‹ Elements de zoologieChapitre 136 sur 143 · INFUSOIRES · texte numérisé non relu

INFUSOIRES

maux trouvent en effet des aliments liquides tout préparés et directement absorbables par simple diffusion.

Le dernier groupe des Infusoires est celui des flagellés. Chez ces êtres, les cils vibratiles ou bien font complètement défaut, ou bien sont trop peu nombreux pour jouer un rôle actif dans les phénomènes de locomotion. Les organes locomoteurs sont représentés par un ou plusieurs flagellums, filaments déliés au moyen desquels ranimai frappe feau avec vigueur, de façon à progresser rapidement (fig. 606).

Les .mnades, fort abondaiitcs dans les infusions végétales et dans les eaux croupissantes, ne sont munies que d’un seul llagellum. De très petites dimensions et fort difticiles à observer, même avec un puissant microscope, elles n’ont point de bouclie et les aliments sont absorbés par un point quelconque de la surface.

D’auti 'CS Flagellés possèdent une bouche. Parmi eux, VEu- (jlène verte mérite une mention spéciale. Ce Flagellé, qui se trouve en grande abondance à la surface des flaques d’eau sta- ' gnante, est remarquable en ce qu’il est teinté uniforuiément en vert par la Chloroplujlle, substance colorante des feuilles des végétaux.

VEmjlène rouge, espèce voisine de la précédente, pullule tellement dans certaines mares que celles-ci jirennent une coloration rouge-sang qui a donné naissance aux légendes de pluie de sang et à de nombreux procès de sorcellerie.

Le majestueux phénomène de la phosphorescence de la nier, qui s’observe à la belle saison, est dû le plus souveîit aux \oetiiufiiies qui surnagent en nombre immense à la surface des flots. Ces Flagejléç sont assez gros ])our être visibles à l’œil nu; ils sont globuleux. A côté de la bouche s’implantent deux appendices : l’im d’eux est un flagellum; l’autre, deux ou trois fois plus long et beaucoup plus gros, est un tentacule (jui ne se meut que lentement et qui bien certainement ne sert en rien à la locomotion de l’animal.

PROTOZOÂIKES.

Les Noctiluqucs se maintiennent à peu près inimohiles

à la surface de la mer : elles sont agitées tout au pins de

h'M»^crs mouvements de balancement déterminés par le tentait *

Fig. 603 — '^2, ô, Infusoires flagellifères. — -l, Infusoires ciliés.

Cille. Mais pour qu’elles se montrent à la surface, il tant (pie certaines conditions de clialcnr soient réalisées, il laul on outre le calme le plus absolu. Elles sont parfois lollemenl abondantes que la mer jirésentc une couleur rouge assez intense et aetpiiert

GRÉGÂRlNtS.

la consistance (lu tapioca. Il est à rcmaniucr que la pliospliorescence de la mer s’observe surtout dans les points où les vagues se brisent et viennent frapper le rivage ; d autre ])art, une eau obscure auparavant devient tout d’un coiq) pbospborescente, si l’on y jette une pierre. Ces faits s ex])liquent aisément, si l’on sait que la lumière émise par les Noctiluques ne se ])roduit cpie lorscpie celles-ci sont soumises a une exei' tation (pielconque, exemple, lorsqu’elles viennent a se beuitei les unes les autres. On ])eut déterminer la jibosplioresceiice dans une eau cbargée de Noetiluc|ues en la faisant traxerser par un courant électrique.

CLASSE DES CllÉGAUlAES

On trouve frécjuemment dans le tulie digestif et dans la cavité viscérale des Invertélirés, particulièrement des A ers et des Arthropodes, des animaux microscopiques de structure fort sim- ])le, auxcjuels on a donné le nom de Cregaiuxes.

La Grcgnrine géante se trouve dans l’intestin du Homard. Elle atteint juseju’a un centimètre et demi de longueur, mais, malgré cette grande taille, elle n’est jamais constituée que par un simple amas de matière uniforme, granuleuse, renfermant un noyau et entourée d’une membrane d’enveloppe. Ce corps, fort allongé, présente à son extrémité antérieure une sorte de petit renflement rpii simule une tête; l’extrémile postérieure s elüle au contraire. L’animal n’a ni bouche ni orifice (pielcompie : il se nourrit simplement en absorbant les aliments (|u il trouve tout préparés dans l’intestin de son bote.

A côté des Grégarines, il convient de placer d’autres animalcules qui vivent en parasites chez divers animaux et même chez l’Homme. Les plus importants sont les Dsorospermies des Insectes, qui occasionnent la redoutable maladie du Ver à soie nommée la pébrine. Alalgré leur fort petite taille, ces animaux sont presque tous des parasites dangereux.

PROTÜZOAlIUiS.

CLASSE DES RIIIZOPODES

Dans tout le reste du monde organique, il est impossible de rencontrer un aussi grand nombre de formes élégantes et étranges que dans la Classe des Riiizopodes. Ces animaux curieux sont aquatiques, et c’est dans la mer qu’on observe les espèces les plus belles et les plus variées.

Les Riiizopodes doivent leur nom aux prolongements qui sortent incessamment de leur corps, comme des racines (p'Zcç, racine; ttcSç, ttoccç, pied), pour y rentrer bientôt, en telle sorte

que la forme extérieure de l’animal change continuellement. Quelques-uns sont absolument nus, comme les Actinophrys (fig. 607), qui abondent dans la vase des étangs. Les autres sont enveloppés d’une carapace de nature variée. Chez les Gromies, elle est cornée; chez les Riiizopodes, qui forment le groupe des Radiolaires, elle est de nature siliceuse ; chez ceux qu’on a nommés Foraminifères, elle est composée de carbonate de chaux.

L’aspect du squelette siliceux des radiolaires (fig. 608) varie à l’infini. Toutes les formes géométriques les plus gracieuses et les plus compliquées se trouvent ici réalisées : ces êtres d’organisation si simple sont en réalité de merveilleux architectes et, avec la silice qu’ils trouvent dissoute dans l’eau de mer, ils se construisent des carapaces d’une incom- [)arable élégance.

Chez certains d’entre eux (fig. 608) la carapace siliceuse a la forme d’une sphère treillissée, dont la surface donne sou-

UllIZOPODES.

Ü'iO

vent naissance à de longues aiguilles. Chez d autres (lig. G09), plusieurs sphères sont môme concentricpiement eiul)Oîtees les unes dans les autres et reliées entre elles par des barres radiales : rensemhle rappelle alors certains objets d une grande délicatesse (jue les Chinois excellent à sculj)ter avec 1 ivoire.

Fig. G08. — Divers genres de Radiolaires. — 1, Araclmocorys. — 2, Aniphilonche.

5, A( aiilhoinètrc.

D’autres fois, le squelette consiste encore en une s()hèrc, mais autour de celle-ci se montre un plexus spongieux de matieie siliceuse. Les Cystides se construisent une carajiace ayint la forme d’un casque, d’un bonnet ou d’un corbillon dont la paroi serait criblée de nombreuses ouvertures. Les Astromures ont l’aspect d’une croix d’ordre, les Dipiocones ressemblent a

PROTOZOAIRES

Fig. 609. — Ualiommn Ilitmboldli.

un sablier, etc. En un mot, l’aspect sous lequel se présentent ces intéressants organismes varie pour ainsi dire à l’infini et ce serait entreprendre une longue tâche que d’essayci* d’en donner la description.

Les Radiolaires nous intéressent peut-être davantage encore

à un tout autre point de vue.

Ces animaux vivent à la surface de la mer ou à une faible distance de la surface. Quand ils meurent, leurs squelettes tombent au fond de Leau et, en s’accumulant pendant une longue période, ils finissent par exhausser le fond de l’Océan. Ils jouent donc un rôle dans la formation de certaines couches terrestres.

Ce fait peut être mis aisément en évidence : il suffit pour le constater d’examiner au micioscope des échantillons de sables marins provenant de grandes profondeurs; à côté des débris innombrables de Diatomées, Algues munies également d’un squelette siliceux, et des débris de Foraminifères, on trouvera en nombre immense des squelettes de Piadiolaires. On peut donc dire (pi’actuellement, les Radiolaires, en venant s’accumuler au fond des eaux, contiibucnt a former des roches nouvelles et a changer peu à peu la nature du sol sous-marin.

Cette action curieuse n’est point spéciale à notre époque. Aux époques anciennes defliistoire de la terre, les Radiolaires étaient aussi loit abondants dans les mers, et il est des roches entières qui ne sont formées que de leurs débris : certains terrains des environs d’Oran, certaines roches jmissantes desRarbades et de Nicobar en sont prescpie exclusivement formées. Dans les marnes crétacées de quelques points du littoral méditerranéen, on trouve également un nombre immense de Radiolaires fossiles.

BllIZOPODES

GSI

La variété de forme et de structure des foraminifères ii’est pas moins grande que celle des Radiolaires. Leur test est tantôt à une, tantôt à plusieurs loges. Enfin, tantôt il n’a qn’nne ouverture, tantôt il est criblé de petits trous, par on sortent les

Fig. CIO. — Divers genres de Foraminifères. — 1, Gromie. — ‘2, Glohigérine. 5, .\no-

nialine. — A, Üosaline. — 5, Lagenuline. — 6, DenUiline. — 7, Crisiallaire.

rhizopodes et qui ont mérité son nom au groupe des l’oraminitéres (foramen, trou).

Les jiarties solides des Foraminifères (tig. 010, 011) affectent les formes les plus variées et se disposent de façons li*ès diverses; elles présentent parfois une complication telle (pi’on serait tenté de croire que ces êtres sont eux-mêmes fort coin-

PROTOZOAIRES

pliqués, malgré leur taille exiguë : et de fait, certains naturalistes de grande valeur ont soutenu une semblable opinion. Les chambres successives qui se montrent chez les Nummulites et quelques autres genres s’enroulent parfois à la façon de la coquille des Céphalopodes : on partait de là pour rapprocher ces êtres des Nautiles et des Ammonites et pour considérer les Foraminifères en général comme des Céphalopodes microscopiques.

Ces animaux, avons-nous dit, sont tous microscopiques. Cette assertion est vraie en ce qui concerne les espèces actuellement vivantes. On trouve pourtant encore, vivant à de grandes profondeurs dans les mers delà Sonde, un Foraminifère gigantesque, le Cycloclypens, qui a l’aspect d’un disque biconvexe

Fig. 611. — Numnuilites.

de O centimètres de diamètre. Dans la nature actuelle, c est a peu près là le seul exemple de ce genre, mais dans les terrains anciens il est fréquent de rencontrer les restes fossiles de Foraminifères, c’est-à-dire ayant 1 ou 2 centimètres de diamètre : témoin les Parkerîa et les nombreuses espèces de

IXummulites (hg« 011).

Lorsque les Foraminifères viennent à mourir, leur coquille, en raison de sa pesanteur, tombe au fond. En s’accumulant sans cesse dans les profondeurs de la mer, ces élégantes carapaces constituent une couche épaisse (|ui formera finalement une roche calcaire compacte : il est possible de constater actuel-

Page 1