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ORDRE DES ÉCHINIDES

A première vue, les échinides (echinu^, oursin) ou Oiusins dilîèrent notablement des Holothuries : au lieu d’ctre allonge, leur corps est plus ou moins globuleux et sa surface entière se montre hérissée de longues épines calcaires, mobiles par leur base.

Étudions VOursin livide, si commun sur nos C(5tes. Les piquants qui le hérissent peuvent aisément s’arracher. Enlevonsles sur une moitié de l’animal (fig. 584) : nous constaterons

Fig. 581. — Ourîin livide.

qu’ils s’implantent sur de petits tubercules coniques de la surface du corps. Celui-ci présente un test dur et résistant, non compressible, et formé de pièces distinctes, hexagonales, solidement enchâssées les unes dans les autres a la manière des pièces d’un parquet.

Sur un animal ainsi préparé, il est aisé de reconnaître que les plaques calcaires qui constituent le lest sont de deux sortes. Les unes sont percées de trous très lins ])ar lesquels passent des ambulacres tout à fait analogues à ceux des Holothuries : ce sont plaques ambidacraires . Les autres pièces, dépoiir-

ÉCIIINODERMES.

vues de pores, prennent le nom de plaques interamlndacrmres.

La forme générale dn corps de l’Oursin est celle d’un hémi sphere : la lace inférieure, plate, présente en son centre un laige orilice, qui correspond à la bouche; la face supérieure convexe, est egalement percée d’un orifice, plus petit que le

Le test des Oursins, de même que la coquille des Mollusques, est recouvert d’une mince membrane dont les piquants ne sont qu une dépendance. Cette membrane jiorte encore les pédicellatres : ces organes sont formés d’une tige calcaire que termine une sorte de tenaille à 2, 5 ou 4 mors; on les rencontre surtout au pourtour de la bouche et, grâce aux mouvements dont Ils sont agites, ils peuvent jouer le rôle d’organes do prébensioii Ils sont toujours en activité et, de même que les personnes qui font la cbaîne lors d’un incendie se passent les seaux d’eau de main en mam, ils se passent constamment les petits corps etrangers qui viennent s’accumuler sur le test; ils amènent de la sorte ces objets jusqu’en un point de la surface du corps d’oii ils peuvent être facilement entraînés par les courants d’eau. Les pédicellaires servent en outre à jiorter h la bouche les matières

alimentaires, comme l’indique du reste leur abondance au voisinage de l’orifice buccal.

La bouche est entourée d’un appareil masticateur extrêmement conqiliquc, qui a reçu le nom de lanterne d' Aristote.

Ces animaux, avant d’arriver h l’état adulte doivent subir des métamorphoses conijiliquécs. Leur larve ou Pluteus a la forme

d’une pyramide à trois laces soutenue par un sipielelte formé de bâtonnets calcaires.

L Oursin livide, que nous avons pris comme cxcniide. est reguher; la bouche et l’anus sont au centre des deux faces. Les Spatangues et les Clyiiéastcrs sont au contraire irréo-uliers. la bouche ou I anus étant excentriques.

Les Oursins vivent ordinairement sur les cotes; ils ram|)eiit

ÉClimiDES.

lenlenient sur le sol et sc nourrisscnl de Molliis(|ucs ol de petits animaux marins. Certains d’entre eux, comme les h>i)alan- ■nies, s’cnlduissent profondément dans le sable et ne communiunent i)lus avec l’extérieur <|ue par nu étroit canal; d autics espèces sc cachent dans des trous qu’elles ont creuses dans es roches môme les plus dures : c’est ainsi que certains Oursins des côtes de Bretagne entament avec leurs dents des roches telles que le grès et le granité, et s’aident de leurs piquants pour rejeter au fur et à mesure les détritus qu’ils ont détachés.

Fig. 585. — Acrocladie, Oursin à gros piquants, vu par sa face buccale

Dans certains ])ays, et particulièrement en l'rovcncc, les Oursins sont recherchés comme aliment. Dans nos mers, ou ne trouve guère plus de 200 espèces d’Oiirsins actuellement vivantes; le nomhrc des espèces fossiles est bien plus considérable, puisqu’il est d’au moins 1 hOO. Ces êtres se sont montrés, peut-on dire, dès l’origine de la Terre : on les trouve déjà dans le terrain silurien; mais cos Oursins de l’époque primaire différaient notahlemcnt dos espèces actuelles. Les caractères propres h ces dernières ne se rencontrent pour la première fois que chez des Oursins de l’époque secondaire.

ECIIINODERMES.

ORDRE DES ASTÉRIDES

On trouve en abondance sur nos côtes un animal en forme d etode a cmq branches, d’un rouge violacé, brunâtre ou presque mange sur la face dorsale, d’un blanc jaunâtre sur la face inferieure ou ventrale : c’est YAstërie rouge, que

Fig. 586. — Astérie.

nous pouvons prendre pour type du groupe des Astinaes (bg. 586) ou Etoiles de mer.

Le corps de cet animal est composé d’une partie médiane,

le dnque, et de cinq rayons ou bras divergents, un peu renfles à leur origine.

La surface presque entière du corps est hérissée de piquants ca caires, infiniment plus courts que ceux des Oursins.

A la face inférieure du corps et au centre, on trouve la bouche, autour de laquelle on ne voit aucune armature coin-

ASTEUIDES.

parable à la lanterne d’Aristote. Cet orifice débouche dans une vaste poche, l’estomac, que prolonge dans chaque bras un grand cul-de-sac appelé cæcum radial ; celui-ci ne tarde pas à se subdiviser en deux conduits très longs, à chacun desquels

Fig. 587. — Ilyménodisque d’Agassiz.

sont appendus de petits diverticulums glandulaires destinés à élaborer les sucs digestifs. L’estomac peut se retourner en dehors à la volonté de l’animal, et l’Astérie digère en quehjue sorte à Vextérieur les débris d’animaux dont elle se nourrit.

ÉCIIINODEUMES.

Le corps tout entier est protégé, comme chez les Oursins, pai un stpieiette Ctilcaire incomplet, formé de plaques jiolygomiles qui se disposent en séries rectilignes. Les plaques amhulacraires se montrent toutes à la face inférieure des bras et elles s’agencent de manière à former une gouttière qui court tout le long des bras et dans laquelle les arnbulacres font saillie. Ces organes locomoteurs s’observent donc, chez l’Astérie, uniquement à la face ventrale du corps.

Les xistéries, sauf de rares exceptions, subissent des métamorphoses compliquées avant d’arriver à l’âge adulte ; leurs larves, appelées Bipinnaria et BrachioJaria, sont remarquables par leur symétrie bilatérale.

Ces animaux sont apparus sur le globe à une époque des

plus leculées: on les trouve déjà dans le terrain silurien inférieur.

Les Ophiures (lîg. 587) diffèrent assez tiotablement des Astéries. Leur corps est encore étoilé, mais les bras, cylindriques, llexibles et parfois ramifiés, sont nettement distincts du disque, dont il est très facile de les séparer. Ces bras ne renferment jamais de prolongements de l’estomac et les arnbulacres, au lieu d’être situés à leur face inférieure, se montrent sur les côtés. Enfin, les Opbiures sont constamment dépourvues de pédicellaires et d’anus. Ces animaux se rencontrent dans toutes les mers; on les trouve fréquemment sur nos côtes, aussi bien dans la Méditerranée que dans l’Océan. Ils subissent des métamorphoses et, comme les Oursins, passent par l’état de, Pluleus. Ils apparaissent encore dès l’époque silurienne.

ORDRE DES CRINOIDES

Pour en finir avec les Écbinodermes, il nous reste encore à signaler un groupe d’animaux remarquables non-seulement par leurlorme étrange, mais encore par l’iinportance extrême (pi'ils ont eue aux épocpies antérieures de l’iiistoire de notre globe.

« Les cRiNoîDEs (fig. 588) étaient prodigieusement nombreux

L- 088. — Crinoïdcb des grandes iirofondourd. — i, l'eiUacrine, — "J, Uliizocnue.

5, Uatliycrhie.

ÉCIIINODEHMES.

dans les mers de l’époque secondaire : ils tapissaient leurs prolondeurs de véritables prairies animées et présentaient alors une immense variété de formes souvent d’une extrême élégance. Picsque tous les Crinoïdes de cette époque étaient fixés au sol : une longue tige llexible, formée d’articles nombreux, supjiortait une touffe d’appendices également articulés, parfois ramilles à l’infini et qui pouvaient s’étaler au-dessous de la tige comme les feuilles jeunes de certains palmiers, ou se resserrer Ihleusement les uns contre les autres, s’enroulant de mille laçons, comme les pétales d’une fleur durant son sommeil. Quelques-uns de ces Crinoïdes avaient plus d’un mètre de

Eig. S89. — Platycriae.

Fig. 5‘JO. — Encrine entroque.

longueur, et la lige de certains d’entre eux dépassait cin- (juante pieds ^ »

X\)res avoir en une époque d’extraordinaire prospérité durant la période secondaire, les Crinoïdes ont rapidement décliné

animales et la formation des organismes.

CRINOIDES.

dans les périodes suivantes; leurs espèces niiueiit moins nombreuses et inlinimeiit

soûl devenues inlimoins bien repré-

sentées.

On a cru sis lé justpi’à

longtemps que les Comatuio* avaient seules perl’époque actuelle; il en existe dans toutes les

Fig. 591. — Enclines.

mers, des deux pôles à réqualeur; elles remontent sur nos cotes à peu de distance des grèves cpie le reiUix laisse à décou-

vert et demeurent souvent à sec pendant (pielques heures durant les marées d’équinoxe.

Au lieu d’être fixées comme la plupart des Crinoïdes anciens,

CTÉNOPHORES.

les Comatulcs sont libres. A les voir gracieusement accrochées parm. les grands varechs, on dirait des touflés d’algues écar ates ouvrant et fermant tour à tour leurs dix rameaux sem-' blab es a des plumes flexibles. Elles paraissent ne se plaire sur es algues flottantes que jusqu’à un certain âge: plus tard, elles udtent ces stat.ons où leur corps fragile courrait trm, de langers, et viennent s’abriter sous les galets que la mer accu-

li'uL-re' iT "'‘r «PP>'q''cnt exactement, sur

• 1 U re leurs dix bras rayonnants, tandis que sur les varechs

- les les tiennent ordinairement à demi relevés, plus ou moins

flertl " ‘l’--

On on vienne à les inquiéter, elles quittent aussitôt la place et se mettent a nager en imprimant à leurs bras de iLtes oiK u a ions. Ce sont probablement les seuls Éebinodermes

(leïocomoï.'°“ >‘^8"‘'Pour se prêter à ce mode

oni^Tit^-Tr“'"' tige articulée lorsqu’elles

nt atteint 1 age adulte; mais, pendant les premières pk-iodes

de eiir vie, elles sont pédonculées à la façon des autres Crinoides En outre des Comatulcs, on rencontre encore actuellement dans les profondeurs de l’Océan les dernier survivants

des Kneriaes (fig. 591), des P.....aeH..es (fig. 588) et môme des c.Tst,de.s aiitrelois si abondants.

CLASSE DES CTÉNOPIIORES

Les Ctexopiiores sont des animaux marins dont le corps csl sp leiiqne on cylindriipie, mais peut quelquefois aussi s’aplatir

d^rtr'''' -'''' r" leor corps présente huil bandes

1 ale tes cdiecs, formant des plaques pectiniformes au moyen

icsque es ces animaux nagent et auxquelles ils doivent d’ail-

eurs Icurnom peigne; oipio, je porte); ces bandes sont

/f.-vf! da '>:ot grec

IIYDROIDES

disposées loiigitudinalcment, suivant des méridiens, hn ontic ces animaux présentent généralement deux longs lilaments latéraux qui agissent comme organes de tact et qui peuvent se

retirer dans des poclies spéciales.

Cliacnn de ces tentacules est chargé de nématocystes (vr^ga, lil; y.uaTiç, vessie), organes urticanls qui provocpient sur la |)ean, (jnand on vient à les toucher, une vive sensation de hriV lure. Ces organes sont constitués par une petite capsule microscopiijue, renfermant un liquide irritant et un filament élasticpie, enroulé en spirale, ({ui se projette vivement au deliors et devient rigide dès que la capsule a suhi le moindre contact. Les nématocystes ne s’observent point seulement chez les Cténophores : on les rencontre encore chez les Méduses et d’autres animaux.

Les Cténophores sont d’élégants animaux au corps gélatineux, incolore et complètement transparent : aussi est-il facile de saisir à travers ses jiarois les détails de leur organisation.

Les Cténophores ne siihissent aucune métamorphose. Ces animaux se rencontrent principalement dans les mers des légions chaudes 5 on les voit souvent ajiparaître en grande quantité à la surface; ils nagent en tournant la houche en aiiieie.

La Ceinture de Vémin, originaire de la Méditerranée, se fait remarquer ]iar son corjis tortcment comprime et présentant l’aspect d’un ruhan. Les €.T<iîpi»es hahitent egalement la \Iéditerranée, miiis les ■•leiirobracBiies s observent dans la mer du Nord : ce sont des animaux globuleux. Les «érocs sont des animaux au corps ovalaire et dépourvus de tentacules.

CLASSE DES IIYDIIOMÉDUSES

ORDRE DES HYDROÏDES

11 n’est pour ainsi dire pas de mare ou d’étang dans lequel on ne puisse trouver, fixés sur les plantes aquatiijiies, de petits êtres, longs au plus de 1 à 2 iiiiHimètrcs et dont le corps est

IIYDRO.MEDUSES.

tcr.nin« par une couronne de filamcnis déliés, capaldes de .e mouvoir en tous sens. Ces annnau.vsonl des Ihjdres d'eau doua- (ig. 592). Lenr corps se compose d’une simple poclie, fixée

^ig. 592. — Hyilre d'eau douce.

au.x herbes aquatiques par son extrémité en cul-de-sac; la cavité qui fonctionne comme appareil digestif, communique avec l’ex-

terieur par un orifice, tenant lieu tout à la Ibis de houclie et d anus, et situé à la hase des liras.

IIYDROIDES.

Ceux-ci sont ordinairement an nombre de 0, mais on peut en rencontrer l'2 et meme 18. Une disposition analogue s'ob serve sur un grand nombre (ranimaux dont nous aurons à

Fig. ü95. — Hydre liruiie, ayant saisi deux Oaplinies, iiortanl deux œuls et entour. c de se> grands iiéinatocy?tes, grossie 15 fois. (Les vésicules des néinatocystes qui restent nornialetnent dans les tissus, sont ici figurées liljres pour montrer l’enseinblo de ces organes).

[iarler par la suite, et c’est en raison de ce fait tpi’on a doiuu' autrefois à ceux-ci le nom collectif de Pohjpes (ttcXüc;, beaucoup : “vj;, pied). Ces bras sont couverts d’un très grand nombrt' de

IIYDROMÉDUSES.

nëmatocjjstes. a Tantôt le Polype les étend autour de lui comme des rayons délicats cpii vont se fixer aux objets voisins et demeurent longtemps immobiles, tantôt il s’en sert pour explorer 1 eau qui 1 entoure. Malbeur aux animaux de petite taille (pu viennent à les rencontrer. Aussitôt frappés de paralysie, ils demeurent adhérents au bras qu’ils ont touché. Celuici s’enroule autour d’eux et ne tarde pas cà se recourber pour transporter sa proie dans la cavité même du Polype. »

L Ilydie d eau douce a été observ^ée pour la première fois en 1705 par un célèbre micrograpbe hollandais, Leeuwenliœk. En 1740, sans rien connaître des travaux antérieurs,

«J couvrit à son tour. Ces petits êtres de couleur verte, assez semblables à des plantes, l’intriguèrent fort : il pensa tout d’abord que c’étaient des végétaux, mais les ayant vus se déplacer et se mouvoir, le doute germa dans son esprit et il entreprit, pour Télucider, les plus curieuses expériences.

Élevons des Hydres dans un vase dont l’eau renferme en abondance des animalcules tels que les Cijdopes et les Daphnies : les Polypes, grâce â leur gloutonnerie, en avaleront un grand nombre et leur estomac se dilatera outre mesure. Prenons alors l’iin d’eux avec un peu d’eau dans un verre de montre et, au moyen d’une soie de porc, refoulons lentement vers Texlérieur le fond du sac qui le constitue. Avec un peu de précaution, il est assez facile d’arriver à retourner l’animal à la façon d’un doigt de gant. Dans ces conditions, pensez-vous, l’IIydre ne j)ourra plus vivre? Le bouleversement apporté de la sorte dans son organisme ne suffit-il pas en effet à lui donner la mort? Pendant quelques heures, le Polype semble en effet mal à l’aise, d fait de grands efforts pour arriver à se déretourner, pour employer l’ex[)ression de Trembley. Mais ses tentatives demeurent très souvent infructueuses et, prenant bientôt son parti de cette situation nouvelle, il ne tarde jias à étendre de nouveau ses bras et à manger cojiieusement. Chose étraniie I

IIYDUOIDES.

la paroi de son nouvel estomac digère les aliments avec autant de facilité que si rien d’anormal ne s’était produit; l’ancienne inmpiense stomacale, devenue la peau, fonctionne à son tour comme organe du tact.

Trembley découvrit encore d’antres faits tout aussi remarquables.

On peut faire avaler à une Hydre une antre Hydre, presque aussi grande qu’elle. Coupons à la première l’extrémité de son corps terminée en cnl-de-sac : elle n’en continuera pas moins d’avaler sa proie, et celle-ci, demeurée intacte, pourra dépasser à ses deux extrémités le Polype extérieuj* qui la recouvre exactement à la manière d’un manchon. Le Polype intérieur ne sera point digéré, mais s’efforcera, j>ar ses contorsions, d’échapper aux étreintes de son hôte : il parviendrait bientôt à ses fins. Mais il est facile de l’en empêcher : il suffit pour cela d’embrocher les deux Polypes au moyen d’une soie. L’Hydre intérieure sera-t-elle alors digérée? Pas davantage. Lien plus, les deux animaux parviendront à se séparer l’ini de l’antre, mais au prix de quelles mutilations ! L’ilyd re extérieure se fend suivant toute sa longueur, et sa victime se trouve alors mise en liberté; pourrnne et l’autre, se débarrasser de la soie n’est plus que l’affaire d’un instant. Avec de semblables blessures voilà, pensez-vous, l’Hydre extérieure en grand danger de mort? Point. Les deux bords de la plaie se rapprochent, se soudent l’un à l’antre, le cnl-de-sac se referme, et l’animal continue à vivre comme si de rien n’était.

Répétons cette expérience, mais en ayant soin de faire avaler à un Polype demeuré normal un antre Polype ])réalablement retourné en doigt de gant. Dans ces conditions nouvelles, les deux Polypes, mis en contact par leurs surfaces digesHves, vont, an bout de quebpies jours, se souder intimement l’un à l’antre : le Polype retourné pourvoira à la nourriture de tons les deux, et il est à remarquer que c’est par son ancienne |)ean (pi’il digérera ses aliments.

IIYDUOMÉÜUSES.

Les expéi iences dont je viens de vous parler sont d’une exécution fort délicate. Mais en voici de très faciles, et de non moins remarquables.

Chez 1 llydie, toutes les parties du corps sont aptes non seulenicnt à vivre séparées les unes des autres, mais encore à reproduire dans ces conditions un organisme analogue à celui de qui elles ont été détachées. « Une Hydre est-elle'’coupée en deux nioiliés dans le sens de sa longueur? Chacune des deux moitiés ne met pas plus de vingt-quatre heures pour se refermer de manière à constituer une Hydre nouvelle capable de saisir une ])roie et de la digérer. Si l’on coupe une Hydre par le travers, en deux jours la moitié antérieure s’esi refait un pied et la moitié postérieure a déjà poussé de nouveaux hras. Si, au heu de ne donner qu’un coup de ciseau, on en donne deux, de manière a partager l’Hydre en trois morceaux, il ne faudra pas plus de huit jours à chacun de ces tiers d’ilydres pour redevenir une Hydre complète. Que l’on essaye de couper une Hydre longitudinalement en deux moitiés, puis de diviser encore par le travers chacune de ces moitiés en deux ; l’Hydre est alors écartelée : mais en huit jours chacun des fragments a reconstitué un Polype parfait. On peut découper l’IIydre en un nombre de rondelles superposées qui n’est limité que par l’impossibilité de saisii avec des ciseaux un corps trop jietit, chacune de ces rondelles refait encore une Hydre. A la seule condition d’attendre (pie les parties en voie de restauration aient atteint une taille suffisamment considérable, Trembley a réussi à tailler dans une Hydre cinquante morceaux, et à fabriquer ainsi, aux dé|iens d'un même individu, cinquante Hydres nouvelles. »

« C.haqiie jiartie de l’Hydre, artificiellement isohie, est capahle, comme nous l’avons vu, de s’individualiser et de reproduire une Hydre; sans se séparer du reste de l’animal, cha(|iie jiartie de l’IIydre est aussi capalde de s’individualiser et de lepioduiie une Hydre nouvelle. C’est toutefois princi|)alcmeiit au point ou le corps de l’Hydre commence à s’amincir pour

IIYDHOIDES.

04ri

former le pied que se manifeste cette tendance a l individualisation. Il est impossible de conserver une Hydre (pielques jours en la nourrissant convenablement, sans voir se manilester dans cette région du corps une ou deux petites bosselures (fig.

Ce sont d'al)ord de simples boursoullures de la paroi dans lesquelles se prolonge la cavité digestive. Peu à peu ces boursoutlures grandissent; une ouverture se creuse à leur extrémité libre, et des bras poussent autour de cette ouverture: une Hydre nouvelle s’est formée sur la paroi du corps de la première. Sa cavité digestive continue à communiquer largement avec la cavité digestive de la mère. Cdiacun des deux animaux peut chasser et engloutir sa proie poiu* son compte, mais pac les coniractions du corps la masse alimentaire est portée alternativement d’une cavité digestive dans l’autre: de sorte (pie le produit de la chasse profite également aux deux Polypes. C’est le commencement d’une société nouvelle, d’une colonie, dans laquelle deux individus de génération différente mettent en commun toute leur activité physiologique. En général, chez les Hydres d’eau douce, cette association, qui semble surtout avantageuse à l’individu en voie de développement, n’est (pie de

faible durée Au bout d’un temps variable de deux jours

à cinq ou six semaines, suivant que la température est haute ou basse, la communication s’oblitère entre la mère et son rejeton, et celui-ci se détache pour vivre isolément.

c( H n’est pas rare de trouver des Hydres qui portent deux, trois, quatre ou cinq petits à différents degrés de développement. La tendance à former des colonies s’accuse donc d’une façon assez nette chez nos intéressants Polypi^s : on n’a pas trouvé cependant d’ilydre vivant à Eétat de liberté qui portât plus de sept jeunes, ce qui est déjà respectable. En enti etenant des Polypes en captivité, il est possible d’aller beaucoup plus loin... et Trembley a pu obtenir, par des soins convenables, une Hydre qui ne portait pas moins de dix-neuf petits appartenant à trois générations différentes. »

IIYDROMÉDUSES.

Eu oulie du mode de reproduction par bourffeonnenien/ l’Hydre d’eau douce peut se reproduire encore au inoyeri d’œufs. A la fin de la belle saison, on voit aux points mêmes du corps ou se montrent les jeunes Polypes, se former des excroissances qui, au heu de communiquer avec la cavité digeshvc, de se percer d’un orifice et de produire des bras, se

translorment en petits sacs sphériques, dont quelques-uns donlient des œufs.

Amaiée basse, il n’est point rare de rencontrer, dans les llaqiies d eau que la mer laisse en se retirant, des sortes de jietites liges ramifiées dont les diverses branches portent à leur extrémité d’élégantes cupules ; dans l’intérieur de celles-ci se trouve un Polype muni d’une couronne de tentacules. Ce qu’on a sous les yeux, ce sont des colonies de Campanuiaîres.

Ces colonies rapellent à première vue celle que constituerait une Hydre qui porterait encore les divers individus auxquels elle aurait donné naissance par bourgeonnement ; elles en diffèrent toutefois notablement. Mais leur histoire, dont les détails nous entraîneraient trop loin, est des plus curieuses comme des plus compliquées.

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