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d'eau. Les eâux dormantes et çroupissanles sont quelquefois» pendant Tété, tellement remplies d'une espèce de ces lypcées, dont la couleur est rouge, qu'on les croirait changées en sang. Les trois autres genres n'offrent qu'un œil : tels sont les daphnies, qui ont les antennes rameuses et une petite queue; les valves de leur coquille paraissent soudées du côté du dos; les cypris , dont les antennes sont simples et les valves articulées ; enfin les cythérées, qui ont les antennes velues, huit pattes et point de queue. Les espèces de ce dernier genre n'ont encore été observées que dans les eaux salées des lacs et de la mer.
759. Les àspibiotes ou clypéacés atteignent de plus grandes dimensions que les espèces précédentes. Leurs mœurs sont peu connues. On en a observé quelques-uns vivant en parasites sur des poissons; la plupart sont libres dans la mer ou dans les eaux douces et croupissantes. Les limules parviennent jusqu'à trois décimètres de longueur. Ils se trouvent dans les mers de l'Inde et de l'Amérique. On les appelle improprement crabes des Moluques. Leur corps est recouvert d'un très-large écussoa de corne, et terminé par un appendice qui sert de queue. Les nègres se servent de ce test, a-t-on dit, comme d'une casserole dont la queue se trouve être le manche. Les autres genres ont la queue terminée par des filets ou des panaches; tels sont les eulyopes, espèces parasites, ainsi que les binocles et les ozoleSy dont les pattes n'ont pas d'appendices; enfin les apus ou les monocles d'eau douce, dont les pattes sont garnies de lames ou de branchies, que ces animaux agitent sans cesse comme pour tamiser l'eau et en extraire les animalcules dont ils se nourrissent. Ils ressemblent en petit aux espèces du genre limule.
760. Sous le nom d'AsTACOïDES, qui signifie figure d'écrevisse, on a réuni tous les crustacés qui, comme nous l'avons indiqué (754), ont un grand nombre de paires de mâchoires, des mandibules, des branchies cachées sous une carapace, les yeux portés sur une base mobile. Ces animaux ont entre eux les plus grands rapports. On les a partagés en deux grandes sections ou sous-ordres : la première, celle des décapodes^ comprend les espèces qui n'ont que dix pattes, dont la tôte est réunie à un corselet immobile, avec quatre antennes articulées, dont la longueur et la forme varie suivant les genres. Ce^ décapodes Sâ
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(|i visent en quatre famiDos. Quand ils out Fabdomeu, qu*oa appelle ordiuairemeQt la queue, plus court que le corps ou le troue, QO les a nommés les crabes ou brachyureg; on les distingue en carc^noïde^ , lorsque leur corselet, qu'on nomme la carapace, est plus long que large, et en oxyrhunques y qm,ni cette région est plus large que longue. Les genres qui ont la queue très-longue, en proportion du corselet, et qui sont plus ou moins analogues aux écrevissesy sont des macroures ,* enfin les espèces qui ont plus de dix pattes, la tête distincte et mobile, avec des branchies visibles au dehors, appartiennent au second groupe , et c'est là que sont rangés les squiUes ou les arihroçéphaie».
761. Il n'y a parmi les astacoïdes que des mâles et des femelles : celles-ci sont en général plus grosses. Les organes d^ la génération , qui sont doubles dans les mâles, font saillie sur la hanche de la dernière paire de pattes (fig. 4', a); dans le§ femelles ce sont deux trous placés sur les hanches du milieu (fig. 4", a). Tous ces animaux peuvent reproduire les membres qu'ils ont perdus. En Espagne on profite de cette iaculté qu'ont les crabes de renouveler leurs pattes On va à la recherche d'une espèce qu'on nomme boccace; quand on en a saisi de gros individus, on leur casse les serres ou les pattes de devant, et on leur donne ensuite la liberté. On vend ainsi , au marché de plusieurs villes, des pattes de crabes dont les individus encore vivants en produiront peut-être d'autres pour l'année suivante. Tous les crustacés subissent une mue chaque année vers le prin-^ temps; ils se dépouillent complètement de toutes leurs enveloppes extérieures, comme les insectes de peau. Avant cette époque on trouve dans leur corps la matière calcaire réunie dans un réservoir; c'est ce qu'on vend sous le nom impropre à'yeux d'écrevisses. On s'en servait autrefois en médecine.
762. Les deux familles des Carcinoïdes et des Oxyrhtnques ne diffèrent pas beaucoup entre elles. Elles comprennent un grand nombre de genres connus ordinairement sous le nom général de crabes (fig. 4 et 5') (i). Presque tous ces animaux vivent
(1) Tous ces animaux on( quatre antennes, deux internes oa, et deux externes (flg. 4 et 5', 6, ç), la bouche composée d'un grand nombre de piécea placées les unes sur les autres en recouvrement, analogues à oellea de l'écre^
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sur les bords de la mer ou des lacs salés; ils ne se déplacent et ne vont à la recherche de leur nourriture ordinairement que la nuit : pendant le jour, ils restent cachés sous les pierres, ou dans les terriers qu*ils se creusent; ils marchent en tous sens, mais principalement sur le côté. Quand ils craignent, ils portent presque toujours en Tair une des pattes de devant, qu*on appelle serre, parce qu'elle est composée de deux pièces, dont Tune joue sur Vautre, et fait Toffice d'une pince. Les mâles ont la queue plus petite et triangulaire, les femelles Tout pluslai^e et arrondie; elles y conservent leurs œufs, qui y restent fixés jusqu'à ce qu'ils y éclosent. On distingue, parmi les espèces les plus communes de nos côtes de l'Océan , et qui sont le plus recherchées sur nos tables, les gros crabes nommés tourteaux ou poupartê, dont quelques individus atteignent dans quelques cas le poids énorme de cinq kilogrammes, et les étrilles ou portuneê dont la carapace est un peu velue, dont les serres sont sillonnées sur la longueur, et dont les pattes postérieures, dirigées du côté du dos, ont leur dernier article en lame élargie en nageoire et bordée de poils roides. Une espèce de crabe vit habituellement dans les coquilles des mollusques bivalves; on lui a donné le nom grec de pinnoihéreê, qui signifie pourvoyeur de la moule. En effet, on trouve souvent ce petit animal dans les moules : il parait y vivre en parasite ou pour se soustraire à ses ennemis. C'est à tort qu'on le regarde comme la cause de cette sorte d'érysipèle qui survient quelquefois aux personnes qui ont mangé des moules. Quelques espèces des pays chauds peuvent s'éloigner des eaux et vivre longtemps en conservant ce liquide dans la cavité qui loge leurs branchies; on les a
▼isse. Toutes ces parties varient dans les différents genres. Les branchies sont souvent cachées sous le lest du corselet. Les pattes, surtout celles de devant, sont souvent Irés-grosses, en forme de pinces (Ug. 4) avec un doigt mobile (Ug. 4, c).
La fig. 5 offre le système nerveux d'un crabe, le maja. La carapace est ouverte : on voit en o les antennes extérieures; en b les yeux; e est l'estomac; d le cerveau ; e les nerfs optiques ; f le collier œsophagien ; g les nerfs stomatogastriques; h la masse ganglio|inaire thoracique; t les nerfs des pattes ; h les nerfs abdominaux.
La Gg. s' représente le maja par sa partie inférieure : a antennes internes; fr antennes externes ;e yeux; d organes auditifs; e pattes-mAchoires; /"la bouche; g base des pattes antérieures; h ouverture afférente de la cavité respiratoire i f sternum.
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nommés à cause de cela crabes de terre ; leur carapace est souvent marquée de taches rouges, violettes ou jaunes, très^ymétriques, ce qui les a fait aussi appeler crabes peints ou tourîouroux,
763. Les Macroures, ou crustacés à longue queue, se servent ordinairement de cette partie pour nager. Elle est le plus souvent terminée par des lames ou des appeudices qui peuvent s'écarter et s'étaler en éventail, dont la forme varie beaucoup (lig. 6). La plupart des espèces marchent difficilement sur la terre, et elles n'avancent guère qu'à reculons, c'est-à-dire en sens contraire du mouvement qu'elles exercent dans l'eau, et qui sert alors à les faire avancer en s'appuyant vivement sur Teau qui lance le corps en avant, par la résistance qu'elle oppose à l'action violente et rapide qui lui est imprimée par les muscles puissants qui meuvent les articulations solides de la queue. C'est dans cette famille qu'on range les écrevisses (fig6) (i), les pagures^ les langoustes ^ les hippes, les palé^ mons^ etc., etc.
764. Les écrevisses, les homards ont les antennes insérées sur une même ligne, et beaucoup plus longues que celles des crabes ; leurs serres ou pinces antérieures sont souvent inégales, toujours très-fortes, tandis que les langoustes, qui ont la carapace plus épineuse, n'ont pas les grosses pattes antérieures soi^s forme de grosses pinces; leur couleur est verte ou d'un brun rougeâtre ; elles ne deviennent rouges que par l'action du feu et de quelques liqueurs, comme par les acides, l'alcool. On prend les écrevisses de rivière avec des appâts; le pluô simple est un morceau de viande un peu corrompu, qu'on place au milieu d\m fagot de petit bois, dans lequel on a mis une grosse pierre pour le faire plonger, et qu'on retire le lendemain de l'eau avec lenteur et précaution.
765. On a nommé Bernard-rhermile ^ Diogêne^ soldat^ des espèces de pagures qu'on trouve ordinairement renfermées dans une coquille d'une seule valve. Ces animaux ont l'instinct
(1) La fig. 6' représente la bouche ou les paires de membres qui forment Tappareil masticatoire : a mandibules; ft, e première et deuiiéme mâchoires; de f\es trois mâchoires auxiliaires ou pattes-mAchoires. — On n'a représenta qu'an seul eôlé.