‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 135 sur 158 · II · texte numérisé non relu

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qui se trouvent dans les contrées marécageuses où ils se nourrissent de mammifères. Ils atteignent ainsi que les boas de ti*èsgrandes tailles, mais ces derniers n'ont été observés qu'en Amérique, ils n*ont pas non plus de creux ou de fossettes sur le bord des lèvres. Tel est le serpent devin ou roi des serpents. Les nègres de la côte de Mozambique ont, dit-on, beaucoup de Vénération pour cet animal et ils le considèrent comme une divinité. Les reptiles de ces deux genres sont les plus grosses espèces de serpents connus; ils étranglent de très-gros mammifères, comme de petits cerfs, des gazelles, en les enveloppant des replis tortueux de leur corps. Quand ils sont parvenus à étouffer ces animaux et à briser leurs côtes, ils les étendent et les couvrent d'une couche de salive avant de commencer à les avaler, car ils n'ont aucun moyen de les partager, et le tout doit être englouti à la fois. On mange la chair de ces serpents : on en expose même des tronçons dans les marchés publics.

1083. Les éryx sont des serpents qui vivent dans les sables où ils s'enfouissent à l'aide d'un museau arrondi en coin qui semble tronquer la tête en avant : leur queue est très-courte. En général ils sont de petite taille, tel est en particulier celui qu'on nomme le trait ou javelot, qu'on a trouvé quelquefois en Grèce, mais qui est très-commun dans le nord de l'Afrique. En Egypte, des bateleurs les exposent souvent à la curiosité publique, et pour les faire passer pour des cérastes , espèce de vipère très-venimeuse, ils ont l'art de leur implanter sur la tête des ongles .d'oiseaux ou de petits mammifères qui continuent de croître par une sorte de greffe animale. Lesrouleaux ont, comme les pythons, deux petites dents implantées dans les os incisifs ou intermaxillaires, les yeux presque verticaux, peu développés. Une des espèces d'Amérique est fort remarquable par sa coloration ; ce sont des anneaux d'un beau noir sur un fond rouge vif. Mais cette teinte disparaît après la mort. Les femelles sont ovovivipares.

1084. Les At^uoBÉROPHiDES ou fidendi formes f et les Apisto- PHiDEs ou faîlacif ormes , ont beaucoup d'analogie entre eux, et il est nécessaire de s'assurer de la forme et de la structure des dents postérieui^es qui garnissent les mâchoires pour les

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bien distinguer. Ce sont des espèces très-nombreuses parmi lesquelles nous n'indiquerons que le genre le plus commun en France , ce sont les couleuvrei ; elles ont la tôte couverte de plaques (fig. 15), et elles n'ont point de dents venimeuses. On observe deux rangs de plaques sous toute l'étendue de leur queue, qui est toujours simple » conique. Les reptiles de ce genre se trouvent sur les deux continents ; ils vivent Isolés , s'engourdissent l'hiver dans les climats tempérés et s'accouplent au printemps : chez quelques-uns, les œufs éclosent dans l'intérieur du corps. On les trouve souvent endormis au soleil. Leur voix n'est qu'un sifflement sourd; la plupart ont une odeur désagréable : les couleuvres se nourrissent de grenouilles» d'insectes* d'oeufs et môme de petits oiseaux : quelques-unes grimpent aux arbres. On en conmdt un grand nombre, dont plusieurs sont ornées de couleurs vives. Ce sont des animaux très-innoçents pour l'homme. Lesprincipales espèces de France sont la Hue, qui est d'un gris cendré eu dessus, et noirâtre irisé en dessous; et celle dite d eoUier, d'une couleur grise aussi, mais avec une bande jaune» bordée de noir, placée en travers sur l'occiput. On trouve cette dernière dans les lieux humides : elle nage souvent dans les étangs, et elle pond ses oeufs en un groupe formant une sorte de chapelet.

1085. Parmi les Thanatophidbs ou vipériformes , qui sont les serpents les plus venimeux, nous citerons d'abord les vipéreê , qui ont reçu ce nom parce qu'on a cru longtemps que ces serpents étaient les seuls dont les petits sortaient vivants du corps de leur mère. Le véritable caractère des vipères consiste dans la présence des crocheté d venin* On désigne sous ce nom des espèces de dents spéciales (fig. 14), portées sur une étroite mandibule, lesquels peuvent se redresser ou se cacher dans la bouche à la volonté de l'animal. Ce sont des épines courbes, sur la convexité desquelles on aperçoit une petite cannelure (a) qui conduit à un canal où se trouve une humeur particulière produite par une glande située à la base. Il y a plusieurs germes de ces crochets ; mais on n'en remarque ordinairement qu'un ou deux solidement fixés; les autres étant destinés à remplacer les premiers lorsqu'ils viennent à tomber.

1086» U semble que la nature ait voulu accorder à ces serpents,

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qui sont en général des êtres très -faibles, les moyens de dompter tout à coup les animaux beaucoup plus agiles ou plus forts qu'eux et dont ils doivent cependant se nour^r. L'humeur du venin est en effet de nature à engourdir ou à tuer presque subitement les animaux sous la peau desquels il en pénètre une petite quantité par des blessures. Cette humeur se dissout dans Teau etdansTalcool : elle se conserve liquide et sèche, pendant trois ou quatre ans, avec toutes ses propriétés. Un quart de milligramme du venin de la vipère suffit pour tuer un oiseau du poids de deux décagrammes. La vésicule à venin de la vipère ne contient guère qu'un décigramme de cette humeur, qui est très-lente à se séparer. Ce poison ne produit aucun effet sur les animaux qui l'avalent. Les accidents qui accompagnent la morsure varient beaucoup : quelquefois ils causent l'assoupissement; dans d'autres circonstances des convulsions, la jaunisse, la gangrène, une fièvre extrême, des dépôts purulents; mais très-rarement la mort. Les principaux remèdes sont l'émétique, les caustiques , et surtout la succion de la piqûre.

1087. Presque toutes les vipères vivent dans les pays chauds, surtout en Amérique et aux Indes. L'une de ces espèces est surtout remarquable par une ligne noire en forme de porteagrafe, ou de branches de lunettes, placée sur la peau du cou dans une partie qui peut à volonté devenir fort large. Elle fait périr les chiens au bout de trente-sept minutes, et les poules en une minute et demie. On la désigne ordinairement sous le nom de serpent à coiffe ou de vipère à lunettes. On reconnaît la vipère commune à sa tête couverte de petites écailles, à sa couleur verdâtre en dessus, avec une hgne brune ou noire ondulée; elle est plus foncée en dessous; elle a quelques taches sur les flancs. Cette espèce ne peut tuer que les petits animaux ; on prétend même que son venin ne produit aucune action sur les limaçons, les lombrics, les couleuvres, ni sur les gencives et les yeux de l'homme. La vipère noire est remarquable par les points blancs de ses lèvres , dont le fond est de couleur brune, ainsi que le reste du corps. On la trouve dans le nord de la France. On employait autrefois beaucoup la chair de vipère en médecine; mais maintenant on n'en fait plus usage.

1088. On désigne sous le nom de scytales des serpents dont

le dessous du corps, de la queue, et le sommet de la tète sont garnis de plaques entières ; ils ont des crochets à venin . et leur queue est conique, simple. On ne les rencontre qu'aux Indes et en Amérique.

1089. Le nom de crotale signifie grelot, et il indique le principal caractère des animaux auxquels on l'assigne. Ce sont en effet des espèces venimeuses , dont la queue est terminée par des sortes de vésicules de matière cornée, enfilées et mobiles les unes sur les autres, qui produisent un son particulier, lorsque ces serpents font le plus petit mouvement; aussi les nomme-t-on, en Amérique, serpents à sonnettes. Le nombre de ces gaines ou grelots varie suivant ]*àge et la grosseur de ranimai; on en trouve rarement quarante, mais le plus souvent sept ou huit. Ces serpents portent une odeur désagréable : tous les animaux les craignent, à l'exception des cochons, qui s'en nourrissent. Leurs blessures sont très-dangereuses : au premier instant on n'éprouve pas de douleur; mais, après quelques minutes, on ressent un élancement analogue à celui que produit une piqûre de guêpe : la partie s'enfle; il survient une soif dévorante ; la langue se gonfle si fort, qu'elle sort de la bouche : l'on périt alors comme étranglé. Quand on échappe à la mort, on est sujet à des douleurs qui se renouvellent périodiquement. Quelquefois la gangrène se manifeste dans la partie mordue. Le principal remède connu est l'application d'un fer rouge, ou la prompte extirpation de la partie sur laquelle l'animal a enfoncé ses crochets.

1090. On nomme Batraciens ( fig. 17 à 22) les reptiles dont la peau est nue, sans carapace, ni écailles; dont les doigts sont toujours distincts et sans ongles, et qui subissent le plus ordinairement des métamorphoses. Les batraciens diffèrent beaucoup des autres reptiles par leur organisation; la plupart n'ont point de côles, ou ils les ont très-courtes. Quelques espèces portent une queue; les autres en sont privées. Ces dernières sautent plus souvent qu'elles ne marchent : toutes ont l'œil garni de paupières, souvent au nombre de trois : leur langue présente beaucoup de variétés : toutes se nourrissent d'animaux vivants; leur bouche est très-large, sans lèvres mobiles; leurs dents, fort courtes, sont implantées dans des mâchoires

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soudées; leur cœur est à un seul ventricule et à une seule oreillette; leurs poumons sont formés d*un très-petit nombre de cellules, et ressemblent quelquefois & des vessies : ils respirent à Taide des muscles de la gorge ; ils n'ont ni épiglotte ni larynx; leur voix, qu'on nomme quelquefois coasêemênt {9i^) ^ est produite parTaccès de Tair dans certaines vessies. Aucune espèce ne s'accouple véritablement; quelques-unes pondent leurs œufs en chapelet, et sont aidées par les mâles; d'autres les déposent isolément. L'enveloppe de ces œufs est toujours molle et flexible. Les petits qui en naissent se développent constamment dans l'eau , et le plus souvent dans les eaux douces ; ils respirent d'abord par des branchies; ils sont analogues aux poissons; ils éprouvent divers changements dans leurs formes et dans leur structure, qui sont constamment- appropriées à leur manière de vivre.

1091. L'ordre des batraciens a pu être partagé en trois groupes principaux. Les uns sont en apparence semblables aux serpents, et on leur a donné le nom d*ophiû8omes ou de péro^ mêles, parce qu'ils n'ont pas de membres du tout. Les autres ont des pattes, mais il en est qui ont une queue, ce sont les anoures; d'autres en ont une, on les nomme urodéles. Les 0PHI080MSS ont le corps arrondi, très-allongé, une queue excessivement courte quand elle existe, point de pattes, un cloaque dont rorifice arrondi est situé à l'extrémité du tronc. Telles sont les céciiies de Surinam, de Cayenne et du Malabar.

1092. Les batraciens Anourks, ou sans queue, ont le trône large, court, déprimé, deux paires de membres inégaux en longueur et en grosseur, la peau nue, et l'orifice du cloaque arrondi et terminal. Ce simple défaut de la queue rapproche d'une manière très-avantageuse les Anoures, dont nous allons parler. Ils se ressemblent par le squelette, par l'organisation générale, et surtout par le mode de génération- Le nombre des vertèbres, dans les espèces adultes, est le plus petit qui soit connu dans les animaux qui ont une échine, car il n'est que de sept à onze. Ils ont le corps large, tronqué, déprimé, et leur tète paraît supportée sur les épaules; leur peau nue forme une sorte de sac , non adhérent aux muscles; leurs pattes antérieures sont plus courtes que les postérieures; le plus ordi-

nairement leurs cuisses renflées sont portées sur un long bassin mobile, et leurs tarses sont très-allongés; leur langue charnue est attachée par sa base dans la concavité de la mâchoire^ et libre en arrière; ils ont souvent un tympan distinct; leur cloaque forme une ouverture arrondie à l'extrémité du corps; leurs œufs sont mous, sphériques, liés entre eux par une sorte de glu ou de matière glaireuse. Le mâle aide la femelle à se dé* barrasser de ses œufs {ûg, 17); il les féconde de sa laitance au passage; quelquefois il s'en chaîne lui-même, en enveloppant autour de ses cuisses le chapelet de matière flexible et élastique qui les réunit; ou bien il les place sur le dos de la femelle, où ils doivent se développer dans l'épaisseur de la peau. Lorsque les petits sortent de l'œuf, ils sont aveugles et sans pattes (fig. 18); ils ont une queue; ils respirent par des branchies. Sous cet état, on les nomme têtards : on a cru jusqu'ici qu'ils se nourrissaient uniquement de matières végétales; leur ventre est très-gros, globuleux, et leurs intestins excessivement longs. Bientôt ils changent de peau; ou leur voit des yeux (fig. 19); les deux pattes de derrière se développent d'abord [a, a), pui^ celles de devant; la queue tombe, puis les branchies. L'animal respire l'air, et parait enfin sous la forme qu'il doit conserver toute sa vie.

1093. Les crapauds ont le corps large, épais, la peau couverte de verrues, et principalement de deux grosses glandes situées sur le cou ; leurs pattes de derrière sont à peu près de la longueur du corps. Ce sont des animaux lents et dégoûtants, qui fuient la lumière, Be retirent dans les lieux sombres et humides, et ne sortent que la nuit pour aller à la recherche des vers et des insectes, dont ils se nourrissent. Ils s'engourdissent l'hiver, et se rassemblent souvent dans des lieux étroits, où ils s'amoncellent : ils pondent au printemps et produisent à cette époque un son lent et flûte; ils se gonflent et lâchent leurs urines dans le danger. Ce sont des animaux innocents, qui n'ont pas de venin, et qui ne mordent pas.

1094. On connaît dans ce genre une douzaine d'espèces. On trouve en France la plupart de celles dont nous allons parler : 1° le calamité t dont le corps est vert , avec une ligne jaune sur le dos et des verrues rousses; 2*» Y ordinaire^ qui est cendré ^

avec des pustules roussâtres. Ces deux crapauds vivent sous terre, sous les pierres, dans les troncs d*arbres. Le dernier coasse lentement le soir et pendant la nuit : sa voix est flûtée. Il fait entendre des sons qui paraissent se rapprocher ou s'éloigner à sa volonté; c'est un véritable ventriloque. On en a souvent rencontré de vivants dans Tintérieur des maçonneries et des troncs d'arbres, où il paraît qu'ils n'avaient eu qu'une faible communication avec l'air ; 3» le sonneur ou pluvial , d'un brun verdâtre en dessus, bleu en dessous, avec des lignes orangées. Son coassement ressemble au bruit d'un timbre de métal : il vit dans les eaux stagnantes. Lorsqu'il craint, il s'aplatit contre terre : quand on le frappe, il se couche sur le dos. On prétend qu'il reste quatre ans sous forme de têtard. 4" V accoucheur, qui est petit, brun en dessus, avec des taches irrégulières plus foncées. Le mâle porte des œufs de la femelle, et ne les abandonne que lorsqu'ils sont près d'éclore. Ses têtards vivent d'abord dans l'eau , et ils sont carnassiers.

1095. On trouve à Surinam et dans la Nouvelle- Espagne un batracien très-remarquable par l'aplatissement singulier de tout le corps, et principalement de la tête, qui est presque triangulaire. On en a fait un genre particulier, parce que sa structure est fort différente des autres espèces d(î crapauds, et surtout parce qu'il n'a pas de langue. Le mâle place les œufs, après les avoir fécondés, sur le dos de sa femelle. La présence de ces œufs fait gonfler la peau, qui forme autour d'eux autant de cellules, où ils restent à peu près trois mois, pour y subir toutes leurs métamorphoses ; de sorte qu'ils naissent véritablement, sans avoir paru au dehors, sous la forme de têtards. On prétend que les nègres recherchent la chair de ce reptile, qu'ils nomment pipa ou tédon.

4096. Les grenouilles ne diffèrent guère des crapauds; seulement leur peau est lisse, et leurs pattes de derrière, ordinairement palmées (fig. 24) , sont au moins d'un tiers plus longues que leur corps. Toutes s'accouplent et pondent dans Teau. Elles nagent et sautent très-bien : elles ne peuvent ni marcher, ni griràper. Ce sont des animaux timides , dont la vie est très-dure. Ils coassent beaucoup, principalement pendant la nuit ; et dans le temps de l'accouplement .. les mâles font sortir, aux environs

de la bouche, deux vessies que Tair de leurs poumons peut gonfler. On exprime à peu près la monotonie de leur cri par ces syllabes : bré-hé-ké'kec-coax-coax; de là vient môme le nom de coassement. On mange les cuisses des grenouilles dans plusieurs départements : c'est un alùnent fort sain et assez délicat

1097. Il existe en Amérique des grenouilles qui pèsent près de quatre kilogrammes, et qui avalent de petits canards. £n France, on n'en connaît guère que deux espèces , la verte et la rousse, qui se trouvent principalement dans les lieux humides. L'espèce la plus remarquable de ce genre est celle qu'on nomme la paradoxale ou \dijackie, qui vit à Surinam. Son têtard, presque aussi gros que l'animal parfait, a donné lieu de croire que cette grenouille se changeait en poisson.

1098. On appelle raines ou rainettes des reptiles qui ne diffèrent des grenouilles que parce que leurs doigts sont terminés par des disques épatés ou élargis, au moyen desquels elles peuvent s'accrocher et se tenir suspendues sur les corps les plus lisses. Ces animaux vivent, en général, sur les feuilles des arbres. Leur coassement pourrait être rendu par le son de ces syllabes : carack-ca-rak-kac. On les désigne souvent sous le nom de graissets. On n'en connaît qu'une espèce en France : elle est en dessus d'un beau vert de pré , avec une ligne latérale jaune, bordée de violet; le dessous du corps est blanchâtre. Toutes pondent dans l'eau, et s'y engourdissent pendant l'hiver, comme les grenouilles.

1099. Les batraciens qui ont une queue, ou les Urodèles, se rapprochent entre eux par la forme générale du corps, par l'organisation, par la manière de vivre et de se reproduire. Ils ressemblent aux sauriens par leur corps étroit, allongé, cylindrique ; leur tête est portée sur une sorte de cou au devant des épaules; leur peau est intimement adhérente aux muscles; leurs pattes de devant, quand elles existent, sont à peu près de la même longueur que celles de derrière, dont les cuisses ne sont ni plus grosses, ni plus longues; leur queue, toujours persistante, sert à la natation, et elle est le plus souvent comprimée; leur langue est adhérente à la gorge; ils n'ont pas de tympan distinct; leur cloaque présente une fente longitudinale, à deux livres vers l'origixie de \dk queue et ^us le bassin ; la femelle

DBS RBPTILES BATRACIENS.

pond 868 œufis isolés , ovales, -alloiigés sans l'assistaoce du mâle qui les féconde ensuite conuné la plup^ des poissons. Les têtards qui eu proviennent n'-ont pas one métamorphose aussi différente que ceux des batraciens anoures; leurs branchies sont extérieures » sous la forme de franges et sur les c6tés du col,.0t leurs pattes antérieures se développent avant celles de derrière. Deux genres conservept ledrs branchies pendant toute four vie; tels sont lepti^tée et la iirine; deux autres les perdent, ceux-ci ont quatre pattes ; ce sont les salamandres et les tritons.Un petit nombre d'espèces sont rangéesdans cette section*

1100. Un préjugé très-ancien a rendu célèbres les $ala^ mandres; on a cru qu'elles vivaient dans le feu^ et on les a employées dans beaucoup d*emb)èmes, en raison de cette par* ticularité extraordinaire et merveilleuse. Ce sont des animaux allongés, dont la peau est nue, la tête plate, les doigts sans ongles et la langue adhérente. Pour le reste des formes, elléa ont quelque analogie avec les lé2<ards. Ces animaux présentent des singularités très-remarquables relativement à leur fécon-* dation et à la reproduction des parties qu'on leur enlève. On trouve les salamandres dans Teau, au premier printemps. Quelques espèces sont, à ce qu'il parait, fécondées par la laî-tance que le mâle répand dans le fluide où elles sont plongées : chez d'autres espèces, le mâle vivifie chacun des œufs, aussitôt qu'il est abandonné par la femelle. Ces œufs sont sept à dix jours avant de doit ner naissance à un têtard , qui reste quatre mois sous cette forme : pendant ce temps, il ne se nourrit que de débris de végétaux. On a fécondé artificiellement des ceiifi^ de salamandres; aux unes, on a enlevé la queue; à d'autres, une ou plusieurs pattes, et même un œil dans son entier, et ces parties se iso^nt reproduites absolument semblables à celles qiii exiâtaïent auparavant. On connaît en France six espèces de sa» lamandres: ou de tritons. Ces derniers ne diffèrent des Sala* mandres que parce qu'ils ont la queue comprimée.

1101. On a observé en Carniole, dans les eaux qui paraissent provenir des lacs souterrains, un batracien à branchicis et à quatre pattes , dont celles de devant n'avaient que trc»s doigts, et celles de deriière deux. On l'a régardé comme un genre particulier, et on l'a nommé protée. Il y a au Mexique, dans lee

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DES REPTILES BATRACIENS. Sti

lacs d*eau douce, une espèce de [)rotée que Ton nomme axo^ loit; on le fait cuire et on le mange comme un poisson, quoiqu'il ait des pattes. On a aussi trouvé dans la Caroline méridionale un très-long reptile à branchies, avec deux pattes seulement en devant , et on l'a nommé sirène (fig. 22). On ne connaît pas encore très-bien la manière de vivre de ces animaux , qu'on croît cependant ne pas être des têtards de salamandres, parce qu'on leur trouve des os destinés à recevoir les branchies comme dans les poissons. Ils n'ont été observés que dans la vase des terrains submergés pour la culture du riz. On en a même distingué trois espèces différentes.

i 101 "*. Dans ces derniers temps on a proposé de partager cette famille des batraciens urodèles eu deux tribus, suivant que les espèces, réunies en genres, conservent ou non les trous quel'oa voit au cou, et qui correspondent aux origines des branchies* Les premiers ont été désignés sous le nom de trématodères , et les seconds sous celui d'atrétodères ; les salamandres seraient rangées dans ce groupe pour y former une famille. Les amphiumideê, chez lesquels les trous des branchies persistent, quoique les franges qui les indiquent n'existent plus; et enfin les pro^ iéideê, chez lesquels les branchies, et par conséquent les trous coUaires restent constamment visibles. Les amphiumides ou pérobraneheê correspondent aux ménopomes et aux amphiumes , qui sont des batraciens urodèles de l'Amérique du Nord.

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