ÉDENTÉS
régime et leur constitution anatomique sont si différents d une famille à l’autre qu’il est impossible d’en donner une idée d’ensemble. Aussi devons-nous aborder, sans autre préambule, l’histoire des principales divisions de cet ordre, dont aucun représentant n’existe en Europe.
Les BRADYPES (6paS'j7ïc’jç, qui a la démarche lente) ou Pci^ osseux (fig. 158), connus encore sous le nom de Tardigrades^ ont la tête semblable à celle des Singes ; ils ont du reste la forme générale et le genre de vie de ces animaux. Comme ceux-ci, ils vivent sur les arbres, mais au lieu de se fixer aux branches en les embras-
d’un bond, est pour eux
un long et pénible voyage.. Tout le jour, ils restent blottis dans le feuillage, à l’endroit le plus fourré et le plus obscur, et ne se mettent guère qu’à la nuit tombante à la recherche de leur nourriture. Ils vivent de hourgeons, de jeunes pousses, de fruits, et la rosée qui recouvre les feuilles suffit à les désaltérer. Leur indolence est si grande qu’ils peuvent rester des semaines sur le même arhre sans passer sur un arhre voisin ou sans descendre à terre; sur le sol, leur démarche est encore infiniment plus lente que sur les arhres, et est extrêmement embarrassée.
Les Paresseux hahitent les forêts vierges de l’Amérique du Sud, spécialement de la Guyane, du Brésil, du Pérou et de la Colomhie. Ces animaux ont les pattes de devant plus longues
sant avec la main, ils se suspendent simplement par les forts ongles recourbés qui terminent leurs membres. Ces animaux se meuvent avec une lenteur extrême; la distance qu’un Singe ou un Écureuil franchiraient
Fig. 158. — Paresseux.
MAMMIFÈHtS.
que celles de derrière; leur estomac est divisé en quatre poches comme celui des Ruminants; leurs téguments sont recouverts de poils longs et grossiers, scmldahles à du foin sec. Ils n’ont ni oreille externe, ni queue. Les espèces les plus grandes ne (lepassent pas 1 mètre de longueur. L’Vnau à trois doigts et
VAï à deux doigts, que l’on voit parfois dans les ménarr^ies sont les deux espèces les plus communes. ^
A ce groupe des Tardigrades se rattache un animal aujourd hm disparu, et dont on rencontre les restes fossiles dans les terrains récents des pampas de la Plata. On lui a donné le nom de Megalhernnn (fig. 159) ; il était heaiicoup plus oros
que le Rhinocéros et surpassait certainement plus de 100 fois en masse le plus grand des Édentés actuellement vivants. Il est vraisemhlahic qu’il ne grimpait point sur les arbres, et pense qu il se i adressait et s appuyait sur sa queue puissante pour atteindre et arracher avec scs pattes antérieures les blanches dont il se nourrissait.
Lu outre du Mégathérium, on a trouvé encore, dans les memes terrains que celui-ci. d’autres Raresseiiv géants, dont es principaux sont le Megalonijx et le Mijlodon (lig. |(i0).
EDENTES.
Tous çes animaux présentaient un caractère important, qui montre bien leur parenté étroite avec les Tatous, (|uc nousétu-
Fig. iGO. — -AMüdüii.
, lierons tout à Tlieure : ils portaient sur le dos un certain ■inombre de plaques analogues à «celles que nous allons renr montrer sur tout le corps le ces derniers, i Malgré les grandes dif- I érences d’organisation [u’ils présentent, les
tlDENTÉS INSECTIVORES qui
ious restent à examiner i*nt cependant des caracères communs : tous
ont insectivores, tous se creusent sous terre des habitations, !t la rapidité avec^laquelle ils fouissent le sol est parfois exraordinaire.
llÜil
lig. 101. — Talon cabassoii.
MAMMIFÈRES
Les Tatou$$ (fig. 161) sont couverts de poils seulement à la région ventrale ; le dessus de la tête, le dos, les lianes et la queue sont recouverts d’une cuirasse très résistante, composée d’écailles intimement juxtaposées et disposées en séries transversales. Les oreilles sont très longues, ainsi que la queue. Les dents, en nombre variable, sont au nombre de 98 chez le Tatou géant; cet animal, qui est le plus grand des Tatous actuels, n’a j)as plus de 1 mètre de longueur.
Les Tatous sont des êtres inintelligents, inoffensifs et paisibles. Ils habitent l’Amérique du Sud et se rencontrent dans les régions découvertes et sablonneuses, dans les champs, jamais dans les forêts. Ils creusent de préférence leurs terriers au-
Fig. 162. — Glyptodon.
près des grands nids de Fourmis ou de Termites, dont ils font leur principale nouriture.
A l’époque où vivait le Mégathérium, l’Amérique du Sud était également habitée par un Tatou gigantesque, le Glyptodon, (fig. 162), qui ne mesurait pas moins de 5 mètres de longueur sur une hauteur de 2 mètres. Sa taille atteignait celle du Rhinocéros.
Les Pang^oiins soiit aussi couvcrts d’écailles; mais celles-ci sont d’une autre nature et affectent une autre disposition : elles sont constituées par des poils agglutinés et sont arrangées par séries obliques, imbriquées à la manière des tuiles d’un toit. Ces animaux appartiennent à l’Afrique centrale, au sud de