CHAPITRE XVllI
Des poissons, ou de la quatrième classe des animaux.
971. Les Poissons sont des animaux vertébrés, à sang rouge et à température variable , à circulation simple , qui vivent essentiellement dans Teau, où ils respirent par des Ï3ranchies, et qui se meuvent ordinairement à l'aide du tronc et des nageoires, c'est-à-dire d'organes membraneux qui peuvent se plier et s'étendre en lames minces , et qui sont soutenus par des arêtes osseuses ou cartilagineuses. Nous avons exposé ailleurs (673) leurs caractères essentiels, que nous allons développer dans les généralités qui suivent.
97:2. On nomme Ichthyologie la connaissance des poissons. Cette branche de l'histoire naturelle traite des formes , de l'organisation, et indique les qualités et les propriétés remarquables des genres et des espèces de cette classe d'animaux, qu'elle apprend en outre à distinguer les uns des autres, en même temps qu'elle étudie l'histoire, les mœurs et les habitudas.
973. Les poissons, vivants dans un milieu ou dans un fluide presque aussi pesant que leur corps, "peuvent cependant s'y mouvoir et y respirer souvent à très-grandes profondeurs ; mais les organes propres à remplir ces fonctions ont dû être modifiés par ce séjour, ainsi que ceux de la nutrition, de la sensibilité et de la génération.
974. La forme générale du corps des poissons (PI. I, fig. 1 ) est telle que leurs mouvements dans l'eau s'exécutent avec la plus grande facilité. Le plus souvent ils sont allongés, plus gros au milieu qu'aux extrémités; leur tête, ordinairement comprimée, est très-peu mobile sur Téchine. Les vertèbres sont jointes entre elles à l'aide de cartilages coniques par la partie moyenne de leur corps, qui est concave devant et derrière , se fléchissent principalement de droite à gauche. Ils n'ont jamais de cou, et leur ventre vient immédiatement après la tète ; leur queue, qui est toujours allongée, se confond, à son ori-
gine, avec le reste du troDC le plus ordinairement, et se termine par une nageoire verticale {s) qui peut s'étaler et se plier comme un éventail. Leure membres sont remplacés par des nageoires ( n, p ) , qui manquent quelquefois , mais dont les unes, étant latérales, peuvent être regardées comme les analogues des pieds de devant; aussi les nomme-t-on pleuropes, ihoraciques ou pectorales ( n , o ) ; les autres nageoires paraissent tenir lieu des membres de derrière; on les appelle ventrales ou abdominales y ou , en un seul mot, catopes (p) , nom qui sigifie pieds de dessous. CellesK^i manquent plus souvent que les premières, et varient beaucoup pour la situation. Il y a en outre souvent des nageoires impaires situées sur le dos ( t*, O» et au delà de Tanus (m, r, g), du côté du ventre ou sous la queue. On les dit dorsales ou épiptères (nageoires supérieures) , anales ou hypoptères (nageoires inférieures), et cat*d«/w ou uroptères ( nageoires de la queue ). Les premiers rayons des deux premières sortes de nageoires impaires, sont quelquefois épineux ou poiatus et roides; les poissons qui offrent cette particularité sont dits acanthoptérygiens , ou à nageoires épineuses, et les autres, par opposition, sont appelés mata" coptérygiens , ou à nageoires molles.
975. La plupart des poissons se portent en avant dans Teau , à Taide de leur queue, dont ils étendent la nageoire afin de frapper subitement le liquide et de trouver sur cette surface, qui ne fuit pas assez rapidement, un point d'appui ou une résistance qui les porte dans un sens opposé. C'est en frappant ainsi l'eau alternativement à droite et à gauche, qu'ils cheminent en avant; ils tournent, ou changent de direction, en s'appuyant plus fort ou plus rapidement d'un côté que d'un autre. Les nageoires paires ne paraissent destinées qu'à maintenir l'équilibre du corps, ou à l'empêcher de se porter plutôt à droite qu'à gauche. Cependant quelques poissons, comme les raies et les torpilles, ne nagent qu'à l'aide de ces nageoires; et la forme particulière du corps iJeut avoir la plus grande influence sur leurs mouvements. (Les figures de 2 à 10 offrent les coupes verticales du corps des poissons.)
976. La forme du corps des poissons est, à la vérité, trèsfavorable à l'action du nager; mais la plupart ont encore la fa-
culte défaire varier leur pesanteur spécifique, de se rendre à volonté plus lourds ou plus légers, à Taide d'une vessie remplie d'air qui est contenue dans rinlérieur de leur corps'; car, lorsque, resserrant leure côtes, ils condensent Tair de cette vessie, leur volume diminue; ils deviennent ainsi plus lourds, relativement à Teau, et ils s'enfoncent. Quand i\s dilatent leur ventre, l'air moins comprimé (ians la vessie la distend davantage^ le corps du poisson se gonfle, il devient alors plus léger, et l'animal s'élève vers la surface. Cette vessie hydrostatique, qu'on nomme natatoire, se trouve constamment placée du côté dû dos, lorsqu'elle existe : elle est composée de deux poches dans les carpes; elle communique souvent avec l'œsophage où les intestins, par un canal plus où moins long, ait aérophore , qu'on observe surtout chez les poissons d'eau douce ou fluviatiles*.
977. Quoique les poissons aient la tête très-grosse, leur crâùe n'en constitue qu'une très-petite partie, et le cerveau qu'il renferme a généralement très-peu de volume'; il est enveloppé par une humeur gélatineuse, et formé de plusieurs ganglions où renflements rapprochés et situés les uns â là file 'des autres; on n'y remarque pas de cervelet', ou du moins ïe ùernier ganglion n'ofTre point, dans sa coupe, cette disposition de couleur grise et blanche qu'on nomme arbre de vie. (La figure i5, pi. I, représente le cerveau d'un brochet.) On trouve le ïorig de leur corps un nerf superficiel caché presque immédiatement au-dessous de la "peau , le long d'une ligne qui s'étend de là tête à là queue et qu'on nomme latérale (Pi. i, fig. i ,k,l), La sensibilité paraît être faible dans presque tous les poissons, quoique plusieurs manifestent et conservent encore une excessive irritabilité', après qu'ils ont été coupés en morceaux, comme on le remarque dans les tronçons d'anguille.
978. En général, les yeux des poissons sont gros, relativenient à leur volume ; jamais ils n'ont de paupières.te globe de leur oeil est plane extérieurement, et Viris présente des couleurs métalliques. On trouve au dedans une petite sphère 'transparente, solidie, c'est le cristallin. La pupille, où l'ouverture par laquelle la lumière pénètre dans l'œil, varie beaucoup pour la forrne. bans la plupart des espèces dont les yeux sont verticàuk, comnie dans là raie, on voit une aispôsïtlôn singulière
de cet oritice pupillaire , qui présente des lambeaux de Tiris disposés en palmeltes dont les branches se dilatent ou $e rétrécissent pour affaiblir ou augmenter la quantité de lumière (iui doit pjénétrer dans l'œil, pour y représenter en petit l'image des corps.
979. il n'y a pas àe doute (jue les poissons entendent, quoiqu'il n'existe chez âu|Dun ni orifice extérieur, ni con4ùes ou pavillons propres à recueillir les soris. Il est jprobable que les yi7 feràtions ou les ébranlements de l'ep leur communiquent une sensation analogue à celle du son. On trouve en effet dans l'intérieur de leur crâne de§ parties que l'on suppose, jiar analogie, être destinées à cette fonction, tels sont les canaux semicirculaires, et des petites masses plus pu moins solides, 4uelquefois pierreuses, qu'on nomme otolithes , qu'on a comparées aux osselets de l'ouïe. L'organe du goût est peu développé : on à même pensé (3[ue, si les poissons jouissaient de la perception, des saveurs, ce ix'était pas dans leuf bouche que cette faculté résidait; c^r ils n'ont pas de salive; leur langue n'est janiais bien inbbile; elle n'est guère charnue; souvent elle est hérissée de jointes et soutenue par un os qui réunit les branchies, et la plupart avalent leurs aliments sans les mâcher- Quoique plusieurs aient dans les environs de la bouche des palpes ou des iarhillons allongés (PI. ï, lig. i , & , &), qu'on à supposé être destinés à percevoir les saveurs ; oh les voit bien (àansles carpes, les goujons, les surmulets, les silures et beaucoup à'autres.
980. Chez ;presque tous ïes poissons, on observe sur le museau, en ayant des yeux, de petites cavités dans l'intérieur desquelles sont disposées des lames eh forme de rayons. Souvent ces cavités sont divisées en deux loges, et quelquefois, comme dans la lamproie, ces deux sortes ae narines sont réunies en une seule. On a crû que l'organe de l'odorat résidait dans cette partie du corps; cependant il est présumable qu'il n'y a point d'odeurs sous forme liquide, qu'elles ne prennent cette qualité qu'çn se changeant en fluide élastique, et que par conséquent ces narines doivent donner aux poissons une sensation analogue, ou tout à fait semblable à celle des saveurs, en les avertissant de là présence des 'àiolécùles particuhères que les isub-
Stances, dontils doivent faire leur nourriture , laissent dissoudre par Teau.
981. Quant au toucher, il n'est guère que passif, les poissons n'ayant pas la faculté de saisir les corps, et leur température étant toujours semblable à celle du milieu dans lequel ils sont plongés. Il doit être très-développé dans les espèces qui ont la peau presque nue, comme les lamproies, les anguilles et tous les alépidotes, ou ceux qui sont privés d'écaillés ; il est plus faible, au contraire, dans les brochets, les carpes, et beaucoup d'autres qui ont des écailles osseuses ou cornées, placées en recouvrement les unessur lesautres; enfin il est nul dans toutes les espèces qui ont le corps enveloppé comme dans un coffre osseux.
982. La respiration des poissons est très-différente de celle des autres animaux vertébrés : ils avalent l'eau,- et paraissent en exprimer l'air qui y est dissous, de sorte que chez eux le mécanisme de la respiration est confondu avec celui de la déglutition. Cette action de l'eau aérée sur le sang s'opère à l'aide de lames revêtues de membranes et di^osées les unes à côté des autres, dans l'épaisseur desquelles se ramifient à l'infini un très-grand nombre de vaisseaux artériels qui y poussent du sang noir; d'autres, qui font l'ofiice de veines, y recueillent du sang rouge : tous ces vaisseaux sont capillaires à leurs extrémités, qui s'abouchent ou s'anastomosent entre elles. Ces organes, qu'on nomme des ouïes, ou mieux des branchies (PI. I, fig. 1, c, tf, c), sont placés des deux côtés de la tête. Tantôt ils*sont couverts par une plaque osseuse, mobile, appelé opercule (PI. I, fig. 3), le plus souvent formé de trois pièces qui sont liées entre elles, et se meuvent sur une quatrième nommée le préopercule, attaché au crâne; tandis que les deux intermédiaires sont appelées. Tune subopercule , et l'autre inter opercule. Tantôt, comme dans les raies, les squales, les lamproies, il n'y a qu'une simple membrane percée d'un ou de plusieurs trous (fig. 17, aaaa, d'une tète de squale). L'eau avalée sort toujours par un autre orifice que celui qui lui a servi d'entrée. Les poissons périssent dans l'eau privée d'air : ils meurent aussi quand on les empêche de venir à la surface de l'eau qui n'est point courante ou agitée. Voici à peu près
ce qui se passe quand un poisson, comme une carpe, met en jeu ses organes de la respiration : sa bouche se porte en avant, ses lèvres s'écartent ; Teau entre ainsi dans sa cavité qui se dilate en bas et sur les côtés : alors les lèvres se rapprochent et ferment la bouche, puis le mouvement de la déglutition tend à s*opérer. Mais aussitôt les arcs osseux qui supportent les branchies s*écartent les uns des autres, les espaces qu'ils laissent entre eux, et qui forment autant de glottes, le plus ordinairement au nombre de quatre ou de cinq de chaque côté, laissent passer Teau dans la cavité où flottent les branchies. C'est là que rhémalose s'opère et que le sang est changé de veineux en artériel; les muscles de la membrane inférieure, qui ferme l'appareil en dessus, et qu'on nomme à cause de cela branchiostége (PL I, fig. 1, A, t), et ceux qui agissent sur les opercules, se contractent et forcent l'eau de sortir par les deux grandes fentes situées de chaque côté entre le tronc et la tête. Il résulte de là que les poissons n'ont point et ne pouvaient avoir de voix; et que les sons qu'ils produisent proviennent du grincement des dents ou du mouvement des lèvres.
983. La totalité du sang des poissons est chassée par le coeur (PLI, ûg. 11, a, 6) dans les vaisseaux des branchies (d, g); alors c'est du sang noir, du sang veineux. Il en part par un tronc unique, mais court, qui se renfle constamment près de son origine en un bulbe creux, d'un tissu élastique, qui par son resserrement concourt à augmenter l'activité ou la force de projection du sang poussé par le ventricule du cœur. Ce sang, comme nous venons de le dire, est noir, mais, lorsqu'il a été mis ainsi en contact avec l'eau, il devient rouge, artériel; il passe dans d'autres vaisseaux (f) qui se réunissent successivement en plus gros troncs, lesquels se rendent dans une grosse artère (g) : celle-ci est placée sous l'échiné; elle fait l'office de cœur, sans avoir cependant de ventricule à sa base, de sorte que les poissons ont une circulation simple dans laquelle le cœur n'est chargé que de pousser le sang noir dans les branchies. Aussi ce cœur n'a-t-il qu'un seul ventricule, une seule oreillette et une seule artère. On croit que le peu de chaleur qui se développe dans cette circulation respiratoire, qui est cependant complète, ne dépend que de la petite quantité d'air, au con-
i70 DES POISSONS EN GÉNÉRAL.
tact duquel le sang se trouve exposé en traversant les branchies.
984. Les poissons en général ne mâchent jpas leurs aliments; (Jneiqûes espèces ont cependant des lèvres, mais elles servent principalement à l'action de saisir les aliments ei â clore là bouche pour faciiîter la respiration; leur langue', comnie nous Tavohs dit, est osseuse, peu mobile; ils ii'onl pas de salive i leurs dents présentent beaucoup de variétés; il en est qiii n'en ont pas dû tout, et d'autres chez lesquels les mâchoires sont si dures qu'elles Forment une sorte de bec très-isolide ': tantôt ces flènts sont pointues, tranchantes, crénelées, plates; tantôt elles sont jplacées sur les lèvres, les mâchoires, le palais, la langue, le gosier, ou sur plusieurs et niôme sûr toutes ces i>artîés en niéme temps. L'estomac des poissons est presque toujours simple et leur tube intestinal court, coinnie dans tous ïés ariiniâûi carnassiers; leur ïoie est ti-ès-gros, et il n'y àqu'tin cloaque ou une ouverture commune pour les résidus des àliiïieûts, lliirine et les œufs , ou pour la laite du mâle.
985. Les poissons pourraient être partagés en deux Sénfeè; d'après la manière dont ils produisent leurs petits. Il y a , *â ce qu'il paraît, des mâles et des femelles dans tôbtes les espèces. Les femelles contiennent toujours des œufe à l'intéifeur*. Ces œufs sont rarement fécondés avant le piart; quand cela arrive, ces œufs éclosent quelquefois dâtofe rintérieur dû corps de là mère, qui paraît être ainsi vivipare. Le plus souVeût ces œuft ne sont fécondés par les mâles qui viennent les vivifier, que lorsq^u'ils ont été 'pondus, et ils n'éclosent qu'au bout d'un temps 'détermine. Les petits haïssent tôujoù^ avec la îoYttie qu'ils doivent conserve!' pendant toute Teuï* Vîé. tJe qu'où nomme là laite ou laitance est l'huhiéur fécoManle des mâles, avec laquelle on "peut artificielïémeht vivifiée dés œufè extraits dû corps de fâ mère, même après sa mort. Les poissons pondent des œufs eH très-grande quantité, et cômiïïe îfc sont tous de ÏÏiériie groéseùV, îi est facile d'évialuer "par î<e 'poids Te nombre que côhtieiA tëïït triasse , parle simple 'pVocéàé de là règle des proportiohs arithmétiques. Oh à calcufë (iti'Me faiche «p'éût ^¥i ï)Ôhd¥e 'S83,Wè; mi hàredg fe à 50,000, et dans ûtt ïrès%'r6S éslùi^eô'n i)rft dans la Seihe, à Keuilly, on tro'ùVà 1,Ï67,8S6 teWfé, l^VàfA pesàû't eh tôtâïfté 10;02ï^l^ÏÏiïrifeà \Î8 ÏWéà I oûcdS); m ivifi-
DES POISSONS EN GÉNÉRAL. 17i
tût con^nait c(ans ses ovaires près de 1,000,000 cl'œufs. On a enlevé avec succès les ovaires et les laitances aux carpes et aux Crochets, pour les faire engraisser dans les viviers, et afin de rendre par cette opiération leur chair .plus délicate et plus agréaple au goût.
" pSel'pn a suivi, pour j'élude de ric^^iyolog^e, ^a même marcjie que (|ans \es autres parties de Tliistoire naturelle. l.es poissons on| été partagés c('abord en (^eux graïK^es sections oii sousKîlàsses, suivant que leurs organes solides, destinés au, mouvement, sont flexibles et mous : on les nomme alors Cartilagineux (989J, ou en un seul mot chondrichthes ; tous les autres ayant des arêtes solides, on lésa appelés ostichtffes ou
Osseux (1004). Ç^^^^l^.* 9^?,ip^ ^^P^ ^^^ ^^V^ sous-cjasses jes brancfcies, chez quelques* espèces', sont recouvertes d'un opercule,' tandis que cîiez d'aubes i^ n*y à (jue (à peau au-dessus, on en a fait' deux divisions qu'on a partàgéeé encore eii cjeux autres. Tantôt, en effet, on voit une menibrane particulière
JlacQe au-dessous de Topercule (PI. I, lig. 1, ft, i), qu'on omme branchiosîége ^ laquelle es^ garnie dans son épaisseuif ie rayons osseux comme les touches d'un éventail, pouvant ^''écarter et se rapprocher au moyen de petits muscles dont ils aident l'action pour exprimer l'eau. Tantôt cette membrane branèhib^tége, destinée S couvrir les branchies en dessous, n'a* pas de rayons, ou elle n'existé '^as' du teut; on a donc obtenrf ainsi quatre divisions succèèsives, qui coiaduiient aux ordres. ^ ; 987'."tîl tiréèehc'e 6u la position des catopes(974) ou des Nageoires paires situées sbufe le ventfé et au devant de l'anus, à ensuite déterminé le nom et le caractère des ordres qu'on pou- Wt étàblîfd^aîprès cette considération. 'Ainsi il y a des poissons iui n'ont point de nageoires pjaires sous îe ventre ; on les a nomi^ mes apodes ; d'autres ont ces nageoires placées febus le bbu ,* au -dessous' deèbraricliîé^,' en avant des pleurotes ou pectorales; Ils sont appelés ju^u(airM ou propodes ; il en est enfin dont les bageoires sont situées un peu plus en arrière des pectorales? on les dit theraciques o\x hémisopodes ; enfin, on nomme abdominaux ou opisiopodes les poissons dont les nageoires ventrales sont placées plus près de l'anus que des pectorales. Chaque sous-division est ainsi composée de quatre ordres. On
avait cru pouvoir profiler utilement de celte observation que quelques poissons étaient munis ou privés, tantôt des opercules, tantôt de la membrane branchiostége, pour établir dans l'ordre des Ostichthes des ordres semblables et correspondants à ceux des poissons cartilagineux; mais des observations plus précises ont fait connaître que ce défaut de quelques parties des organes respiratoires n*avait pas lieu, et que les premières apparences avaient été trompeuses. On n*a donc pu continuer d'employer ce système pour l'étude des poissons. Il a fallu le modifier; mais comme ces êtres ne sont point encore suffisamment connus, il a été impossible de les disposer d'après une méthode tout à fait naturelle.
988. Voici cependant celle que M. Lacépède a proposée; nous l'avons légèrement modifiée , et nous employons de nouvelles dénominations, qui étaient absolument nécessaires, pour indiquer les ordres et les familles.