‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 104 sur 158 · III · texte numérisé non relu

III

mCKOSGOPlQDBS V^ LITHOPHYTBS. M CilATOPHTTBS. M

f ( calcaire , fragile

\ afclomérés, réanis, à Ufe

cornée on molle

692. La première section comprend quatre familles ou groupes principaux. Dans l'une, on a rangé tous les petits êtres qu'on ne peut voir qu'à l'aide d'un instrument qui rend les objets plus gros, et cet instrument étant appelé microscope, on les a nommés microscopiques (699) ; comme on les observe le plus souvent dans des liqueurs qui ont tenu des matières animales ou végétales en infusion , on les a encore appelés infusoires. Toutes les autres espèces sont visibles à l'œil nu. Il en est qui ne se développent que dans le corps des animaux vivants : on les a nommées vers intestinaux ou helminthes (fig. 6 , a-h) (705) ; d'autres n'ont été remarquées que dans les eaux ; parmi celles-là, il en est qui ont une enveloppe rude et calcaire, appelées, à cause de cela, échinodermes ou radiaires (702), et d'autres, dont le corps est mou, charnu on gélatineux, qui sont désignées sous le nom de malacodermes ou acaléphes (701).

693. La seconde section, ou celle des zoopliytes agglomérés, comprend les derniers animaux , ceux qui ont les plus grands rapports avec les plantes. Ils sont fixés, plusieurs sont attachés à un tronc ou à une demeure commune qu'on nomme polypier. Quand cette habitation est solide et pierreuse, elle prend le nom de Uthophyte {^g. 2) (697); lorsqu'elle est flexible, cartilagineuse ou semblable à de la corne, au moins dans quelquesunes de ses parties, on l'appelle cératophyte (fig. 1).

694. C'est parmi les Cératophytbs (fig. 4) que sont placés les éponges f les alcyons ^ les corallineSj les gorgones , les isis^

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les antipatJieêy les coraux , les flustres, les eseharres , les «eriulaires et beaucoup d'autres geares qui sont toujours fixés , ainsi que les pennatules ou plumes de mer, les ombellules , les vérétilles, dont le polypier est libre et peut voguer entre deux eaux ou à la surface.

695. Tout le monde connaît les éponges, ces substances flexibles, cornées, fibreuses, comme feutrées, molles, élastiques et'poreuses, qui absorbent Teanavec une très-grande avidité , et dont nous nous servons pour humecter et pour nettoyer le corps, les ustensiles, etc. On les trouve dans la mer; elles sont alors recouvertes d'une sorte de matière muqueuse ou gélatineuse, dans laquelle on a cru remarquer quelques mouvements. On les pêche principalement dans la Méditerranée autour des îles de l'Archipel de la Grèce, où elles sont adhérentes aux rochers; celles-là font l'objet d'un grand commerce. Les éponges les plus fines sont recueillies dans les mers de l'Amérique méridionale. On en observe une petite espèce dans les eaux douces et dormantes; quand celle-ci est sécbée, la partie cornée se brise. Par suite de recherches, quelques observateurs ont reconnu, à l'aide du microscope, que les premiers rudiments des éponges étaient produits par des animalcules motiles, analogues aux infosoires, pourvus de cils, qui facilitaient leur natation, avant qu'ils se soient fixés pour former ces singuliers agrégats qui semblent tous appartenir à une même famille, comme toutes les feuilles, les rameaux, les branches d'un arbre proviennent d'un môme tronc ou d'un seul individu. On blanchit les éponges unes ou celles dont le tissu est le plus serré et le plus élastique, en les plongeant dans le chlore étendu d'eau, après les avoir bien lavées et privées des petites coquilles et d'autres parties siliceuses ou calcaires. Les alcyons sont des éponges friables et roides. Les corallines ressemblent à des plantes dont la tige serait d'espace en espace recouverte d'une matière calcaire, comme articulée; eUes sont disposées par branches ou rameaux étalés en manière d'éventail et fixés sur des corps plongés dans l'eau de la mer. On emploie en médecine une espèce de ce genre contre les vers, c'est ce qu'on appelle la coralline officinale; mais on vend soifs ce nom plusieurs substances qui paraissent jouir des

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mêmes propriétés; ainsi, ce c(ue ronnoûime la mousse de Corse dans les pharmacies est, comme nous Tavons dit (563) , tn mélange de confervesmarines et de diverses espèces de varecs.

696. Le corail (fig. i ) est entièrement pierreux; il n'a dé substance cornée que dans sa base ou vers son origine, c'est-àdire au point où il est fixé sur les rocbere. Lorsqu'il est dépouillé d'une croûte qui le revêt , il ressemble à uii petit arbre privé de ses feuilles. La matière du corail est très-dure , d'une couleur rouge plus ou moins foncée; elle prend un beau-poli i on en fait des petits bijoux, des chapelets, des pendants d'oreilles qu'on vend principalement dans l'Orient. Beaucoup de pêcheurs et d'ouvriers de Marseille ne vivent que du produit de cette matière, qu'on recueille sur des rochers, sur les côtes de la Méditerranée, en Algérie, à l'aide de râteaux de fer et de filaments de grosses étoupes dans lesquelles les branches de ces coraux s'embarrassent et se trouvent ainsi retirées du fond de la mer.

697. Les animaux qui construisent les LiTHOPHtTïs ou le^ polypiers pierreux (fig. 2) ont encore été nommés saœigénes^ parce que dans les mers du Sud, oh ils sont très-communs, ite produisent, par leur accumulation, des rochers souvent fort dangereux pour les vaisseaux qui naviguent dans ces parages. Plusieurs îles de l'océan Pacifique semblent avoir été formées par l'accumulation successive de ces sortes de polypiers. La demeure calcaire qu'ils construisent est souvent ramifiée, et ressemble à une plante pétrifiée, recouverte par une masse gélatineuse et vivante. Tous sont fixés. On ne connaît guère qucr la partie solide de ces animaux ou leurs habitations, qu'on a ce- |)endant subdivisées en genres, d 'après leur apparence extérieure.

698. On a donné aux lithophytes différents noms, suivait le nombre et la forme des trous qu'ort observe à leur surface. Ainsi il y a des madrépores (fig. 2) , des millepores, àesiubipores , des tétéporeé, des nuUipores , des fongipores; ces derniers ressemblent à des champignons. Ou se sert de ces demeures d'animaux pour faire de la chaux, avec laquelle on compose un ftiortier très-solide.

699. Les animaux appelés Microscopiques ont peut-être une organisation beaucoup plus compliquée que ceux dont nou^

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venons de parler, car il faut avouer que leur structure intérieure est à peine connue et fort diflûcile a observer, à cause dç leur petitesse et de leur transparence. La plupart ont été trouvés dans les matières qui se corrompent, et dans les eaux où Ton met infuser des substances animales ou végétales ^ ce qui lésa fait nommer aussi infusoires, comme nous Tavons dit. On en a fait deux sections : les uns sont fixés à quelques corps solides; les autres sont libres, et, parmi ces derniers, il y en a qui paraissent avoir des organes extérieurs, et d'autres qui en sont privés; ceux-ci sont les plus simples. On a remarqué qu€| les upiS sont aplatis, tandis que les autres sont arrondis. Tels sont les protées, lesvolvoces^ les monades, les vibrions. On trouve une espèce de vibrion dans le vinaigre conservé depuii^ q^uelque temps ; c'est ce qu'on nomme l'anguille du vinaigre; on l'aperçoit quelquefois à la vue simple. Il a le corps arrondi , allongé, sans aucun appendice ou organe locomoteur visible» quoiqu'il se contracte dans toute sa longueur. 11 y en a une autre espèce dans l'eau acide des amidonniers, et dans la colle qui se pourrit. Les monades sont les plus petits de tous les animaux connus; on ne peut les observer qu'au microscope solaire; la matière qui s'attache sur les dents en fait voir une trèsgrande quantité, surtout lorsqu'elle est délayée dans l'eau; leurs formes varient beaucoup. Les voîvoces ont été ainsi nommés, parce qu'ils tournent continuellement sur eux-mêmes. Les protées ont reçu ce nom , à cause de la facilité avec laquelle oa les voit changer de forme, s'aplatir, s'arrondir en boule, s'allonger, s'élargir, s'échancrer, se subdiviser pour reprendre à l'instant d'autres configurations.

700. Les hydres, les trichodes, les vorticelles ont été rangées dans la première section des microscopiques. Les hydres (fig. 3), qu'on a aussi nommées polypes à bras, s'aperçoivent quelquefois à l'œil nu; leur corps est transparent; elles ont près de la bouche des appendices en forme de fils, qu'elles peuvent faire rentrer en dedanç. On les trouve dans les eaux dormantes, attachées sur des corps sohdes : on les a coupées en plusieurs parties, dont chacune est devenue un animal vivant; on les a retournées de manière que leur estomac devînt leur peau extérieure, et réciproquement ; elles n'en ont pas moins continué de

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vivre. Les iriehocerquei ont des espèces de poils qui les soutiennent, et qui les font mouvoir dans Teau. Les vorticelîes ont aussi des poils ou des cils vibratiles, mais qui sont disposés en cercles; elles les font mouvoir comme les rayons d'une roue. Il y a une espèce qu'on appelle le rotateur ou rotifère^ qui se trouve dans les eaux croupissantes : il se meut avec une trèsgrande rapidité; sa forme change à chaque instant On a observé que cet animal, après être resté immobile et desséché pendant des années entières, s'est mû de nouveau aussitôt qu'il a été humecté.

701. La peau des Màlacoderhes est molle et flexible, voilà pourquoi on leur a donné ce nom et celui de radiaires Aca- LÈPHES. On ne rencontre ces animaux que dans les eaux de la mer. Les uns sont libres et flottants ; on les a appelés méduses , béroés, porpites. Les autres adhèrent aux rochers ou aux plantes; on les a nommés actinies. Les méduses (fig. 4) sont des corps gélatineux, qui forment quelquefois de très-grosses masses colorées en jaune, en rouge, en violet ou en bleu, et qui flottent dans l'eau de mer, où l'on aperçoit très-bien leurs mouvements d'ondulation. La plupart ressemblent à des champignons très-mous et comme gélatineux , avec des ramifications fort régulières par leur symétrie, et quelquefois trèsagréablement colorées. On leur donne des noms divers sur nos côtes; tantôt, d'après leur apparence, on les appelle bourbe de mer, gelée de mer, poumons marins; tantôt, d'après la propriété que plusieurs espèces ont de produire des éruptions sur la peau et une sensation analogue à celle des piqûres d'orties, on les a nommées acalèphes ou orties de mer; quelques espèces sont lumineuses ou phosphorescentes pendant la nuit tant qu'elles sont vivantes; d'autres, et probablement le plus grand nombre, le sont après leur mort. Il y a des méduses qui ont un très-grand nombre de bouches, par lesquelles elles pompent leurs aliments, comme par des racines; on les a appelées rhizosiomes. Les béroés ne diff'èrent des méduses que parce qu'ils ont des côtes saillantes et garnies de cils; les baleines des mers du Nord se nourrissent principalement d'une espèce de ce genre, qu'elles retirent de l'eau de la mer, en la tamisant, pour ainsi dire, entre les fils qui garnissent leurs

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fanons. Le^porpites ont le corps trè&-plat, marqué de cercles concentriques. Les cestes ressemblent à des rubans, qui souvent ont près de trois mètres de longueur, sur trois centimètres de haut ; de répaisseur de cinq millimètres. On les observe dans la Méditerranée. Quelques espèces se soutiennent dans Feau à l'aide de cavités intérieures remplies d'air; tels sont les genres physsophore et physalie. Les actinies sont fixées sur les rochers ; elles font sortir des bords de leur bouche des tentacules disposés en cercles , et souvent colorés comme les pétales des fleurs; c'est à cause de cela qu'on a nommé plusieurs espèces zoanthes ou anémones de mer. Ces animaux n'ont point d'anus, ils vomissent leurs excréments. Quelques espèces paraissent pouvoir changer de place.

702. Les ÉCHiNODERMBS, qu'on a aussi nommés radiaires (fig. 5), offrent pour la plupart, à la surface de la croûte calcaire ou coriace qui les enveloppe, des rangées de trous, nom*mes ambulacres, par lesquels sortent des tentacules rétractiles qui servent de moyens de transport et de préhension à ces animaux. La plupart ont la bouche garnie de pièces calcaires ar*ticulées et mobiles, qui tiennent lieu de dents et de mâchoires. C'est à cette famille qu'on rapporte les oursins subdivisés en plusieurs autres genres; ainsi que les astéries et les holo^ thuries.

703. Les oursins sont arrondis, réguliers; leur peau est une croûte calcaire solide, hérissée d'épines ou de lames mobiles, formée de pièces régulières comme articulées, et percée de trous disposés par lignes qui partent d'un centre, et qui laissent sortir des appendices ou tentacules appelés improprement des pieds, qui sont quelquefois au nombre de quinze cents. Les oursins ont l'anus distinct de la bouche , tantôt situé au-dessus , comme dans les oursins proprement dits, les galériies et les cassidules; tantôt en dessous, comme dans les spatangues, les clypéastres et les échinonées. On mange plusieurs espèces, et on les appelle vulgairement châtaignes ou hérissons de mer.

704. Les astéries ou étoiles de mer (fig. 5) n'ont qu'une seule ouverture pour l'entrée et la sortie des aliments. Leur corps est ordinairement partagé en plusieurs rayons qui partent comme d'un centre, et qui se reproduisent quand ils ont été enlevés

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