BRYOZOAIRES
entourée de fines et longues baguettes. La charpente de la colonie est de consistance cornée ou calcaire.
La bouche est surmontée d’une couronne de tentacules dont le nombre peut varier, suivant les espèces, de 10 à 40. Ces tentacules s’épanouissent et s’agitent en tous sens, de façon à déterminer dans l’eau des tourbillons qui entraînent vers la bouche de l’animal les particules dont celui-ci se nourrit :
le Bryozoaire ressemble alors à une fleur épanouie, et lorsqu’on l’observe au microscope, on reconnaît qu’il en a toute la grâce et toute l’élégance. Yient-on à agiter l’eau légèrement, il se
Fig,
581 — Eschare.
Fig. 582. — Plumalelies.
rétracte avec la rapidité de l’éclair, se blottit dans sa logette et, si celle-ci est fermée par un opercule, ce dernier retombe de lui-même, de manière à ce que l’animal soit encore plus en sûreté.
Le plus grand nombre des Bryozoaires habitent la mer : les
EClimODERMES.
Tubulîpores, les Vésiculaires, leS Cellulaires, leS Fliistres, les nieiuiiraiiipores, les Eschares (fig. 581) soiit dans CG CBS. Quelques espèces habitent aussi les eaux douces, spécialement l’eau dormante des étangs : telles sont les Cristateiies et les Piumateiies (flg. 582). Ces animaux ont dû apparaître de bonne heure à la surface du globe et vivre en grand nombre, pendant les anciennes époques de l’histoire de la Terre, car on retrouve en abondance leurs fossiles dans les différents terrains.
Je vous ai indiqué, dans une de mes premières leçons, le caractère extérieur principal sur lequel a été établi l’Embranchement des Rayonnés, c’est-à-dire la disposition radiaire.
On pourrait le subdiviser en deux Sous-embranchements, suivant que la division radiaire se fait sur le type 5 ou sur les types 4 et 6.
Au premier appartiennent les Étoiles de mer et toute la Classe des Echinodermes. Au second, les Méduses, les Anémones de mer, et en général les animaux à qui leur apparence de Heurs avait fait donner le nom de Zoophijtes; les naturalistes les désignent de nos jours sous le nom de Cœlentérés (/oTag;, creux; Ivispov, intestin), paice que chez eux l’appareil digestif est représenté par une simple poche. La multiplicité des formes et des organisations a nécessité la division des Rayonnés en un assez grand nombre de Classes. Ce sont tous des animaux aquatiques.
CLASSE DES ÉCHINODLRMES
Les Echinodermes sont des animaux marins dont le corps se dispose fréquemment sous forme de rayons au nombre de cinq ou d’un multiple de cinq. Ils sont pourvus d’un squelelle cutané incrusté de sels calcaires et formé de baguettes ou spiculés, qui s’unissent de façon à constituer des |)laques accolées
IIOLOTIIURIDES.
les unes aux autres. Dans ce groupe, nous rencontrons des animaux tels que les Ilolotimries, les Oursins, les Étoiles de mer, et les Encrines.
Quand on y regarde de bien près, on voit qu’il est encore possible de trouver chez les Échinodermes la trace d’une symétrie bilatérale.
D’abord, leurs larves ne sont jamais rayonnées et présentent toujours une apparence binaire. 11 y a, d’autre part, une série d’Echinodermes, tels que les Holothuries, chez lesquels cette disposition se conserve meme à l’état adulte. Enfin, chez ceux dont le corps est plus nettement rayonné, comme chez l’Oursin et l’Astérie, il existe toujours des organes impairs, situés en dehors de Taxe où viennent s’entrecroiser les rayons, et indiquant un plan suivant lequel l’animal peut être divisé en deux.
On distingue, dans la classe des Echinodermes, quatre ordres 1^" Ilolol/iurides ; 2^^ Echinides; 5° Astérides; 4“ Crinoïdes.
ORDRE DES HOLOTHURIDES
Les HOLOTHURIES, vulgairemciit appelées Concombres de mer, sont répandues dans toutes les mers. Dans la Méditerranée, SC trouve en abondance V Holothurie tubuleuse, que nous pouvons considérer comme le type du groupe. Cet animal, long de 15 à 20 centimètres, est à peu près cylindrique et arrondi à ses extrémités. Ses téguments ne forment point un test calcaire solide, mais constituent une enveloppe résistante et coriace, dans l’épaisseur de laquelle se montrent, disséminées çà et là, des incrustations de carbonate de chaux, ressemblant à des ancres, à des roues, à des hameçons. A l’extrémité anlérieure du corps on voit la bouche, orifice arrondi, en arrière diupiel se trouve un anneau com|)let, formé de dix plaques calcaires (pii constituent tout le squelette de l’animal.
La bouche est entourée d’une couronne de vingt tentacules tubuleux. L’anus est situé à la partie postérieure du corps; à son voisinage, l’intestin présente deux poches tubuleuses très
ÉCIIINODEHMES.
raniitiées, dans les parois desquelles viennent se répandre de nombreux vaisseaux sanguins, et dont la cavité se trouve constamment remplie par de l’eau venue de l’extérieur : ces appendices ramifiés, on poumons^ servent sans nul doute à la respiration; mais on les considère encore comme des organes excréteurs.
Les organes de la locomotion sont représentés par des appendices tubuleux et contractiles, appelés amhulacres ou pieds amhulacraires. Les ambulacres sont répartis à la surface du corps suivant cinq bandes longitudinales ; ils se terminent chacun par une ventouse et atteignent un développement exces-
Fig, 583. — Iloloturie.
sif sur l’une de ces bandes : celle-ci devient alors la face de reptation.
La plupart des Holothuries (fig. 585) sont des animaux nocturnes. Elles vivent ordinairement près des côtes ; mais quelques espèces, notamment dans les mers du Nord, se tiennent à de grandes profondeurs. Elles rampent lentement sur le fond de la mer et se nourrissent de petits animaux qu’elles attirent dans leur bouche, par le jeu de leurs tentacules. Dans leur cloaque
vit fréquemment en parasite un petit Poisson, \oF levcisfev , voisin des Morues.
ÉCllIiSlDES.