ORDRE DES PASSEREAUX
Il n’est guère de divisions zoologiques qui soient aussi peu naturelles que l’ordre des Passereaux (passer, moineau) ; il
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Il on est guère non plus qui renrerment un aussi grand nombre d especes. Les individus que l’on a réunis dans cet ordre different tellement entre eux, qu’il est véritablement impossible (1 indiquer un caractère un peu important qui leur soit commun a tous. Ils ont quatre doigts à chaque patte, dont trois diri<iés en avant et un dirigé en arrière. Ces Oiseaux sont en général < e petite taille; ils volent fort bien et marchent en sautillant. Us se tiennent de préférence sur les arbres et les buissons- la pl.^iart d’entre eux sont des Oiseaux de passage; ils vivent enlin parfois réunis en bandes nombreuses.
On les a longtemps divisés en deux groupes, suivant qu’ils étaient chanteurs ou criards, mais cette division, tout artificielle, n’a aucune valeur, car elle entraîne à séparer les uns des autres des Oiseaux qui par leur organisation sont manifestement voisins. Une division meilleure a été proposée par aivier : elle repose sur la conformation du bec. On arrive de la sorte à établir dans l’ordre des Passereaux cinq grands
groupes ; 1» Comrostres, 2“ Denlirostres, 5° Fissirosfres 4“ Téailirostres et 5° Lévirostres.
Les CoiXmosTRES sont des Oiseaux chanteurs de jietite faille au bec conique et fort (fig. 211), au plumage épais et souveni
orné dos couleurs les plus vives ; le doigt externe est réuni à la base à celui du milieu. Ils vivent en société et se nourrissent principalement de graines, de céréales et do fruits, mais à l’occasion ils ne dédaignent point les Insectes. Un * nombre sont voyageurs. La plupart
construisent leur nid avec élégance ; la emelle est seule chargée de rincubation, mais lemàre partao-e avec elfe le soin de pourvoir à la nourriture des petits. ° les Bec-croisé (fig. 212) est remarquable à cause de la lorme de son bec, dont les mandibules s’inlléchissent et se recourbent de façon à s’entrecroiser parfaitement. Ces Oiseaux
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brisent les cônes des arbres résineux pour en dévorer les amandes, mais ils se jettent aussi sur les IVuits à ])épins, tels (pie les pommes, les poires, et la contrée où une bande de Becs-croisés vient s’établir ne tarde pas à être dévastée. Ces Oiseaux habitent surtout les montagnes du nord de l’Europe; on ne les trouve pas en Erance d’une façon permanente.
Fig. 212. — Bec-croisé.
Fig. 215. — Bouvreuil.
Le Bouvreuil (fig. 215), à la jioitrine rouge, est très recherché par les amateurs, à cause de la lacilité extrême avec laquelle il s’accommode de la captivité et avec laquelle il apprend à chanter et meme à parler.
Le Serin est fort apprécié pour le meme motil. Cet Oiseau, originaire des îles Canaries et importé en Europe au (juinzième siècle, se reproduit facilement en captivité; il donne meme avec d’autres Oiseaux chanteurs, comme le Chardonneret, la Linotte, des mulets au ramage des plus harmonieux.
Les Moineaux constituent plusieurs espèces, dont les plus
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interessan es sont le Moineau franc, qui habile surtout le. villes et les villages, et le Frùiuet, qui vit à la ca.upa' gne Ou les reucoalre dans l’Europe entière. Les lloineauv sont quoi qu on en ait dit, des auxiliaires jirécieux de i’a-
SS: ^ -- les insectes
Comme les précédents, les Chardonnerets (firr. ^\4) sont éminemment sociables et, comme eux encore, très utiles. Ils
S apprivoisent aisément et virent très bien en captivité.
Leur chant est agréable et leur plumage des plus élégants. Les Linottes sont très voisines des Chardonnerets, mais les services qu’elles peuvent nous rendre sont atténués par les dégâts qu’elles causent : elles se nourrissent en effet princi- , paiement de graines de cban- XI e et de lin ; c est même là ce qui leur a valu leur nom. Les l*insons, dont la gaieté est proverbiale, sont encore des Oiseaux fort peu différents des précédents ; comme eux, ils vivent par bandes nombreuses et se nourrissent de graines.
I.C Républicain, dont nous avons déjà parlé à propos\le l'arcliilecturedcs nids(lig. 195), appartient à ce groupe ; il habile le sud de l’Afrique.
Les Bruants, qui se rencontrent en si grand nombre dans les champs, les haies, la lisière des bois, ou même le bord des marécages, ont des couleurs peu brillantes, mais leur voix n est pas désagréable. Le Bruant Ortolan (lig. 215) est ré-
Eig. 214.
Charilonneret.
l'ASSEUEAÜX.
puté pour rexcellence de sa chair; on le chasse dans le sud de la France, qu’il visite périodiquement.
VAlouelte (fig. 210) est organisée {)our vivre à terre.
Firr. 215. — Ortolan.
Fig. 216. — Alouette.
elle court avec rapidité; son doigt postérieur est muni d’un ongle droit et fort, parfois plus long que le doigt lui-même, qui la met dans l’impossibilité de percher. Elle vole bien et s’enlève dans les airs, en montant vers le soleil, dès que celuici se montre à l’horizon. Son gazouillement est des plus jolis. Elle habite les champs et construit entre les sillons un nid fort simple où elle pond 4 ou 5 œufs. Elle détruit une masse considérable de Vers, de chenilles, de Sauterelles; malgré ces services, elle est traquée de mille façons par le chasseur.
La plupart des Dextiuostres sont des Oiseaux chanteurs de
Fig. 217. Têle de Dentirosire, Corbeau. Fig. 218. — Tête de Denlirostre, Pie-grièche.
petite taille. Leur bec, de forme variable (fig. 217 et 218),
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est tantôt siibulé, c’est-à-dire terminé en pointe très fine, tantôt faiblement recourbé. La mandibule supérieure est échancrée en forme de dent à son extrémité : de là le nom du groupe. Les ailes sont de longueur moyenne; il n’y a généralement que neuf rémiges primaires, par suite de l’atropliie complète ou presque complète de la première de ces pennes. On compte toujours rectrices à la queue.
Les Dentirostres sont bons voiliers : à terre, ils sautillent plutôt qu’ils ne marchent. Ils se nourrissent principalement d Insectes et viveiît pour la plupart dans les régions froides ou tempérées, qu ils dédaignent en hiver pour des climats moins sévères. Leurs nids sont construits avec art et ils font en c^é-
néral plusieurs couvées par an.
Les MerBes, doiît 011 lie connaît pas moins de 150 espèces répandues sur toute la surface du globe, sont des Oiseaux migrateurs qui voyagent en troupes plus ou moins nombreuses. Ils se nourrissent de fruits, de baies et d’insectes : leur chant harmonieux les fait rechercher des amateurs. L’espèce la plus commune en France est le 3Ierle noir, à la robe noire lustrée et au bec jaune. Dans l’Amérique du Nord vit le Merle j:ohj- (jlotte dont le chant serait infiniment plus mélodieux que celui du Rossignol et qui a la faculté singulière de pouvoir imiter, en les embellissant toutefois, le chant de tous les autres Oiseaux et le cri de tous les Mammifères qui l’entourent.
Les cirîves soiit fort voisines des Merles; elles s’en distinguent par ce que leur plumage, au lieu d’étre uniformément coloré, est marqué de petites taches sombres sur la poitrine, comme le sont du reste les jeunes Merles. Ces Oiseaux sont fort appréciés des Gourmets, aussi leur fait-on une guerre acharnée.
Les Becs-fins (lîg. 219) soiît généralement d'excellents chanteurs : on y compte le Rossignol et les Fauvettes.
Le Rossùjnol occupe sans conteste le premier rang parmi les Oiseaux musiciens d’Europe. Ses' délicieuses mélodies retentissent au coiumencement de l’été dans les bosquets et les
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Fig. 2iy. — Bec-fin Orphée.
buissons situés sur le bord des eaux. Cet Oiseau, auprès duquel se rangent le Rouge-gorge et le Rouge-queue^ nous quitte dès le mois d’août pour émigrer en Asie ou en Afrique : les Roitelets, les Troglodytes , les Pouillots, les llocliequeiie, sont des petits Oiseaux, proches parents des précédents.
Les iflésang-cs SC
font remarquer entre tous les petits Oiseaux par leur vivacité et leur pétulance, bien plus (juc par Téclat de leurs couleurs ou riiarmonie de leur voix. Balaillcuses et querelleuses, elles vont et viennent sans cesse sur les arbres, à la recherche des Insectes dont elles disputent la possession à d’autres Oiseaux beaucoup plus gros ({u’clles; parfois, quand la nourriture fait défaut, elles ne craignent point de tuera coups de bec des Oiseaux plus faibles qu’elles ou malades, pour leur dévorer la cervelle. A côté de ces vilains défauts, les Mésanges présentent quelques qualités précieuses, et au premier rang un attachement sans bornes pour leurs petits ou leurs camarades blessées. Nous en avons en France sept ou huit espèces : les Charbonnières (llg. 2*20), la
Fig. 22U — Mésangc-Cliarbomiière.
Tctc-hleuc, lîi Longue - gueuc^ sont les plus communes Les GoV>c-iYioiiciie»$ sout (les Oiseaux taciturnes et solitaires dont les nombreuses espèces sont répandues sur toute la surface du globe. Leur bec est large et déprimé à la base, écliancré à la pointe. Ils sont représentés dans l’Amérique du Sud par les Tyrans, qui doivent leur nom à leur caractère audacieux : ces petits Oiseaux attaquent en effet des Oiseaux beaucoup plus gros et beaucoup plus forts qu’eux, tels que les petits Rapaces et meme les Aigles.
Les Pics-t;r lèches (fig. 221) pourraient être considérées, dans une certaine mesure, comme établissant le passage entre
les Passereaux chanteurs et les Rapaces :
elles se rapproclient des premiers par Pécliancrure de leur bec et la faculté de chanter, elles ressemblent aux seconds par leur bec recourbé en crochet, par leurs griffes acérées et par leurs instincts sanguinaires.
Elles semblent en effet se complaire dans le meurtre : elles ne tuent pas seulement pour apaiser leur faim, mais massacrent sans pitié Insectes, petits Mammifères, jietits Oiseaux. Elles piquent et empalent leurs victimes sur des épines. Pourtant cet acte de barbarie n’est peut-être point aussi blâmable qu’il le paraît au premier abord : les Pies-Grièches, en suspendant ainsi leur proie aux épines des buissons, s’assurent tout simplement de la nourriture pour le cas où celle-ci viendrait a leur manquer. Ces Oiseaux, dont les plus gros ne dépassent point la taille du Merle, entrent souvent en lutte avec des Corbeaux, des Pies et même certains Rapaces.
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Les Pîque-Bfleuf» soiit (les Passercaux africains qui doivent leur nom à l’iiabitude qu’ils ont de venir se percher sur le dos des Bœufs, des Bufdes, des Gazelles, etc., pour s’y repaître des larves sorties des œufs qu’étaient venues pondre certaines espèces de Mouches. Les animaux que l’Oiseau débarrasse ainsi de leurs parasites se montrent reconnaissants de ce hon office.
Les Ktoiiriieaiix (fig. 22^2), Oiseaux chanteurs au sombre plumage, brillant de reflets métalliques, vivent en troupes nombreuses. Ces Oiseaux, loin d’étre nuisibles comme on le pense, se nourrissent d’insectes et de Vers. Ils vont passer la mauvaise saison en Afrique. Le Sansonnet^ que l’on élève en captivité à cause de son chant, est une espèce d’Étourneau, commune dans nos contrées.
Les Oiseaux de Paradis (fig. 225) Semblent, à première vue, s’éloigner considérablement des Oiseaux étudiés jusqu’alors, à cause de leurs vives couleurs et à cause du développement considérable que prennent leurs plumes en certains points, pour constituer des buppes, des panaches, des aigrettes; ils s’en rapprochent toutefois complètement par la conformation des pattes et du bec. Ces superbes Oiseaux, à la parure si gracieuse, ne se rencontrent qu’à la Nouvelle-Guinée et dans les îles voisines. Ils vivent dans de profondes forêts et se nourrissent de fruits et d’insectes. Leurs plumes brillantes sont l’objet d’un commerce importent et sont utilisées comme parure.
Fig. 222.
Élouriieau.
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On réunit dans la famille des corvidés (corvus, corbeau) de glands Passereaux a la voix criarde, au bec épais et fort, légèrement ecbancré, a narines entourées de longs poils.
Le Loriot appartient à cette famille ; cet Oiseau, au joli plumage jaune, ne se rencontre dans notre pays que du mois de mai au milieu d août. Le Geai, au plumage roux, présente des plumes bleues éclat métallique à la naissance des ailes; il
Fig. 2i5. — Oiseau de Fai-adis.
jouit de la singulière faculté de hérisser les plumes de sa tête lorsqu il est irrité, ce qui, il faut bien le dire, lui arrive fréquemment : cet Oiseau est en effet essentiellement querelleur et irascible. Le Chocarl, le Casse-noix (fig. !2!24), la Pic sont des espèces très voisines de celles-ci. Cette dernière se lait remarquer par ses instincts voleurs; on l’apprivoise aisément.
Les Corhcaiix soiit répartis par toute, la terre. A rexception du Grand Corbeau, qui vit solitaire avec sa femelle, ils se réu-
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nisscnt en bandes noinbrenses. Leur noniTiture est extrêmement variable : on peut les considérer comme omnivores; ils ont un goût prononcé pour les chairs corrompues. Ils s apprivoisent facilement, apprennent meme à prononcer quelques
Fiy. ‘tl’k. — Casse-noix
mots et ont l’esprit d’imitation fort développé. En liberté, ces Oiseaux ont l’iiabitude d’accumuler des provisions en quelque endroit secret; leur croassement est un cri rauque et désagréable. La Corneille (fig. 225), le Choucas ou Corbeau de tour, le Freux sont les principales espèces de nos pays
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Les Tassercaux qui forment le Groupe des FissmosTüES (fig. 226) sont caractérisés par un bec large et aplati, fendu très
Fig. 225. — Corneilles.
profondément, presque jusqu’aux yeux. Grâce à leurs ailes longues et pointues, ils sont d’excellenis voiliers et peuvent
se mainlenir dans les airs pendant un temps lort lon^ . Leurs jambes courtes et laibles font qu’ils évitent de se j)oser sur le sol. Ils se nourrissent d Insectes qu ils attrapent au vol avec ^ ' leur bec largement ouvert. La plupart
TwamLg! des Fissirostres habitent les régions
chaudes du globe; ceux que l’on rencontre dans les pays tempérés sont des Oiseaux de passage.
Les EngowJeveiits (fig. 221) soiit des Oiseaux de la taille du Merle; ils vivent par couples et dorment pendant le jour; la nuit venue, ils se mettent en chasse, le bec largement ouvert,
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à la poursuite des Insectes crépusculaiies et nocturnes : ils détruisent ainsi un grand nombre d’animaux nuisibles aux récoltes et devraient, à ce titre, pouvoir compter sur la protection de rilomme. Nos paysans les accusent cependant de
Fig'. 227. — Engoulevenl.
toutes sortes de méfaits et les flétrissent des noms de Crapauds volants, de Tète-chèvres, etc.
Fig. 228. — Martinet.
Les iTiartincts (fig. soiit des Oiseaux criards assez semblables aux Hirondelles, mais plus forts, munis d’ailes plus longues, capables par conséquent de fournir un vol plus rapide et plus soutenu. La queue n’a que 10 rectrices. Ces Oiseaux
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construisent leur nid comme les Hirondelles et se servent de leur salive visqueuse pour en cimenter les matériaux. Ils sont remarquables en ce que, une fois posés sur le sol, il leur est fort difficile de s’envoler, leurs ailes trop longues venant frapper la terre avant que l’animal ait eu le temps de s’enlever dans les airs; aussi est-il facile de prendre à la main des Martinets posés sur le sol.
Les ^stianganes sont célèbres dans le monde entier : ce sont «
elles qui bâtissent ces fameux nids d’Ilirondelle dont on fait en Chine une si grande consommation et qui, dit-on, constituent un mets des plus délicats. Ces Oiseaux habitent Java et Sumatra et nichent sur les rochers au bord de la mer. Ce sont ces nids que les riches Chinois recherchent et payent des sommes considérables. Buffon parle d’un Javanais, propriétaire d’une caverne où venaient nicher les Salanganes, et qui, par la seule vente des nids, se faisait un revenu annuel de plus de 50 000 llorins. De nos jours, ce singulier commerce n’a rien perdu de son importance.
Les Hirondelles diffèrent des Martinets par le nombre des rectrices caudales, qui est de douze. Ces Oiseaux chanteurs, au
nous reviennent au printemps d’Afrique où elles ont été passer l’hiver : on les accueille avec joie, comme des messagers de bonne nouvelle; elles nous annoncent en effet le retour de la belle saison et le réveil de la nature. Elles reviennent seules ou par couples; mais en automne, lorsque l’époque de la migration est arrivée, elles se rassemblent en grandes masses, comme pour tenir conseil et pour fixer la date du départ. Au jour dit, toutes les Hirondelles de la contrée se rassemblent à l’endroit convenu, la bande s’enlève dans les airs et, après avoir fait quelques tours comme pour s’orienter, elle prend sans hésitation le chemin de la Méditerranée. Quelquesunes, retardées pour une cause quelconque, manquent au rendez-vous : elles ne se mettront point en marche, mais passeront 1 hiver dans nos contrées et tomheront, jiendant la saison rigou-
l'ASSElŒAüX.
reuse, dans un sommeil hibernal tout à fait pareil à celui de la Marmotte ou du Loir.
Quand rilirondelle revient d’Afrique, elle retourne passer l’cté dans les lieux mêmes où elle l’avait passé l’année précédente; si son nid n’a pas été détruit, elle en reprend possession. Parfois elle se trouve en face d’un usurpateur : c’est un Moineau paresseux qui, trouvant un nid tout lait, s’y est installé, heureux de n’avoir point à en construire cette année-là. L’Hirondelle tâche d’effrayer l’usurpateur et de lui faire abandonner la place : mais celui-ci, retranché dans le nid comme dans un château fort, se moque de ses cris et distribue adroitement des coups de hcc à qui s’approche de lui. L’Hirondelle dépossédée s’eu va conter alors sa déconvenue à scs compagnes : celles-ci lui prêtent leur concours et toutes viennent déposer adroitement autour de l’ouverture du nid des parcelles de mortier qui, en s’ajoutant les unes aux autres, finiront par fermer entièrement cette ouverture et par emj)rison-
ner 1 intrus tout \1- 220. — a, Hirondelle de fenêtre ; B, Hirondelle de
vaut.
cheminée.
Les Hirondelles de nos pays appartiennent à trois espèces, V Hirondelle de cheminée, V llirondelle de fenelre, Yllirondelle de rivage (fig. 229). Cette dernière se creuse un terrier sur la rive des cours d’eau; les autres construisent, soit au faîte des cheminées, soit à l’angle des fenêtres, des nids d’argile dont toutes les parcelles sont réunies les unes aux autres parla salive visqueuse de l’Oiseau. En raison du grand nombre d’insectes qu’elle détruit, l’Ilirondelle doit être rangée parmi les
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animaux utiles et mérite par conséquent notre protection.
I.es TÉiNuiROSTREs, Oiscaux criards ou chanteurs, ne comprennent qu’un très petit nombre d’espèces européennes l.cs Oiseaux qui composent ce groupe se nourrissent d’insectes et
Fi>. 230. — Ilu])j)e.
sont caractérisés par un bec long et grcle, droit ou arqué, mais toujours dépourvu d’écbancrure. Leurs pieds se composent de quatre doigts, un postérieur assez long, et trois antérieurs, dont les deux externes sont souvent réunis à la base.
Les Grimpereaux sont de petits Oiseaux qui grimpent aux
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arbres à la façon des Pics, pour y chercher les Insectes qui courent sur l’écorce ou qui se tiennent caches au-dessous d’elle: dans ce dernier cas, ils perforent l’écorce à coups de hec, pour mettre à nu l’Insecte qu’ils convoitent. Ces Oiseaux vivent solitaires ou par couples dans les l)ois et les jardins.
Les Huppes (fig. 250) sont faciles à reconnaître, à cause de la double rangée de longues plumes qui surmontent leur tete et qu’elles ont la faculté de hérisser à volonté. Ce sont des Oiseaux des régions chaudes d’Afrique, mais elles viennent
chaque année passer l’été en Europe, et alors elles ne sont point rares en France. Elles vivent surtout à terre, ne perchent que rarement et ne volent qu’avec peine.
Dans le groupe des Ténuirostres viennent encore se ranger les Oîseaiix-Houciies, Ics plus petits de tous les Oiseaux. Ils sont muets, mais leur mutisme est largement compensé par leurs couleurs brillantes, qui aux feux du diamant joignent l’éclat étincelant du rubis ou de l’émeraude : on dirait des pierres précieuses ailées et voltigeant de fleur en fleur. Ces élégants volatiles appartiennent tous à l’Amérique méridionale et centrale.
Le groupe des Lévirostres comprend des Oiseaux criards dont le bec est long mais faible (fig. 25 1 ) et dont les pattes sont elles-mêmes assez faibles. Les doigts sont au nombre de quatre, un postérieur et trois antérieurs ; les deux externes sont réunis et soudés l’un à l’autre jusque vers le milieu de leur longueur : de là le nom de Sijn- (lactyles (cuv, avec; cay.TuAo;, doigt), c’est-à-dire Oiseaux à doigts unis, sous lequel on désigne encore les animaux de ce groupe.
Dans les forets les plus épaisses des régions chaudes de l’ancien continent se trouvent les itoiiicrs. Oiseaux parés de vives couleurs. Ils sont timides et insociables et vivent d’insectes, de
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Vers et de petits Reptiles ; quand toute autre nourriture leur
fait defaut, ils mangent aussi des baies, des graines, des racines.
Dans le midi de la France, on voit arriver en mai, pour re-
pai tii en Afrique à 1 automne, des bandes nombreuses d’Oiseaux
qui volent a la façon des Hirondelles, mais qui sont de plus
grande taille que celles-ci, et qui, comme elles encore saisissent
au vol leur proie, consistant en Insectes, surtout en Abeilles
et en Guêpes : ce sont les Guêpiers. Ces Oiseaux élégants ont
une curieuse façon de nicher : ils établissent leur nid sur le
bord des cours d’eau, à l’extrémité de galeries profondes
longues parfois de deux mètres, et qu’ils ont creusées euxmêmes.
Les Martin*-, ,êci.ci,rs se rapprochent des Guêpiers par leur manièrede nicher, mais parce point seulement : ils construisent leur nid sur la berge des rivières, mais ils ne fouissent point le sol et s’établissent simplement dans des anfractuosités du rivage ou dans des trous abandonnés par des Rats d’eau; ils ont la singulière habitude de tapisser leur nid des arêtes des Pois-
sons dont ils se sont nourris. Les Martins-pêcheurs sont répandus sur toute la surlace du globe; ils
serencontrentprincipalementdans
les régions chaudes de l’Afrique et de l’Asie. Une seule espèce vit en Europe; elle n’est point rare en France et ses jolies couleurs, où l’émeraude s’unit à l’azur* sont bien faites pour charmer.
Le Mar lin-pêcheur (hg. 252) de nos pays est un peu plus gros qu un Moineau. Il vit isolé et sa nourriture consiste pour ainsi dire exclusivement en Poissons, qu’il sait attendre avec une patience inlatigable et happer an passage avec nue adresse mei veilleuse : il restera des heures entières coinplèteinent iin-
Martin-pêclieur.