L’HOMME PRÉHISTORIQUE
rHomme au contraire est sans proportions et sans vérité. Mais, pour être mal fait, ce dessin n’en est pas moins très important, car il nous montre le sauvage du Périgord chassant complètement nu, les cheveux dressés en touffe sur le haut de la tête et portant une longue barbiche pointue.
Tels sont les principales stations connues en France de rilomme pendant la période paléolithique (TuaXaibç, ancien; Xfôoç, pierre) ou période de la pierre brutco
Pendant la période suivante, dite période néolithique (v=oç,
Fig. 64. — Dolmen.
nouveau; XfOoc, iiierre), la pierre brute disparaît devant la pierre polie, importée, suppose-t-on, par une race envahissante, et nos ancêtres ne vont pas tardera construire ces remarquables monuments en pierre qui se sont conservés jusipi’à nous, les dolmens (fig. G4), les menhirs (lig. 05), les allées couvertes, les monuments tels que celui de Stone-llenge, préludant ainsi à cette renaissance prébistoriijue dont Vâqe du bronze et le premier âge du fer représenteront l’a[)ogée. Ainsi le développement de rimmanité se poursuit, lentement il est vrai.
MAMMIFÈRES
mais sûrement, et rilomme s’élève par degrés à une civilisation supérieure. Le polissage, de la pierre, l’invention du bi'onze, l’emploi du fer, marquent ses principales étapes sur la longue route qui, depuis les premiers temps de l’àge néolitlii(|ue, se déroule jusqu’au seuil de l’histoire.
Dans les pages qui précèdent, nous avons eu surtout pour but de bienétablir l’ancienneté de l’Homme et, d’autre part, de
Fig. Go. — Menhirs des alignements de Canioc.
retracer l’histoire de l’Européen primitif. Nous avons vu cet Européen se développer peu à peu, se civiliser progressivement, jusqu’à atteindre la haute culture intellectuelle qu’il présente maintenant. Mais pour toutes les races humaines le développement n’a pas été aussi rapide, et il s’en faut que toutes présentent aujourd’hui le meme degré de civilisation. Si nous passons en revue les différentes peuplades actuelles, nous trouvons que la plupart des peuples de l’Océanie, et même
L’IIO\IME PRÉHISTORIQUE.
des peuples plus avancés, tels que les Lapons et les Esquinianx, se servent encore, de nos jours, d’instruments en pierre brute d’une facture souvent inférieure à celle des instrinnents du même genre que nous avons rencontrés dans les diverses stations de la période paléolithique (fig. 60). Ces mômes peuples possèdent encore des harpons en os, avec lesquels les objets de la même matière , trouvés dans les stations préhistoriques, peuvent soutenir avantageusement la comparaison. A nn certain point de vue, ces peuples en sont encore à Cage de la pierre brute, et cependant ils fabriquent déjà, grâce à leurs relations avec les Européens, des instruments de fer.
Encore de no s jour s, les Indiens des bords du (leuve Mackenzie fabriquent des pogamagan ou bâtons de commandement, dont
Fig. G(j.
Ilaclies do pierre emmanoliées des insulaires de rOcéan Pacifique méridional.
la forme est la même que pour ceux qu’nn a trouvés dans les grottes du Lot (fig. 07); la nature de la matière première a seule changé, car le pogamagan de ces sauvages est en fer
et non en os. Les Tchontches, qui habitent le nord-est de la Sibérie, sculptent encore, sur des bâtons d’ivoire de Morse,
MAMMIFERES.
des scènes de chasse ou de pêche, des troupeaux de Ileiines, et leur dessin ne vaut souvent pas celui de l’Homme qui, vers la fin de l’âge du Mammouth, habitait la grotte des Eyzies.
Les Esquimaux, les Gauchos, qui habitent les pampas d’Amérique, les habitants de Taïti, de la Nouvelle-Zélande, des îles Sandwich, de Timor, de l’Australie, de la Tasmanie, du
Fig. 07. — Pogamagau des Indiens de la rivière de Mackenzie.
Krnitcliatka, du Thibet, de l’Inde, etc., se procurent de nos jours encore le feu de diverses manières, mais toujours en frottant un morceau de bois sec soit contre un autre morceau de bois, soit contre une pierre. C’est également de cette façon que l’homme des Eyzies allumait son feu.
11 existe donc actuellement encore des races humaines dont le degré de civilisation est à peu près le même que celui de l’Européen à l’aurore de la période néolithique. Par des exemples bien choisis et en étudiant les diverses, peuplades répandues à la surface de la terre, on pourrait trouver à peu près tous les intermédiaires entre cet état primitif et le degré de civilisation et de haute culture intellectuelle auquel est parvenu l’Européen, en sorte qu’il est possible d’assister encore aujourd’hui à toutes les étapes du développement de l’humanité.
QUADRUMANES