ORDRE DES , BIMANES : L'HOMME
La plupart d entre vous ont vu des Nègres aux lèvres épaisses et aux cheveux crépus, des Arabes au teint bronzé, des Chinois à 1 œil fendu obliquement : bien évidemment tous sont des Hommes, et, d autre part, vous les distinguerez facilement les uns des autres; vous reconnaîtrez aisément qu’ils n’appartienuent point tous à une seule et même race. Vous ne les contondrez point entre eux, pas plus que vous ne confoiïdez un basset avec un lévrier ou avec ufi dogue.
L étude de ces diverses races d’Hommes, considérées dans le temps et dans l’état présent, constitue une science spéciale qu’on appelle rAxTimoroLOGiE.
c( 11 est hors de doute, dit Darwin, que les diverses races humaines, comparées et mesurées avec soin, diffèrent considérablement les unes des autres, par la texture des cheveux, parles proportions relatives de toutes les parties du corps, par l’étendue des poumons, par la forme et la capacité du crâne, et même par les circonvolutions du cerveau. Ce serait d’ailleurs une tâche sans tin que de vouloir spécifier les nombreux points de différence dans la conformation. Les races diffèrent encore par leur constitution, par leur aptitude vai vible à s’ac-
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ig. 48. — Système nerveux de rilomme : a, cervcfiu, — h. cervelet. — c, moelle épinière. — d, nerf facial. — e, plexus brachial formé par la réniiiou de plusieurs nerfs qui proviennent de la moelle épinière. — nerf médian du bras. — f/, nerf cubital. — II, nerf culané interne', du bras. — i, nerf radial et nerf musculo-eutané
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climater et par leur prédisposition à contracter certaines maladies. Au moral, elles présentent des caractères également fort distincts; ces différences se remarquent quand il s’agit de rémotion, mais elles existent aussi dans les facultés intellectuelles ^ »
Les diverses races humaines diffèrent donc les unes des autres non point seulement par la couleur ou la taille, mais encore par la conformation de certaines parties du corps et par leurs qualités alfectives et morales. Reprenons quelques-uns des exemples que nous venons de citer d’après Darwin et voyons quels caractères on en peut tirer pour séparer les unes des autres les différentes races.
Les Européens ont généralement les cheveux lisses ou ondulés, rarement frisés; comme vous le savez, les Nè<^res ont au contraire les cheveux crépus ou laineux. Cette différence importante tient à ce que les cheveux du Nègre et ceux de l’Européen n’ont point la même conformation : les cheveux des Nègres sont aplatis, tandis que ceux des Européens sont pres(|ue cylindriques, et (pie ceux des Polynésiens, des Malais, des Japonais et des sauvages d’Amérique sont tout à fait cylindriques.
Les races humaines diffèrent parla longueur du corps. Vous savez que les Lapons ont la réputation d’être les jilus petits des hommes. A c(')té d’enx et en manière de contraste, il faut placer les Patagons de l’Ainériipie du Sud, dont la taille atteint assez souvent !2 mètres. Bien entendu, nous ne parlons point ici des anomalies de développement que l’on observe chez les nains ou chez les géants, et qui ne se rencontrent que chez les individus isolés d’une même race.
Les caractères des plus importants sur lesquels se fondent les
^ Darwin, La descendance de V homme, I, p. 259.
(lu bras. — j, norfs int(>rcoslaiix. — U, plexus fémoral formé par plusieurs nerfs lombaires et donnant naissance au nerf crural. — /, plexus sciatique donnant nais- •sance au nerf principal des membres inférieurs, lequel se divise ensuite jiour former le nerf tibial, m, le nerf péronier externe, n, le nerf saidiime externe, o, eU .
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antliropologislcs pour établir des distinctions entre les différentes races humaines reposent sur la forme et la capacité du crâne ; on tire également de précieux renseignements de l’étude de la face et spécialement de l’étude de V angle facial.
La cranîoiogîe forme une des branches les plus importantes de l’anthropologie : le crâne, où se trouve le cerveau, siège de l’intelligence, est en effet très utile à connaître et son étude fournit des renseignements d’une haute valeur. Le diamètre antéropostérieur et le diamètre transversal du crâne varient considérablement suivant les races. Si l’on désigne par 100 le diamètre antéro-postérieur, le diamètre transversal sera égal à 85 chez les Lapons, â71 chez les Groënlandais, à 02 chez les Néo- Calédoniens.
Ces chiffres indiquent que le Néo-Calédonien a le crâne relativement étroit et allongé, tandis que le Lapon l’a relativement large et arrondi; le Groënlandais est intermédiaire. On a appelé crânes dolichocéphales (ooXiycç, long; zcçaXv], tête) les crânes qui sont allongés comme ceux des Néo-Calédoniens (fig. 49) et crânes brachycéphales (ppayuc;, large; y.cçaA-î], tête) ceux qui sont courts et arrondis comme le crâne du Lapon (lis- DÜ).
La mensuration de la capacité crânienne est encore fort importante à connaître pour l’anthropologiste. Pour déterminer cette capacité, on remplit très exactement la cavité crânienne avec du plomb de chasse dont on mesure ensuite le volume. De cette manière, on constate que les races inférieures ont une capacité crânienne moindre que les supérieures : les Australiens, par exemple, ont une capacité crânienne égale à 1224 centimètres cubes, tandis que le crâne des Parisiens jauge 1457 centimètres cubes. Dans toutes les races, la différence â cet égard est notable d’un sexe à l’autre; elle est au moins de 100 centimètres cubes au profit de l’homme. La capacité du crâne dans une même race augmente du reste avec le 'temps, â mesure que l’instruction se répand et que la civilisation progresse :
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en effet, le crâne des Parisiens d’aujourd’hui est plus spacieux que celui des Parisiens du douzième siècle.
L étude de 1 angle facial donne encore les résultats les plus précieux, relativement à la détermination des races humaines. L angle facial est déterminé par deux lignes droites qui se croi-
seraient au sommet du bord alvéolaire de la mâchoire supérieure, entre les deux dents incisives de chaque côté, et qui aboutiraient d’autre part, l’une au centre du conduit auditif externe, l’autre entre les deux sourcils.
L’ouverture de cet angle fournit, avons-nous dit, de bons
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caractères pour la détermination et la classilication des races.
' Cet angle est d’autant plus grand que la capacité crânienne est elle-même plus considérable et, par conséquent, que l’intelligence est plus developpee i un angle facial ties ouvert est donc I un signe de supériorité. Les statuaires avaient déjà parlaitement bien vu ce caractère, et Phidias, voulant donner à son Jupiter Olympien un air majestueux, lui avait fait un angle facial
^de 90 degrés.
. Toutefois, l’angle droit ne se rencontre pas dans la nature, sauf dans les cas de malformation du crâne. Mais chez les races supérieures l’angle facial tend à se rapprocher de l’angle droit, tandis que dans les races inférieures il s’en éloigne considéra- ^ hlement. C’est ainsi que l’angle facial, qui chez le Bas-Breton est égala 85 degrés, n’est plus que de 62 degrés chez le Nègre namaquois.
L’ouverture plus ou moins grande de l’angle facial tient, en somme, à ce que les mâchoires lont en avant une saillie plus ou moins considérable. Vous concevrez sans peine que 1 angle facial tende à diminuer chez les races dont la mâchoire supélirieure fait une forte saillie en avant, tandis qu’il augmentera chez celles dont la mâchoire ne saille pas. Les races à mâchoire saillante, et par conséquent à angle facial moindre, sont donc ( des races inférieures ; les races â mâchoire non proéminente et dont l’angle facial tend à se rapprocher de l’angle droit sont donc des races supérieures. On désigne les premières sous le nom de prognathes (7:pb, en avant; yvaGoc;, mâchoire) (fig. 51), et les secondes sous le nom (ïorthognathes (opGcç, droit; i-YvâÔoc;, mâchoire) (lig. 52). Pour ne vous citer que quelques exemples, les Néo-Calédoniens, les Australiens, les Nègres, etc., sont prognathes; les Européens, les Juifs, les Indiens, etc., sont t ortliognathes.
Nous allons maintenant passer en revue les principales races 1 humaines en commençant par celle à laquelle nous appartenons, c’est-à-dire par la race blanche, européenne ou caugasique.
MAMMIFKUES.
1® La RACE EüROl'ÉENNE (lig. 55) portc ce nom parce qu’elle
habite l’Europe tout entière. Mais elle peuple encore le nord de l’Afrique et l’ouest de l’Asie jusqu’au Gange. On 1 appelle
encore race caucasique, parce que c’est dans les régions au
sud du Caucase, aux contins de l’Europe et de IWsie, qu’on suppose qu’elle a pris naissance. Les principaux caractères de la race européenne sont les suivants : peau toujours blanche (c’est-à-dire d’un jaunâtre rosé par le sang) chez les enfants, parfois basanée jusqu’au brun chez les adultes, mais jamais noire ; front développé, visage ovale, bouche petite, moyenne, lèvres minces; orthognathisme manifeste, angle facial de 80 degrés en moyenne; la capacité de la cavité crânienne est plus grande que dans toute autre race ; les pommettes sont peu saillantes, le nez est étroit et proéminent ; les cheveux sont blonds ou bruns, longs, lisses ou bouclés; la barbe est abondante aux lèvres, au menton et aux joues.
Le type celtique habile la France , l’Irlande et plusieurs régions de la Grande-Bretagne. 11 était primitivement répandu entre le Rhône, la Fig. 53. — r»ace caucasique.
Garonne et la Belgique.
Aujourd’hui il a presque entièrement disj)aru, par suite du croisement des races, mais on le retrouve encore cependant assez intact en Auvergne, en Savoie et dans la Basse-Bretagne. Les Bas-Bretons parlent même actuellement une langue celtique. Ce type est brachycéphale et possède une capacité crânienne assez grande. Il a les yeux et les cheveux foncés.
Le type germain est caractérisé par des yeux bleus ou clairs^ des cheveux blonds et une peau d’un blanc mat rosé. C’est en Islande, dans la presqu’île Scandinave, la Laponie exceptée, et
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le Danemark que ce type s’est conservé le plus pur. On le trouve encore en Hollande, dans l’Allemagne du Nord, en Saxe, en Belgique, dans les Iles Britanniques. En France, on le rencontre dans le nord et dans l’est.
Le type hindou ^ qui habite l’IIindoustan, mais qui tend à disparaître, par suite de son mélange avec les autres races, appartient manifestement à la catégorie des Européens bruns : la couleur foncée de sa peau tient uniquement à l’action du soleil.
Le type sémite, dont faisaient partie les Assyriens, les Syriens, les Phéniciens et les Carthaginois, comprend actuellement les Juifs et les Arabes. Le front est droit, mais peu élevé, le nez aquilin, l’œil noir et allongé en amande, la barbe et les cheveux sont lisses et d’un noir de jais. Les Juifs se sont dispersés sur tout le globe, sans rien perdre de leurs caractères orimnaires et sans se mélanger aux autres races. Les Arabes sont
répandus au nord et au nord-est de l’Afrique; on les trouve encore dans tout le sud-ouest de l’Asie.
D’autres types européens forment une transition avec ceux de la race jaune ou mongolique.
Tel est d’abord le type slave, comprenant les Busses, les Polonais, les Serbes, les Bohémiens, etc. Les populations slaves présentent d’importants caractères communs, comme par exemple d’être brachycéphales, d’avoir les pommettes saillantes et de parler des langues très semblables les unes aux autres. Mais elles ont pris naissance par suite du mélange de diverses races plus ou moins bien définies et par conséquent ne sauraient être regardées comme représentant elles-mêmes des races primitives.
Le type finnois se rencontre au nord de l’Europe. Les Finnois ont les cheveux longs, d’un blond doré, roux ou blanchâtre, rarement châtains. Leur barbe, médiocrement fournie, est aussi généralement rousse. D’épais sourcils ombragent leurs yeux, enfoncés, bleus-gris, verdâtres ou châtains, légèrement
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fendus en amande. Leur nez est droit, leurs pommettes saillantes, leurs lèvres petites. Leur taille, pour être plus élevée que celle des Lapons, leurs voisins, est cependant encore audessous de la moyenne.
Le tijpe lapon y qui habite les parties les plus septentrionales de la Russie, de la Suède et de la Norvège, se reconnaît à sa très petite taille. La tête est grosse, la poitrine large, la taille grêle, les jambes courtes, les extrémités fines. Le front est large et bas, ainsi que la face, les yeux grands, bruns et profonds ; le nez court et plat, élargi à la racine ; les ebeveux durs, courts et noirs; la barbe peu abondante; les pommettes saillantes ; les yeux fendus obliquement.
2° La RACE JAUXE, ASIA- TIQUE ou MOXGOEIQUE (llg.
54) offre les caractères suivants : la peau présente une coloration blanc-jaunâtre, plus ou moins basanée, sans mé-
lange de rouge ou de
Eig. 54. — U; ce niongolique.
brun. Les cheveux sont droits, raides, plus ou moins cvlindriques. La barbe, rare, presque nulle, se réduit à deux pinceaux grêles à la lèvre supérieure. La tête est grosse ; la capacité crânienne tient le milieu entre celle du nègre et de 'l’Européen. La face est aplatie dans son ensemble, et plus large au niveau des pommettes, par suite de la saillie marquée de celles-ci. Les paupières sont fendues obliquement en haut et en dehors. Le prognathisme est peu accentué. La taille est notablement au-dessous de la moyenne de nos jiays ; le cou est court
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et les membres trapus. La race jaune peuple toute l’Asie centrale et méridionale et les régions glaciaires des deux mondes. Plusieurs des peuples qu’elle a formés ont établi de jiuissants empires et des civilisations remarquables. Mais cette race ne seml)lc pas, comme la race blanche, capable d’un progrès spontané indéfini.
Les principaux types sont resquimau, le samoyède, qui se rapjirocbent beaucoup du finnois et du lapon, le tliibétain, les divers types mongols, chinois et japonais.
Le type malais mérite une mention spéciale.
La peau est d’un brun clair, quelquefois cuivrée. Les cheveux, droits ou ondulés, longs et abondants, sont d’un noir de jais. La barbe est très peu abondante. Le nez, court, mince et aplati, est large à l’extrémité et les narines sont dilatées. Les ])ommettes sont saillantes et écartées, en sorte que le visage est presque aussi large que long. La bouche est grande, les lèvres fortes. Le prognathisme est très accentué; la liracbvcépbalie est elle-même très marquée. Les Malais sont de très petite taille, grêles, médiocrement musclés.
Le type polynésien ou canaque s’étend actuellement des îles Tonga et de la Nouvelte-Zélande à l’île de Pâques, dans l’océan Pacifique. Le crâne est en carène^ c’est-à-dire qu’il présente une crête longitudinale dirigée d’avant en arrière. Les os des pommettes sont forts, mais peu écartés. La face, de forme ovale, est moins aplatie que celle des types précédents. La tête est élevée; les clieveux sont noirs, épais et rudes quelquefois; la barbe est rare. Les yeux sont noirs, bien fendus, plus ou moins ouverts, mais non obliques. Le teint, assez variable, est cuivré, jaune-olivâtre ou basané-jaunâtre.
5° A côté des races blanche et jaune, il faut encore admettre, en outre de la race nègre, qui va nous occuper tout à l’heure, une RACE ROUGE, surtout répandue en Amérique.
Elle habitait 1 es deux Amériques avant l’armée des Européens, et y avait fondé de grands empires (Mexique, Péiou)
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qu’ont détruits les cnvaliisscurs. La coloration de la peau est d’un brun cuivré et plus foncé chez les indigènes de l’Amérique du Sud. Les cheveux, longs, lisses et noirs, sont d’une rigidité telle qu’on les compare ordinairement à des crins de cheval. Les sourcils et les cils sont éj)ais, mais la l)arhe et la moustache sont rares. Les yeux sont petits et enfoncés derrière des paupières de forme et de direction assez variables. Le nez est le plus souvent proéminent, recourbé et aquilin, à narines dilatées. Les pommettes sont saillantes, les mâchoires un peu prognathes, les dents fortes et peu sujettes à la carie. La taille est généralement bien au-dessus de la moyenne.
4° La RACE xÈGRE SC rciicontrc en Afrique, où elle se partage en types guinéen, cafre et hottentot, et en Océanie, où elle présente les types papou et négrito.
Les nègres vivent en tribus peu nombreuses, (piclquefois groupées sous un chef tyrannique. Ils n’ont jamais fondé de véritables empires, pas meme de villes, et leur manière de vivre est très voisine de l’état de nature : les su])erstitions grossières qui les troublent beaucoup ne méritent ])as le nom de religions.
Le tf/pe guinéen peut être considéré comme type nègre général. La peau est veloutée, fraîclie au toucher, luisante, exhalant une odeur forte, et variant du noir rougeâtre et jaunfdre au bleuâtre ou au noir de jais. La paume des mains et la plante des pieds sont plus clairs que le reste du corps. La barbe est rare et pousse tardivement. Le crâne est dolichocéphale. L’ensemble du visage est ordinairement allongé comme le crâne. Le prognathisme est très marqué; les dents sont écartées les unes des autres, d’une blancheur éclatante, bien plantées et saines. Les cheveux et la barbe sont crépus et laineux. Le nez est épaté, à base grosse et écrasée.
Le type hottentot est caractérisé par une peau jaune-brun ou jaune-gris, par des cheveux noirs, longs, laineux, des pommettes saillantes, grosses et écartées, des yeux fendus obliquement
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et très écartés. Les Hottentots sont plus dolichocéphales rpje les Nègres occidentaux, et très prognathes. Leur nez est affreusement épaté, leur front étroit et élevé. Ils sont peu barhus et ont la peau glabre. Leur taille est au-dessous de la moyenne.
Le type papou (bg. 55) est répandu dans toute la Méla-
Fig. oo. — Jlôlnnésien des îles Fidji.
nésie, sauf l’Australie; c’est dans les îles Salomon et les Nouvelles-Hébrides qu’il se présente dans sa plus grande pureté. Les caractères sont les suivants : la taille est ordinaire, le corps athlétique, la peau noire ou couleur chocolat, le nez gros et large à sa base, mais saillant et recourbé. Les cheveux sont noirs, secs, crépus. La dolichocéphalie et le prognathisme sont très considérables.
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l.es Néo-Calédoniens doivent être rattachés au type papoii, mais ils sont mélangés de polynésiens.
Le type nécjrito se rencontre aux îles Andarnan, dans la presqu’île de Malacca et aux îles Philippines. 11 présente une petite taille, des cheveux laineux, un teint noir et est presque brachycéphale. Les cheveux sont noirs, crépus, et roulés en spirales serrées comme ceux des Papous et des Hottentots. La barbe est rare et la peau est luisante et d’un noir de jais.
Le type mistralïen est caractérisé par un système pileux très développé, des cheveux et de la barbe longs, touffus, noirs et droits. Le teint est noir foncé, cliocolat et quelquefois rougeâtre; les yeux sont profonds, le nez gros et large à sa base, mais moins écrasé que chez les Nègres d’Afrique et les Hottentots. Les Australiens ont une des plus faibles capacités crâniennes observées; ils sont dolichocéphales (71,4) et des plus prognathes (68'', 2). Celui de tous leurs caractères qui autorise leur séparation en un type distinct tient à leurs cheveux lisses, qui contrastent avec tous les autres caractères du nègre le plus parfait.
La longue énumération qui précède est destinée à vous faire connaître les différentes divisions (ju’on peut dès maintenant établir parmi les races humaines : dans l’état actuel de la science, il est impossible de déterminer exactement le nombre des races humaines et surtout de trancher l’importante cjuestion de savoir s’il y a une ou plusieurs espèces humaines. L’Homme, par la confusion des types primitifs résultant des croisements et déterminée soit ]>ar les invasions, soit par les déplacements des peuplades nomades, a embrouillé sa propre histoire. C’est aux savants à rechercher maintenant la filiation des diverses races, et, lorsque l’anthropologie aura fait de plus grands progrès, lorsque surtout les sciences (pii lui prêtent leur concours, comme la linguistique, l’ethnographie, la préhistoire, seront plus avancées, il y a lieu d’espérer que le jour se fera sur toutes ces questions encore bien obscures.
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MAMMIFKIIES
Sans préjuger CO que découvrira plus tard la science, on peut toutelois dès à ])résent faire quelques rapprochements qui sont sulTisammcnt autorisés par nos connaissances actuelles. Comme nous le verrons plus tard, les zoologistes admettent un genre Chien, par exemple, dans lequel on fait rentrer le Chien domestique, le Loup, le Chacal, etc. Que tous ces animaux représentent des espèces bien distinctes, cela ne fait de doute pour personne : or, les différences sur lesquelles on se hase pour les distinguer ne sont assurément pas plus grandes que celles qui séparent T Australien du Lapon ou du Chinois.
Nous venons de dire tout à l’heure que d’autres sciences, telles que la linguistique, la préhistoire et l’ethnographie, venaient au secours de l’anthropologie. En effet, l’anthropologiste ne recherche point seulement les caractères anatomiques présentés par les différentes races humaines, pour parvenir à déterminer leurs ressemblances ou leurs différences, mais, par exemple, en ce qui concerne la ling^uistique, les analogies ou les différences des langues parlées par les types qu’il étudie, lui indiquent si ces types sont ou non apparentés, s’ils descendent ou non d’une souche commune.
L’efiino§^rap]iie rend aussi à l’anthropologue de grands et signalés services. Cette science lui montre ce qu’est l’Homme au point de vue biologique et sociologique; elle lui enseigne ce que sont sa morale, sa religion, ses qualités sociales; elle lui dit de quelle manière il se nourrit, s’habille, se loge, de quels instruments il se sert, s’il a su domestiquer certains animaux, s’il cultive la terre ou bien s’il vit de chasse et de pêche, etc. Vous le voyez, rethnographie est, en somme, l’histoire des mœurs de l’Homme.
L'Homme raÉHisToiuQUE. — La préiiistoîre ou élude de l’Homme préhistorique n’est, pour ainsi dire, qu’un chapitre de rethnographie et ne saurait être regardée comme une science sj)éciale. Elle montre que l’existence de l’Homme remonte à des