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ORDRE DES SAURIENS

L’ordre des Sauriens (caupoc, lézard) comprend les Lézards et les animaux voisins des Lézards. Par l’aspect extérieur, ces animaux ressemblent aux Crocodiles, mais sont de bien plus petite taille ; l’organisation interne est du reste assez différente.

Les Sauriens sont munis d’une longue queue, arrondie et effdée comme chez les Lézards, ou au contraire plus ou moins cylindrique comme chez l’Orvet. Dans certains cas, et les animaux que nous venons de citer en offrent précisément des exemples, elle est extrêmement fragile : elle jouit alors de la faculté de repousser et de se reconstituer tout entière. Ce phénomène curieux a reçu le nom de rédintégration ; nous en rencontrerons d’autres exemples en parlant des Batraciens, et surtout des Invertébrés.

Les membres, quand ils existent, sont pourvus de cinq doigts, dont la conformation varie chez les différentes familles. Les Lézards et la plupart des autres Sauriens ont les doigts grêles, armés de griffes longues et crochues, à l’aide desquelles ces animaux peuvent grimper le long des murailles verticales ou se cramponner aux moindres aspérités des arhres. Les Geckos peuvent egalement courir le long de plans verticaux et même contre le plalond des maisons, grâce à des sortes de ventouses qui terminent leurs doigts dépourvus d’ongles. Chez le Camé-

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16on, les doigts, divises à chaque patte en deux groupes opposables ruu à l’autre, permettent à l’animal d’eudjrasser et de saisir fortement les branchages sur lesquels il passe son existence.

Les membres sont parfois si courts qu’ils ont plutôt l’air de moignons : il est à remarquer que chez les espèces qui présentent ces membres rudimentaires, le corps est fort allongé et ressemble à un corps de Serpent. D’autres fois, les membres j)ostérieurs existent seuls, comme cela se voit chez les Pseiidopes; les antérieurs peuvent également être seuls à persister. H est enOn des cas où toute trace de membres a disparu, au moins à l’extérieur, comme chez l’Orvet. En toute circonstance, inême alors que le corps, totalement dépourvu d’appendices, ressemble à s’y méprendre à celui d’un Serpent, on retrouve au-dessous de la peau des os qui représentent les os des membres à l’état rudimentaire.

La peau n’est jamais lisse, mais est toujours couverte de petits tubercules plus ou moins surélevés, auxquels on adonné fort improprement le nom A' écailles. En effet, sauf le cas des Scincoïdiens, on ne trouve jamais dans leur épaisseur de plaques

Fig. 299. —Plaques de la gorge d’un Lézard. Fig. 500. — Plaques céphaliques d’un Lézard.

osseuses qui puissent légitimer cette dénomination. On devrait donc leur donner le nom de fausses écailles [é\^. 299). Néanmoins ce nom d’écaillesest si universellement adopté qu’il serait

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difficile de chercher à le remplacer par une appellation nouvelle. Sur le dos et les côtés du corps, les écailles sont fort petites, mais en d’autres régions elles atteignent des dimensions plus considérables, et leur étude, fort importante, est l’une des bases les plus solides de la classification des Sauriens. Les écailles de la tête, fort nombreuses et fort compliquées, sont connues sous le nom collectif de plaques céphaliques Ifig. 500) : chacune d’elles a reçu un nom particulier, et pour arrivera la détermination des espèces, il faut tenir le plus grand compte de leur nombre, de leur forme, de leurs dimensions relatives.

Certaines espèces de Sauriens, parmi lesquelles on compte

les Lézards, présentent dans

Fig. 301. — Porcs fémoraux d’un Lézard.

l’épaisseur de la peau des glandes qui se trouvent réparties le long du bord interne de la cuisse. Ces glandes, connues sous le nom de pores fémoraux (fig. 501), sont toujours peu nombreuses. Elles ont fourni des caractères importants

pour la distinction des genres et des espèces.

La peau présente des colorations diverses dues à l’existence dans le derme de dépôts pigmentaires qui donnent tà l’organe les teintes parfois fort brillantes dont la répartition sur les divers points de la surface du corps a fourni encore de bons caractères pour la classification. Dans certains cas, notamment chez le Caméléon, l’animal jouit à un haut degré la faculté de faire varier la coloration de sa peau. Nous reviendrons, du reste, sur ce point quand il sera question de cette espèce.

Les couches les plus externes de l’épiderme se détachent, à certaines époques, du reste de la peau : c’est ce qui couslitue le phénomène de la mue.

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Les sens, sauf celui de la vue, semblent peu développés. Le loucher s’opère le plus souvent au moyen de la langue; l’odorat et le goût sont à peu près nuis; l’ouïe ne paraît pas être beaucoup plus fine. L’œil est entouré de deux paupières, excepté chez les Opbiops, les Geckos et les Amplnsbenes , c’est ordinairement la paupière inférieure qui, lorsque l’œil se ferme, vient recouvrir entièrement le globe oculaire. Il existe le plus souvent une membrane nictitante.

La langue présente une forme très variable, suivant les animaux chez lesquels on l’examine.

Les Sauriens se nourrissent presque exclusivement de

proies vivantes : ils s’attaquent surtout aux Insectes, mais les grandes esoèccs ne reculent point devant les petits Mammifères ou les Oiseaux.

Le cœur et les poumons .des Sauriens sont constitués comme ceux des Tortues (fig. 502).

Chez les Sauriens serpentiformes, un des poumons devient lieaucoup plus petit quel’autre.

Les Sauriens sont ovipares; les femelles pondent leurs œufs sur la terre ou le sable, puis .

les recouvrent avec soin. Quelques espèces pourtant sont ovovivipares, comme l’Orvêt et un Lézard de nos pays. Ces animaux présentent encore cette propriété, commune à tous les Geptilcs, de s’engourdir pendant riiiver, enfouis au fond Les LÉZARDS sont au nombre (

Fig. 302. — Cœur de Lézard.

, ventricule- — B, oreillelle droite. — C, oreillette gauche. — E, artère pulmonaire gauche. — F, artère pulmonaire droite. — G, veine pulmonaire gauche. — 11, veine pulmonaire droite. — I, tronc aortique. — K, arcs aortiques. — L, aorte ilescendaute droite. — M, aorte descendante gauche. — N, artères carotides. — O, artère sous-clavière droite. — 1*, artère sous-clavière gauche. — R, artère cœliaque. — S, aorte conunune postélieure ou aorte abdominale.

de trous creusés dans le sol.

les Sauriens les plus vifs et les

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plus agiles. A l’aide de leurs griffes et de leur museau, ils se creusent des terriers pour s’abriter, ou profitent simplement de l’abri que leur offre une fissure d’arbre ou de rocber, ou bien le trou abandonné d’un Mulot. Ils se nourrissent d’insectes, d Araignées, de petits Mollusques, de Vers de terre.

Le plus commun de nos Lézards est le Lézard gris ou Lézard des murailles (fig. 505), que l’on voit en été si fréquemment dor-

Fig. 505. — Lézard des murailles.

mir sur les pierres des vieux murs. Cette espèce présente des variétés très nombreuses.

Gomme 1 espèce précédente, le Lézard vivipare est de petite taille : il dépasse rarement 20 centimètres de longueur. Contiaiiement au Lézard gris, il se tient loin du voisinage de 1 Homme et habite surtout les montagnes ou les jilaines marécageuses. Il mérite de vous être signalé tout particulièrement paice que, comme le nom de l’espèce l’indique, la femelle ne

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pond pas des œufs, mais donne naissance h trois, quatre ou cinq petits vivants.

Le Lézard vert ((ig. 504), de plus grande taille que les précédents, puisqu’il atteint jusqu’à 50 centimètres de longueur, est très abondant par toute la France. 11 se tient de préférence sur la lisière des bois et le long des haies. Ses couleurs vives et élégantes vous ont fait certainement remarquer bien souvent ce gentil Reptile, complètement inoffensif, auquel on fait pourtant, bien à tort, la plus mauvaise réputation.

Fig. 504. — Lézard vert.

Le Lézard ocellé présente également une coloration verte, mais sa taille est beaucoup plus considérable que celle du Lézard vert : il atteint communément jusqu’à 50 centimètres et peut même dépasser ces dimensions. Son nom lui vient de ce qu’il porte sur les flancs une série de grandes taches rondes, d’un bleu cendré entouré de brun. Cette grande espèce est particulière au Midi : elle est abondante au.\ environs de Montpellier, mais est déjà rare dans la Gironde; on la trouve aussi en Italie, en Espagne et meme en Algérie.

Les MONiTORs ou Sauvccjardes sont les plus grands des Sauriens. Ils habitent l’ancien continent, surtout l’Afrique, en partie dans le voisinage des eaux, en partie dans des endroits secs et sablonneux. Ils se nourrissent principalement de gros Insectes, ou même de Reptiles, d’œufs d’Oiseaux et de Mammifères. Les VARANS font partie de ce groupe. Une espèce particulière de Varan vit en Algérie et sur les rives du Nil, où elle mange les œufs du Crocodile.

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Les SCINCOIDIENS varient assez d’aspect; tous sont caractérisé; par 1 existence de plaques osseuses dans l’épaisseur de la j)eau Le Goncfijle Qi le Scinque, qui habitent l’Égypte, sont des Seincoïdiens semblables aux Lézards. Le Seps (11g. 505) et V Orvet, qui vivent dans nos pays, rappellent plutôt les Serpents parleui corps très-allongé. Le Seps toutefois est muni de quatre pattes fort courtes; l’Orvet nommé aussi Servent de verre, à cause de

Fig, oOo. — Seps.

sa fragilité, en est au contraire totalement dépourvu. Le Seps habite l’Espagne et le midi de la France. L’Orvet est répandu par toute la France : cet animal jouit presque partout de la plus mauvaise réputation : on le croit foid dangereux, bien qu’il n’y en ait pas de plus inoffensif. On le considère aussi assez généralement comme étant aveugle, mais cette opinion n'est pas plus justifiée que la précédente.

Les GECKOS ne sont représentés en France que par une

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Fig. 306. — Phrynosome.

UEI'TILES.

seule espèce. Un des principaux genres est celui des Aidâmes, dont les représentants se rencontrent en Afrique et en Amérique : ceux d’Atrique sont les StellîoBî«, les Axâmes proprement «lîis et les Fouette-qiieeie, SI coiiimuns en Egypte et en Algérie. Les Agames d’Amérique sont surtout représentés par les Phrysonoiiics (fig. 506), si aboiidants au Mexique et aux Etats-Unis.

Le Gecko des mtaraiiles (Og. 50/) OU rciVClllc Se tlOUVe eil Italie, en Espagne et dans certaines parties du midi delà France. Cet animal recherche assez volontiers le voisinage de rilomme, et il n’est pas rare, dans les pays qu’il habite, de le voir courir à l’intérieur des maisons, surtout contre le plafond, où il se maintient en dépit des lois de la pesanteur. En effet, ses doigts sont constitués de telle sorte qu’il peut marcher sur tous les plans et dans toutes les directions.

Une autre famille importante, celle des iguanes, comprend un grand nombre de genres qui se rencontrent en Amérique,

aux Indes et en Australie. Parmi les espèces indiennes et australiennes se rencontrent les iira^on^ (fig. 508). Ce nom évoque le souvenir d’animaux fantastiques, tout griffes et tout bec, au corps bizarrement construit et tenant le milieu entre la Chauve-souris, le Quadrupède et le Serpent. Les j)elils animaux (|ue nous désignons ici sous le nom de Dragons sont moins épouvantables que cela, mais ils ne sont pas moins dignes

SAimiE.NS

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crexciter votre intérêt. En effet, ils présentent de cliacjue coté du corps une large meinl)rane, constituée par un repli de la peau que viennent soutenir et consolider des côtes démesurément allongées. Ce repli cutané forme une sorte de parachute, grâce auquel l’animal peut se soutenir en l’air, lorsqu’il saute de branche en branche, mais qu’il est dans l’impossibilité de mouvoir comme l’Oiseau fait de ses ailes.

Fig. 309. — Iguane.

Parmi les Iguaniens d’Amérique, il convient de citer les Iguanes et les Basilics. Les i;^uane!« (fig. 509) ont le dos muni d’une crête dentée et la gorge ornée d’un grand appendice connu sous le nom de fanon ; elles habitent les régions tropicales et sont surtout abondantes a burinain, aux environs de Cayenne et au Biésil ; on les chasse a cause de l’excellence de leur

chair. Les Baï^iiics, comme les Iguanes, atteignent une lon-

gueur de 70 à 80 centimètres.

Ce ne sont point les animaux

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fantastiques et redoutables dont parle la légende, mais de simples Sauriens dont le dos et la queue sont surmontes, chez le mâle, d’une crête élevée que soutiennent de longs prolongements des vertèbres.

Les CAMÉLÉONS (fig. 509 et 510), particuliers à l’ancien monde, sont répandus en divers points de l’Afrique, à Madagascar, et même dans le sud de l’Espagne. Leur organisation et leurs mœurs sont des plus singulières. Comme nous l’avons fait remarquer plus haut, les doigts sont divisés à chaque patte en deux groupes

Fig. 510. — Caméléon donnant éclairé par une forte lampe, une partie du corpîi ayant été protégée par un écran découpé.

opposables l’un à l’autre et saisissant les branches à la manière d’une tenaille. La queue, mince et longue, est prenante. La langue, très longue et vermiforme, est un véritable appareil préhensile : elle est rentlée à son extrémité et creusée en forme de coupe. A l’état de repos, elle est rentrée sur le plancher de la bouche ; mais quand un Insecte vient à passer à sa portée, l’animal la projette vers cette proie, et elle peut alors atteindre ou même dépasser la longueur du corps.

Le Caméléon est surtout connu pour la facilité avec laquelle il change de couleur. Sous l’intluence de la colère, de la peur, du sommeil, il peut devenir gris, noir, vert, rougeâtre. Ces changements de teinte sont également occasionnés j>ar la lu-

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mière,. Si on éclaire, au moyen d’une forte lampe, un Caméléon endormi, devenu pendant le sommeil d’une teinte gris-jaunâlre claire, en ayant soin de protéger, au moyen d un écran découpé, une partie de la région dorsale, on obtient une singulière apparence (tig. 510) : tout le corps devient d’un brun noirâtre très foncé, tandis que les parties protégées contre l’action de la lumière gardent leur couleur primitive. Ce sont les rayons de la région bleue du spectre solaire qui produisent cette action ; car si ,

, , .1 Fig. 311. — Caméléon éveillé, au soleil, la partie

1 on place un autre animai antérieure du corps recevant les rayons lumi-

complètement éveillé, en ““

1 ^ postérieure a travers un verre bleu.

plein soleil, mais en abritant la partie antérieure derrière un verre rouge et la postérieure derrière un verre bleu, cette dernière seule prend une teinte foncée (fi g. 511).

Dans les temps géologiques, notamment aux époques jurassiques et crétacées, vivaient d’énormes Sauriens aujourd’hui disparus. La plupart d’entre eux ne pourraient rentrer dans aucun des groupes actuellement existants.

Le Mosasaure, découvert dans le terrain crétacé des environs de Maestricht, était de taille gigantesque. Il serait assez voisin des Sauvegardes actuelles. Le Mécjalosaure et VIfjuanodon, contemporains de l’époque jurassique et des débuts de l’époque crétacée, étaient de véritables colosses : leur longueur moyenne était d’au moins 15 mètres ; leurs vertèbres étaient biconcaves ou amphicœliennes, leur corps et leurs membres lourds et pesants*

HEPTILKS.

Les Ptérodactyles (fig. 512), qui appartiennent surtout à 1 é()oque jurassi(]ue, étaient sans contredit les plus curieux de ces Reptiles. Leurs meiubres antérieurs, très puissants, présentaient

un doigt externe extrêmement fort et développé qui, de meme que chez les Chauves-souris, portait une membrane grâce h * laquelle l’animal pouvait s’élever dans les airs.

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