ORDRE DES COUREURS
Les Oiseaux qui constituent
Fi-. 202.
Écliasse.
Fordre des Coureurs ont été longtemps réunis aux Échassiers, dont ils se rapprochent par l’allongement du tarse, mais une connaissance plus approfondie de leur structure anatomique les a fait ranger à part : leur organisation est en effet bien diflérente de celle de tous les autres Oiseaux.
Les Coureurs, parmi lesquels on trouve rAutruclie et le Casoar, sont les plus grands des Oiseaux. Ce sont des animaux lourds et massifs; nous avons vu déjà que, sauf au crâne, leurs os ne présentaient point do pneurnaticité; le sternum n’otlre aucune trace de bréchet; les clavicules font totalement défaut; les ailes sont considérablement atrophiées; on ne distingue ni rectricesni rémiges : tout est en rapport, en un mot, avec le fait (pie ces Oiseaux ont perdu leur faculté de voler (fig. 2ijo). Les pattes acquièrent une grande vigueur; aussi ces animaux se font-ils remarquer par la vitesse de leur course : de là le nom du groupe. La course est du reste làcilitée par le mouvement des ailes, qui battent l’air à la façon de rames.
Non seulement les plumes des ailes et de la queue ne se sont point développées en rémiges et en rectrices, ainsi (pie nous ve-
P. PEUT ET U. PLAI\(J1IaUI>.
OISEAUX
lions (le le dire, mais meme les plumes restent à l’état rudimentaire. Elles n’atteignent jamais le degré de perléction que nous avons décrit dans le précédent chapitre, et les mieux développées conservent la souplesse et la mollesse du duvet : aussi sont-elles fort recherchées. Chaque Autruche fournit, en moyenne, 250 grammes de plumes blanches et 1500 grammes de plumes noires. Ces plumes, qui se trouvent aux ailes et à la
Fig. !265. — Squelette d’Autruclie.
queue, ont été dans tous les temps utilisées comme parure : les soldats romains en ornaient leur casque lorsqu’ils s’étaient signalés dans les combats par quelque action héroïque. De nos jours, on en fait une grande consommation pour la toilette des dames, pour la confection des éventails et pour divers autres usages; leur prix est devenu fort élevé. Aussi, pour se les procurer dans de meilleures conditions, a-t-on commencé à élevei
COliriEÜKS.
les Aulruches à l’état domestique. Cette industrie est assez llorissante an cap de Bonne-Espérance.
Les plumes ne recouvrent point toute la surface du corps : la tête, le cou, le ventre restent tà moitié nus; te tarse et les [lattes sont totalement dénudés et la peau s’y présente sous forme d’écailles.
La tête est fort petite et portée à l’extrémité d’un cou allongé ; le bec est plat et large, profondément fendu. Enlin. ces Oiseaux sont dépourvus de larynx inférieur.
Les Coureui's ne se rencontrent ni en Europe ni en Asie; on les divise en deux groupes, suivant que les pattes ne présentent que deux doigts, comme chez l’Autruche (lig. 204), ou en présentent an contraire trois, comme chez le Nandou, rÉmoii et le Casoar.
V Autruche, dont on ne connaît qu’une seule esjièce, qui habite dans l’intérieur de l’Afrique et jusqu’au cap de Bonne-Espérance, mesure hahitnellement de l'”,80 à 2 mètres de hautemr; elle peut atteindre même parfois jusqu’à o'“,25. Son poids varie entre 40 et 50 kilogrammes. On la rencontre dans les steppes et les endroits arides on elle se nourrit d’lierhaij;es.
Moïse défendait de manger la chair de rAutruche. Les Bomains la considéraient au contraire comme un mets fort délicat, et l’histoire nous a transmis le récit d’un festin dans lequel lléliogahale lit servir à ses botes un plat de 000 cervelles d’Autruclies.
L’Autruclie a la vue et l’ouïe très déliées, mais le goût et l’odorat sont a peu piès nuis i aussi avale-t-elle sans discernement
Fig. 261.
l’alle d’Aulruc'he.
OISEAUX
tout ce qui se présente à elle; c’est là sans doute ce qui a donné naissance à cette fable absurde, suivant laquelle elle se nourrirait de pierres et de morceaux de fer! Elle supporte la faim et surtout la soif pendant plusieurs jours. Elle est du reste d’une extrême voracité.
Cet Oiseau est d’une force extraordinaire. Il s’apprivoise avec facilité, et alors on peut le monter et l’atteler comme un Cheval, bourse défendre, il n’a qu’une arme, son pied, mais les coups qu’il en porte sont si terribles que, bien appliqués dans la poitrine, ils peuvent tuer un Homme. La rapidité de sa course et sa résistance à la fatigue sont extrêmes. Il serait impossible, sans employer la ruse, de l’atteindre et de s’en emparer ; car jamais le Cheval le plus agile ne pourrait arriver à fournir une course de 45 kilomètres à l’heure.
« Les Arabes procèdent à la chasse des Autruches de la manière suivante. Ils les suivent à distance, sans trop les presser, pendant un jour ou deux, tout en les empêchant de prendre leur nourriture. Quand ils les ont ainsi fatiguées et affamées, ils les poursuivent à toute vitesse, en mettant à profit ce fait, que leur a révélé l’observation, à savoir que l’Autruche ne s’enfuit jamais en ligne droite, mais qu’elle décrit une courbe plus ou moins étendue. Les cavaliers suivent donc la corde de cet arc, et par ce stratagème plusieurs fois répété, ils s’approchent insensiblement de leurs victimes jusqu’à une très faible distance. Imprimant alors un dernier élan à leurs montures, ils fondent impétueusement sur les Autruches harassées, et les assomment à coups de bâton. On évite, autant que possible, l’effusion du sang, qui déprécie les plumes de l’Oiseau.
« Certaines peuplades arrivent au même but par un arlilice assez singulier. Le chasseur se couvre d’une peau d’Autrucbe, en ayant soin de passer le bras dans le cou de l’animal, aüu de rendre ses mouvements plus naturels. A la faveur de ce déguisement, ils approchent des Autruches sans défiance, et les tuent. »
Les Autruches se réunissent d’ordinaire en bandes. La femelle