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MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX

laquelle on remarque la Loche, le Goujon, la Tanche, la Carpe, la Brême, l’Ablette, le Gardon, le Vairon, etc.

La famille des salmonés contient les genres Truite et Sau-

iiion.

La Truite commune (fig. 552) est très vorace et recherche sur-

Fig. ôd'2. — Truite .

tout les petits Insectes aquatiques. Elle saisit même souvent au vol les Phryganes et les Éphémères qui s’approchent trop près de la surface de Peau; aussi se laisse-t-elle prendre aisément à la ligne volante. Elle habite d’ordinaire les eaux claires, froides et courantes, et aime à se retirer dans les trous des berges, où elle se tient si tranquille qu’il est possible de l’y prendre avec la main.

Le Saumon (fig. 555), comme la Truite, est armé de dents

Fig. 555. — Saumon.

nombreuses et aiguës. Je vous ai dit l’histoire de ses voyages et sa vie alternativement marine et d’eau douce.

Le Saumon vit dans les eaux claires et froides dont le fond est rocailleux. Les muscles de sa queue présentent une puis-

POISSONS OSSEUX

sance fort grande, grâce à laquelle il peut franchir contre le couiant une chute d eau, une cataracte élevée : il peut s’élever de la sorte jusqu à une hauteur de 4 à 5 mètres, qui le plus souvent suffit à lui faire remonter les chutes d’eau. Le Saumon est assez abondant dans les fleuves de France qui tombent à l’Océan; il est surtout extrêmement répandu sur les côtes de

Norvège et de la mer Baltique, où sa pêche constitue une industrie considérable.

Les plus importants Poissons de la famille des oldpées sont le Hareng et la Sardine.

Les Harengs habitent en grande abondance les baies du Groenland, de l’Irlande, de la Suède, de la Norvège, du Danenaaik, des îles Féroë et de la Grande-Bretagne; on les rencontre encore dans la Manche et sur les côtes de France jusqu’à la Loire. Ce sont des Poissons voyageurs, qui vivent en société et se réunissent en bandes prodigieusement serrées. Aucun chiffre ne peut donner l’idée du nombre colossal d’individus qui composent ces bandes nomades. Les colonnes qu’ils forment ont jusqu’à 50 kilomètres de longueur sur 5 ou 6 de largeur.

On croyait autrefois que le Hareng exécutait de très longs voyages, et vous verrez encore des livres où l’on décrit la marche des bancs de Hareng descendant les côtes d’Écosse, pour arriver à celles de France. 11 est prouvé que c’est une erreur. Le Hareng vit habituellement en haute mer, dans les profondeurs, et il ne se réunit en bandes que pour pondre près des côtes voisines. Chaque femelle de Hareng peut pondre jusqu’à 50000 œufs ! La ponte se fait au voisinage des côtes, ainsi que le développement des jeunes, et quand, vers le mois d avril, ceux-ci ont déjà de 10 à 12 centimètres, la pêche commence.

Le Hareng se nourrit de petits Crustacés, d’alevins et même d’œuls de Poisson. H a de nombreux ennemis, parmi lesquels l’Homme est peut-être le plus redoutable. Les nations qui se

malagoptéryCtIens abdominaux.

livrent surtout à sa pêche sont la France, l’Angleterre, la Suède, la Norvège, le Danemark et la Hollande. Les Français, les Danois et les Suédois ne fournissent guère aujourd’hui qu’à la consommation de leur pays; les Anglais, les Hollandais et les Norvégiens ont le monopole de l’exportation.

La pêche du Hareng est la cause d’un mouvement commercial considérable : certaines nations et notamment la Hollande lui ont dù leur prospérité et leur fortune. Mais, la pêche hollandaise est loin d’avoir la même importance qu’il y a deux siècles. En 1605, elle occupait 2000 bateaux et 57 000 marins; en 1858, elle n’occupait plus que 95 navires ; en 1859, 97, et en 1860, 92. En 1605, la valeur des Harengs exportés par la Hollande s’élevait à près de 50 millions ; en 1860, la pêche ne rapportait plus qu’un million de francs.

En Angleterre, la quantité de Harengs récoltée chaque année est vraiment énorme. Dans le seul petit port de Yarmouth, on équipe 400 navires de 40 à 70 tonnes, dont les plus grands sont montés par douze hommes. Le revenu est d’environ 17 millions de francs. L’Écosse cherche maintenant à rivaliser avec l’Angleterre; en 1826, les pêcheries écossaises employaient déjà 40655 bateaux, 44695 pêcheurs et 74 041 saleurs.

On se sert, pour pêcher le Hareng, de filets ayant plus de 150 mètres de long, qu’on tend verticalement dans l’eau, grâce à des tonneaux vides ou à des morceaux de liège attachés à leur bord supérieur et qui les font ilotter. La grandeur des mailles est telle que le Hareng y est retenu par les ouïes et les nageoires pectorales, lorsque sa tête s’y engage. On jette les filets dans les endroits où la présence des Harengs est indiquée par l’abondance des Oiseaux d’eau ou par l’existence à la surface de la mer d’une substance graisseuse qui est phosphorescente pendant la nuit.

La pêche du Hareng n’a pris l’importance qu’elle a mainte-

POISSONS OSSEUX

liant qu’à partir du jour où un simple pêcheur hollandais, (jcoiges Benkel, mort en lo97, trouva le moyen de préparer le Hareng de manière à le conserver indéfiniment.

On prépare les Harengs de la manière suivante : aussitôt pêchés, on leur fait suhir une salaison provisoire; plus tard, on les ressaie et on les dispose dans les caques. On peut encore, après les avoir placés sur descouches de sel, les embrocher dans des baguettes et les faire sécher dans des tuyaux de cheminée où ils sont soumis tout à la fois à une douce chaleur et à la fumée; on obtient de la sorte le Hay^enq sauv.

La Sardine, espèce très voisine du Hareng, qui se rencontre surtout dans nos mers européennes, se pêche sur les côtes occidentales de l’Angleterre, sur les côtes de Bretagne, où elle est très abondante, et dans la Méditerranée. Sa pêche est assez semblable à celle du Hareng, bien qu’il y ait une plus grande diversité dans la forme des filets dont on se sert. Les Bretons pêchent la Sardine dans des barques contenant chacune cinq hommes, et il n’est pas rare de rencontrer à quatre ou cinq lieues en mer jusqu’à 1000 barques qui pêchent simultanément. Cette pêche, qui dure cinq à six mois, produit environ 600 millions de Sardines. Ces Poissons sont conservés de diverses manières : on les met en baril dans de la saumure mêlée d’ocre rouge pulvérisée; on les saurit comme les Harengs ou bien on les conserve dans l’huile ou le beurre fondu.

Les Anchois (fig. 554) diffèrent assez peu des Sardines dont

Fig. 5o4. — Anchois.

ils ont à peu près la taille. On les pêche dans la Méditerranée et on les conserve, après les avoir fortement salés, dans des

31 A f. A G 0 P TÉ R YG i E N S A R 1 ) 0 31 1 N A U X .

barils ou des boîtes de rer-l)lanc, en lits altcrnatirs de sel et de Poissons.

La tariiille des esoces est re|)résentée dans nos eaux douces par le Brochet (fig. 555), dont la voracité vous est bien connue.

Fi<r. o55. — Broclict.

11 détruit une grande quantité d’autres Poissons : il est la terreur de nos étangs et de nos rivières. Grâce à ses dents puissantes, il ne craint pas de s’attaquer à des animaux plus

gros que lui, mais qui ne peuvent lui opposer qu’une faible résista nce.

Une espèce voisine du Brochet, VOrphie^ commune dans le bassin d’Arcachon, est remarquable par la couleur de ses os, qui sont d’un l)eau vert.

Dans la lamille des silures, je vous signalerai le Malapfë-

Fig. 556. — 5Iala])tcrui'e ôIcch’iqiK!.

duire de l’électricité. Une espèce tout à fait voisine, le Silure du Rhin, qui est le plus gros Poisson des eaux douces d’Europe, n’est point électrique.

Enfin, on trouve encore parmi les Malacoptérygiens abdo-

P. BEP.Ï ET It. BLANCHARD.

POISSONS OSSEUX

ininaux la grande et nombreuse famille des cyprins, Poissons d’eau douce dont la Carpe peut être considérée comme le type. Leur chair est très estimée et ils jouent un grand rôle dans notre alimentation.

La Carpe [Wg 557), dont vous connaissez bien la physionomie,

Fig. 357. — Carpe.

est un des plus gros Poissons de nos rivières : elle atteint parfois un poids considérable et on en rencontre qui pèsent jusqu’à 10 kilogrammes. La durée de leur vie serait excessive; on prétend en effet que les Carpes qui se trouvent encore aujour-

d’hui dans les bassins de Versailles seraient les mêmes que du temps de Louis XIV.

Le Cyprin doré ou Poisson rouge est originaire de la Chine et du Japon, et s’acclimate très aisément chez nous. C’est une variété d’un Poisson brun qui ressemble alors beaucoup à la

MALACOPTERYGIENS ABDOMINAUX.

Carpe ; il n’est pas rare d’en voir de tout à fait blancs, d’antres moitié ronges, moitié bruns on tachetés.

Fig. 559. — Barbeau.

La Tanche, le Barbeau, \diBrême,\e Goujon, \q Gardon, îa

Fig. 560. — Goujon.

Loche, y Ablette, qni vous sont bien connus, appartiennent égale-

Fig. 561. — Loche. Fig. 562. — Ablette.

ment à la famille des Cyprins (fig. 558, 559, 500, 561 et 502).

C’est encore à l’ordre des Malacoptérygiens abdominaux que se rapportent quelques Poissons des grandes profondeurs, qu’ont fait connaître des dragages sous-marins effectués récemment. Tel est, par exemple, le Néostome (fig. 565), ramené d’une profondeur de 2220 mètres.

!M)ISSO.NS OSSKCX.

Le Malacosteiis, pêché par des fonds de 1500 à 2000 mè-

Fig. ÔG5. — Neo^loma bathypliyllain.

1res, est plus curieux encore (fig. 504) : dans la nuit intense

MAL ACOPTÉ Pi YG l LNS A B L)( ) M IN AU X .

OÙ il vit, ses yeux, normalement raient de rien, s'il ne portait sur les côtes de la tète d’énormes plaques phosplioresceiiles, au moyen desquelles il peut lui-même s’éclairer.

Cette disposition s’exagère et se perfectionne cliez les Stomias et les ChaiiUoclus : ici, les lianes de ranimai présentent une rangée de larges plaques brillantes destinées à pi oduire une vive lumière : celle-ci peut être concentrée sur un point déterminé au moyen d’une sorte de lentille dépendant de l’organe phosphorescent.

V Eurypharynx, trouvé sur les côtes du Maroc, ])ar une [)rofondeur de 2500 mètres, est remarquable par l’énorme dilatation de son orifice buccal, qui conduit dans une cavité dont les dimensions sont encore plus étonnantes (lig.

Il y a quelques années à peine, on admettait sans conteste que les animaux ne pouvaient s’accommoder des grandes profondeurs océaniennes, et l’on considérait ces abîmes comme d’immenses solitudes où la vie ne pouvait se mani-

développés ne lui servi-

Fii," 5Gi — Malacosieui iii^er

POISSONS OSSEUX

rester et où régnaient deternelles ténèbres. Les recherches récentes, aux résultats desquelles nous venons de faire allusion, sont venues montrer, contrairement à toute attente, qu’une

Hg. 565. — Eurypliaryiii,

laune non soupçonnée jusqu’alors pullule dans les grands fonds et que, dans ce ténébreux oiupirc, la lumière est répandue par d’innombrables animaux phosphorescents. Cet important résultat, auquel nous sommes arrivés pour les Poissons, nous aurons encore à l’invoquer par la suite à propos des Crustacés et d’autres animaux.

ORDRE DES ACANTHOPTÊRYGIENS

Cet 01 dre comprend une quantité considérable de poissons, tous caractérisés parce que leur nageoire dorsale est épineuse; ils sont marins pour la plupart. Le nombre des espèces comestibles y est très considérable : nous y trouvons, jiar exemple, la Perche, le Maquereau, le Thon, la Blennie, le Labre. A coté de ces espèces qui nous intéressent plus directement, il convient d en citer encore quelques autres qui se recommandent a 1 attention soit par leur genre de vie, soit par leur forme.

Le Mücjucvcciu et le Thon sont deux Poissons marins fort voisins 1 un de 1 autre, bien que de taille fort différente : le Maquereau est en effet de taille moyenne, tandis que le Thon peut atteindre jusqu a 4’“, 50 de longueur. Les uns et les autres

ACÂNTIIOI'TÈUYGIENS.

sont des animaux migrateurs qui, à l’instar des Harengs et des Sardines, reviennent par légions innombrables, au printemps de chaque année, dans les localités où ils s’étaient montrés les années précédentes. On a profité de cette circonstance pour organiser contre eux des pèches fort importantes. Le Maquereau se pêche dans la Manche et la mer du Nord, le Thon dans la Méditerranée. On fait de ce dernier Poisson des conserves à ITiuile, mais le Maquereau se consomme toujours à l’état frais.

Uii Poisson du Nil, le Chromis père de famille (lig. 5G6),

Fig. 5G6. — Chromis père de famille iucubaiil scs petits dans sa cavité Iniccalc.

a des mœurs extrêmement curieuses. Quand la femelle a pondu, le mâle s’approche des œufs et les fait passer par aspiration dans sa cavité buccale, puis entre les feuillets de scs branchies. Là, au milieu des organes respiratoires, les œufs se développent. Quand les petits sont éclos, ils ne tardent pas à

POISSONS OSSEUX

êtie fortement gênés dans leur étroite prison : ils [)énèlrent

U s t e n t y pressés en grand nombre les

uns contre les autres, jusqu’à ce qu’ils soient assez développés pour vivre indépendants.

l’Epinoche (lif;. .'i67l. le plus petit Poisson de nos rivières

Fig. 3G7. — Epinochc et son nid.

qui est très remarquable à cause des forts piquants de son dos et de son \ciilie, attii‘c encore l’attention par scs iiiœui's curnuiscs.

AGAM’ÜOPTERYGIENS. Wo

Cet animal construit un nid d’herbes dans lecjuel il dépose ses œufs et il veille sur ceux-ci avec un soin jaloux; plus tard, quand les petits sont éclos, il les élève avec sollicitiule. Un exemple analogue d’amour paternel nous est offert |)ar un autre petit Poisson de nos eaux douces, le Chabol : celui-ci ne construit point de nid, mais le mâle veille constamment sur les o'ufs, pondus au fond de l’eau entre quelques pierres, et, au besoin, les défend avec un rare courage.

Le Gourami (fig. 568), originaire de la Cocbinchine, se

construit un nid analogue à celui de PÉpinoclie: le mâle el l i IciTielle se partagent le soin de rédifier avec de la boue et des plantes Iluviatiles. Le nid achevé, la femelle y jiond ses œufs ; pendant l’éclosion, les parents veillent attentivement sur le précieux dépôt et forcent les alevins à rester encore quelques jours dans le nid, à l’abri des dangers qui jiourraicnt menacer leur frêle existence. Le Gourami a été introduit en 1795, à la Réunion, où il s’est fort bien acclimaté.

POISSONS OSSEUX

Je devais vous citer ces cxeiii])les, car ils contrastent

Fij;. oGÜ. — Anabas lainpant sur le sol.

avec riiidilTérence que manifestent presque tous lesaul sons à l’égard de leui* pi’ogéniture.

res

PLECTOGNATllES.

]J Anahas (fig. 569) habite les eaux douces de l’Inde et des archipels voisins. Quand le soleil a mis à sec le cours d’eau dans lequel il vivait, ce curieux Poisson, s’aidant de ses nageoires comme de pattes, se met à ramper à travers la campagne. Il parcourt ainsi, complètement à sec, des distances considérables; il peut même grimper le long des arbres, à plus de 2 mètres de hauteur, pour chercher dans le creux des feuilles l’eau nécessaire à sa respiration.

Le Dactifloptère, comme nous l’avons vu déjà, est le Poisson volant de la Méditerranée. \/ Espadon^ qui se rencontre également dans la Méditerranée et dans l’Océan, est assurément un des Poissons les plus curieux : les os de sa mâchoire supérieure se sont allongés démesurément en forme d’épée.

Citons encore les serrans, dont quelques espèces habitent nos côtes de la Méditerranée; contrairement à ce qui s’observe chez tous les autres Vertébrés, ce sont là des animaux hermaphrodites, ainsi que l’avait déjà remarqué Aristote.

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