DES REPTILES GHÉLONIENS. SOI
deux mâchoires en forme de bec (fig. 2, c), le plus souvent cornées , toujours sans dents; leurs yeux sont munis de paupières mobiles. Ils ont une queue plus ou moins longue, et constamment quatre pattes dont la forme et les usages varient dans chacun des genres. Ce sont des êtres peu sensibles, dont la respiration est très-lente , et qui s'opère par une véritable déglutition de l'air, qu'ils avalent réellement, en le faisant passer de leur bouche dans les poumons. Ils se nourrissent en général de végétaux. L'organe mâle est simple et son plastron le plus souvent concave : les deux sexes restent plusieurs jours réunis. Leurs œufs sont recouverts d'une coquille dure; la femelle les dépose dans le sable , où les petits éclosent avec la forme qu'ils doivent conserver toute leur vie.
1052. On a partagé ce groupe des chéloniens en quatre sousordres ou familles principales; les uns ont tous les doigts réunis, immobiles; tantôt en nageoires plates ou palettes. Ce sont les tortues marines ou ihalassites , dont l'un des genres principaux se nomme chélonée ; tantôt ces doigts forment une sorte de moignon arrondi au bord duquel on aperçoit des ongles qui en enveloppent le bout comme des sabots; aucune de ces espèces ne peut vivre dans l'eau; ce sont les tortues terrestres proprement dites ou chersites (1056). Toutes les autres espèces , et les genres auxquels on les rapporte , ont les doigts distincts , mobiles. On les divise également en deux familles. Dans l'une, qui réunit les tortues de fleuves ou les potamites^ il n'y a jamais que trois ongles aux pattes, dont tous les doigts sont palmés ou réunis par une membrane flexible ou par une peau solide : tels sont les trionyx ; enfin le quatrième sousordre comprend les tortues des marécages ou d'eau douce qu'on nomme paludines ou élodiles (1055), qui ont au delà de trois ongles à leurs pattes plus ou moins palmées, mais dont les doigts sont toujours très-flexibles.
1053. Les Thalassites ou tortues marines se rapportent à un genre principal qu'on a nommé chélonée ; elles ont les quatre
^pattes aplaties en forme de rames, les antérieures beaucoup plus longues que celles de derrière. Leurs doigts sont réunis en une sorte de palette, ils sont de longueur inégale, et terminés par des ongles plats ( PI. I , fig. 3 ) à peine distincts , sur
SOS DBS REPTILES GHÉtONIENS.
les bords de ]|k nageoire. Ce sont les plus grosses espèoes de tortues, car il en est qui pèsent jusqu'à cinquante myriagrammes. Leur tôte et leurs nageoires ne peuvent pas aisément rentrer sous la ourapace* On les rencontre principalement dans les mers du Midi : elles vivent de varecs et pondent sur le rivage des lies. On recherche leur ch^ir et leurs œufs ; o^est un aliment très^in. On en distingue de plusieurs espèces : cellQ dont la chair est le plus estimée est la franche^ qu'on pêche principalement près de File de TÀscension, dans Tocéan AHan^» tique. On recherche aussi le caret ou la iuilée , non pour sa chair, qui est coriace et qui dopne la dysenterie, mais pour en obtenir YécailU ou la partie cornée qui recouvre sa carapace sous la forme de lames entuilées : chaque dépouille ne pèse guère que de cinq à dix l^ilogrammes au plus. L*éeaille est une sorte de corne dure et susceptible d'un très-beau poli. Sa couleur varie du brun au rougeâtre et au blanc : celle-là est plus rare, plus recherchée : on l'appelle écaille blonde. On ramollit cette substance en la faisant chauffer dans Feau boulK lante ou dans l'huile : c'est alors qu'on la moule ou qu'on la force, par la pression, à prendre la forme de pièces de métal préparées de manière à en obtenir des étuis, des boites, que l'on polit ensuite; on peut aussi y souder des morceaux. On pêche le véritable caret dans les mers d'Amérique et de l'Asie. On a fait un genre à part, sous le nom de sphargis, d'une espèce décrite sous le nom de luth, dont les dimensions deviennent considérables, et dont la carapace est couverte d'une sorte dQ cuir sur toute la longueur duquel on distingue trois ligneg saillantes.
i054. Les tortues de fleuve ou Potamites ont été d'abord désignées sous le nom de trionyx, qui signifie trois ongles, et indique le caractère principal de quelques espèces de tortues, dont la carapace, privée d'écaillés, couverte aussi d'une sorte de cuir, est molle sur les bords. Leui*s mâchoires sont revêtues d'une portion de peau qui fait l'office de lèvres , et leurs narine§ sont prolongées en une sorte de trompe courte ou de tub© cylindrique; toutes les pattes sont palmées, et deux des doigts sont constamment sans ongles. On n'a encore trouvé d'espèce§ de ce genre que dans les grands fleuves des pays chauds,
D^ REPTILES GHIMnIENS. 9Q^
comme le Nil, TEuphrate, le GAnge, le Tigre, le Niger, leM)8< sissipi. Elles sont très-carnasfeières ; elles se nourrissent de poissons et elles atteignent d6 grandes dimensions. On les a distribuées en deux genres } les gymnopode$, qui ont les pattes libres ne pouvant se cacbèr ou rentrer sous le plastrop, et lem prypiopQ^es, dont le plastron est prolougé devaPt @t derrière pour cacber les pattes.
1055. La famille des tortues d'eau douce ou des marais, dites PM.IIDINE8 ou ïïLODiTss, Comprend un grand no^ibre d'espècea qu'on a réparties en plus de quatre genres. Les uns, qui sont les cryptodères^ ont une tôte presque cubique, épaisse, rétractile entre les pattes antérieures en rentrant sous la carapace, et la peau de leur cou est libre et engainante, formant une sorte de capucbon sur la nuque. Tels sont les ciêtt^des et les ëmydeê. Les autres ont la tête plate ou déprimée non rétractile , le cou long, flexible latéralement et se courbant en S borizontale^ ment; tels sont les chélydes, les platémydes; ils appartjenpent à la sous-famille des pleurodères.
. 1055.* Les émydes, qui ont degj pftttes palmées, membra*« neuses, et dont les doigts sont armés d'ongles crocbus, babi-lent les bords des fleuves, des lacs et des rivières. Lésines, dont on a fait un genre , sous le nom d'émysaure , oQt la queue très-longue, et se nourrissent principalement de petits animaux; elles vivent presque toutes dans les rivières d'Amérique : telles sont les espèces nommées lézardine et $erpentine> Les autres ont la queue courte : elles se nourrissent de végétaux. On en rencontre plusieurs dans les rivières du midi de la France; telles sont la cistude d'Europe ou commune, dite la jaune, ainsi nommée parce qu'on observe des points et des taches de cette couleur sur le fond brun de sa carapace ; et la bourbeuse , qui est une variété toute brune. On conseille l'usage de leur chair et du bouillon qu'on en obtient par la cuisson dans l'eau, pour les maladies de poitrine. Il y é^ beaucoup d'espèces rapportées à ce genre, qu'on a subdivisé d'après l^ forme et la structure du plastron. Ainsi les étnydes à boîte, ou êiernothères, ont tantôt les deux pièces antérieure et posté-^ rieure mobiles, et la moyenne soudée à la carapace; tantôt Tîintérieure seule peut se mouvoir, et enfin tantôt 1^ totalité
204 TES REPTiLEâf SAUBtENS.
même. Les chélydés forment un petit genre auquel on n'a encore rapporté que Yémyde frangée ou matamata de Bruguières, qui se trouve à Cayenne et dans la Guyane; elle a quelques rapports avec les pipas et plusieurs crapauds, parce que ses mâchoires sont plates et que sa bouche est fendue au delà des yeux; sa carapace est bien couverte d'écaillés, mais elles sont flexibles. La tête et les pattes ne peuvent pas être cachées; ces dernières ont cinq doigts palmés et distincts seulement par les ongles. Son nez se prolonge en une trompe molle, comme daous les tortues molles ou trionyx.
i056. Les Chersites ou tortues terrestres (fig. i) ont généralement les pattes courtes et informes, tronquées, à doigts peu distincts, indiqués seulement par des sabots cornés , elles ne vivent jamais dans Teau." Leurs pattes sont arrondies comme des moignons; ce qui rend leur marche lente et trèspénible. Plusieurs ont la carapace très-bombée : le plastron ou la partie inférieure est concave en dessous dans les mâles. On trouve en Sardaigne Tespèce qu'on nomme la grecque^ dont la carapace est^ecouverte de plaques carrées, noires et jaunes , avec des stries sur la moitié de la longueur et de la largeur; elle ne pèse guère au delà de deux kilogrammes, et vit près de soixante ans. Les plus remarquables pour les couleurs sont la géométrique , Vélégante et la rayonnée ou couï , et pour la taille énorme que certaines espèces peuvent acquérir, on cite celle dite de Perrault des Indes Orientales, la géante et Téléphantine de Mozambique. On a observé des carapaces fossiles d'espèces perdues qui étaient gigantesques.
1057. Les reptiles de Tordre des Sauriens (fig. 5, 6, 7), ont le corps allongé, écailleux ou chagriné, sans carapace; ils ont un sternum qui reçoit les côtes et le plus souvent des pattes dont les doigts sont garnis d'ongles, un tympan, des paupières, les branches des mâchoires soudées, armées de dents enchâssées, dont la forme varie suivant les genres; leur queue, ordinairement très-longue, ofiFre en dessous à sa base un cloaque le plus souvent à orifice transversal. Ils sont beaucoup moins lents que les tortues, quoique leur marche soit oblique , parce que leurs pattes sont souvent très-courtes et fort éloignées du milieu du corps. Leurs mouvements sont variés
ainsi que leurs habitudes, et selon le milieu et les circonstances dans lesquels ils vivent. Ils sont souvent très-vifs. On observe dans cette famille tous les modes de progression. Il en est qui marchent, qui courent, qui grimpent, sautent, se suspendent, serpentent, etc.; d'autres qui nagent très-bien; enfin quelques espèces volent , ou peuvent au moins rester suspendues quelque temps sur Fair. Les sauriens diffèrent des chéloniens par le défaut de carapace et par la présence des dents ; des ophidiens, parce qu'ils ont des paupières, le plus souvent un conduit auditif et les branches des mâchoires réunies, un sternum et deux poumons; des batraciens, parce qu'ils ont des côtes, des ongles, la peau écailleuse ou chagrinée, et qu'ils ne subissent pas de métamorphoses.
1058. La plupart des sauriens n'ont pas le cou mince ou un étranglement bien marqué après la tête : ils ont toujours une poitrine allongée, protégée par des côtes et un sternum. Leur queue, toujours longue , est le plus souvent arrondie, quelquefois déprimée ou aplatie de droite à gauche. Dans ce cas elle sert de nageoire; rarement elle est propre à saisir les objets ou à suspendre le corps. Les membres, qui sont presque toujours courts, manquent quelquefois en tout ou en partie : le nombre des doigts et de leurs phalanges varie beaucoup , ainsi que leurs formes et leur disposition respective. Toutes les espèces changent entièrement d'épiderme, au moins une fois l'an et à chaque printemps. On leur remarque constamment des paupières. Leur langue offre plusieurs modifications, selon les genres ; ce qui tient en particulier à leur manière de saisir les aliments. Leurs mâchoires ne peuvent pas se dilater, comme chez beaucoup de serpents. Tous se nourrissent d'animaux vivants. Leur cœur a deux oreillettes, mais le ventricule varie par les cloisons qui le divisent à l'intérieur. Leur voix est faible : c'est souvent un sifflement sourd, excepté chez les crocodiles et les geckos qui ont un cri assez remarquable. Ils s'accouplent, pondent des œufs dont l'enveloppe est calcaire ou coriace : ils les déposent dans la terre ou dans le sable, et ne les couvent pas.
4059. Huit sous-ordres ou familles principales partagent cet ordre des sauriens ; en voici les noms et les caractères essentiels :
Î0« DES REPTILES a^^URI^S.
1* Les aspidiotei ou crocodilien$ (1060), qui ont le corps déprimé; la queue comprimée, crêtée; la tôte osseuse , aplatie, la bouche dentée, largement fendue au delà des yeux et mémo du crâne; la langue adhérente; les narines rapprochées entre elles, situées à Textrémité du museau, prolongées et terminées dans Tarriôre-gorge ; Torgane mâle simple , sortant par une fente du cloaque longitudinale. 2" Les ckélopodes ou caméléoniens (1061), qui ont le corps comprimé latéralement ; la peau chagrinée, la queue conique, enroulante ou prenante; la langue protractile, vermiforme, cylindrique; les doigts réunis jusqu'aux ongles en deux paquets inégaux, opposables et formant la pince. Z"" Les ascalabotes ou geckotiens (1062), dopt 1q corps est trapu, déprimé; les pattes courtes, à doigts égaqx, pl^ts, souvent élargis et garnis en dessous de lames eptuilées. 4'' Les plalynotes ou varaniens (1063), à corps allongé, sans crêtes dorsales; à peau garnie de tubercules verticillés; à langue arrondie, allongée, engainante, profondément fendue en deux pointes comme celle des serpents. 5* Les eunote$ ou iguanien$ (1064), à corps écailleux avec une crête dorsale; à languQ plate, libre, sans fourreau; à doigts très-longs, inégaux. 6"* Les autosaures ou laceriiens (1072), dont le corps est allongé, écailleux, sans crêtes, toujours à quatre pattes; dont 1^ tête est osseuse, recouverte de grandes plaques polygones; à queue conique, verticilléeou annelée. l'^Lescyclosaures ouch^lcidieni (1073), dont le corps ressemble à celui des serpents, les pattes étant nulles ou peu développées ; la tête revêtue aussi d'épussons et le plus souvent avec un sillon latéral entre le dos et le ventre. 8° Enfin, les lépidosaures ou scinedidiens (1074), qui ont le corps complètement cylindrique, couvert d'écaillés entuilées en recouvrement comme celles des poissons; la tête garnie de plaques; point de cou, ni de sillon latéral; dont les pattes sont nulles ou variables par le nombre, ainsi que par celui des doigts, 1060. Les ÀspiBiOTES ou crocodiliensoniéiéi partagés en trois genres principaux : les crocodiles , les caïmans et les gavials. Le corps des crocodiles est couvert d'écaillés carrées ou de boucliers osseux, dont plusieurs forment des hgnes saillantes qui se prolongent en une ou deux crêtes sur la queue. Leurs dents sont pointues, coniques et sur une seule rangée; il n'y en a
point au palais. Leur langue est plate , courte , charnue , et ne peut sortir de la bouche. Leur tête est longue et pesante ; leurs mâchoires sont articulées tout à fait en arrière de la tête. Leurs narines forment un long canal qui s'ouvre dans la gorge et qui aboutit au bout du museau où leur orifice en croissant s'ouvre et se ferme à volonté ; leurs yeux vifs, à prunelle en fente , sont munis de trois paupières ; leurs oreilles ou tympans sont recouvertes d'une sorte de valvule; leurs pattes courtes, écartées, ont cinq doigts devant , et quatre seulement derrière ; le doigt externe est toujours sans ongle, et ces doigts sont retenus entre eux par des membranes qui facilitent leur nager; on dit qu'ils sont palmés ou demi-palmés. Leur cloaque est fendu en longueur comme dans les salamandres. L'organe du mâle est simple comme dans l'autruche. Il est des espèces qui atteignent jusqu'à plus de dix mètres de longueur. On les a rapportés à trois sous-genres : les crocodiles proprement dits, comme celui du Nil , le léviathan ou le sttchos , adoré autrefois en Egypte » et ceux des Indes et des autres parties- de l'Afrique qui ont le museau échancré en dehors pour recevoir la quatrième dent de la mâchoire inférieure, qui est très-grosse ; les caimans d'Amé*rique, dont les grosses dents d'en bas sont reçues dans les trous correspondants de la mâchoire supérieure ; et enfin les gavials, qui ont le museau étroit, allongé, presque cylindrique, les dents presque égales entre elles ; cependant les premières dents d'en bas , ainsi que les quatrièmes un peu plus longues , sont reçues dans des cavités correspondantes de la mâchoire supérieure : tel est celui du Gange.
1061. Les chélopodes ou caméléons, qu'on regarde comme le symbole de l'hypocrisie, parce qu'on a su depuis longtemps que ces animaux changeaient de forme à volonté, et qu'ils prenaient la couleur des objets voisins (l)pour ne point être aperçus. Il est facile de les distinguer de tous les autres sauriens; leur corps est comprimé, couvert d'une peau chagrinée ou tuberculeuse, sans écailles, à dos convexe tranchant, terminé par une queue prenante, recourbée en dessous; leur tête est anguleuse, et leur langue longue , cylindrique , peut sortir de la bouche sous la
(1) Peuple caméléon « peuple singe du maître. La Font.
forme d'un ver ; son extrémité est terminée par un tubercule visqueux ; enfin leurs doigts sont réunis jusqu'aux ongles en deux faisceaux, deux d'un côté, trois de l'autre. Les caméléons ne se rencontrent que dans les parties les plus chaudes de l'Afrique et de l'Inde : on en connaît près de quatorze espèces différentes qui diffèrent parles formes de la tête , la disposition des crêtes du dos, du ventre, par la taille, etc. Leur marche est lente et singulière : ils grimpent aux arbres et s'accrochent aux branches avec deux ou trois pattes ; ils restent immobiles des heures entières; leurs yeux, grands dans l'obscurité de la nuit, sont couverts pendant le jour par une paupière unique qui ne laisse qu'un très-petit trou faisant l'office de la pupille ; ces yeux peuvent se mouvoir isolément et dans un sens opposé ; leurs poumons sont très-volumineux, et se prolongent sous la peau. Aussi ces animaux peuvent-ils se gonfler et rester plus de deux heures de suite le corps ballonné , et offrant le double de leur grosseur ordinaire. Les caméléons sont faibles et timides ; ils vivent d'insectes. On en connaît beaucoup d'espèces différentes. En captivité, ils supportent le jeûne pendant une année entière; ils pondent au moins dix œufs. L'espèce la plus commune se trouve en Egypte et en Barbarie.
1062. Les (ucalabotes ou geckoiiens ont généralement le corps trapu, déprimé , plat en dessous, et le dos sans crête; la tête large et plate, la bouche très -fendue; les yeux gros et les paupières courtes; les dents petites, comprimées, tranchantes ; les pattes et les doigts courts, égaux, plats en dessous et garnis de lames transversales (Pl.I, fig. 6); la peau granuleuse ou tuberculeuse. On les a subdivisés en huit ou dix genres d'après la forme et la disposition des doigts. Les geckos ont entre eux les plus grands rapports par la forme des doigts, qui sont comme lobés et garnis de lames imbriquées sous toute ou partie de leur longueur [a^a, a, a). Ces sauriens adhèrent sur les corps les plus lisses, s'y collent et s'y soutiennent contre leur propre poids. Les geckos sont des animaux hideux, à ventre aplati, à doigts larges, à tête souvent épineuse, à gros yeux dont la fente de la prunelle est linéaire ; ils paraissent changer de couleur à volonté. Leurs ongles sont souvent rétractiles.
1063. Les Platykotbs ou VARANIE^s sont de très^ros lézards
des pays chauds, d'Afrique, des Indes, de la Nouvelle-Hollande. Ils ont le corps fort allongé, arrondi, sans crête dorsale, la queue légèrement comprimée , souvent deux fois au moins plus longue que le tronc; la peau garnie de tubercules enchâssés, comme damasquinés , disposés par verticilles ou par anneaux, même sous le ventre ; leur langue est protractile comme celle des serpents, divisée en deux pointes et pouvant rentrer dans un fourreau. On les a nommés souvent tupinambis. Tel est le varan ou ouaran d'Egypte, "dont on trouve la figure gravée sur les monuments. Leur tête n'est pas garnie de plaques ; leur queue est très-longue, comprimée, carénée.
1064. Les EuNOTES ou î^fuamcn* (PI. I, fig 9) sont des lézards dont le corps est couvert d'écaillés entuilées, sans écussons ni tubercules, et sans plaques carrées sous le ventre. La plupart * ont une crête saillante sur le dos et sur la queue ; leur tête n'est pas couverte de plaques polygones; leur langue est plate, libre en avant; les doigts sont très-longs, libres, tous onguiculés, les pattes très-longues, surtout les postérieures. C'est une famille fort nombreuse qui comprend beaucoup d'espèces, toutes des pays chauds. Tels sont les anolis , les iguanes , les lophyreSy lessitanes , les dragons y les basilics ^ les stellions^ les agames et beaucoup d'autres.
1065. Les anolis sont faciles à distinguer, parce que leurs doigts sont dilatés sous l'avant-dernière phalange seulement , et garnis là , comme ceux des geckos, de lames imbriquées. Ils ont sous la gorge un goitre , ou une poche qui se prolonge en une sorte de fanon dont la peau est soutenue par des rayons osseux provenant de l'os hyoïde. Leur palais est garni de dents et ils n'ont pas de pores aux cuisses. Ce sont des espèces du Nouveau-Monde. Tels sont le large-doigt et celui nommé le roquet, qui est d'une belle couleur verte et bleue ; il porte sous la gorge, au moins le mâle , une sorte de sac ou de vessie qui prend une teinte d'un rouge vif comme une cerise, ce qui le fait appeler aussi rouge-gorge à Saint-Domingue et à la Martinique.
1066. Les iguanes sont des lézards d'Amérique dont le dos, la queue et la gorge supportent des crêtes ou des replis de la peau le plus souvent dentelés sur leurs bords. L'espèce la plus anciennement connue a été nommée délicaiissime, parce qu'où
IlO DES REPTILES SAtJftIENS.
recherche beaucoup sa chair, qui est blanche et très-agréable au goût : on la reconnaît à de grandes plaques arrondies situées au-dessous des joues. On la trouve dans toutes les parties de rAmérique du sud. La femelle pond trente œufs à coquille calcaire, dont le jaune est foncé en couleur et enveloppé dans une membrane solide. On mange aussi ses œufs. Les autres espèces principales ont reçu les noms de cornue, de fasciée ou à bandes, et de marbrée,
1067. Les lophyres ont reçu leur nom de la crête écailleuse qu*ils portent sur toute la longueur du dos et sur la queue, dans laquelle il n*y a pas de rayons osseux. On en connaît cinq ou six espèces, telles que le galéote , le sourcilleux, ceile à casque ou fourchue. La plupart sont des Indes. Quant aux uroplates , c'est un exemple unique , parmi les reptiles, que la forme de leur queue, qui est déprimée, à bords plus minces/ comme membraneux. Leur tête est large, aplatie. Leur peau presque nue , à grains tuberculeux, très-finement chagrinée, est souvent frangée. Ces sauriens ont beaucoup de rapports avec les geckos; les deux espèces rapportées à ce genre singulier proviennent Tune de Madagascar, l'autre du Pérou ou du Chili.
1068. Les sitanes sont des sauriens des Indes Orientales observés et recueillis sur la côte de Coromandel etàPondichéry, remarquables par l'énorme développement que prend chez les mâles le fanon de la gorge ; ils n'ont que quatre doigts aux pattes postérieures, etleur tympan estfortdistinct. Les dragons ressemblent un peu aux iguanes : ils ont aussi une crête ou un goitre sous la gorge; mais leur queue est longue, cylindrique et grêle, et la p3au de leurs flancs est prolongée, étendue sur les premières c5tes, qui la soutiennent et lui fournissent des rayons osseux en forme d'aile ou de parachute. C'est à l'aide de cette membrane que les dragons volent, ou au moins qu'ils se suspendent dans l'air, et qu'ils tombent lentement , comme en parachute. On n'a encore rencontré ces petits lézards, qui atteignent au plus trois décimètres de longueur, que dans les îles de l'archipel indien. On en connaît trois espèces. On a longtemps désigné sous ce nom de dragons, des animaux fabuleux qu'on a supposé avoir ti*ois ou sept têtes armées d'un bec crochu, et
deux pâlies garnies de griffes tranchantes. On trouve môme des figures de ces monstres imaginaires dans les ouvrages dé Gesner, d'Aldrovande, deJonston, ainsi que dans celui de Séba. Souvent on montre dans les cabinets des animaux qu'on nomme dragom , basilics, sirènes; ce sont des raies, dont les parties , divisées avec adresse , contournées et séchées dans des positions très-singulières, ressemblent en effet à ces êtres fabuleux décrits par plusieurs auteurs.
1069. Le principal caractère des basilics consiste dans une nageoire verticale écailleuse , soutenue par des rayons osseux et placée sur la queue , au moins dans les mâles, un rudiment de fanon sous le cou, et les doigts antérieurs bordés en dehors d*une frange écailleuse. On n'en connaît encore que deux espèces originaires de la Guyane et du Mexique ; ce ne sont peut- 6lré même que des individus qui diffèrent par le sexe. Le mâle seul porte sur la tête une sorte de capuchon ou de couronne, ce qui lui a Fait donner le nom de basilic, qui signifie royal; la femelle n'a ni capuchon, ni crôte dorsale. Ces reptiles vivent sur le bord des rivières , grimpent aux arbres et se nourrissent d'insectes et de fruits. On mange leur chair, qui est très-délicate et fort recherchée. Ce sont des animaux craintifs et Btupides. C'est un préjugé ridicule qui fait croire que leur seul regard fait mourir. On a donné ce nom à beaucoup d'animaux fabuleux.
1070. La forme des stellions est fort remarquable; ils ressemblent un peu aux crapauds; leur corps est ramassé, aplati ; leur peau chagrinée, couverte de tubercules; leur tête déprimée, plus large en arrière; leur queue courte est formée d'anneaux dont les écailles sont épineuses. On ne rencontre ces animaux que dans les parties les plus chaudes de l'Amérique et de l'Afrique ; ils se retirent sous les pierres et dans les fentes des vieux édifices pour ne sortir que la nuit. L'espèce la plus connue se trouve en Egypte; on l'appelle cordyle. Ce n'est pas cependant l'animal décrit sous le même nom par les Grecs. Le stellion le plus remarquable pour les couleurs, est V azuré ou courte queue: il vit en Amérique : sa teinte est d'un beau bleu avec des bandes en travers plus foncées. La plus grosse espèce se rencontre en Egypte ; elle atteint plus de sept décimètres de longueur. Les Arabes la nomment harbay.
1071 . Les agames sont des lézards de l'Afrique et de l'Asie qui ont le corps déprimé, avec une ligne de pores autour de l'orifice du cloaque et point aux cuisses, et dont la nuque est le plus souvent hérissée d'épines; leur tôte est courte, triangulaire, dilatée ou renflée en arrière. On a rapporté plus de quarante genres à cette grande famille des iguaniens.
1072. Les AI3T0SA.URES ou Làcertiens forment aussi une famil/e nombreuse très-naturelle, dont nous avons précédemment (1059) indiqué les caractères essentiels. Ils sont surtout reconnaissablés par les grandes plaques ou écailles qui protègent la dessous du ventre comme dans les crocodiles. On les a rapportés à près de vingt genres qui diffèrent entre eux suivant que leur queue est comprimée ou arrondie , ou que les doigts ont leurs bords lisses ou comme dentelés, ce qui indique que ces dernières espèces vivent dans les sables. Les lézards (fig. 7) , qui sont les seuls sauriens que nous trouvions en France , ont le corps couvert d'écaillés en desssus, et de plaques en dessous et sur la tête ; leur queue* est longue et conique. Ce sont des animaux innocents, très-agiles, qui grimpent sur les murailles et sur les troncs d'arbres. Il s'en trouve des espèces dans les régions tempérées des deux continents. On en connaît un grand nombre; les plus grosses espèces de France se trouvent dans le midi , presque toutes s'engourdissent pendant l'hiver. Il y a beaucoup plus dé femelles que de mâles. La queue de ces lézards est formée d'anneaux ou de verticilles qui se détachent trèsfacilement; et cette partie, lorsqu'elle est rompue, remue encore longtemps après avoir été séparée du corps. Cette queue se régénère, mais elle est souvent difforme ; quelquefois il en pousse deux au lieu d'une. On a trouvé des lézards à deux têtes , mais c'était une monstruosité observée chez des individus sortant de l'œuf. C'est à cette famille qu'on rapporte les crocodilures ou dragones, qui ressemblent un peu aux crocodiles par quelques écussons carénés sur le dos , mais dont les pattes ne sont pas palmées , 'et qui ont la tôte à quatre pans el la langue très-mobile. On recherche leur chair à Cayenne et à la Guyane. Tels sont encore les sauve-gardes ou monitors, appelés aussi par erreur iupinambis d'Amérique, et enfin les améivas du Brésil et de la Guyane.
1073. Les Cyclosaures ou Chalcidiens, dont nous avons indiqué (1059) les caractères essentiels, sont, comme nous l'avons dit, fort remarquables par le sillon latéral qui sépare le ventre du dos; leur tête est couverte de plaques à plusieurs pans. Us constituent deux groupes fort distincts, car les uns ont des écailles et des paupières , ce sont ceux que Ton désigne sous le nom de ptychopleures ; tandis que les autres, qui formeraient presque un ordre à part, sont semblables à des serpents, mais ils ont la peau coriace, divisée par petits compartiments, et ils n'ont pas de paupières. Ce sont les gîyptodermes (1073*). Les chalcides appartiennent à la première division , ils sont tous de l'Amérique du Sud et des Indes. Ils ont quatre pattes courtes à trois ou quatre doigts, pas d'oreilles apparentes, ni de dents au palais. Le sheltopusik de la Sibérie , de la Dalmatie et de la Morée, n'a que les rudiments d'une seule paire de pattes en arrière , mais les écailles sont semblables à celles des orvets. Il appartient au genre pseudope.
1073* Les gîyptodermes sont caractérisés, ainsi que leur nom l'indique , par les impressions quadrillées qu'on observe sur toute l'étendue de leur peau , qui d'ailleurs est annelée ou verticillée (PI. I, fig. 16). Tous ont le sommet de la tête protégé par de grandes écailles polygones. Ils sont distribués en trois genres bien distincts, les chirotes qui n'ont que deux pattes très-courtes en avant avec cinq doigts. Ils sont du Mexique. Les amphisbènes qui n'ont pas de pattes et point de plaques sous la région pectorale comme les lépidosternes. Ce sont des animaux du Brésil et d'Afrique. On a débité sur l'histoire des amphisbène* beaucoup de contes ridicules. On a supposé que ces serpents avaient deux têtes, dont l'une conduisait l'autre qui dormait pendant ce temps; qu'ils marchaient en avant et en arrière, d'où l'on a emprunté leur nom ; qu'un seul de leurs regards faisait mourir; qu'ils pouvaient lancer leur venin à une grande distance; que lorsqu'ils étaient partagés ou rompus, ils formaient deux animaux différents ; enfin, que les amphisbènes réduites en poudre étaient un excellent topique dans les fractures.
1074. Les SciNCOÏDiENS ou LÉproosAURES ont, comme nous l'avons dit (1059), le corps couvert d'écaillés entuilées distribuées en quinconce; on n'y voit ni crêtes, ni épines, ni sillon
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latéral, ni cou bien distinct. Les uns ont deut paupières, d'autres n*en ont qu^une seule, et il en est même qui n'en ont pas du tout. Les principaux genres sont ceux des orvets et des êcinques, lesquels ont des pattes courtes à cinq doigts presque égaux, aplatis et à bords en scie, le museau en groin tranchant. L'une des espèces se trouve en Egypte où les habitants là font sécher, pour en livrer les corps salés au commerce des drogueries, principalement en Asie. Ce prétendu médicament rie jouit pas des propriétés qu'on lui attribue. Les orvets , dont on trouve plusieurs espèces en France, sont des animaux trèsinnocents qui ne se nourrissent que de lombrics, d'insectes et autres petits animaux; ils ressemblent tout à fait à des serpents. Leurs dents sont courtes; leur langue est protractile, mais semblable à celle des lézards. Leur queue est si fragile qu'elle se rompt par les seules contractions de l'animal , lorsqu'il est saisi de crainte et qu'il cherche à s'échapper; mais elle se reproduit. L'espèce la plus commune se nomme vulgairement anvoie ou anguille de haie. On la mange dans quelques Cantons; mais sa chair est huileuse. Les autres espèces oni été observées aux Indes et en Amérique : tels sont le miguel ou orvet tacheté, l'oi^vet rouge ou corallin , dont les couleui'S sont très-agréablement disposées.
4075. Le caractère des serpens ou Ophidiens (fig. 8 à 16) réside, ainsi que nous l'avons vu (1049), dans la forme de leur corps, qui ne consiste qu'en un tronc allongé, très-étroit et sans pattes; dans leur défaut de paupières et de tympan distinct. Ce sont des animaux froids au toucher, qui habitent les lieux solitaires, humides et chauds ; qui inspirent une certaine horreur et une répugnance très-grande à cause de leur peau nue, souvent livide, huileuse et puante; de leurs yeux fixes et menaçants; de leur sifflement lent et sourd; de leurs mouvements obliques et rapides, et enfin par le poison terrible dont plusieurs espèces sont armées.
40Î6. L'échiné des ophidiens est composée d'un grand nombre de vertèbres, qui ont à peu près la même forme depuis la tête jusqu'à la queue : elles se meuvent les unes sur les autres, prmtipalement de droite à gauche, à l'aide d'une véritable articulation en genou, revêtue de cartilages d'incrustation et
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d'une membrane synoviale. Leur tête est peu mobile sur Téchine , quoiqu'elle soit articulée par un seul condyle à trois facettes. Leurs mâchoires sont dilatables, l'inférieure n'ayant point de symphyse solide; elles sont garnies de dents pointues, courbées en crochet, séparées entre elles ou non contiguëg (PI. I, fig. 8). Toutes les espèces ont des côtes nombreuses; mais jamais on n'observe chez elles de sternum. Leur progression s'opère à l'aide de sinuosités et de sauts, dans l'eau et sur la terre, ainsi que par la faculté dont plusieurs jouissent de s'eutortiller et de grimper en s'enroulant autour des branches; tous rampent en glissant et en s'accrochant sur les corps : plusieurs peuvent en outre s'élancer, bondir et se suspendre aux bran-* ches ; quelques autres nagent très-bien et peuvent plonger.
4077. Quoique la tête de beaucoup de serpents soit trèsvolumineuse, leur crâne n'en forme que la moindre partie : |l contient un très-petit cerveau qu'il enveloppe étroitement, Leur œil est fixe, toujours sec â la surface, et constamment recouvert par l'épiderme ; car il n'y a point chez eux de paupières ni d'humeur des larmes apparente au dehors. Aucun n'a d'ouverture extérieure pour l'oreille; leure narines sont courtes, peu développées, ordinairement simples et situées à l'extrémité ou sur les côtés du museau; leur langue varie beaucoup; mais, quoique molle, humide, longue et fendue, elle paraît plutôt destinée à saisir les aliments , qu'à en faire percevoir les saveurs, la proie étant toujours avalée sans être ipâchée. Le toucher réside dans toutes les parties du corps qui peuvent entourer les objets, mais il est émoussé par les écailles et par l'épiderme de corne qui l'enveloppent de toutes parts. Cet épiderme s'enlève au moins une fois tous les ans, même dans la partie qui recouvre les yeux, et l'animal s'en dépouille en une seule pièce, qui est retournée comme un gant, lorsqu'on la trouve abandonnée.
4078. Tous les serpents ont la bouche garnie de deqts coniques, courbées, mais qui ne servent jamais à mâcher : ce sont seulement des crochets destinés à retenir la proie qu'ils saisissent toujours vivante. Ces dents sont quelquefois en très-gran(} nombre (fig. 8, d, d) , et portées sur des os particuliers de la voûte du palais. Les crochets à venin ne se rencontrent que dans
un petit nombre d'espèces. Très-souvent les deux mâchoires ne sont point réunies au milieu : elles peuvent se séparer et dilater ainsi considérablement l'ouverture de la bouche. La langue (fig. 8,^), fourchue à son extrémité, rentre dans une sorte de fourreau; elle sort de la bouche et vibre avec vitesse. C'est à tort qu'on la nomme dard, dont on a dit que les serpents se servaient pour piquer et introduire leur venin. Ces animaux boivent rarement et ne peuvent téter. Leur digestion est très-lente ; et quand ils ont avalé des aliments en quantité un peu considérable , ils tombent dans une sorte d'engourdissement léthargique. Il n'y a jamais de vessie urinaire dans ces animaux; les résidus des aliments et leurs organes de la génération aboutissent dans une même cavité qu'on nomme doaq'ue, lequel offre une fente en Iravers chez le pi us grand nombre. Le mécanisme de leur respiration paraît s'opérer d'une manière un peu différente que dans les autres animaux vertébrés; les côtes, n'étant pas retenues par le sternum, tendent à s'écarter les unes des autres, et à faire pénétrer l'air dans l'espèce de poche celluleuse qui leur tient lieu de poumon , de sorte que l'inspiration paraît être passive, tandis que l'expiration est toujours volontaire. Ces deux mouvements sont en général très-lents; mais le serpent peut les accélérer, quand il en sent la nécessité. Leur voix n'est qu'une sorte de soufflement faible et prolongé, ou de sifflement sur la lettre S. La circulation s'opère toujours lentement chez les serpents: elle est cependant subordonnée chez eux à l'acte de la respiration, à la température de l'atmosphère et aux passions. Leur cœur offre deux oreillettes avec un seul ventricule partagé en deux loges. Ils n'ont qu'un poumon bien développé.
4079. Il y a toujours un accouplement dans les ophidiens : les organes qui le permettent dans les mâles sont doubles (fig. < 2, a, ô , c). Les femelles pondent, en général, des œufs à coquille légèrement calcaire, réunis le plus ordinairement en chapelets. Quelquefois ces œufs éclosent dans l'intérieur du corps , et les petits naissent vivants; c'est le cas de la vipère, qui a tiré son nom de cette particularité ; mais un grand nombre d'autres espèces ont offert la même observation. Les femelles prennent soin de leurs petits dans le premier âge : on en a vu qui présentaient un refuge très^ingulier à leur famille au moment d'un
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danger imminent; les petits, que la mère semble alors avaler, se placent dans son œsophage, et ils n'en sortent que lorsque le péril a cessé.
1080. On a distribué les serpents en cinq sou&ordres. D'abord, on a réuni sous le nom de Scolécophides ou vermiformes (1081) toutes les espèces qui ont les deux extrémités du corps de même grosseur, mais qui n'ont de dents qu'à Tune ou à l'autre des mâchoires. Tous les autres ont les deux mâchoires dentées. Mais chez les uns, les dents antérieures sont pleines ou non creusées. Tels sont d'abord les azémiophides ou cicuriformes (1082) et les aphobérophides ou fidendiformes (1084); ces derniers diffèrent des autres parce que leurs dents postérieures sont sillonnées ou cannelées en avant. Les deux autres sous-ordres réunissent tous les serpents venimeux dont les dents antérieures sont creusées dans leur longueur par un canal qui inocule le venin dans la plaie où la dent pénètre. Tantôt ce canal est incomplet ou ouvert en avant comme dans les apislo^ phides ou fallacif ormes (iOSi); tantôt, au contraire, comme dans Tes serpents à sonnettes et les vipères, ce canal est intérieur et n'offre un sillon que vers la pointe, ce sont les thanatophides ou vipériformes (1085).
1081. Cet ordre des serpents est tellement nombreux que nous nous bornerons à indiquer seulement quelques genres ou quelques espèces dans chacun de ces sous-ordres. Parmi les Scolécophides, nous citerons les lyphlopSy qui ont la tête déprimée, garnie de plaques, le bout du museau arrondi et les narines latérales. Ce sont de très-petites espèces dont on ne connaît qu'une seule qui a été observée en Europe et en Asie. Leurs yeux sont tellement petits et recouveils par les écailles qu'on a cru longtemps qu'ils étaient aveugles, ainsi que le nom de genre l'indique, et on les a comparés à des vers de terre, aussi les a-t-on appelés lombricaux.
1082. Les serpents Cicuriformes sont des espèces innocentes comme l'indique leur nom d'AzÉmoPHiDES. Leurs dents sont arrondies et. pleines sur les deux mâchoires. Les principaux genres sont les pythons , les boas, les éryœ et les rouleaux. Les premiers ont des crochets ou vestiges de membres postérieurs sur la marge du cloaque. Ce sont de grands serpents d'Afrique ,