MARSUPIAUX
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des premiers, et sur lesquels nous devons maintenant fixer notre attention.
Tous ces animaux ont été réunis dans un ordre spécial, celui des Marsupiaux (mcu'supiiim, bourse), à cause d’un caractère qui leur est commun et qui leur est propre : les femelles présentent sous le ventre un re[)li de la peau en forme de poche dans laquelle se trouvent les mamelles et où le petit, qui vient au monde d’une façon trop prématurée et avant d’être suffisamment développé, achèvera son développement. Les os du bassin présentent deux prolongements destinés à soutenir cette poche.
C’est là le caractère qu’on a invoqué pour réunir ces animaux en un même ordre, car si l’on avait tenu compte du genre de vie, de la forme générale, de la dentition, on les eût répartis entre les divers ordres que' nous avons précédemment étudiés. Les uns, en effet, rappellent les Lémuriens; les autres sont analogues aux Rats; d’autres se rapprochent du Loup, etc. Certains Marsupiaux sont des Herbivores, d’autres des Insectivores, d’autres des Carnivores. Leur système dentaire, conformé d’après ces différents types, présente donc une grande diversité.
La Paléontologie nous enseigne avec la dernière évidence que, lors de l’apparition de la vie sur la terre, les Marsupiaux sont les premiers Mammifères qui se montrèrent. Le Microlestes, le plus ancien de tous les Mammifères, est en effet un Marsupial : il se rencontre en Europe dès la fin de la période triasique ; on trouve ses débris dans les marnes irisées du Wurtemberg. Depuis, et spécialement à l’époque tertiaire, les Marsupiaux étaient fort abondants en Europe, mais ils en ont depuis longtemps disparu et il n’est même pas probable qu’ils y aient été contemporains de Tllomme. La faune australienne actuelle doit donc être considérée comme une faune primitive qui, par suite de circonstances spéciales, a traversé une longue série de siècles sans s’éteindre ou se modifier sensiblement.
Certains Marsupiaux ne sont pas sans quelque analogie avec
MAMMIFÈRES
les QUADRUMANES. Lgs Plialaiigers, les Pétauristes et les Phascolarctes sont des animaux grimpeurs, dont la taille ne dépasse généralement pas 60 centimètres. Comme les Singes, ils ont le pouce opposable aux autres doigts, mais aux pattes de derrière seulement. Ils vivent sur les arbres et leur queue, lorsqu’elle existe, est prenante. Ils sortent surtout la nuit, se nourrissent de fruits, de bourgeons, de feuilles, parfois aussi d’insectes et d’œufs d’Oiseaux et se laissent facilement apprivoiser.
Les Piiaiang^ers habitent l’Australie, Amboine, les Célèbes et
liÿ. 176. — l’éiamèle iiasoi). (E.\lrail de G. Vogt, les Mammifères.)
la terre de Yan Diemen. Une espèce particulière a tout à fait l’apparence d’un Renard.
Les Pétauriïitcs ont sur les lianes une membrane aliforme analogue à celle des Galéopitbèques.
JlAUSIjPIAlIX.
Le genre pimscoiarcie ne comprend fpi’un seul animal, le Kaohiy qui a l’aspect d’un petit Ours.
Le groupe des carnivores est largement représente. Le Thylacine a la taille et la férocité du Loup. Le Dasyure peut être considéré comme la Martre de l’Australie : il se nourrit de petits Mammifères et d’Oiseaux qu’il va saisir jusque dans leur nid ; il cause de grands ravages dans les basses-cours. Le Sarcopliile est analogue au Glouton : ce carnassier est si féroce que les colons lui ont donné le nom de diable. Le Phascogahy dont la taille n’excède pas celle de l’ÉcureuiL habite sur les arbres; son museau est pointu et allongé comme celui des Musaraiones.
Les INSECTIVORES sont représentés par les Myrniécobîes, dont la taille est encore celle de l’Ecureuil, et qui se nourrissent de Fourmis et de Coléoptères, et par les Féramèies (fig. 176), qui
se servent de leurs ongles robustes pour creuser dans la terre des galeries dans lesquelles ils se retirent.
Aux RONGEURS correspondent les Phascoiomc^ on Wombal s. Ces animaux, de la taille du Blaireau, restent pendant tout le jour'cacliés dans des terriers qu’ils se sont creusés eux-mêmes
MAMMIFÈRES
el ne sortent que la nuit pour chercher les herhes et les racines dont ils se nourrissent.
Les HERBIVORES soot représentcs par les Kan^uroos J 77) et les llalmatiires . Ces animaux bizarres sont caractérfsés par la disproportion qui existe entre leurs membres antérieurs et les postérieurs. Tandis que ces derniers sont longs, épais, robustes, les antérieurs sont au contraire très courts et très
Fio. 178. — Sarigue.
faibles, ils sont même si courts (pie 1 animal ne s’en sert point doidinaire pour marcher. Il se tient en effet debout sur ses pattes postérieures et trouve un nouveau point d’appui dans sa queue qui, longue et puissante, constitue pour ainsi dire un cinquième membre. Dans cette posture, l’animal bondit, comme mû par un ressort, et les bonds qu’il fait alors sont si rapides que sa vitesse égale celle du Cerf, et si prodigieux (]u’il peut
MOiNOrRÈMES.
s’élever jusqu’à 5 à 4 mètres en l’air et franchir des espaces de 8 à 10 mètres.
Il y a un grand nombre d’espèces de Kanguroos, leur taille varie beaucoup ; ce sont des animaux timides et craintifs qui s’accommodent aisément delà captivité. Leur fourrure est assez appréciée.
Certains Marsupiaux viventen Amérique : ce sont les Sarigues (fig. 178) ou Didelphes. Ces animaux s’étendent depuis les Etats-Unis jusqu’à la Plata et au Cbili : certaines espèces sont particulièrement communes à la Guyane et au Brésil. Ce sont des Insectivores, mais leur dentition est différente de celle de tous les groupes examinés jusqu’ici ; ils ont la queue pressante, sont surtout nocturnes et sont à peu près totalement dépourvus d’intelligence. Une espèce a la taille du Chat, mais les autres son! de moindre dimension et il en est qui ne sont pas ])lus grosses que la Souris.
L'Opossum ou Sarigue à oreilles bicolores est grand amateur d’œufs : il s’introduit fréquemment dans les basses-cours et y produit de grands ravages. Lorsqu’il est surpris et qu’il se voit dans l’impossibilité de fuir, il s’étend à terre, fait le mort et supporte sans faire aucun mouvement tous les mauvais traitements qu’on peut bien lui faire endurer. Puis, dès que l’Homme, le croyant assommé, tourne les talons et le laisse pour mort, il se relève j)resteinent et s’enfuit.