinage d une rivière dont l’eau douce vienne apporter à la mer

e tiibiit de ses gras détritus, le banc ne pourra manquer de prospérer. *

Les fonds sur lesquels sont installés les bancs d’Huîtres du nioins ceux de la Manche et de l’Océan, restent ordinairement plus ou moins a découvert lors de la marée basse. La culture

OSTRÉICULTUUE.

et les diverses opérations qui s’y rapportent y sont beancoup pins faciles que dans les cas où le banc est toujours immerge; d’autre part, les fonds toujours immergés s’envasent facilement et l’élevage s’y fait avec peu de succès, sauf dans les cas où, comme en certains points du littoral mediterianeen, de lorts courants existent, uni s’opposent cà l’envasement.

Ce ne sont point seulement les rivages qui peuvent servir à rostréiculture. Quand ils répondent aux conditions que nous avons énoncées, les étangs salés, tels que ceux de Celte et de Montpellier, semblent spécialement bien disposés pour l’élevage

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