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ORDRE DES QUADRUMANES

Linné avait autrefois réuni et confondu rilommc et les Singes supérieurs, tels que l’Orang-Outang, le Chimpanzé et le Gibbon, dans un même genre Homme, établissant ainsi une grande parenté entre ces divers animaux et l’IIommc lui-memc. Aujourd’bui cette opinion n’a plus cours et tout le monde s’accorde à faire de niomme un ordre spécial, celui des Bimanes. et à réunir tous les Singes dans un ordre nouveau, celui des Quadrumanes .

Il est certain qu’au point de vue purement anatomique la différence n’est pas très grande entre les Singes supérieurs et l’Homme : comme lui, ils peuvent se tenir debout, comme lui ils ont la face nue et les yeux dirigés en avant; mais ce n’est (|ue par suite d’efforts plus ou moins considérables que le Singe parvient à se maintenir debout, sans jamais pouvoir étendre complètement la jambe sur la cuisse. Ses pieds, du reste, ont une forme spéciale qui constitue un obstacle véritable à la station verticale et qui empêche l’animal de les poser à plat sur le sol et de marcher debout avec aisance, tout en conservant son équilibre; en effet, les pieds du Singe sont en réalité de véritables mains, composées de cinq doigts, dont l’un, le pouce, est opposable aux quatre autres. Ces mains qui terminent les membres postérieurs ont, d’une façon générale, la même structure que celles du membre antérieur et sont même mieux adaptées à la préhension. On peut donc dire que les Singes ont quatre mains, d’où le nom de Quadrumanes, qui leur a été donné. Ainsi, l’Homme seul est réellement bimane e{ bipède.

La main antérieure du Singe ne peut accom])lir les mouvements si variés qu’exécute la main de l’Homme. Le pouce est court et très écarté des autres doigts, auxquels il ne s’oppose qu’imparfaitement ; chez certaines espèces, il fait même totoleinent défaut. En outre, les doigts sont complètement dépendants

MAMMIFÈRES

les uns des autres et ne peuvent se mouvoir isolément comme chez rilomme.

Les membres antérieurs sont toujours plus longs que les postérieurs. Chez certains Singes, tels que le Gibbon, ils traînent même jusqu’à terre lorsque l’animal est dans la station verticale. Les doigts sont toujours pourvus d’ongles, sauf chez quelques petits Singes américains.

La plupart des Singes ont une queue; chez ceux d’Amérique, cette queue est prenante (fig. 68), c’est-à-dire peut s’enrouler

Fig. 68. — Siijon, Singe à queue prenante.

autour des branches d’arbre, de manière à soutenir l’animaî en l’air. Chez les Singes de grande taille, les plus voisins de rilomme, il n’y a pas de queue.

La dentition des Quadrumanes est semblable à celle de rilomme. A cliaque mâchoire (fig. 69), quatre incisives tail lecs en biseau et placées côte à côte, sans laisser d’intervalle entre elles; deux canines, saillantes et coniques, souvent aussi développées que celles des Carnassiers, et dix molaires : en

QIADRUMAINES.

tout 52 dents; les Singes d’Amérique ont quatre molaires de plus. Toutes les molaires présentent des tubercules mousses, qui indiquent que ces animaux sont principalement frugivores.

Le cerveau a la plus grande analogie avec celui de l’Homme; mais il est, relativement au poids du corps, beaucoup moins développé.

La taille des Singes varie dans des limites assez étendues : celle du Gorille dépasse celle d’un Homme, l’Ouistiti est gros comme un Ecureuil. Leur peau est partout couverte de poils plus ou moins longs et plus ou moins épais : la face toutefois

Fig. 69. — Mâchoire de Singe moiilraiit les trois sortes de dents.

en .est toujours dépourvue, ainsi que les fesses citez certaines espèces de l’ancien continent.

Les Singes supérieurs sont certainement les ])lus intelligents des animaux, et on cite un grand nombre d’exemples de Singes apprivoises, qu ou employait a divers services, qui mangeaient à table en se servant d’un couteau, d’une fourcbette, etc. H est incontestable en effet que ces animaux ont une certaine réflexion; leur mémoire est excellente, ils aiment à apprendre.

MAMMIFÈRES

et se mettent très vite au courant des conditions nouvelles où les place la captivité. Ils dépassent même à cet égard le Chien et l’Eléphant. Mais il faut se mettre en garde contre l’illusion due à leur main, qui leur donne sur les autres animaux des avantages tels que leurs actions paraissent bien plus intelligentes qu’elles ne le sont réellement.

« Les Singes- doivent être comptés parmi les Mammifères les plus vifs et les plus mobiles. Ils courent, sautent, grimpent, gesticulent et nagent même, lorsque la nécessité les y pousse. Les tours qu’ils exécutent sur les branches des arbres dépassent toute croyance. Les Orangs et les Cynocéphales seuls sont lourds ; tous les autres Singes sont de véritables jongleurs; on dirait qu’ils volent. Des sauts de vingt, de trente pieds même ne sont rien pour eux; de la cime d’un arbre ils se laissent tomber sur une branche située à trente pieds au-dessous; la branche plie sous le choc, et le Singe profite de l’oscillation de cette branche pour faire un nouveau bond tout aussi puissant. »

Les Singes n’ont réellement de mouvements gracieux et légers que lorsqu’ils grimpent. Leur démarche à terre est toujours plus ou moins pesante et embarrassée, et la plupart n’avancent que péniblement, en s’appuyant au sol avec les doigts fermés et repliés de leurs mains antérieures.

Peu d’espèces de Singes vivent solitaires ; la plupart d’entre elles se réunissent par grandes bandes, que conduisent de vieux mâles. Ceux-ci ne se voient point conférer cet honneur par les suffrages des autres individus de la bande, ils sont contraints de l’acquérir à force de luttes et de combats contre les autres vieux mâles leurs rivaux : les dents les plus longues et les bras les plus puissants décident delà victoire.

Les Quadrumanes, lors des périodes géologiques anciennes, habitaient le sud de l’Europe, la France, l’Angleterre. Aujourd’hui ils ont complètement disparu d’Europe, sauf une bande de Magots qui vit dans les rochers de Gibraltar. En revanche.

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on les rencontre en Asie, en Afrique et en Amérique; l’Asie et l’Afrique ont quelques espèces communes. Ils sont confinés dans les pays chauds, où ils habitent de préférence les forêts, d’où ils ne sortent que pour dévaster les récoltes d’alentour, ce qui les a fait prendre en haine dans tous les pays du monde.

Les zooloo’istes ont établi trois sous-ordres dans l’ordre des

Quadrumanes : 1® les Singes de l’ancien continent; 2° lei^ Singes du nouveau continent; 5° les Singes à griffes. Nous allons les passer rapidement en revue.

Les Singes de i/ ancien continent ont les narines terminales et séparées par une cloison très mince. Ils sont en outre caractérisés, sauf de très rares exceptions, par des callosités aux fesses et des abajoues; ces dernières sont constituées par des poches plus ou moins grandes, creusées des deux côtés de la bouche dans l’épaisseur des joues et qui constituent des sortes de réservoir pour les aliments. La dentition est, comme je vous, l’ai dit, exactement la meme que chez l’Homme, mais les canines sont très saillantes.

On divise ce sous-ordre en quatre familles : l°les Anthropomorphes; 2® les Semnopithèques; 5° les Cercopithèques et 4® les Cynocéphales,

La famille des anthropomorphes (àvOpw^o;, homme; forme) comprend les Singes qui se rapprochent le plus de l’Homme. Ces Singes n’ont ni queue; ni abajoues; ils n’ont point non plus de callosités aux fesses, sauf les Gibbons, chez lesquels elles sont foj't peu développées. Leurs membres antérieuré sont notablement plus longs que les postérieurs. Les Singes Anthropomorphes sont le Chimpanzé, le Gorille, l’Orang- Outang et les Gibbons.

Le Chimpanzé (fig. 70) est, de tous les Singes coiums, celui qui, par ses allures, son organisation anatomique et la vivacité de son intelligence, se rapproche le plus de rHonnne. Ses bras sont moins longs que ceux des autres Anthropomorphes et ne descendent guère que jusqu’aux genoux; ses pieds et ses

MAMMIFERES

mains se rapprochent le plus des types de perfection réalisés chez rilomme, ce qui lui rend la station verticale plus facile

Fig. 70.

Bellma, jeune Cliimpan/c qui a vécu en 1877 à la ménagerie du Jardin

des piaules.

(pi’aux autres Singes : toutefois ce n’est point là dinaire. Il est dolichocéphale. Quand il est jeune, sont peu développées, et son crâne ayant une

sa position orses mâchoires importance re-

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lativc plus grande, il paraît plus intelligent. Ce fait est constant chez les Singes, et meme, à dire vrai, chez tous les Mainini-

Fig. 71. — Gorille.

fères (y compris riloinmc) ; mais il frappe davantage chez les jeunes Singes, qui prennent ainsi une apparence plus humaine. Les diverses espèces de Chimpanzés vivent en famille dans

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les forets de la Guinée et quelques-unes se construisent sur les arbres un nid pourvu d un toit. Ces Singes atteignent quatie pieds ou quatre pieds et demi de hauteur. Ce sont des animaux d’une intelligence remarquable et qui s’apprivoisent avec la plus grande facilité.

Le Gorille (fig. 71), qui vit isolé ou par couple dans les lorôts du Gabon, était déjà connu, il y a plus de deux mille ans, du Carthaginois Hannon; il n’a été de nouveau

Fig, Tl. — Crâne de Gorille.

découvert qu’en 1847. Il atteint six pieds de haut. C’est le plus grand et le plus redouté de tous les Singes, à cause de sa brutalité et de sa force musculaire prodigieuse. De môme que le Chimpanzé, il est dolichocéphale, et brun de pelage.

Le Gorille ne se bâtit point de calianes de branchages ; il ne grim])e meme sur les arbres qu’cxceptionnelleuient et pour chercher les fruits dont il fait sa nourriture. Animal essentiellement nomade, il reste rarement plusieurs jours de suite sur

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le même terrain. Malgré ses piiissaiiles dents canines (üg. 12) y il est exclnsivement frugivore, et, comme il mange beaucoup, lorsqu’il a dévasté un espace assez étendu, il se trouve lorcé de se transporter ailleurs, pour répondre aux exigences de son estomac.

Fig. 75. — Tête de l’Orang-Outang, mâle adulte.

VOrang-Outang (fig. 75) est brachycéphale; lorsqu’il se tient debout, ses bras atteignent jnstpi’aux chevilles des pieds. A l’état adulte, il mesure quatre à cinq pieds de haut. Il vil dans les forets marécageuses de File de Bornéo et se construit à la cime des arbres élevés un nid dépourvu de toit. L’Orang- Outang s’apprivoise assez facilement et fait alors preuve d’une remarquable intelligence. Il est très sociable et témoigne une

profonde reconnaissance à ceux qui s’intéressent à lui. Cet animal, bien que moins robuste que le Gorille, est encore d’une fore," extraordinaire; son pelage est roux.

Les Gibbons, dont on connaît une dizaine d’espèces, sont de tous les Singes ceux dont les membres antérieurs sont le plus longs : leurs mains touchent presque à terre lorsque l’animal est debout. Leur tête est petite et ovale et ils présentent de petites callosités fessières. Ils habitent les forêts de l’Indo- Cbine et des îles voisines, et passent leur vie sur les arbres, dont ils parcourent les branchages avec une agilité sans égale: à terre, ils sont lourds, lents et maladroits.

La seconde famille des Singes de l’ancien continent est celle des SEMNOPITHÈQUES (csgvcç, véiiérablc ; 7n'0r//,oç, singe), qui comprend les deux genres Semnopitbèque et Colobe. Ces Singes, de moyenne taille, ont une longue queue et de petites callosités aux fesses, mais ils n’ont pas d’abajoues. Leur poil est long et fourni, mais le visage est nu comme chez l’homme. Les Seninopithèque^ wüis habitent l’Inde, Bornéo, Java, l’Indo-Cbine; les Colobes, qui leur ressemblent beaucoup, se trouvent au contraire en Guinée et en Abyssinie.

Les Semnopithèques vivent en compagnies nombreuses sur les arbres et se nourrissent de feuilles et de fruits. Les doigts de la main sont chez eux très longs, saufle pouce, qui est rudimentaire et qui ne peut pas servir à la préhension des objets ; ce doigt disparaît même à la main antérieure des Colobes, d’où leur nom [7,0X060%, mutilé). L’espèce la plus intéressante est l’Entellc, qui est l’une des innombrables divinités des Hindous. La vénération dont il est l’objet tient à deux causes : c’est à lui, dit une légende, que l’Indc doit run des fruits les plus estimés, la mangue ; il la déroba dans l’île de Ccvlan et fut condamné au bûcher en punition de ce vol ; mais il parvint à éteindre le feu et ne se brûla que les mains et la figure, qui sont noires depuis cette époque. D’après une autre légende hindoue, le géant Ravan eideva Sita, l’épouse de Scliri-Rama,

QUADRUiMA?iES.

et l’emmena dans l’île de Ceylan; mais l’Entelle délivra Sila et la ramena à son mari. Aussi, non seulement il est interdit sons peine de iTiort de porter la main sur lui, mais encore une famille royale de l’Inde prétend descendre de ce dieu.

Les CERCOPITHÈQUES (7,£p*/,oc, qiieuc ; t:'0y)7,o;, singe) constituent la troisième famille. Ce sont des Singes à formes légères et gracieuses, pourvus d’abajoues et de callosités très développées.

Les Cercopithèques vrais ou Guenons habitent rintérieur de l’Afrique. Leurs membres sont longs, vigoureux, munis de pouces robustes. Leur queue, très longue également, est relevée sur le dos. Ces animaux vivent par troupes dans les forets; ils sont constamment en mouvement d’un arbi'e à l’autre et exécutent avec une agilité extraordinaire les plus audacieuses cabrioles. Ils dévastent les vergers et les plantations, et semblent poussés à ces actes de brigandage autant par l’instinct du vol et du pillage que par le besoin de la faim, car ils détruisent tout ce qu’ils ne peuvent manger ou emporter.

Les Magots (fig. 74), Cercopithèques dépourvus de queue (exemple curieux de la légèreté de certains noms de la nomenclature zoologique), habitent l’Algérie et le Maroc. On les retrouve aussi en Europe sur le rocher de Gibraltar. La présence en Europe de ces Singes si communs en Afrique, de l’autre côté de la Méditerranée, nous montre que l’Afrique et l’Espagne étaient anciennement réunies.

En Afrique, les Magots, dit L. Figuier, « font de fréquentes incursions dans les jardins des Arabes, et mettent au pillage les orangers, les figuiers, les plates-bandes de melons, de pas-

tèques, de tomates, etc. Ils procèdent d’ailleurs à ces déprédations avec beaucoup d’intelligence et de précaution. Ils s’échelonnent depuis le mur de l’enclos jusqu’à un endroit sûr, et se passent de main en main les provisions, que quelques-uns d’entre eux sont chargés de récolter. Deux ou trois vedettes, placées sur un lieu élevé, surveillent les alentours. Au moindre

3IAMMIFEKES

(langer, elles poussent un cri d’alarme, et la bande tout entièitî détale lestement. »

l'ig. 74. — Magot d’Algérie.

Les Macaques ressemblent beaucoup ne dilîèrent guère que par la présence

aux Magots, d’une (pieue

dont ils jdus ou

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STj

moins longue. Les espèces à queue courte habitent le nord de l’Afrique et le Japon, les espèces à queue longue se rencontrent dans rinde et les îles qui l’avoisinent.

La famille des cynocéphales (y.ùwv, 7,uv6ç, chien; y.scpaAY], tête) est la dernière du groupe des Singes de l’ancien continent. Elle comprend les animaux les plus hideux, les plus grossiers et les plus repoussants de l’ordre des Quadrumanes. Ce sont les plus grands des Singes après les Orangs; leur museau est allongé comme un museau de Cdiien, leurs abajoues protondes, leurs dents canines puissantes et acérées, leurs callosités fessières grandes et vivement colorées, leurs membres à peu ]>rès d’égale longueur. Chez certaines espèces, la tête, le cou et les épaules sont entourés d’une crinière. La queue est tantôt courte, tantôt longue, et mAce à ce caractère on les a divisés en deux grou|)cs.

Ceux qui ont une longue queue sont les Cynocéphales proprement dits ; leur queue est pendante et parfois terminée par des poils touffus. L’une des principales espèces qui habitent l’Abyssinie, le Sennaar et l’Arabie, l’IIamadryas ou Tartarin. était adorée des anciens Egyptiens, qui l’ont souvent représentée sur leurs monuments. Elle symbolisait le dieu Toth, ' inventeur de l’alphabet; de nombreuses momies de cet animal ont été trouvées dans les nécropoles d’Egypte.

Les Cynocépliales à queue courte habitent la côte occidentale d’Africpic : ce sont le Drille et le Mandrille (fig. 75). Ces animaux, dont la queue n'est représentée que ])ar un moignon, sont caractérisés par des rides profondes et plus ou moins vivement colorées en rouge.

Fig. 75. — Mandrille.

MAMMIFÈRES

l)lcu, blanc ou noir. Pris jeunes, ils peuvent aisément s’apprivoiser, mais, à mesure qu’ils avancent en âge, ils perdent leur docilité première et deviennent très féroces.

Les SiiNGEs DU NOUVEAU CONTINENT Constituent le second sousordre des Quadrumanes. Ils sont caractérisés par l’écartement notable des narines, par l’absence absolue de callosités et d’abajoues, par la présence constante de o6 dents. La queue est toujours longue et souvent prenante. Le pouce de la main antérieure est souvent rudimentaire et n’est jamais opposable au meme degré que celui de la main postérieure. Les doigts sont munis d’ongles plats et bombés.

Ces animaux n’atteignent pas une grande taille. En général ils sont moins beaux que les Singes de l’ancien continent, auxquels ils sont encore inférieurs à plusieurs points de vue. Leur intelligence est bien moins grande que celle des Singes d’Afrique et d’Asie ; ils sont plus paresseux, plus tristes, plus maladroits que ceux-ci ; ils sont également plus doux, plus inoffensifs et plus tranquilles. Ils vivent sur les arbres et sont indigènes des forêts vierges de l’Amérique du Sud.

Ceux qui ont la queue prenante constituent la famille des cÉBiENs : elle comprend plusieurs genres dont les principaux sont représentés par les Hurleurs, les Atèles et les Sajous.

Les Singes hurleurs^ qui liabitent la Colombie, la Guyane, le Brésil et le Paraguay, saluent le lever et le coucher du soleil, et quelquefois aussi l’approche des orages, de hurlements épouvantables. Cet étrange phénomène physiologique tient à ce que chez ces animaux l’os hyoïde, qui supporte le larynx, est d’une grandeur démesurée et qu’il s’est creusé d’une vaste cavité à parois minces qui sert de résonnateur et accroît considérablemenl l’intensité des sons. Chez les Singes hurleurs, la queue est très longue et éminemment prenante : c’est en réalité une cinquième main, dont l’animal se sert avec une adresse étonnante, soit ])our se suspendre aux branches, soit pour cueillir des fruits.

Les Atèles sont caractérisés par l’excessive longueur et par

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la gracilité de leurs bras, qui, jointes à leur démarche lente et mesurée, leur ont valu le nom de Siiicjcs-Avciicjnccs. Leur (été est petite, leur face sans barbe; les pouces des mains antérieure^ sont rudimentaires. Ils vivent en bandes dans les forêts de la Guyane, du Brésil, etc.; ils se nourrissent surtout d’insectes <]u’ils chassent sur les arbres ; ils ne descendent que rarement à terre. Ces Singes, de même ([ue les Hurleurs, sont activement poursuivis par les Indiens, qui sont friands de leur chair.

Les Sajous ou Sapajous habitent les mêmes contrées (pic les Atèles ; ils sont moins grands et plus robustes que ceux-ci. Ils se tiennent d’ordinaire sur les branches les plus élevées des arbres et se nourrissent d’insectes, de ^ers, de Mollusques, d’œufs. Ils sont d’une extrême agilité et très faciles a apprivoiser. On les appelle encore Singes pleurimrs, à cause de leur voix douce et larmoyante, ou Singes musqués, a cause de Codeur spéciale ipi’ils répandent.

Les Singes du nouveau Continent dont la queue est non prenante forment la famille des pithéciens, cjui comprend les Callitricbes ou Sagouins, les Sanniris, les Nyctipitbèipies et les Sakis. La queue n’est pas préhensile et est couverte de poils sur toute sa longueur.

Les Callilriches sont des animaux nocturnes ou crépusculaires qui vivent au Brésil ou au Pérou, sur les arbres et dans les broussailles, et se nourrissent principalement de fruits et d’Inscctes. Ils sont pleins de vivacité, de gentillesse nt se plient aisément à la captivité.

Les Saïmiris ou Singes-Ecureuils se montrent à la Guyane et au Brésil. Nocturnes, comme li!S Sagouins, ils vivent a peu près de la même faijon. Leur cerveau est très développé et leur intelligence fort éveillée.

Les NyctipitJièques (fig. 70) (vb;, vjy.Tcç, nuit; singe) sont, comme leur nom l’indiipie, des animaux nocturnes. Ils dorment tout le jour et ce n’est qu’après le coucher du soleil qu’ils se mettent en mouvement. Leurs yeux sont volumi-

MAMMIFÈRES

nciix. Ils hal)itciit tous le Brésil et les régions voisines.

Les Sakis, que l’on rencontre dans le Brésil, la Guyane et la Colombie, ressemblent beaucoup aux Sajous, mais ils s’en distinguent par leur queue non prenante et couverte de poils longs et touffus qui leur a valu le nom de Singes à queue de Renard.

Le sous-ordre des Singes A GRIFFES comprend des Singes de petite taille, couverts de poils laineux, à queue longue, touffue et non prenante, qui habitent l’Amérique du Sud. Ces animaux ne jirésentent plus des ongles, mais des griffes:

pourtant le pouce de la main postérieure, qui seul est opposable, porte un ongle aplati. Le nombre des dents est de 52, les canines sont petites et les molaires sont hérissées de tubercules pointus. La tête est arrondie et souvent ornée latéralement de touffes de poils. Le cerveau est relativement bien développé, mais sa surface est lisse et ne présente point ces circonvolutions qu’on trouve à un si haut degré de perlection chez rilomme et les Singes supérieurs.

Ce sous-ordre forme une seule famille, celle des iiapaiiens,. qui comprend les deux genres Ouistiti et Tamarin.

Les Ouistitis (fig. 77) sont de jolis animaux qu’on voit assez souvent dans les ménageries. Ils sont remarquables par leur queue longue et touffue et par leurs oreilles garnies de pinceaux de poils. Leur intelligence est assez développée. Les

Fig-. 76. — Nyctipithèque dourouli. (Extrait de C, Vogt, les Mammifères.)

LEMURIENS

Tamainns ne se distinguent guère

des précédents que par leurs

Fig. 77. — ■ Ouistiti pygmée.

oreilles nues et par la crinière dont presque tons sont ornés.

ORDRE DES LÉMURIENS

Cet ordre comprend des animaux qui se rapprochent l)eancoiip des vrais Singes par leur apparence extérieure, par leur mode d’existence et par les ponces des membres postérieurs ([iii sont opposables. D’autre part, ils établissent le passage des Singes aux Chauves - Souris par la présence chez certaines espèces d’une membrane cutanée qui sert en quelque sorte d’aile.* La dentition est complète et semblable à celle des animaux insectivores tels que le Hérisson ; les molaires sont munies de tubercules aigus. La queue n’existe pas toujours; elle n’est jamais prenante.

Les Lémuriens sont des animaux nocturnes : leurs veux sont

tj

grands et phosphorescents. Ces animaux grimpent très-adroitement, mais sont lents et paresseux. Ils habitent les îles orientales de l’Afrique et les grandes îles du Sud de l’Asie.

MAMMIFERES

Riopiihèque ou Indri

LEMURIENS.

Les principales familles sont celles des Lémuriens vrais, des Cliiromys on Aye-Ayes, et des Galéopitlièqnes.

Fig. 79. — Aye-ayc ou Cliiromy.s.

La famille des lémuriens vrais comprend les Makis, les Indris et les Loris. Les Makis vivent en troupes dans les loréts

MAMMIFÈRES

(le Madagascar. Ils ont le museau allongé comme celui du Renard, la queue longue et touffue, les membres postérieurs beaucoup plus longs que les antérieurs. Les Indris ou Propithèques (Og. 78) habitent également Madagascar. Quant aux Loris, on les rencontre à Ceylan, dans Llnde et dans les îles de la Sonde ; leurs membres antérieurs et postérieurs sont de longueur égale, leur doigt indicateur très-court, leur queue rudimentaire ou nulle. Ils sont d’une indolence extrême.

Le cHîROMYs ou Aije-aye (fig. 79), originaire de Madagascar, est dépourvu de canines. De tous les Mammifères, c’est peutêtre celui qui craint le plus la lumière du jour. Le troisième et le quatrième doigt de la main sont très-longs. L’Aye-aye atteint la taille d’un fort Écureuil et est orné d’une queue touffue, aussi longue que son corps.

Les GALÉopiTHÈQUEs, qui habitent les îles de la Sonde et les Philippines, présentent sur les côtés une membrane velue qui s’étend entre les pattes et qui enveloppe aussi la queue; cette membrane n’est point adaptée au vol comme la membrane alaire des Ghauves-souriî:, mais elle fonctionne à la manière d’un parachute et permet à Panimal de se soutenir en Pair pendant quelque temps. Les doigts sont impropres à la préhension; les ongles ou plutôt les griffes sont aigues, robustes, comprimées latéralement et donnent à l’animal une très-grande facilité pour grimper aux arbres, à la recherche des Insectes ou des fruits dont il fait sa nourriture : de là son nom de Galéopithèque (vaXT), chat; 7iiôr^y.oç, singe).

Ces animaux, essentiellement nocturnes, dorment pendant le jour, suspendus par les griffes de leurs pattes postérieures, exactement comme nous verrons que le font les Chauvessouris.

ORDRE DES CHIROPTÈRES

Vous connaissez tous les animaux que l’on désigne sous le nom de Chauves-souius. Vous les avez vus, ])endant les soirées d été, voler lourdement à une faible hauteur au-dessus du sol.

CHIROPTÈRES.

Si vous êtes parvenus à en attraper un, ce qui n’est pas bien difficile, à cause de son peu d’agilité, vous avez été sans doute surpris de voir que cet animal volant n’était pas un Oiseau, car il n’a pas de plumes, mais bien une épaisse couche de poils : c’est donc un Mammifère, puisque nous avons vu déjà que tous les animaux couverts de poils sont des Mammifères.

Les Chauves-souris ont en etfet des mamelles, elles allaitent

leurs petits.

Mais, allez-vous dire, les Chauves-souris ont des ailes et les Mammifères n’en ont pas. L’objection semble importante au premier abord, mais, en somme, cette aile n’est qu’un bras assez peu moditié ; si vous voulez regarder attentivement une Chauve-souris, vous pourrez vous en rendre compte vousniêmes. Vous verrez tout d’abord que les os du membre supérieur tout entier se sont considérablement allongés et que surtout les os de la main (os de la paume et phalanges) présentent, sauf ceux du pouce, un développement extraordinaire (fig. 80).

Fig, 80. — SqueloUe de Chauve-Souris. (Les lelires désisnent par leurs initiales

les dilTéreiils os.)

Tout cela est enveloppé dans un double repli de la peau des flancs qui, ditBuffon, « couvre les bras, forme les ailes ou les mains de l’animal, se réunit à la peau de son corps, et cuve-

MAMMIFÈRES

ioppe en même temps ses jambes, et même sa queue, qui,

par cette jonction bizarre, devient, pour ainsi dire l’un de scs doigts. »

L aile des Cliauves-souris est donc due à une modification du membre antéiieur tenant à ce que ce membre a acquis une taille considérable et s’est enveloppé d’un large repli de la peau. Ce caractère, qui vous semblait si tranché, n'a donc point l’importance qu’il présente au premier abord, et cette aile membraneuse est très différente de l’aile emplumée de l’Oiseau.

Vous voyez maintenant dans quelles limites est exacte la dénomination de CiimonÈitEs (yûp, main ; aile) que les

zoologistes ont donnée à ces Mammifères.

Certaines espèces de Cliauves-souris, les lihmolophes (,6lv, nez; Xéçsî, crête) par exemple, portent au-dessus du nez des

appendices foliés qui ornent la surface du museau d’une façon bizarre.

Les oreilles présentent des différences notables, suivant les

espèces. Elles sont petites et droites chez la plupart des espèces, mais chez VOreillard (fig. 81), qui habite la France, elles sont tout à fait disproportionnées et atteignent des dimensions considérables. Les oreilles sont assez souvent munies de longues valvules qui permettent a 1 animal de les ol)turer; elles sont souvent soudées l’une à l’autre par leur base et réunies sur le sommet de la tête.

La plupart des (diauves-souris possèdent une (pieue : toutes celles de nos pays sont dans ce cas, mais certaines espèces trugivores qui habitent les pays chauds, les Roussettes, n’ont jamais de queue.

fin- 81. — Oreillard marchant à terre.

CHIROPTÈRES.

Nous VOUS avons fait remarquer déjà que le corps de la Cdiauve-souris est couvert de poils. Si vous examinez attentivement, vous verrez que les ailes en sont privées et que les appendices membraneux que certaines espèces présentent audessus du nez en sont également dépourvus.

La membrane alaire qui enveloppe les bras, la main et la jambe, laisse libres le pied tout entier et le pouce de la main. Ce pouce présente un fort crochet par lequel l’animal peut se suspendre quelquefois et qui lui sert surtout à grimper; mais l’attitude de prédilection des Chauves-souris, quand elles sont au repos, est de se suspendre par les griffes de leurs deux jambes avec la tète en bas. C’est toujours dans cette position qu’on les trouve dans les cavernes où elles se réfugient pour passer l’iiiver.

Les doigts de la patte postérieure sont aplatis latéralement et contournés en griffes, en sorte que l’animal n’a aucun effort à faire pour s’accrocher. Ces doigts sont du reste armés d’ongles puissants.

Avec leurs membres antérieurs disposés pour le vol, on peut se demander si les Chauves-souris peuvent marcher ou courir sur la terre. Certaines espèces de l’Arnéricjue du Sud peuvent courir avec la vivacité d’un Rat, mais la marche des espèces de nos pays est toujours embarrassée et ce n’est qu’au moyen de toute une série de mouvements compliqués, avec beaucoup de peine et de fatigue, quelles arrivent à se déplacer (fig. 81).

Les Chauves-souris sont très-répandues sur toute la surface du globe. On en trouve dans tous les pays du monde et la France seule en possède plus de 20 espèces.

Les Chauves-souris de nos pays sont de petite taille; elles nous sont utiles en détruisant les Insectes dont elles font leur nourriture, et dont elles brisent les carapaces avec leurs dents pointues.

Certaines Chauves-souris ont une taille considérable. Les Roussettes peuvent atteindre une longueur de 50 centimètres

MAMMIFÈRES

et une envergure de 1"%50. Elles se nourrissent de Fruits. Les habitants des pays où on les rencontre font grand cas de leur chair savoureuse et leur font une guerre acharnée. Parfois ils les tuent avec des flèches, mais, le plus souvent, armés d’une perche terminée par une épine, ils s’approchent de l’arhre où une Roussette est accrochée et, par un mouvement liahile, ils

embrochent l’aile de l’animal au moment où il l’étend pour s envoler; puis ils en déchirent la membrane avec leur épine et l’animal finit par tomber.

Les Vampires, qui habitent l’Amérique, se nourrissent volontiers de sang qu’ils sucent aux animaux ou même à l’homme pendant leur sommeil. « L’avidité des Vampires pour le sang, dit d’Orliigny, est telle que les naturels sont obligés, pour se soustraire à leurs morsures, de passer les nuits sous des moustiquaires et de renfermer soigneusement leurs Poules et leurs animaux domestiques. Le Vampire choisit en général la nuque, le cou, le dos de sa victime, afin qu’elle ne jiuisse que difficilement se débarrasser de lui. » Ce sont surtout les orteils que

les \ampires attaquent chez l’Homme, en appliquant leur langue sous le rebord de l’ongle; mais les blessures qu’ils pi'oduisent sont sans gravité.

Les Chauves-souris de nos pays, si actives pendant l’été, ne se montrent plus dès qu’arrive l’automne. A cette époque, les Insectes et par conséquent la nourriture venant à leur manquer, <pielques espèces émigrent au loin, alors que les autres cherchent dans le voisinage un endroit abrité et chaud, pour v passer commodément l’iiiver, et s’y réfugient en masse. Il n’est pas rare alors de les trouver par milliers, suspendues ])ar les pieds de derrière à la voûte des cavernes, serrées les unes contre les autres et enveloppées dans leurs ailes comme dans un manteau. Plongées dans une profonde torpeur, elles peuvent rester ainsi immobiles et sans prendre de nourriture jusqu’au retour du printemps.

L’endroit de la caverne que les Chauves-souris choisissent de

CHIROPTÈRES.

préférence pour y passer Tliiver est, le plus souvent, assez profondément situé pour cjue le jour n y arrive plus et pour c|uela température y demeure invariable. Une fois qu’elles ont trouve un endroit convenable, si rien ne vient les en empêcher, elles reviendront y passer les hivers suivants et se suspendront exactement aux mêmes saillies du rocher. Comme des milliers de ces animaux demeurent ainsi réunis pendant de longs mois dans un espace restreint, leurs excréments finissent par s’accumuler sur le sol de la grotte et forment des monceaux parfois considérables; on utilise à l’occasion cette espèce de guano.

Les Chauves-souris qui hahitent les pays chauds, trouvant toute l’année dans les Insectes ou dans les fruits une nourriture abondante, ont toujours une vie active. Les Chauves-souris de nos contrées ont donc dii adopter un genre de vie spécial, par suite des conditions climatériques particulières auxquelles elles étaient soumises. C’est là, entre mille, un exemple de cette loi capitale, suivant laquelle les animaux peuvent, dans une certaine mesure, modiher leur genre de vie pour s’adapter au climat, au milieu, à la température.

Quand les Chauves-souris se retirent dans la profondeur de leurs cavernes, elles sont obligées de se diriger dans l’obscurité la plus complète, et malgré cette nuit profonde, leur vol est toujours rapide; ces aniinaux suivent tous les détours et toutes les sinuosités de la caverne, sans jamais se heurter au rocher.

Comme vous le pensez bien, le sens de la vue ne peut plus être d’aucun secours dans ces conditions et l’animal ne se dirige plus avec ses yeux.

Spallanzani chercha comment les Cliauves-souris pouvaient arriver à se condi/ire. Il creva les yeux à (pielques-unes, et son étonnement fut grand quand il vit que la cécité ne diminuait en rien la sûreté avec laquelle ces animaux savent, dans leur vol, éviter les obstacles. Des Chauves-souris aveuglées et renfermées dans une chambre embarrassée de branches d’arhre

MAMMIFÈRES

passent en volant au travers de ces branches, sans les toucher; elles passent également bien entre de fins fils de soie attachés au plafond et tendus par des poids légers, alors même que la

distance qui sépare ces fils n’est égale qu’à l’envergure des ailes.

Ces expériences établissaient bien nettement que la vision n était point indispensable a la direction du vol. D’autres expéiiences montrèrent que les divers autres sens n’intervenaient point non plus dans la production du phénomène. Spallanzani se trouva ainsi porté a croire « qu un nouvel organe, peut-être un nouveau sens qui nous manque, est accordé à la Chauvesouris pour la diriger dans son vol ».

Toutefois, cette explication semble peu vraisemblable et je me rallie de préférence à l’opinion de Cuvier. Cuvier fait d’aboi d lemaïqucr que certains aveugles peuvent se diriger sans guides et sans palper les murailles, et que ce curieux résultat est dû à ce que le sens du toucher, qui peut, dans une certaine mesure, nous faire percevoir à distance la présence des objets, se développait considérablement chez les aveugles. Il a pensé ensuite qu il se passait quelque chose de semblable chez les Chauves-souris et que ces animaux, grâce au grand nombre de nerfs que contient leur aile, pouvaient apprécier la résistance de 1 air ; or, cette résistance de l’air varie suivant que la paroi de la caverne est plus ou moins rapprochée.

On divise l’Ordre des Chiroptères en Frugivores et en Insectivores.

Les CHIROPTÈRES FRUGIVORES soiit les Roussettes, qiu habitent seulement de 1 Inde a 1 Australie. Les chiroptères insectivores sont, au contraire, répandus dans toutes les contrées tempérées et chaudes des deux hémisphères; ils sont d’assez petite taille. Nous en possédons une dizaine d’espèces.

IINSECTIYORFS.

Fig. 82. — Tête de Hérisson.

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