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ORDRE DES MONOTRÈMES

' Les Monotrèrnes sont les animaux les plus dégradés de la Classe des Mammifères. Également spéciaux à l’Australie, ces animaux se rapprochent des Marsupiaux par l’existence, dans les deux sexes, des os marsupiaux : chez la femelle de PEcbidiié, ces os supportent même une poche ventrale renfermant les mamelles.

Un grand nombre de caractères importants rangent les Mono-

MAMMIFÈRES

tièmes a côté des Oiseaux; tels sont l’existence d’un bec corné, dépouivu de dents, et ce fait c[ue l’intestin et l’appareil urinaiie, au lieu de déboucher au dehors par deux orifices dis-

Fig. 180. — Pied de devant de l’Écliidné.

tincts, \icnnent se renconlrer dans une cavité coiinnune, le cloaque; c’est de ce dernier caractère, fort important, qu’est

^ tiFG le nom de Monotrèmes ('j.cvGç, seul; Tpv;;j.a, trou).

D’autres particularités, portant princijialcment sur le squelette, rapprochent d’autre part ces animaux des Tortues.

Les xMonotrèmes consti- Fig. 181. — Pied tuent un groupe des plus

rÉchîïné!“* l'estreints, puisqu’on n'en connaît que deux genres.

VEchidné (fig. 179) a le corps couvert en dessus de piquants cornés et tranchants, comme le Hérisson; il peut se rouler en houle à la manière de cet animal, mais il est deux

MU^'OTHÈMES.

OU trois fois plus gros que lui. 11 est muni d’un bec allongé, mince et cylindrique. Ses pattes non palmées (fig. 180, 181), mais munies d’ongles puissants et recourbés, lui pei mettent de fouiller rapidement la terre ^ il liabite en elfet les contiées sablonneuses et se creuse des terriers. 11 se nourrit principalement de Fourmis qu’il capture de la même façon que le Fourmilier, en projetant dans la demeure de ces Insectes sa langue vermiforme et yisqueuse.

Fig. 182. — OrnilhorliymiUL .

un animal aquatique : son large bec, constitué comme celui du Canard, lui permet de fouiller la yase. Son corps est revêtu d’une fourrure épaisse et souple. Ses pattes courtes et fortes sont munies de cinq orteils armés d’ongles puissants et réunis par une large membrane. Cet animal se creuse au bord des ruisseaux un terrier s’ouyrant au dehors par deux ouyertures, l’une au-dessus, l’autre au-dessous du niyeau de l’eau. 11 nage et plonge ayec une grande habileté et se nourrit surtout de Vers et d’animaux aquatiques.

OISEAUX

CLASSI:: DES OISEAUX

Les Oiseaux, qui constituent la seconde Classe des animaux Vei tébrés, forment une division parfaitement naturelle dans la série des êtres. Leur aspect extérieur et leur organisation les distinguent aisément de tous les autres animaux, et les caractères différentiels des divers groupes sont assez tranchés pour qu il soit même possible de reconnaître à première vue les Oiseaux qui se rapportent à chacun d’eux.

La caractéristique des Oiseaux, c est la faculté qu’ils ont de voler. Tous, il est vrai, ne volent pas : il est des espèces, telles que l’Autruche, qui sont dans l’impossibilité de s’élever dans les airs, mais ces exceptions sont si peu nombreuses qu’il n’y a vraiment pas lieu d’en tenir compte dans l’exposé des caractères propres à la classe des Oiseaux. La faculté de voler a une grande influence sur la forme générale du corps et entraîne aussi dans l’organisation des Oiseaux une foule de modifications que nous aurons à signaler par la suite.

Forme et sc|iiciette. — Le Corps, déformé ovalaire, est disposé pour éprouver de la part de l’air le moins de résistance possible. Ce même but est réalisé par une configuration spéciale du sternum. Cet os acquiert un développement considélable; il piésente la forme d un bouclier convexe, sur lequel viennent s’attacher des muscles extrêmement puissants, destinés à mouvoir les ailes ; on remarque en outre en son milieu une longue crête longitudinale, qui fait une forte saillie et à laquelle on donne le nom de bréchet (fig. 185, h). Le bréchet, analogue par sa forme et ses usages à la carène d’un navire, permet à TOiseau de fendre l’air avec plus de facilité ; il manque totalement chez les Oiseaux qui ne volent point, comme l’Autruche et le Casoar (fig. 185).

Une disposition intéressante du squelette permet encore aux Oiseaux de se maintenir dans les airs. Pour que ces animaux,

FORME ET SQUELETTE

d un poids parfois considérable, pussent se soutenir ainsi suspendus sans dépenser trop d’efforts, il était nécessaire que leur poids spécifique fût réduit et diminué autant que possible. Ce résultat est acquis par la pneiimaticité du squelette. Les os, sans rien perdre de leur solidité, sont creusés de grandes cavités centrales, dans lesquelles 1 air circule d’une façon normale et \ient remplacer la moelle. Cette pneumaticité n’existe point cliez 1 Autrucbe et les Oiseaux voisins, sauf pour quelques os du

Fig. 183. — Squelette d’Autruche.

crâne. Elle ne s’établit point dès la naissance, mais se développe progressivement, à mesure que le jeune Oiseau s’exerce à voler; elle atteint son plus haut degré de développement chez les espèces telles que l’Albatros, dont la taille est considérable et dont le vol est rapide et longtemps soutenu.

La tête est ordinairement petite (fig. 184). A l’origine, les os du crâne sont en même nombre que chez les Mammifères,

P. BERT ET R. BLANCHARD. A r.

UiSEAl’X.

Fig. 184. — Tête d’Aif-le. — a, max. supérieur. — b, narine. — c, os lacrymal. — d, orbite. — e, cloison interorbitaire. — f, crâne. — ^7, tympan.— h, os carré. — i, mâcb. inf. — k, os jugal. — /, fosses nasales.

mais ils ne tardent pas à se souder et à se fusionner de diverses manières, de façon à être très difficilement reconnaissables. Les os de la face se modifient considérablement et s’unissent pour

constituer un bec très proéminent et dont la forme et la grandeur varient du reste suivant une foule de conditions que nous aurons à préciser plus tard. L’union de la tête avec la colonne vertébrale permet des mouvements notablement plus étendus que chez les Mammifères.

Le cou est de dimensions très variables ; on peut admettre néanmoins qu’il est en général plus long et plus mobile que celui des Mammifères. Sa longueur est proportionnée à l’élévation des pattes; il atteint scs plus grandes dimensions chez les Échassiers, c’est-à-dire chez les Oiseaux tels que la Cigogne et le Héron, dont les pattes sont elles-mêmes fort élevées. Cette relation est due à ce que, le bec étant l’unique organe de préhension, l’Oiseau devra en toute circonstance pouvoir ramasser sur le sol, à l’aide de son bec, les objets dont il se nourrit. Chez les Oiseaux nageurs, tels que le Cygne, dont les pattes sont relativement courtes, la longueur considérable du cou est en rapport avec la nécessité où se trouve l’animal d’aller chercher sa proie dans l’eau à une profondeur parfois assez grande. Le nombre des vertèbres cervicales est en rapport avec la longueur du cou : il est ordinairement de 12 à 15, mais parfois on n’en trouve que 9, d’autres fois on en rencontre jusqu’à 25, comme chez le Cygne. Ces vertèbres sont très mobiles les unes sur les autres, en sorte que l’animal peut replier son cou en forme d’S, comme cela se voit chez le Cygne, la Cigogne, le Héron, etc.; cette inflexion du cou ne manque du reste ])as d’une certaine élégance.

FORME ET SQUELETTE. • 211

Les vertèbres dorsales sont au contraire entièrement immobiles, sauf chez les Oiseaux qui ne volent pas. Elles sont même assez souvent tout à fait soudées les unes aux autres. Cette disposition est fort importante et se trouve en rapport avec ie mode de locomotion de ces animaux. A la suite de la région dorsale, la colonne vertébrale se montre constituée par la fusion

Fig. 185. — Squelette de Goéland.

jdus ou moins complète d’un nombre variable de vertèbres qui correspondent aux régions lombaire et sacrée (lig. 185, c).

Puis vient la région coccygienne ou caudale, d, formée de 7 à 8 vertèbres mobiles, et terminée par une lamelle verticale sur laquelle viennent s’attacher des muscles puissants destinés à mouvoir les grandes plumes caudales connues sous le nom de rectrices. Cette lamelle est considérée d’ordinaire comme provenant de la fusion de 4 à 6 vertèbres. Si ces vertèbres, au lieu

OISEAUX

(le se confondre en un seul osselet, avaient gardé des dimensions et un développement en rapport avec ceux des vertèbres coccygiennes qui les précèdent immédiatement, les Oiseaux seraient donc véritablement munis d’une cjueue. Or, on a trouvé dans une des couches du terrain jurassique les débris d un animal qui avait une Cjueue comme un Lézard et des plumes comme les Oiseaux.

Les côtes sont réunies au sternum par un os et non plus par un cartilage, comme chez les Mammifères. Le sternum luimême se modifie de la façon que nous avons indiquée déjà plus haut. Les os de l’épaule se compliquent également : l’omoplate, ô, allongée et rétrécie en forme de sabre, est placée siir la face dorsale de la cage thoracique ; les deux clavicules se réunissent à leur extrémité et se soudent complètement, de façon à constituer un os en V, appelé la fourchette, i, qui vient d’autre part se souder à l’extrémité du bréchet ; l’épaule est encore renforcée par deux os appelés coracoïdes.

Les membres antérieurs ne servent ni au toucher, ni à la préhension, ni à la marche : les os qui les composent sont modifiés de façon à constituer une aile, très développée chez les Oiseaux au vol puissant (fîg. 185, a, g), plus réduite chez ceux qui volent peu ou même qui ne volent pas du tout.

Les membres postérieurs servent à l’Oiseau à se mouvoir à terre. La cuisse, courte mais solide, est dirigée obliquement en avant et le plus souvent cachée par les plumes. La jambe, beaucoup plus longue que la cuisse, est formée par le tibia, e; le péroné se rencontre bien encore, mais seulement à l’état de vestige, sous la forme d’un petit stylet osseux placé à la face externe du tibia. Après la jambe vient un os unique, désigné sous le nom de tarse, f : il résulte en réalité de la fusion des os du tarse et du métatarse. Ce tarse est de longueur très variable, suivant les animaux : très court chez les Perroquets, par exemple, il acquiert au contraire une longueur considérable chez le Héron, la Grue, l’Écbasse.

FORME ET SQUELETTE

Le tarse s’articule directement avec les doigts. Ceux-ci sont ordinairement au nombre de trois ou quatre ; ipais rx4utruche, par exception, n’en présente que deux. Lorsqu’il y a quatre doigts, il est habituel que Fun d’eux se dirige en arrière, les trois autres étant dirigés en avant ; on a donné à ce doigt postérieur le non; de pouce : il n’a que deux phalanges. Des trois autres doigts, l’interne est muni de trois plialanges, le médian de quatre et l’externe de cinq. Chez les Oiseaux qui n’ont que trois doigts, c’est le pouce qui fait défaut.

On attache à la conformation des membres postérieurs, et plus spécialement à celle des pattes (fig. 186), la plus grande importance : des caractères essentiels de la classihcation reposent sur leur connaissance. Il est, par exemple, un groupe nombreux d’Oiseaux, chez lesquels on voit se diriger en arrière deux doigts au lieu d’un seul, le doigt externe s’étant dévié de la direction qu’il occupe le plus généralement : tous les Oiseaux qui présentent cette disposition ont été réunis ensemble dans l’ordre des Grimpeurs, F. De même, les espèces aquatiques, présentant ce caractère commun d’avoir les doigts réunis plus ou moins complètement par une large membrane, forment un groupe naturel, qui est l’ordre des Palmipèdes, D. Autre exemple : il est un grand nombre d’Oiseaux qui, entre autres affinités, se ressemblent tous par l’allongement considérable de leur tarse, qui leur donne, à première vue, le meme aspect que s’ils étaient montés sur des échasses ; on en a fait l’ordre des Echassiers,' G. La classification des Oiseaux ne repose du reste pas entièrement sur la configuration des pattes et des doigts : on a encore tenu grand compte de la forme du bec, comme je vous l’indiquerai bientôt.

Les doigts se terminent par des ongles, dont la puissance et la forme sont assez variables. Chez les Rapaces, B, ces organes sont très acérés et assez robustes pour permettre à l’animal de saisir sa proie et de la dilacérer; lorsque les ongles atteignent cette puissance, on leur donne de préférence le nom de serres.

OISEAUX

Chez les Oiseaux perclieurs, les ongles sont bien développés, car ils servent à l’animal à se fixer sur les branches. Pour se

Fig. 186. — Diverses formes tle pattes. — A, Coureur, Autruche. — B, Rapace, Busard. — C, Echas>ier, Œdicnème. — D, Palmipède, Canard. — F, Gallinacé, Perdrix, — F, Grimpeur, Pic. — G, Échassier.

maintenir ainsi en équilibre sur une branche, l’Oiseau entoure celle-ci de ses doigts : cette position ne saurait être gardée bien

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