I/HOMME PRÉHISTORIQUE
époques reculées de Thistoirc de la terre; et elle nous renseigne aussi sur la nature et l’usa'^e d’objets ayant appartenu
aux premiers Hommes, objets dont nous allons parler tout a r heure, son rôle est alors le même que celui de retbnograpbie.
L’histoire des peuples nous montre que rilomme, avant d’arriver à l’état de civilisation qu’ont atteint certaines de ses races, a dû rester longtemps dans un état de barbarie profonde, d’où il n’est sorti que lentement et peu à peu, à mesure que naissaient la science, l’industrie, le commerce, et que son intel-
ligence se développait davantage. Mais avant cet âge barbare, dont le récit est parvenu jusqu’à nous, l’Homme avait existé sur la terre, pendant des périodes considérables, dont il est impossible d’évaluer la durée.
L’existence de rHommc sur la terre, il y a des centaines de milliers d’années, a longtemps été méconnue, et il y a quelques années encore, on eût considéré comme un fou celui (jui serait venu l’annoncer. Mais actuellement personne ne doute plus de ce fait.
H est absolument impossible de dire jusqu’à quelle époque de l’histoire du globe remonte l’Homme, mais ce qu’on sait bien, c’est qu’il vivait déjà pendant la période que les géologues ont désignée sous le nom (ïépoqiie quaternaire .
Pour Y époque tertiaire, 011 discute encore, bien qu’il y ait beaucoup de vraisemblance relativement au terrain pliocène.
La preuve de l’existence de l’Homme se tire, soit de la ])résence des ossements humains eux-mêmes, soit de celle des restes de son industrie. Les silex taillés forment, ainsi que nous allons le voir, la partie la plus im])ortantc de celle-ci.
L’Homme a certainement vécu à la jiériodc glaciaire, qui a servi de transition entre l’époque tertiaire et l’é|)oque quaternaire : à Wookey, dans une grotte qui date de cette période, on a trouvé des ustensiles en silex, d’une nature particulière, qui démontrent l’existence de l’Homme.
Vers la même époque, l’Homme vivait aussi en Suède, comme
MAMMIFÈRES
l’atteste la découverte faite a Sodertelje, non loin de Stockholm, d’une hutte en bois avec fondations en pierre, qui, à l’époque glaciaire, se trouvait bâtie sur les bords mêmes de la mer. L’Homme glaciaire connaissait bien le feu, car, dans l’intérieur de cette hutte, on a trouvé un foyer grossier où il y avait encore des charbons, et à côté se trouvaient ' quelques branches de sapin brisé, évidemment destinées à entretenir le feu.
A partir de cette époque, les traces laissées par l’homme deviennent plus fréquentes. Il vivait alors en Europe en compagnie d’animaux actuellement ou éteints, comme le Mammouth ou Éléphant laineux et l’Ours des cavernes, ou émigrés, comme le Renne et l’Hippopotame, ou existant encore, comme le Cheval et le Bœuf. C’est surtout sur le bord des fleuves, que, à l’âge du Mammouth, comme on dit, se rencontrent des instruments taillés, des ossements portant des traces non équivoques de l’action humaine, des débris de l’Homme luimême.
Les instruments taillés, faits toujours en silex éclaté, prennent une plus grande diversité de forme : ou bien ils sont façonnés sur leurs deux faces, comme les haches (fig. 56), les haches à talon, les ciseaux, les disques ou rondelles, les scies (fig. 57), les pointes de lances ou de flèches (fig. 59); ou bien ils ne portent que d’un côté les traces du travail humain, comme les couteaux ou lames (fig. 58), les grattoirs.
Le nombre des stations dans lesquelles on retrouve tous ces débris devient considérable ; l’une des plus célèbres est celle de Saint-Acheul, dans la Somme.
Les monuments de l’histoire de l’homme quaternaire ancien sont extrêmement abondants, on vient de le voir; pourtant ses restes sont extrêmement rares. Cela tient en grande partie aux causes multiples qui s’unissent pour détruire les débris organiques. On a cependant rencontré des crânes sur plusieurs points : les uns sont dolichocéphales, d’autres brachycéphales.
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quoique conlcmporains. Ainsi ces deux types existaient dès ces époques si reculées.
En niênie temps (pie tes instruments de silex et que les
ossements Immains, on rencontre parfois dans les alluvions certaines pierres et certaines coquilles qui étaient utilisées tantôt comme ornements et tantôt comme instruments. Ces derniers sont généralement des cailloux naturellement percés, dans
MAMMIFÈRES
la cavité desquels l’Homme primitif introduit un manche et qu’il translorme ainsi en marteaux. Les ornements sont des pièces d’enfdage, fabriquées avec des cailloux ou avec des coquilles percées d’un trou, et qui servaient sans doute de bracelets ou de colliers.
A l’âge du Mammouth, ainsi que nous venons de le voir, l’Homme vivait donc de préférence sur le bord meme des fleuves. Mais il bal)itait aussi des cavernes creusées naturellement dans le flanc ou au pied des montagnes. Dans la vallée de la \ézère (Lot), au Moustier, M. Lartet a découvert une grotte qui, â côté d’ossements nombreux du Mammouth, de l’Hyène des cavernes et du Renne, renfermait tout un arsenal d’instruments en silex de forme très variée, identiques à ceux de Saint-Acheul.
A une époque plus récente, on a trouvé à Grenelle des ossements, et à côté d’eux des instruments en silex et en os. A Aurignac (Haute-Garonne), on a rencontré une grotte funéraire qui ne renfermait pas moins de dix-sept squelettes, auprès desquels étaient accumulés des débris de Cheval, de Renne. d’Auroebs, de Chevreuil, de Cerf, de Loup, de Rlaireau, de Putois; un Ours des cavernes avait subi l’action du feu. Avec ces os, on a trouvé une certaine quantité d’objets en silex, façonnés pour la plupart en couteaux, et quelques os tailladés et couverts d’encoches ou ayant servi à fabriquer divers instruments, tels que des poinçons, des lances ou dards, des flèches. La sépulture d’Aurignac renfermait en outre des fragments de poterie grossière. Nous assistons donc à cette époque à la naissance de la céramique.
Dans l’abri de Cro-Magnon, sur les bords de la Yézèrc, M. Lartet a trouvé diverses formes d’instruments en os et en silex taillé, et il a rencontré en outre cinq squelettes humains ((ig. 00).
Vers la fin de l’âge du Mammouth, des habitants des cavernes vivaient encore â la -Chaise, dans la Charente, et à Bize, près