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ORDRE DES MALACOPTÉRYGIENS APODES

Les MALACorTÉRYGiEA’s (p.aXay.c^, mou; z-îpbv, nageoire) sont caractérisés par ce que les rayons de leurs nageoires sont toujours mous.

Les Malacoptérygiens apodes (a, privatif; r.ooôç, pied)

sont ainsi nommés parce qu’ils sont dépourvus des nageoires ventrales qui, comme nous l’avons vu, sont les analogues des membres postérieurs des autres animaux. C’est parmi eux que nous rencontrons les Anguilles, les Congies, les Murènes et les Gymnotes, tous Poissons de forme allongée, à peau peu épaisse et molle.

V Anguille (tig. 546), qui a des nageoires pectorales, se trouve à peu près dans toutes les eaux douces, courantes ou stagnantes.

Fig. oi6. — Anguille.

Ou la rencontre partout en Europe, sauf dans le Danube et dans les afllueiits de la mer Noire et de la mer d’Azow. Sa souplesse et sa vivacité sont extrêmes, et un trait fort caractéristique de son genre de vie, c’est qu’elle sort fréquemment de l’eau pour aller chasser les Vers de terre dans les prés bumides : quand son appétit est satisfait, elle retourne, en rampant comme une Couleuvre, jusqu’à la rivière. Elle change ainsi très facilement de localité et quitte les étangs dont le séjour ne lui plaît pas. Je vous ai déjà dit qu’elle ne se reproduit jamais dans l’eau douce.

IM)1SS0NS OSSEUX

Le Congre ou Anguille de mer ne diffère guère que par sa grande taille de notre Anguille d’eau douce.

Les Murènes fl)g. 547), assez voisines des Anguilles, mais

sans membres, sont exclusivement marines. Les Romains ont rendu ces Poissons célèbres ; ils les considéraient comme un

mets des plus délicats Vous connaissez tous

et les élevaient dans des viviers spéciaux, les histoires d’esclaves jetés vivants aux

MALACOPTÉKYGlEiNS Sl'BBHANCIlIAUX'.

Murènes. Ce genre de supplice était certainement au nombre des plus horribles de ces temps barbares, car les Murènes sont fort redoutées des j)êcbeurs à cause de leurs dents acérées, et leur voracité est telle que, lorsque la nourriture devient rare, elles se mangent entre elles.

Les G;»iiinotes (fig. o48), qui vivent dans les lleuves et les marais de l’Amérique du Sud, ont déjà attiré notre attention, à cause de la propriété remarquable qu’ils ont de produire de l’électricité. La décharge électrique dépend entièrement de la volonté de ranimai et celui- ci donne, quand il le veut, une commotion faible ou au contraire une commotion assez forte pour engourdir et tuer les animaux les plus robustes.

ORDRE DES MALACOPTÊRYGIENS SUBBRANCHIAUX

Les Malacoptérygiens subbranchiaux sont des animaux presque exclusivement marins, répandus par toutes les mers, et caractérisés par des nageoires ventrales attachées au-dessous des branchies, au contact meme des nageoires pectorales. Les deux groupes principaux qu’on doive y distinguer sont ceux des Gadoïdes et des Pleuronectes.

Les gadoïdes (gcidus, morue) comprennent les Lottes, les Merlans, les Morues. Ce sont des animaux fort recherchés à cause de la délicatesse de leur chair.

La Lotte 549) est un Poisson d’assez petite taille qui ba-

Fig. 349. — Lollc.

bite les eaux douces : on le rencontre dans toutes nos rivières, où il se fait remarquer par sa voracité : il s’embusque et se caclie

I‘OISSONS OSSEUX.

dans des trous, au fond de l’eau, et attire à lui les Insectes aquatiques, les Vers, les Mollusques, grâce à un mouvement de tourbdlon qu’il détermine en agitant sans cesse ses barbillons.

Le Merlan, commun sur les côtes septentrionales de l’Europe, est d assez petite taille. Sa couleur d’un blanc arf'enté est caractéristique. ^

La Morue (fig. 550) est incontestablement celui des Poissons de

ce groupe qui nous rend le plus de services. Son corps est allongé et muni de trois nageoires dorsales et de deux nageoires analel Ses mâchoires sont armées de plusieurs rangées de dents fortes et aiguës. Sa voracité est très grande : sa nourriture liabi-

Fig. ooü. — Morue.

tuelle consiste en Poissons, Crabes, Mollusques. C’est un Poisson essentiellement marin; il se tient le plus souvent dans les piofondeurs des mers et habite l’Océan septentrional, entre le 40" et le 66^ degré de latitude.

J.a pêche de la Morue constitue une branche extrêmement importante du commerce ; les Français, les Anglais, les Amé-

licains, les Hollandais et les Norvégiens s’y livi'ent avec une égale ardeur.

La Morue est cantonnée dans deux espaces principaux : on l a tout d’abord coniiue et pêchée dans la vaste partie de rOcéan qui est comprise entre le Groenland, l’Irlande, la Norvège, le Danemark et les côtes orientales de la Grande- Bretagne. C’est là que viennent la pêcher encore aujourd’hui les Norvégiens et quelques Anglais ou Keossais. Sur les côtes de Norvège, cette pêche occupe plus de 20 000 ])êcheurs, montés sur 5000 bateaux, et l’on évalue à plus de 20 millions

MALACOPTÉRYGIENS SÜGBRAÎNCIIIAUX.

le nombre des Poissons qu’elle lournit à la consoinmalion de ces contrées.

La seconde aire de distribution de la Morue est représentée par les plages du cap Breton, de la Nouvelle-Ecosse et de l’île de Terre-Neuve. Auprès de cette île, on trouve un grand banc de sable appelé banc de Terre-Neuve, d’une longueur de près de deux cents lieues sur une largeur de soixante lieues : à son niveau la profondeur de l’eau varie de vingt cà cent mètres. C’est là que les Morues vivent en bandes extrêmement nombreuses et c’est là que leur pêche se fait en grand, depuis que le navigateur français Jean Cabot, en 1497, aj)pela l’attention sur ces richesses.

Déjà, dès 1578, la France envoyait par an 150 navires au banc de Terre-Neuve, l’Espagne 1*25, le Portugal 50, l’Angleterre 40. Depuis lors, la proportion a changé : TAnglcterre, qui maintenant se livre surtout à cette industrie, expédie aujourd’hui plus de 2000 navires et environ 55 000 marins à la pêche de la Morue. La France envoie également un nombre considérable d’bornmes et de vaisseaux, ainsi que la Hollande et l’Amérique. En 1802, la France a fourni pour cette ])êclie 252 bâtiments et 5741 hommes; en 1859, la Hollande exportait 1 507 788 Idlograrnmes de Poisson.

Les Morues se pêchent soit au filet, soit à la ligne : ce dernier engin est le plus usité. Le Poisson pris est salé ou séché. Dans le commerce, la Morue desséchée s’appelle Stockfisch ; la Morue salée prend le nom de Morue verte.

Pour préparer Vhuile de foie de morue^ dont l’usage médical

chauffe les foies dans l’eau à la température de 90 degrés : en Irlande, les foies sont cbaidfés à feu nu dans des chaudières de fonte : en fractionnant le produit, on obtient des huiles de diverses qualités ; en Hollande, à Terre-Neuve et dans le nord de la France, on suit le procédé irlandais. Dans quelques ])êcheries enfin, on extrait l’huile en cuisant les foies au bain-marie.

POISSONS OSSFAIX.

Les PLEURONECTES (TuXsupcv, flaoc, coté; vv.rr.ç, nageur) ou Poissoïîs plats, qui constituent la seconde famille des Malacoptérygiens subbranchiaux, ont le corps aplati et déprimé latéralement. Leur corps n’est du reste point symétrique, du moins à l’état adulte, car, au moment de la naissance, il est parfaitement régulier. Les deux yeux sont placés d’un même côté du corps, et il en résulte que l’animal se renverse toujours, qu il soit au repos ou qu’il nage, sur le côté qui est dépourvu d’œil, côté qui reste toujours blanc ; c’est à cause de cette particularité que ces animaux ont reçu leur nom de Pleu-

ronectes. Ils vivent le plus souvent sur les fonds de sable, où il s’enterrent à moitié pour se dérober à la vue de leurs ennemis : une propriété remarquable dont ils jouissent et qui concourt encore à leur sécurité, c’est qu’il peuvent changer de couleur dans des limites assez étendues et prendre la coloi ation du fond sur lequel ils se trouvent.

Les principales espèces de Pleuronectes, bien connues par leur chair savoureuse, sont les Soles, les Turbots, les Plies et les Limandes. Ce sont des Poissons marins; cependant la Plie remonte la Loire jusqu’au delà de Nevers (fig. 551).

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