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ORDRE DES CHÉLONIENS

Aucun groupe de Reptiles n'est aussi netteinçnt délimité que celui des ChélOxMexs (/sXwvy], tortue) ou Tortues. La présence autour du tronc d’une boîte osseuse plus ou moins complète (fig. 286) caractérise bien ces animaux qui, malgré de grandes différences extérieures, se rapprochent des Oiseaux par un grand nombre de points de leur organisation.

La boîte osseuse ou carapace qui entoure le corps des Cliéloniens est due à la fusion et à la réunion des vertèbres et des côtes avec de larges plaques osseuses développées dans l’épaisseur de la ])eau. La partie inférieure de la boîte osseuse, c’està-dire \c plastron, résulte également de la réunion du sternum et des côtes aux plaques osseuses cutanées.

REPTILES

La tête, le cou, les meml)res et la queue sont sim])lement recouverts par une peau coriace; l’animal a le plus souvent la faculté de les rétracter et de les abriter au-dessous de sa carapace, lorsqu un danger vient à le menacer.

Au-dessus des plaques osseuses formées aux dépens du

Fig. 286. — Squelette de Tortue.

A, verièhros cervicales. — F, clavicule. — F, côtes.

K, tibia.

B, vertébrés dorsales. — C, os coracoïde. — D, omoplate. — -0, cotes sternales. - II, bassin. - I, Fémur. - J, péroné.

(. orme, I epiderme s’est lui-même modifié, est devenu corné

(e maniéré a constituer VécaiUc, dont on fait un si grand

usage dans les arts. L’écaille est disposée par plaques qui

ne coiiespondent en aucune façon au.x plaques osseuses sousjacentes.

CIIÉLONIENS.

Les Tortues ont quatre memljres dont la conformation , sur laquelle nous aurons à revenir, est en rapport tantôt avec la vie terrestre, tantôt avec la vie aquatique.

La taille des Chéloniens varie beaucoup : les uns sont fort petits et ont moins de 10 centimètres de longueur; d’autres sont si grands que leur carapace peut servir de ])irogue chez certaines peuplades sauvages : entre ces deux extrêmes, on trouve naturellement tous les intermédiaires. La forme ne varie pas moins que la taille : les Tortues qui vivent à terre ont le corps bombé, comme globuleux; d’autres, adaptées à un séjour aquatique, sont au contraire lôrt plates.

L’odorat et l’ouïe semblent assez obtus. Quant au goût, il est certainement plus développé que les sens précédents : la langue est épaisse et charnue et il est manifeste que les Tortues éprouvent de la répugnance pour certains aliments.

La vue est le plus parfait de tous les sens. Comme chez les Oiseaux, l’œil est protégé par une troisième pau- ])ière, la membrane nictüante^ située à l’angle interne de l’œil.

Les Tortues sont pour la plupart herbivores. Elles mangent fort peu, et ce fait explique suffisamment leur grande lenteur et l’état de demi-engourdissement dans lequel elles passent une grande partie de leur vie. L’évaporation cutanée est nulle ou à peu près, en raison de l’épaisseur et de la nature spéciale des téguments : on en a conclu que les Tortues ne buvaient pas, mais il est actuellement démontré que c’était là une erreur : les Tortues boivent, mais rarement, et lapent avec leur langue à la façon d’un Chien. Ces animaux ont du reste cela de commun avec tous les Reptiles et avec les Batraciens, qu’ils peuvent rester un temps fort long sans manger.

Les Chéloniens n’ont pas de dents : ils broient et déchirent

REPTILES

leurs aliments au moyen île leur hec tranchant et corne iiui les rapproche tout ])articulièrement des Oiseaux. Ce hec puissant est formé de deux mandibules, dont l’inféri(?ure est recouverte par la supérieure.

Le cœur des Tortues est constitué d’une façon bien différente de celui des Mammifères et des Oiseaux : au lieu de se composer de quatre cavités, il n’en comprend plus que trois.

Les poumons sont beaucoup moins finement divisés, beaucoup moins spongieux que ceux des Vertébrés à sang chaud.

l'ig. 287. — lortue rayomiée.

A cause de la présence de la carapace, qui semble rendre impossibles les mouvements du thorax, on a pensé pendant longtemps que ces animaux avalaient l’air; mais des expériences délicates ont montré que la poitrine se dilate bien réellement, comme celle des Mammifères, pendant l’inspiration, quoique par un mécanisme particulier.

Les Tortues sont ovipares : leurs œufs, plus ou moins arrondis, sont pondus en petite quantité, sauf chez les Tortues marines, ou ils sont très nombreux. Leur composition es!

ClIÉLONIENS.

exactement la même que celle de l’œuf des Oiseaux, saut 1 incrustation calcaire de la coquille, et c’est du reste uu caractère qui se retrouve dans toute la classe des Reptiles. Lejeune animal qui eu sort ne subit point de métamorphoses et ne diffère de l’adulte que par la taille ; sa croissance se fait très

lentement.

En se basant sur la conlbrraation des pattes, on peut diviser les Tortues en quatre familles; 1“ les terrestres, 2° les palustres, 5" les fluviales, 4“ les marines.

Les TORTUES TERRESTRES out lu corapacc plus bombee i|ue les

Kig. 288. — Tortues éléplumtiucs.

autres espèces; la carapace et le plastron sont intimement soudés. La tête et le cou peuvent se retirer eiitièremeut sous la boîte osseuse. Les pattes, terminées en moignons, présentent cliacnne cinq doigts immobiles et munis d’ongles en forme de sabots. Ces Tortues vivent dans les bois ou les lieux bien fournis

reptiles.

d herbe ; el es se creusent dans le sol des sortes de terriers peu profonds ou, dans les climats tempérés, elles s’et...ourhssent durant la sa.son froide: Elles se nourrissent de Mollusques teriesfres, mais surtout de végétaux

du'momf î?"' dans toutes les parties

du monde L Europe en nourrit trois, dont une, la Tortue

fpecque habite le midi de la France. La Tortue mauresque très

vers, ne de la précédente, se trouve communément aux Lvi’rons

t gei c est elle qui arrive en si grande abondance à Paris.

rmi es espaces exotiques, il convient de rappeler la Tortue

e ephamne (hg. 288), qui se rencontre dans les îles du canal

ï ïu'n":;èt::

Les TORTOES PALUSTRES vivent dans les marécages ou dans le^

icment de petite taille. Leurs doigts, mobiles et armés d’oncles, ^n reunis par une étroite membrane natatoire. La carap^ace plus ou moins aplatie, est intimement unie au plastron Ces ortues nagent avec facilité; à terre elles sont assez agiles, hiles se nourrissent surtout de proie vivante, de Mollusques, de Poissons, de Vers. Elles viennent déposer leurs œuf! au voisinage de 1 eau, dans des trous creusés à cet effet.

es Tortues habitent toutes les parties du monde : elles sont surtout abondantes dans les régions chaudes et tempérées, 'eux especes seulement sont européennes : elles habitent surfit d’elles, la Cislude d'Europe

(Ug. iigj), Il est pas rare dans le midi de la France.

habdenfT^”“ TT"* étrangères à l’Europe : elles bitcnt les grands Heuves des pays chauds, le Nil et le Ni^œr

Afrique, le Gange et l’Euphrate en Asie, le Mississipi et l’oîiio

en Amérique. Elles peuvent atteindre une grande taille et l’on

en tencontre parfois qui pè.scnt jusqu’à 35 kilogrammes Très

voraces et très agiles, elles sont presque toujour: à l’eau, cb!:. t Poissons, guettant les petits .Mammifères et les Oiseaux

CIIELOiNlENS

qui viennent se désaltérer. La nuit venue, elles gagnent le bord et se reposent sur les petites îles ou les troncs d’arbre, prêtes à se jeter à l’eau à la moindre alerte. Leur chair est très estimée, aussi leur fait-on une chasse active dans les pays qu elles habitent: on les prend à la ligne, et comme la morsure que produit leur bec robuste et tranchant est fort redou-

Fig. 289. — Cistucle d’Europe.

table, on a so n de leur couper la tête aussitôt qu’elles sont capturées.

Ces Tortues ont les doigts mobiles et réunis jusqu’à l’ongle par une large membrane natatoire. La carapace, ovale et très aplatie, n est ossitiée qu’en son milieu et sur son pourtour : partout ailleurs elle reste molle.

Les TORTUES MARINES out les pattes transformées en nageoires : les doigts, aplatis, sont défyourvus d’ongles. La carapace, fortement déprimée, est le plus souvent recouverte de belles lames

REPTILES

décaille; elle est parfois simplement recouverte d’une peau épaisse et coriace. Le plastron est toujours membraneux en son centre.

Ces Tortues parviennent a une taille colossale : les Sphargis, qui habitent 1 océan Atlantique et se rencontrent quelquefois dans la Méditerranée, pesent jusqu’à 800 kilogrammes; les Chélonées ^ que 1 on trouve dans 1 océan Indien et dans les mers d’Amérique, pèsent communément de 400 à 500 kilogrammes et mesurent près de 2 métrés et demi de longueur.

Les Tortues de mer ne sortent guère de l’eau qu’au moment de la ponte, pour venir déposer leurs œufs sur le sable des rivages. En temps ordinaire, elles dorment même dans l’eau : on les voit alors flotter comme une barque à la surface des mers tranquilles ; on les trouve par bandes plus ou moins nombreuses dans toutes les mers des pays chauds, principalement vers la zone torride. Il arrive parfois qu’on en ca[)ture en f rance, sur les côtes de l’océan Atlantique et même de la Méditerranée, mais le fait est rare : une espèce pourtant, la Toviiie caouane, vit normalement sur nos côtes.

Aucun Reptile n’est plus recherché que les Tortues de mer : leur chair et leurs œuls constituent un aliment délicat; leur graisse, lorsqu’elle est fraîche, peut remplacer le beurre et 1 huile; leur écaille est l’objet d’un commerce considérable. Aussi ces animaux sont-ils chassés sans relâche. L’écaille la plus estimée provient de la Tortue Caret, qui vit dans l’océan Indien.

ORDRE DES HYDROSAURIENS

L’ordre des IIyduosauriens (ucojp, eau; aaàpoç, lézard) comprend des Reptiles plus ou moins voisins des Lézards, mais qui tous sont adaptés pour vivre dans Teau. Cet ordre, fort nombreux aux époques géologiques, n’est plus de nos jours représenté que par les Crocodiliens. On doit y rallaclier un très grand nombre d’espèces fossiles qui vivaient toutes dans

IIYDROSAURIENS.

la mer; nos Crocodiles habitent plutôt rernboiicliure ou meme le parcours des grands fleuves.

On peut diviser les Ilydrosauriens en deux sous- ordres, celui des Crocodiliens et celui des Eualiosauriens.

Pendant bien longtemps ou a pensé que les Crogodiliexs devaient être rangés dans le même groupe zoologique que les Lézards et les animaux analogues; mais depuis que l’anatomiste français de Blainville a lait voir quelles différences anatomiques profondes séparaient ces deux sortes d’animaux, on a

Fig. 29U. — Crocodile.

fait des Crocodiles un groupe particulier de la classe des Reptiles.

Les Crocodiles ont l’aspect général des Lézards (lig. 290), mais sont de bien plus grande taille : les plus petites espèces atteigneutjusqu’à 5 mètres de longueur, etil n’est pas rare d’en rencontrer qui mesurent jusqu’à 7 et 8 mètres. Ils ont quatre pattes, une queue fortlongue, et leur corps est lui-même très allongé. La peau n’est jamais lisse, mais est couverte d’éminences plus ou moins accusées, plus ou moins larges, auxquelles on donne le nom d’ecai7/es. En certains points du dos et à la partie supérieure de la queue, ces écailles renferment de grandes plaques osseuses qui constituent une véritable cuirasse et dont la disposition, variable avec les espèces, est un des principaux caractères utilisés dans la classification de ces animaux. La cuirasse ainsi formée est en certains points si épaisse qu’elle est totalement impénétrable à la balle d’un fusil.

Les membres sont courts ^t puissants. Ils sont terminés par cinq doigts, dont trois seulement portent des ongles. La queue est aplatie transversalement en forme de rame, et permet à l’animal de nager et de battre l’eau avec facilité.

REPTILES

Le crâne, larg(î et aplati, se fait remarquer par les rugosités (les os qui le constituent. Les mâchoires, fort allongées et fort puissantes, sont des armes redoutables. Elles sont munies de dents coniques, implantées dans des alvéoles profonds, et disposées de telle sorte que les dents d’une mâchoire s’entrecroisent avec celles de l’autre mâchoire à la manière des lames d’une paire de ciseaux. Le museau, fort allongé, présente à son extrémité et à sa partie supérieure les deux narines, dont L'orifice est muni de valvules, de façon à s’opposer à la pénétration de l’eau.

L’œil, bien développé, a la pupille verticale ; l’iris est doré. Deux paupières mobiles peuvent, à la volonté de l’animal, venir recouvrir le globe oculaire. De plus, il existe une troisième paupière ou membrane niclüante, comme chez les Oiseaux et les Tortues.

L’oreille est située en arrière de l’œil, mais il est assez difficile de l’apercevoir tout d’abord, parce qu’un clapet en tient constamment fermé l’orifice externe.

Les Crocodiles sont tous carnivores et se nourrissent surtout de proie vivante. La force de leur mâchoire est telle que d’un seul coup de dents ils peuvent aisément couper en deux le corps d’un homme. Ils s’attaquent ordinairement à des animaux beaucoup plus gros et beaucoup plus forts qu’eux, à des bœufs, à des cerfs, etc. La bouche s’ouvre largement et atteint alors des dimensions vraiment épouvantables ; une langue épaisse, mais non protractile et soudée sur toute sa surface, en occupe le plancher. A la bouche fait suite un large œsophage, très extensible, (jui peut livrer passage à une proie volumineuse.

Le cœur diffère de celui de tous les autres Reptiles, en ce que, comme chez les Mammifères et les Oiseaux, il est divisé en quatre cavités bien distinctes, mais disposées pourtant d'une façon toute spéciale.

Les poumons, tous les deux également dévelopjiés, sont analogues à ceux des Tortues.

IIYDROSÂURIENS.

Les Crocodiliens sont surtout des animaux aquatiques: ils plongent et se meuvent dans l’eau avec beaucoup plus d’agilité que sur terre. On les rencontre dans les pays chauds de toutes les parties du monde. Ils vivent surtout dans les eaux saumâtres, à remboucliure des grands fleuves; ils se trouvent cependant aussi dans les fleuves, fort loin de la mer, mais surtout au voisinage des lagunes que ceux-ci présentent sur leur parcours.

Ce sont des animaux ovipares : les œufs, entourés d’une coque dure, ont la grosseur et la forme des œufs d’Oie; ils ont exactement la même composition que les œufs des Oiseaux. Ces œufs sont déposés dans le sable ou dans des trous sur la rive des fleuves. Une fois pondus, ils sont abandonnés à eux-mêmes.

On connaît actuellement une vingtaine d’espèces de Crocodiliens vivants, répartis en trois genres seulement. Ce sont les Caïmans, les Crocodiles et les Gavials.

Les Caïmans OU AUicjators ne se rencontrent qu’en Amé-

rique ; ils sont particulièrement abondants à la Guyane, à l’Équateur, à la Nouvelle-Grenade, dans le nord du Brésil, de la Bolivie et du Pérou. Une seule espèce se rencontre dans r Amérique du Nord, au Mexique et aux Etats-Unis : c’est le Caïmayi au museau de brochet (lig. 291) ou Alligator du Mississipi, qu’il est si fréquent de voir vivant dans les ménageries. Les Caïmans sont reconnaissables à leur museau relativement court et large.

REPTILES

Les Crocodiles soiit particuliers à l’Afrique, mais on les rencontre aussi en Asie et dans l’Amérique du Sud.

Leur museau est, à son extrémité, percé de trous dans lesquels viennent s engager les deux dents antérieures de la mâchoire inférieure (fi g. *292).

Le Cvocodile du Nil était adoré des anciens Égyptiens. Dans les temples en ruine et dans les tombeaux, on le trouve fréquemment à 1 état de momie. Cet animal présente des mœurs cuiieuses, sur lesquelles Hérodote a été le premier à fixer l’attention :

c( Lorsque le Crocodile prend sa nourriture dans le Nil, l’intérieur de sa gueule est toujours couvert de Sangsues. Tous les

Fig. 292. — Tète de Crocodile.

Oiseaux, cà l’exception d’un seul, se sauvent du Crocodile; mais cet Oiseau unique, le Trochiltis, bien loin de fuir, vole vers le Reptile avec le plus grand empressement et lui rend un très grand service. Chaque fois que le Crocodile gagne la terre poui^ dormir, et au moment où il gît étendu, les mâchoires ouvertes, le Trochilus entre dans la gueule du terrible animal et le délivre des Sangsues qui s’y trouvent. Le Crocodile se montre reconnaissant, et ne fait jamais aucun mal au petit Oiseau qui lui rend ce bon office. »

IIYDROSAURIENS.

»^ij.. ^ f ■/ f f f P i' ^ t-j ^ f t.j ^ ^

Fig. 295. — Tête de Gavial.

L’exactitude de ce récit d’Hérodote a longtemps été révoquée en doute, mais Étienne Geoffroy Saint-lïilaire, qui accompagnait Bonaparte pendant l’expédition d’Egypte, eut plusieurs fois l’occasion de la vérifier. Nous connaissons du reste déjà certains cas analogues, et nous savons que des Oiseaux débarrassent de la même façon les Buflles et les Pdiinocéros des Sangsues qui sont venues se fixer sur leur j)cau.

Il n’y a pas bien longtemps encore, les Crocodiles étaient répandus dans tout le Nil, mais la navigation de celleuve étant devenue fort active, ils ont disparu petit à petit et on ne les rencontre plus maintenant au-dessous delà première cataracte.

Les tiavîais ne se trouvent qu’aux Indes, dans le bassin dn Gan^e. Ils se rencontrent aussi

à Bornéo et à Java. Ces animaux sont caractérisés par un museau fort étroit et fort long (fig. 295). Au contraire de leurs redoutables cousins les Caïmans et les Crocodiles, ils sont tout à fait inoffensifs pour l’Homme.

On tire quelque parti des Crocodiliens, tant il est vrai qu il n’est pas d’animal exclusivement nuisible et absolument inutile. En Cocbinchine on les mange, et pour les avoir tonjours à sa disposition on les garde dans des réservoirs d où on les conduit au marché. La peau des Alligators est utilisée en Amérique; on a môme fait à ces animaux des chasses destructives, si bien que quebjues industriels ont eu 1 idée d élever ces animaux dans des parcs pour en avoir la peau.

Les Crocodiliens actuels sont les derniers représentants d’un groupe d’animaux autrefois fort abondants et dans lequel il est aisé d’établir trois grandes divisions, en se basant sur la structure du squelette et spécialement de la colonne vertébrale.

De ces trois divisions, une seule subsiste de nos jours : elle comprend les animaux que nous venons d’étudier. Tous sont

REPTILES

caractérisés par des vertèbres creusées en avant d’une concavité, mais portant en arrière un tubercule arrondi, destiné à s’emboîter exactement avec la concavité de la vertèbre suivante. On dit que les vertèbres constituées de la sorte sont procœliennes (r.po, en avant; -/.îtAo;, creux) : les Crocodiliens actuels forment donc le groupe des procœuens (tîg. 294).

Fig. 291. — Vertèbre procœ- Fig. 295. — Vertèbre nm- Fig. 296. — Vertèbre opislienne de Crocodile. pbicœlienne de Téleo- thocœlienne de Streptospon-

saure. dyle.

Les deux autres groupes de Crocodiliens sont exclusivement lossiles. Ceux qui se montrèrent les premiers à la surface de la terre avaient les vertèbres concaves des deux côtés, c'est-à-

dire cunphiCŒliennes des deux côtés; y.cîXoç, creux); on

les réunit dans le groupe des amphicœliens (Og. Ces

animaux vivaient à l’époque jurassique. Le Tcléosaure, le (léosaiire et le Mïjstnosaure formaient les types principaux.

Le dernier groupe de Crocodiliens, caractérisé par des vertèbres à concavité postérieure et à convexité antérieure, est celui des opisthocœliens (cTCiaOsv, en arrière; xoTÀcç, creux). 11 était représenté aux époques jurassique et crétacée par le Sté^ néosaure, le Céliosaiire et le StreptospomUjlc (tig. 290).

IlYDROSAURIENS.

Le second des deux sons-ordres que nous avons établis dans Tordre des Ilydrosauriens est celui des Enaltosauriexs (éviXtoc, marin ; aaopo;, lézard;. Ainsi que nous Tavons dit et comme leur nom l’indique, tous ces êtres, depuis longtemps disparus de la surface de la terre, étaient des Reptiles marins. Ils vivaient en Fuirope à Tépoqne secondaire. Tous étaient caractérisés par une peau nue, par des vertèbres biconcaves ou amphicœliennes et par des nageoires représentant des membres transformés : à cet égard, ils étaient donc analogues aux Cétacés, qui n’avaient du reste point encore paru à cette époque à la surface du globe. C’étaient de puissants animaux qui ne mesuraient pas moins de 10 mètres de longueur. Leur museau aplati, allongé et armé de nombreuses dents préhensiles, coniques, les rendait particulièrement redoutables.

Ces animaux d’une conformation singulière peuvent être rapportés à trois types principaux :

Les NOTHosAUBEs vivaieut à l’époque triasique. Les dents antérieures de la mâchoire supérieure se faisaient remarquer par leur taille considérable. Le cou, fort allongé, se composait de 20 vertèbres.

Les PLÉSIOSAURES, doot on rencontre les débris dans les terrains jurassiques, avaient la tête très petite. La queue était

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