NAGEOIRES
vaincre une assez forte résistance. U importe toutefois de noter que certains Poissons, comme les Raies, au lieu d’être aplatis latéralement, le sont de haut en bas, et que d’autres encore, tels que les Gymnodontes, sont absolument sphériques; d’autres enfin, comme les Anguilles, sont cylindriques et serpenti- Ibrmes. La conséquence de ces formes est facile à saisir : les formes en fuseau et même les Anguilles sont bonnes nageuses, les Raies le sont déjà beaucoup moins; quant aux Gymnodontes, ils ne peuvent, pour ainsi dire, plus nager du tout et ils préfèrent se laisser ballotter à la surface de la mer, au gré des vents el des Ilots.
iVageoires. — Les principaux organes locomoteurs sont, outre des masses musculaires puissantes qui se trouvent sur les côtés de la colonne vertébrale et qui font opérer à la queue des mouvements énergiques dans le sens latéral, des appendices spéciaux qui portent le nom de nageoires. Celles-ci sont de deux sortes : les nageoires paires et les nageoires impawes.
Les nageoires paires sont les analogues des membres des autres Verlébrés (bg. 555).
On les désigne, sous les noms de peclorales et de ventrales
Fig. 555. — Disposition dos iiageoiros.
A, n.-igeoire pectorale (memlire antérieur). — B, nageoire ventrale (membre postéj'ieur). — C, nageoire anale. — D, nageoire caudale homocerqne. — E F i^a'^oire dorsale dédoublée. ^ ®
et elles représentent respectivement les membres antérieurs et postérieurs: les premières sont suspendues à la tête et au tronc, immédiatement en arrière des ouïes; les deux autres,
POISSONS
beaucoup plus proches de la ligne médiane de rabdomen, sont situées à une distance variable en arrière des pectorales. Ces nageoires, bien que les analogues des membres des Vertébrés supérieurs, sont cependant très différentes de ceux-ci; leur squelette est constitué par un nombre considérable de rayons qui soutiennent les parties molles de la nageoire.
Certains Poissons peuvent voler ou du moins se soutenir quelques instants dans les airs. Le Dactyloplère (fig. 55G), que l’on rencontre dans la Méditerranée, est un de ceux chez
Fig. 336. — Dactyloplère,
lesquels on a observé cette singulière faculté. Les nageoires pectorales ont pris un énorme développement et lorsque l’animal, serré de trop près par les ennemis qui le poursuivent, saute hors de l’eau pour leur échapper, elles peuvent lui servir de parachute et le maintenir en Pair pendant quelque temps. On prétend même qu’il peut de la sorte parcourir une étendue de plusieurs centaines de mètres.
Les nageoires impaires ou médianes s’observent sur le dos, sur le ventre et à l’extrémité caudale. Il existe tantôt une seule nageoire dorsale, comme chez la Carpe, tantôt deux, comme chez la Tanche. A l’ahdomen, la nageoire anale, d’ordinaire unique et située immédiatement en arrière de l’anus, se dé* double quelquefois en deux ou plusieurs nageoires secondaires. La nageoire caudale est toujours unique, bien qu’assez souvent divisée en deux lobes par une échancrure plus ou moins profonde. Quand les deux lobes sont égaux entre eux, on dit que la nageoire est homoccrgue ; quand ils sont inégaux, on dit