Nandou
dans des climals plus tempérés, elle les couve nuit et jour. 11 est fréquent que plusieurs femelles viennent pondre dans le m("me nid; elles couvent alors tour à tour et le male lui-méme peut, à certains moments, prendre la place des femelles.
L’incubation dure environ un mois et demi. Les petits, lors-
()ISl!]AUX.
qu’ils éclosent, ont la taille de la Poule : ils sont déjà couverts de plumes, peuvent courir et chercher eux-mêmes leur nourriture. Mais souvent la nourriture est rare : aussi les parents ontils eu soin de tenir en réserve un certain nombre d’œufs non
couvés qui serviront a 1 alimentation des jeunes aussitôt après Péclosion.
Le Nandou (fig. 200) a le même genre de vie que l’Au-
truche, mais il diffère de celle-ci par sa taille moitié moindre et par ses pieds munis de trois doigts. On le trouve par bandes assez nombreuses dans les hautes plaines du llrésil, du Chili, du Pérou.
VÊtnou^ de la Nouvelletlollande, est un animal d’un caractère doux et paisible, qu’il est aisé de domestiquer. Il s’acclimate et se reproduit fort bien en Europe, et il serait désirable qu’on se livrât à son élevage dans nos pays, car sa chair est délicate.
Le Casoar (Og. 266), qui vit isolé ou par couples dans les forêts de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée et de quelques îles voisines, diffère des Oiseaux précédents par ses pattes plus courtes et surtout par l’existence d’une forte crête osseuse, en forme de casque, qui surmonte sa tête. Ses ailes sont encore plus courtes que chez les Autruches : elles ne peuvent j)bis servir a faciliter la marche, mais constituent plutôt une sorte d arme, grâce à la présence à chacune d’elles de cinq baguettes solides et ])iquantes. La temellepond trois ou quatre oMifs qu elle
COUUEliUS.
couve seule pendant environ un mois. Les petits sont déjà couverts d’un léger duvet au moment de leur éclosion; mais leur casque n’est point encore développé. Les Gasoars sont des animaux farouches, réfractaires à toute domestication : il n’y a guère lieu de le regretter, car leur chair est coriace et leurs plumes sont sans valeur.
A côté des animaux (jue nous venons de passer en revue, on peut encore ranger, dans l’ordre des Coureurs, des Oiseaux qui diffèrent des précédents à beaucoup d’égards, mais qui s en rapprochent néanmoins par la brièveté des ailes, par la simplicité des plumes et par l’impossibilité de voler.
Au premier rang de ces Oiseaux étranges se place V ApLcrux (fig. 267) (a, privatif; aile), dont les ailes sont si courtes
Fig. 267. — Aptéryx.
qu’on a cru d’abord à leur absence totale. Cet animal singulier a des pattes de Poule et un bec de Bécasse; sa taille est celle d’une forte Poule. A l’exception des tarses et des pattes, son corps entier est couvert de plumes fort simples, pendantes, lâches et soyeuses. L’Aptéryx est originaire de la Nouvelle
OISEAUX
PALMIPÈDES
oïù
Zélande. Il vil. dans les conlrces boisées et inhabitées, ])arnii les marécages où il se nourrit d’insectes et de vermisseaux. D’humeur farouche, il ne sort qu’après le coucher du soleil et passe toute la journée caché au fond d’un trou qu’il s’est creusé dans le sol. 11 vit solitaire ou par couples, et pond, deux fois par an, un œuf plus gros que celui du Canard et que la femelle couve jusqu’à l’éclosion. Cette espèce curieuse est devenue extrêmement rare, et tout fait prévoir que dans un avenir très prochain elle aura disparu tout à fait de la surface du globe.
11 existait encore à la Nouvelle-Zélande les iiinorniK, Oiseaux voisins des Casoars, mais beaucoup plus grands, puisqu’une de leurs espèces ne mesurait pas moins de quatre mètres. L’époque de leur disparition ne remonte guère qu’à un petit nombre d’années: on retrouve en effet leurs ossements dans un remarquable état de fraîcheur et de conservation, et les indigènes en parlent encore comme d’animaux qui leur étaient familiers. On peut en dire à peu près autant du grand Oiseau de Madagascar, V Æpyornis, également détruit ]>ar 1 Homme dans des temps récents. On possède de ce dernier des œufs, pour h'scpiels, suivant l’expression d’un vovageur, lin clia|)eau pourrait sei vir di; coijuetier.
l n Oiseau, dont h's restes ont été trouvés à l’état fossile BU franco, le fiaslornis (lig. 2(>8), avait une (aille analogue it doit (*trc placé à côté des Diiioiiris.
ORDRE DES PALMIPEDES
fœs nombreux Oiseaux qui constituent cet ordre ne se ressemblent guère (pie par un s(hi1 détail d’organisation : tous 3ut les pieds palmés (tig. 269), c’est-a-dire que leurs doigts sont réunis par une membrane. Mais le développement de œtte membrane varie beaucoup d’une espèce à l’autre : tan- :ôt elle est complète, tantôt au contraire elle est profonlément échancrée. Tous ces Oiseaux se ressemblent encore en ce qu'ils sont bons nageurs. Ouairt à la jilupart des
OISEAUX
autres points d’organisation, ils sont dilTércnts dans les divers
des variations si nombreuses (|u’il est vérital)lement impossible de les résumer en un exposé unique : leur étude viendra plus à propos quand nous nous occuperons de chaque l’ami lie en particulier.
Les Palmipèdes sont cosmopolites : on les trouve sur toute la surface du globe, au voisinage des eaux douces ou salées, aussi bien sur le bord de toutes les mers que sur les rives des lacs des plus liantes montagnes; au sein de l’Océan, les îles les plus petites et lesqilus isolées sont également habitées par ces Oiseaux. Dans les régions glaciales, on les trouve sur les falaises désertes réunis en troupes prodigieusement nombreuses; à ces latitudes désolées, le nombre des espèces est peu considérable, mais le nombre des individus de chaque espèce est vraiment surprenant; à mesure (pi’on se rapproche de l’équateur, le nombre des espèces augmente rapidement, mais celui des individus d’une même espèce suit une progression inverse.
Tous ces Oiseaux nagent, avons-nous dit, mais tous ne volent point : il en est meme un assez grand nombre qui peuvent à peine se mouvoir sur le soi et uni passent jiresqne toute leur existence dans l’eau. La plupart plongent très habilement et pourchassent les Poissons jusqu’au fond des eaux : eu plongeant de la sorte, ils ne mouillent point leurs plumes, car ils ont soin de les enduire fréquemment d’une matière huileuse (ju’ils vont chercher avec le bec sur la glande du croupion, fort développée chez eux. Ces Oiseaux ont un régime essentiellement animal ; il est rare qu’ils se contentent de végétaux. Tous sont sociables et la plupart sont des Oiseaux de j)assage.
groupes et sont sujets à
Fig. 2G9. — Patte de Palmipède (Canard).
K\LJIir*KDES.
Les Palmipèdes sont des animaux fort utiles : leur cliair est souvent délicate, leurs œufs sont succulents et un certain nondjre d’entre eux sont élevés dans nos basses-cours eu raison de ces (jualités précieuses. D’autres nous fournissent le duvet ou même des fourrures estimées. Ce sont eux encore qui produisent le guano : cet engrais, si employé de nos jours en agr iculture, provient de certaines îles des mers du Sud, notamment de l’île de Cincha, voisine des côtes du Pérou; il est constitué par raccumulation des fientes des Oiseaux de rivage, accumulation dont l’origine remonte sans doute à plusieurs milliers d’années.
Les Palmipèdes grands voiliers sont réunis en une famille
Fig, 270. — l’iilfiiî (le l’ile Campbell.
à laquelle on a donné le nom de longipennes. Dans cette famille, les J^iftins, les Pétrels, les Albatros sont aisément reconnaissables à leurs pieds largement palmés, dépourvus de doigt postérieur, à leur bec long, fort et terminé en crochet, à leurs narines tubulaires. Leur vol extraordinairement puissant leur
OISEAUX
permet de s’aventurer en mer à une très ^^rande distance du rivage. On les rencontre surtout là où la mer est violemment agitée, ils aiment la fureur des flots, ce sont véritablement des Oiseaux des tempêtes; avec une adresse merveilleuse, ils saisissent au vol les Poissons que le remous des vagues amène à la surlace. Ils sont bons nageurs, mais ne plongent point et se mettent rarement à l’eau pour saisir leur proie. Ces Oiseaux nichent en société sur les falaises. La femelle ne pond qu’un œuf et elle partage avec le male les soins de l’incubation ; le petit est encore bien incomplètement développé en venant au monde, et ses parents doivent lui apporter la becquée pendant assez longtemps.
Les Puffîns (tig. !270) se rencontrent dans la partie septentrionale de l’océan Atlantique, tant en Europe qu’en Amérique ; ils ne sont point rares sur les côtes de France. Les Pétrels, répandus dans le nord de l’Europe et au sud de l’A-
Fig. *271. — ÂlI)aUos.
Irique, s’observent aussi en France, mais plus rarement que les Oiseaux précédents. Les Aiii>atros (tig. 271) sont particuliers aux mers du Sud; ils sont abondants au cap de Bonne-Es[)érance. L’espèce appelée par les matelots Mouton du Cap, est toute blancbe et grosse comme un Cviine.
l‘AUIII>Èl)ES.
A coté d’eux se placent d’élégants Oiseaux dont la forme générale rappelle celle des Hirondelles et des Tourterelles : leurs ailes sont longues et pointues, leur queue est souxent fourchue; leurs pieds sont composés de quatre doigts, dont trois antérieurs réunis par une membrane et un postérieur libre ; leurs narines ne sont pas tubulées. Ces Oiseaux ont le xol puissant du Pétrel, mais ne s’éloignent guère des côtes pour s’aventurer en mer; quelquefois ils pénètrent au contraire dans l’intérieur des terres et s’établissent au bord des lacs poissonneux. Leur nourriture consiste principalement en Poissons ou autres animaux aquatiques, dont ils s’emparent soit en nageant, soit en plongeant tout d’un coup. Tous ont le plumage blanc, mêlé de brun ou de noir. Ils nichent en société sur la plage et pondent de deux à quatre œufs, que le- mâle et la femelle couvent alternativement. En naissant, les petits réclament les mêmes soins que ceux des Pétrels.
Les plus connus sont les Bec-en-ciseaux, les Mouettes, les Goélands et les Sternes. Les Bec-eii-ci<^eaux sont particuliers aux Tropiques, et doivent leur nom à la forme de leur bec, dont les mandibules, d’inégale longueur, l’inférieure étant beaucoup plus longue que la supérieure, sont comprimées latéralement, présentent des bords tranchants et se disposent presque comme les lames d’une paire de ciseaux. Les sont communes sur toutes les côtes de l’Europe ; les espèces les plus répandues en Erance sont : la .iioucttc rieuse et la 3ïoucite ecnciréc. Elles remontent fort loin le long des grands neuves ; on en trouve dans la Loire au delà de Nevers. Elles sont très voisines des <;oëi:iiids et ne s’en distiimuent <iuère que par une taille plus petite. Les sternes ou Jli rondelles de nier (tig. ‘272) sont fort abondantes sur toutes les côtes et le long des lleuves des deux continents. Leurs œufs sont fort délicats et sont aux États-Unis la base d’une branche importante de commerce.
La famille des totipalmes se compose de Palmipèdes au corps
OISEAUX
allongé, aux ailes bien développées, (pii présentent tous ce caractère d avoir le pouce réuni aux autres doigts par une lürnre inenibione . de là le nom de Totijiaîmes, c est-à-dire d’animaux ayant les pieds entièrement palmés. Les autres caractères de ces Oiseaux sont assez variables, le bec notamment est
contormé de ia(;ons tiès diverses. Malgré leur grande taille, ces animaux ont un vol rapide et soutenu, et ils peuvent aisément s’éloigner de plusieurs lieues en mer, mais ils préfèrent pénétrer dans 1 intérieur des terres et il est frétpient de les rencontrer à une grande distance de la mer, établis le long des neuves. Ils vivent de Poissons dont ils s’emparent en plongeant. Leur nid est établi sur des rochers ou sur des arbres. C’est surtout par ces Oiseaux qu’est produit le guano, à l’exploitation duquel le Pérou doit la plus grande partie de ses revenus. Les Pbaétons, les ï'ous, les Fia'gates, les Cormorans, les Pélicans sont les principales espèces de cette famille.
Les Piîeiétfosis se rencontrent dans la zone torride et il est bien rare qu’ils la quittent pour faire des incursions en d’autres parties du globe. Leurs ailes sont longues et les deux pennes médianes de leur (pieue dépassent beaucoup en longueur toutes les autres rectrices, d’où leur nom xulgixlve de I^aille-en-fjueue.
J.es Fous ont les pattes fort courtes et les ailes tort longues;
PALMIPEDES.
aussi, de même que les Marliuets, leur est-il dillicile de prendre leur essor quand ils sont posés à terre : en raison de ees laits, ils ne fuient point devant ritomme et se laissent assommer sur place plutôt que de lui livrer passage; c’est à cette ineptie apparente qu’ils doivent leur dénomination. Ces Oiseaux ont la queue terminée en pointe; leur bec, plus long que la tète, est droit, robuste, épais, conique, très légèrement recourbé à la j)ointe et dentelé en forme de scie sur ses bords. La membrane qui réunit les deux branches de la mandibule inférieure est très dilatable : aussi les Fous peuv(‘iit-ils avaler des proies très volumineuses. J.’espèce de nos côtes, le Fou de Bussan, est commune sur les plages de toutes les mers de riiémispbère boréal.
Les Fi-éftaies (lig. 21Ô) habitent les régions intertropicales.
Fiy. 273. — Eiégalc.
comme les Phaétons, mais se distinguent de ceux-ci par une série de caractères importants : la palmure des pieds est largement écliancrée; le bec, notablement plus long que la tète, est fortement incurvé en bas à son extrémité et les deux mandibules participent à cette incurvation ; les ailes et la (pieue sont fort longues, et cette dernière est profondément bifurquée. Ces Oiseaux ont un plumage noir tirant sur le brun; leur taille est
considérable, puisqu’ils mesurent habitiiellemeiit r", l(J de longueui et 2 ,oo d envergure : aussi leur a-t-on donné encore le nom d Aigles de mer. Ils font en mer des excursions d’une longueur prodigieuse : il n’est pas rare d’en rencontrer à 40 ou 50 heues au large; on en a vu meme à 140 et 200 lieues des côtes. Leur nourriture consiste princij)alement en Poissons volants qu’ils saisissent au moment où ceux-ci sortent des Ilots. Leur nid, construit avec un certain art, est placé sur des arbres.
Les Cornioraiss sont des Oiseaux aux formes massives; leur bec est de longueur moyenne et se courbe à l’extrémité de la meme manière que chez la Frégate; leurs pieds à large palmure sont armés de fortes griffes. Ce sont d’excellents nageurs et des plongeurs habiles : bien rarement le Poisson qu’ils poursuivent parvient à leur échapper. Ces Oiseaux s’établissent le long des fleuves entourés de forêts : ils sont un véritable fléau,
Fig. 274. — Pélicaii.
a cause des ravages considérables qu’ils font en délruisaid le poisson. Ils s’apprivoisent aisément, et les Chinois, qui les élèvent Iréquemment en domesticité, ont mis à profit le talent des Cormorans pour la pêche : ils les habituent à obéir à la voix et les laissent pêcher a leui* aise : dès (pi’un Poisson est
PALMIPÈDES
capturé, ils rappellent le Cormoran, auquel ils ont eu soin du reste de mettre un étroit anneau autour du cou, pour l’empécher d’avaler son butin. Les Cormorans sont répandus en Europe, en Asie et dans l’Amérique du Nord; pendant l’iiiver, on les rencontre également en Afrique.
Les Pélicans (lig. 274) sont reconnaissables entre tous les Oiseaux à la conformation singulière de leur bec. Cet organe est long, large, aplati et présente à sa pointe un crochet. Les deux branches de la mandibule inférieure sont fortement écartées et la membrane nue qui les réunit se dilate en un sac volumineux dans lequel les aliments ingérés s’accumulent. Les jeunes sont encore fort imparfaits lorsqu’ils éclosent et la femelle les nourrit en dégorgeant dans leur bec le contenu de son sac guttural. Malgré leurs pieds palmés, ces Oiseaux perchent volontiers sur les arbres, et les Cormorans partagent avec eux cette habitude. Les Pélicans habitent presque toute l’étendue du globe, mais on les rencontre surtout dans la zone torride et dans les parties des zones tempérées qui se rapprochent le plus des tropiques.
Les LAMELLIROSTRES constitucut une importante famille, dont
tous les membres sontaisémentreconnaissablesàleur bec large et légèrement bombé, revêtu d’une peau molle et délicate, douée d’une exquise sensibilité ; cet organe présente en outre sur ses bords une série de petites lamelles dentelées (fig. 275). La bouche de ces
Oiseaux renferme une langue F'S- 275.— Tète de Lameiiirostre épaisse et charnue, dont les bords (Canaui).
sont également ornés de petites denticulations : ces sortes de papilles ne sont autre chose que des plumes dont le développement s’est arrêté de bonne heure et qui ont subi par la suite certaines modifications, grâce auxquelles elles ont perdu leur aspect ordinaire. 11 est intéressant de rapprocher ce fait
OISEAUX
de ce qui s’observe chez les Lièvres, parmi les Mammifères, •où l’on voit des poils se développer ainsi dans la bouche, à la Lace interne des joues.
Les Lamellirostres ont le corps lourd, ils volent néanmoins fort bien et entreprennent de longues migrations. Un certain nombre d’espèces sont domestiquées et chez elles la faculté de voler est, sinon complètement détruite, du moins très restreinte. Tous nagent et plongent bien, mais à terre leur démarche est pesante et embarrassée.
Le genre Canard (fig. ^TG), caractérisé parmi cou court, par des pieds placés très en arrière, par un bec aplati et large à
Fig. 276. — Canard.
son extrémité antérieure, comprend un grand nombre d’es- .pèces. La plus répandue dans nos pays, surtout pendant l’iiiver, •est le Canard sauvage. Cet Oiseau est la souche de toutes les races nombreuses de Canards domestiques. Il est véritablement originaire des régions les plus froides de la Laponie, de la Sibérie et du Groenland : dans ces régions désolées, on le rencontre à chaque pas et il est si abondant que l’imagination peut difficilement s’en rendre compte. Dès qu’arrivent le<
PALMIPÈDES
froids, les Canards sauvages commencent à se montrer par petites bandes dans les départements du nord de la France ; à mesure que la saison devient plus rigoureuse, ils s’avancent davantage vers le sud; parfois meme ils passent en Afrique. Ces Oiseaux voyagent en se disposant dans les airs sous forme deV, à la manière des Grues ; de même que chez ces dernières, on voit encore les divers individus de la bande se remplacer tour à tour et venir occuper à tour de rôle les fonctions de conducteur de la troupe. Les Canards sauvages sont un excellent gibier, aussi le moment de leur passage est-il toujours salué avec allégresse par le chasseur : peu d’animaux pourtant sont aussi difhciles à approcher et il faut déployer un art et une
finesse extrêmes, recourir à des précautions de toute sorte pour pouvoir en tuer quelques-uns.
Les Canards domestiques constituent de nombreuses variétés. Ce sont des Oiseaux précieux à tous égards, à cause de la délicatesse de leur chair, du duvet qu’ils nous fournissent.
OISEAUX
du peu de soins qu’ils réclament : quelques grains, des détritus de cuisine et un peu d’eau où ils puissent barboter, tel est le peu qu’ils exigent.
I armi lesauties especes de Canards, leil/^/oM/^i, la Mcicrsusc (fig. 277), la Sarcelle et le Souchet sont communs en France, les uns pendant 1 année entière, les autres en biver seulement. VEider (fig. 278), propre aux régions les plus septentrionales, n’apparaît presque jamais dans nos contrées. Il mérite néanmoins une mention toute spéciale, car son duvet si doux et si
Fig. 278. — L’FidiT, femelle et mâle.
chaud nous rend les plus grands services et sert principalement à la confection des édredons ^
Les Oies ont les pattes placées moins en arrière que les Canards : elles marchent mieux que ceux-ci, mais nagent et plongent moins bien. Leur nourriture est plus exclusivement végétale et, à l’inverse de ce qui s’observe chez les Canards, les mâles ne se montrent point ornés de plus vives couleurs
* Le mot édredon vient du suédois Eiderdun, ou du hollandais Eiderdous, duvet d'Eider.
PAOIIPÈDES.
que les femelles, h' Oie cendrée, de laquelle provient 1 Oie domestique, appartient au nord de l’Europe ; lors de ses migrations, elle se montre dans nos pays et passe môme en Afrique. voie sauvage, le Gravant et la Bernache appartiennent à ce même groupe.
L’Oie domestique (fig. 279), à laquelle on fait bien à tort la réputation d’être stupide, est un des Oiseaux qui nous rendent
Fig. 279. — Oie.
le plus de services. Son duvet, qu’on arrache à certaines époques de l’année, ses plumes, avec lesquelles on écrivait avant l’invention des plumes métalliques, sont les moindres profits que Ton en retire; sa chair délicate n’a pas besoin de vous être vantée. Pour engraisser cet Oiseau, on le soumet à un régime particulier, que les Romains du temps d’Auguste connaissaient déjà. On maintient l’Oie à l’obscurité, dans une cage trop étroite pour lui permettre d’amples mouvements, et on
OISEAUX
a soin de la priver d’eau ; deux ou trois fois par jour, on la gave de boulettes de maïs et de froment. Quand ce régime a été suivi pendant un mois à un mois et demi, l’engraissement est achevé : une couche épaisse de graisse s’est déposée audessous de la peau et le foie est en l’état requis pour la préparation de ces fameux pâtés de foie gras, si appréciés des gourmets.
Les sout saus contredit les plus gracieux des Palmi-
pèdes. Ils Toguent majestueusement à la surface des pièces d eau de nos jardins, balançant avec grâce leur long cou. Cet
Oiseau, domestiqué dans nos pays, vit en liberté dans les régions boréales, en compagnie de deux ou trois aulres espèces. 11 vient nous visiter pendant les grands hivers. Le Cygne blanc (lig. 280), que nous élevons en captivité, est muet, mais une espèce voisine, Cycyins miisicns^ émet des sons fort agréables.
PALMIPÈDES
Cette espece existe en Grèce, d’où suit que la tradition sur le chant du Cygne n’est pas dépourvue de fondement.
En revanche, les Grecs considéraient le Cygne noir comme un animal imaginaire. Or, il existe en Australie quelques espèces de Cygnes et l’une d’elles est complètement noire : cette espèce a été importée en Europe, où elle s acclimate et se reproduit tort bien.
Les PHÉNICOPTÈRES OU Flcimcints (fig. 281) sont bien réellement, par la structure de leurs pieds et par celle de leur bec, des Palmipèdes lamellirostres; mais leurs jambes et leur cou, démesurément allongés, les rapprochent singulièrement des Échassiers, jiarmi lesquels ils ont été classés par beaucoup d’auteurs. Ces curieux Oiseaux, dont on connaît plusieurs espèces, habitent le nord de l’A- Irique et le centre de l’Asie. L’espèce la plus répandue, celle que l’on trouve le plus souvent dans les ménageries, est \g Flamant rose, que sa brillante coloration permet de ranger au nombre des plus beaux Oiseaux; il vit
en France sur les côtes de la Méditerranée. Chez tous les Pbénicoplères, le bec, lamelleux et dentelé sur ses bords, se courbe brusquement vers le milieu de sa longueur, au lieu de demeurer rectiligne comme chez les autres Lamellirostres.
OISEAUX
Les PLONGEURS sont remarquables par la brièveté de leurs ailes qui chez quelques-uns, sont impropres au vol, et par leurs pattes placées tout à fait à l’arrière du corps. CertaiLs especes sont ainsi incapables de se mouvoir à terre, et on les détruirait facilement si elles ne vivaient dans des rémons peu
Chez les Plongeons (fig. 282) et les grèbes (fig. 285) le bec est droit et pointu. Les ailes, courtes et obtus^, permette neanmoins un vol rapide, mais de peu de durée ; i’a'nimal toi
e ois ne vole que rarement. Sa vie presque tout entière se passe dans 1 eau; il nage et plonge admirablement et ne vient gucre a terre que pour nicher et pondre ; il marche avec une peine extreme, son corps allongé et cylindrique se lenant dans la position verticale. Ces Oiseaux habitent le bord des mers glaciales et viennent chez nous en hiver. Une espèce de Grebe, cependant, le Cas/ayneux, vit constamment sur nos étangs, était la splendeur de leur plumage si propre à la confection
PALMIPÈDES
des fourrures, on ne leur ferait point la chasse, car leur chair est coriace et huileuse. Les Plongeons ont les pieds large-
Fig. 285. — Grèbe cornu.
ment palmés; les Grèhes les ont au contraire lobés, c’est-à-dire que la membrane qui réunit les différents doigts est très {profondément découpée par une étroite échancrure. Chez certains Grèbes il se dévelo[)pe une double huppe sur la tete et une collerette s’épanouit autour de la face.
Les Cii3iillcmots, les Mergiilcs et les Piiig;oiihi<« (hg. -8i), répandus en nombre Immense dans les mers glaciales du iNord, sont caractérisés par leurs ailes rudimentaires, à peu près impropres au vol. De meme que chez les Plongeons, les pattes s’insèrent tout à fait en arrière, en sorte que ces Oiseaux, pour marcher ou se reposer sur le sol, doivent se tenir dans la position veiticale. Le bec, diversement conformé suivant les espèces, est profondément rayé en travers et subit à chaque
OISEAUX
mue des changements de forme très bizarres. Tous ces Oiseaux se réunissent en bandes prodigieusement nombreuses et se tiennent pcicbés sur les falaises ou sur les montagnes de glace» impassibles, ne manifestant aucune inquiétude même à l’approche de ITIomme.
Les Gorfous, les Spiiéiiisqiies et les Haiiciiots (fig. 285) sont les derniers animaux que nous rencontrions dans l’ordre des lalrnipèdes et dans la classe des Oiseaux. Les Gorfous sont ori-
Fig. 284. — Pingouin. Fig. 283. — Manchot.
ginaires de la Patagonie et des îles Malouines; les Spbénisques se rencontrent au sud de l’Afrique et de l’Amérique ; les Manchots liabitent également le rivage des mers australes et sont particulièrement communs sur les côtes de Patagonie. Tous ces Oiseaux se tiennent comme debout, lorsqu’ils reposent sur le sol ; leurs pattes fort courtes ne leur permettent de marcher qu’avec peine, en prenant un point d’appui sur leur queue courte et rigide. Leurs ailes, vtrès peu développées et revêtues seulement de plumes rudimentaires, comparables à des écailles, ne peuvent leur permettre de voler; en revanche, ils plongent et nagent habilement.
CIIÉLONIENS.
CLASSE DES IIEPTÏLES
La Classe des Reptiles, qui comprend les Tortues, les Crocodiles, les Lézards et les Serpents, renferme des anfmaux qui, vous le voyez, diffèrent notablement les uns des autres par l’aspect extérieur. Ces animaux toutefois présentent un certain nombre de caractères communs dont l’importance est assez ^u’ande pour légitimer leur réunion dans une même classe.
Les Reptiles sont des Vertébrés à sang froid, comme les batraciens, avec qui on les confondait autrefois dans les classifications, mais ils en diffèrent en ce qu’ils ne subissent point de métamorphose et en ce que leur respiration se fait pendant toute leur vie au moyen de poumons. Leur peau n’est point lisse comme cellé"^ des batraciens, mais rugueuse, avec un épiderme épais qui ferait croire a des écailles.
La Classe des Reptiles se divise très naturellement en quatre ordres : les Chéloniens, les Crocodiliens, les Sauriens et les Ophidiens.