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CHAPITRE XX

Des oiseaax ou de la seconde classe des animaux.

ii02. On appelle Oiseaux, comme nous VavoDS précédemment indiqué (675), des animaux vertébrés sans mamelles, à sang chaud, qui respirent l'air par des poumons; dont les germes naissent toujours non développés et renfermés, sous forme liquide, dans un œuf à coquille calcaire, et qui ont le corps constamment couvert de plumes. On nomme Ornithologie la branche de Thistoire naturelle qui traite de ces animaux.

1103. L'organisation comparée des oiseaux a fait voir qu'ils différaient de tous les autres animaux , précisément par les mêmes caractères qui établissent entre eux lesplusgrands rapports; aussi forment-ils la classe la mieux établie et la plus facile à distinguer : c'est ce que nous allons prouver en parcourant successivement la structure de leurs organes.

1104. Les oiseaux peuvent voler, c'est-à-dire se soutenir suspendus dans l'air, s'y diriger à volonté, et à peu près de la môme manière que les poissons nagent dans l'eau : ils peuvent aussi se mouvoir sur la terre, sur les autres corps solides, à la surface de l'eau; et, en quelques circonstances, dans la masse même de ce liquide : leur structure permettant ces diverses sortes de mouvement.

1105. La partie de leur échine qui correspond au dos est absolument immobile : les vertèbres du cou et de la queue sont les seules portions de la colonne vertébrale qui exercent quelques mouvements. Leurs membres pectoraux sont allongés, propres seulement au vol; on les nomme ailes. Elles supportent de longues plumes roides, élastiques, placées en recouvrement les unes sur les autres, disposées en éventail, qui suivent le mouvement des os : en se déployant, elles occupent une plus grande surface imperméable à l'air sur lequel elles s'appuient comme avec devix rames. Ces niembres sont articulés sur une

double clavicule et sur un sternum large (PI. I, fig. 1, a a), portant une crête en forme de quille de navire.

1106. On appelle pennes les grandes plumes des ailes et de la queue. Les plus longues, qui sont ordinairement au nombre de dix au bout de Taile , sont désignées par le nom de primaires , tandis qu'on appelle «econdatr^^, celles qui sont moins longues et placées plus près du corps. Dans la description des oiseaux , on nomme aussi rémiges les pennes des ailes qui sei*vent comme de rames, et rectrices celles de la queue, qu'on a comparée à un gouvernail. On appelle encore ^^ctrtce* les petites pennes moins longues qui recouvrent la base des rémiges et des rectrices. Tous les oiseaux ont, au-dessus de la dernière pièce de leur échine qui forme le croupion, une grosse glande qui sécrète une humeur huileuse que l'animal exprime à l'aide de son bec pour graisser ses plumes. Cet appareil est surtout très^iéveloppé dans les oiseaux aquatiques. Tous les oiseaux renouvellent leurs plumes à certaines époques qu'on dit être celles de la mue.

1107. Le corps des oiseaux est plus lourd que Tair : abandonné à lui-même, il tomberait sur la terre comme tous les corps pesants, si l'animal ne déployait ses ailes qui sont un peu concaves en dessous, et ne frappait l'air subitement avec une force considérable. Mais comme l'air ne peut être déplacé avec la môme rapidité , il fait éprouver à l'aile une résistance qui se transporte sur la masse du corps. L'oiseau trouve ainsi un point d'appui, sur lequel il fait un bond. Voilà comment, par une suite de sauts continus, il s'élève dans l'air au moyen des ailes. L'obliquité que l'animal communique, selon sa volonté, à la surface de ces membres, détermine, jusqu'à un certain point, son mouvement en avant et en haut. Quant à la direction du vol à droite et à gauche, elle parait dépendre de la rapidité variable et proportionnée de l'une des ailes sur l'autre, La queue est une sorte de gouvernail qui soutient l'oiseau, principidement lorsqu'il descend; elle fait aussi équilibre avec le cou. Le poids des pattes et des chairs de la poitrine est tel, que l'oiseau se trouve comme lesté sous les ailes, et qu'il ne peut chavirer ou culbuter.

1108. La plupart des piseau^ ont le pied .extrêmement al*

tSe DBS OISEAUX BM GÉNÉRAL.

longé; mais sa première partie, ou le tarse, est placée presque verticalement sur les doigts, dont le nombre est le plus ordinairement de quatre. Les uns ont ces doigts entièrement fendus (PI. III, fig. 14 , iSet 19); ils peuvent marcher et sauter sur un sol horizontal : telles sont les poules, les grues, les pies« Or« dinairement alors il y a un des doigts placé en arrière, et tras en devant. D'autres oiseaux (fig. 1 et 8), comme les perroquets, les pics , ont deux doigts derrière et deux devant : ceux-ci marchent difficilement; mais ils grimpent très-bien. Chez d^autres espèces enfin, comme dans les canards, les cygnes, les doigts sont garnis d'une membrane (PI. V, fig. 25), qui forme de la patte une sorte de rame; aussi ces oiseaux nagent-ils fort bien, et peuvent-ils plonger. Au reste, nous aurons occasion de revenir sur ces conformations, en traitant de la classification des oiseaux.

1109. Les oiseaux ont une masse cérébrale arrondie et complètement renfermée dans le crâne; le cerveau proprement dit (PLI, fig. 2), offre des plis très-rapprochés. Le cervelet placé en arrière, se prolonge par la moelle épinière. Us jouissent des cinq sens, comme tous les autres animaux à vertèbres; mais chez eux , celui du toucher est le moins parfait. Les plumes dont leur corps, et surtout leurs membres antérieurs, sont couverts, les empêchent de recevoir, par un contact immédiat, les impressions des objets qui les touchent. £n outre, les di-« verses parties de leurs pattes sont enveloppées de lames ou â*écaillesd'une matière semblable à de la corne, qui doit émousser la sensation. Tous jouissent de Torgane de la vue, et leur œil parait avantageusement construit. Une troisième paupière , à demi transparente, peut se placer au devant de leur pupille^ pour affaiblir les rayons trop vifs de la lumière ; et par un mécanisme particulier, Foiseau peut apercevoir les objets situés à une très-grande distance, à peu près avec la même facilité qu'il distingue ceux qui sont très-près de son corps. Quoique les oi* seaux n'aient pas de conque extérieure à l'oreille, tous parais^ sent jouir de la faculté d'entendre; quelquesruns, comme lee hibous, les chouettes, perçoivent les sons dans une sorte de pavillon que forment des plumes singulièrement disposées autour du trou auditif: quelquefois, comme dans l'effraye, on

DES OISEAIJX EN GÉNÉRAL. 95i

troiiTe à l'embouchure de ce conduit une sorte de soupape ou d*opercule mobile. On sait que les oiseaux perçoivent très-bien les odeurs; que les vautours, par exemple, arrivent de près de cinq myriamètres de distance, comme attirés par Fodeur d'un cadavre; que les corbeaux paraissent connaître Todeur de la poudre à fusil : cependant les narines de ces animaux ont, en général, peu d'étendue. Elles s'ouvrent ou aboutissent dans la bouche sous le bec, et non dans le pharynx comme dans les mammifères* Quant à l'organe du goût, il est presque nul chez les oiseaux, qui, pour la plupart, n'ont point de salive, et qui avalent leurs aliments sans les mâcher : il en est quelques-uns cependant, comme les perroquets, les canards, qui paraissent savourer leur nourriture, et chez lesquels on trouve des organes propres à fournir une sorte de salive.

1110. Presque tous les oiseaux, comme nous venons de l'Indiquer, avalent leurs aliments sans les mâcher; Cependant cette clauBse d'animaux présente les plus grandes différences dans la conformation générale des mâchoires, qui ne portent jamais de dents implantées, et qu'on appelle bea. Cet organe paraît construit moins pour écraser les aliments, que pour les saisir et les diviser. Aussi peutron inférer jusqu'à un certain point de la forme , de la solidité et du plus ou moins de longueur du bec , la sorte de nourriture de chacun des genres. Voilà pourquoi les naturalistes ont beaucoup étudié cette partie, afin d'en tirer des caractères, qui ont produit en eflfèt des rapprochements très-* heureux.

lill« Le bec n'est jamais enveloppé ou recouvert par des lèvres; il est toujours formé d'une gaine de substance cornée, appliquée extérieurement sur les os des mâchoires, qu'elle arme et protège. Quelquefois on voit, à la racine du bec supé^ rieur ou de la mandibule, une caroncule charnue ou membra^ neuse, qu'on nomme dre (PI. I, fig. 5 et pi. IV, fig. 8). Rarement le bec se prolonge sur le front en une sorte de corne ou de casque, comme dans les calaos (PI. II , fig. 6), la pintade (PI. II, fig. 48), etc. Ordinairement les deux parties du bec sont mobiles l'une sur l'autre, à l'aide d'un os intermédiaire situé d^s l'articulation, comme il est facile de l'observer dans les canards I les perroquets. Ce caractère anatomique distingue même

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parfaitement les mâchoires des oiseaux de celles des mammi-fères.

lliâ. Ordinairement Tœsophage des oiseaux (PI. I, fig. 3 a\ ou la partie du canal alimentaire qui correspond au cou» éprouve, dans la portion inférieure, une dilatation considérable qu'on nomme jabot (5). Les aliments doivent y séjourner quelque temps, et s'y imbiber d'une humeur analogue à la salive qui découle des parois du canal. Lorsqu'ils se sont ramollis par l'effet de la chaleur et de l'humidité, ils passent petit à petit dans un sac musculeux, tenace et très-fort, qu'on appelle géêier(c)f et qui est destiné à broyer ce qui reste des matières solides.

1113. Cet estomac musculeux des oiseaux, ou gésier, est d'autant plus charnu que l'animal présente un bec moins fort pour broyer les aliments, et que cette nourriture est plus solide. Dans le dindon et l'autruche, par exemple, il est extrêmement épais ; on trouve toujoure à l'intérieur une membrane compacte, dure , coriace, et une infinité de petits cailloux que l'animal avale, afin de les faire frotter sur la surface des graines, qui se trouvent ainsi comme moulues ou mâchées dans le ventre. A la sortie de cet estomac, les aliments, réduits en une sorte de bouillie ou de chyme, parcourent le reste du tube intestinal, où les parties les plus nutritives sont absorbées pour servir à la réparation du corps. Les résidus sont expulsés par le cloaque f qui est un orifice commun aux urines et aux organes génitaux.

1114. La cavité de la poitiine des oiseaux n'est pas séparée de celle du ventre par une cloison charnue. Les poumons ne sont pas libres; ils adhèrent à l'échiné, et communiquent avec plusieurs sacs membraneux situés dans le ventre, sous les aisselles , et même dans l'intérieur des plus gros os, dans la substance même du bec, et toujours dans la portion fistuleuse ou dans le tuyau des pennes. Cette grande quantité d'air, que les oiseaux respirent , paraît agir sur leurs facultés. On croit que la température à laquelle le corps des oiseaux peut s'élever, surtout lorsqu'ils couvent, et cette force extrême qu'ils emploient dans l'action du vol, qui dure plusieurs jours de suite, dépendent de l'action de l'air sur le i^ng : on sait aussi que cet air, mis

en réserve et plus ou moins rapidement expiré, entre pour beaucoup dans la force et la longue durée des sons que les oiseaux peuvent produire lorsqu'ils chantent ou qu'ils crient

1115. Le canal par lequel Tair entre et sort dans la poitrine des oiseaux se nomme la trachée-artère; il est conformé différemment que dans les autres animaux. Il a))outit à la base de la langue , dans une fente dont Torifice se ferme à la volonté de ranimai, à Taide de pointes cartilagineuses qui s'entre-croisent ; c'est ce qu'on appelle le larynx supérieur. Dans les oiseaux, le son n'est pas pn)duit par cette fente; il y arrive tout formé , de sorte qu'un de ces animaux, auquel on aurait coupé le cou, pourrait encore crier. L'organe qui produit les sons est situé à l'endroit où la trachée se partage en deux conduits, qui vont se rendre aux poumons; c'est là ce qu'on nomme larynx infé^ rieur. Le son fondamental de la voix est produit dans cet organe; il est ensuite modifié par le plus ou le moins de longueur, de largeur, de contours, d'élasticité de la trachée elle-même, et de son orifice dans la gorge. De sorte que la voix des oiseaux s'opère par un mécanisme analogue à celui qu'on emploie lorsqu'on souffle dans une flûte ou dans une clarinette. Le bec de ces instruments représente le larynx inférieur; et la longueur variable du tube, suivant qu'on en bouche les trous, correspond à la trachée et au larynx supérieur. En général la voix des oiseaux est beaucoup plus forte en proportion du volume du corps que celle les mammifères. Il suffît de rappeler celle du paon mâle, du butor.

iil6. Nous avons déjà dit que les oiseaux étaient ovipares; ceux dont les petits peuvent marcher et se nourrir en sortant de l'œuf, comme les poulets, les perdreaux, les cailleteaux, etc., ne vivent point ordinairement par paires. Un mâle a plusieurs femelles, et celles-ci sont seules chargées de l'éducation de la famille. La plupart des oiseaux naissent faibles et aveugles ; ils ne peuvent saisir leurs aliments. Les parents sont obligés de pourvoir à leur subsistance; les uns, comme les pigeons, dégorgent dans leur bec des graines à moitié digérées; le plus grand nombre, comme les fauvettes, leur apportent des larves d'insectes, des grillons ou des parties molles d'autres petits animaux. Ceux-là vivent toujours par paires, ils construisent un

nid avec le plus grand soin , et constamment de la même manière, car chaque espèce semble rechercher de préférence ceiw tains matériaux. Tous ont une sorte dMnstinct qui leur fait choisir le lieu le plus convenable et les ruses les plus avantageuses pour rendre leurs nids inaccessibles, ou pour les dégui-» ser et pour les soustraire aux yeux de leurs ennemis.

Iii7. Les mifê existent déjà tout formés dans le ventre de la femelle avant qu'elle ait été fécondée; et il n*est pas rare de voir des poules sans coq, ou des femelles d'oiseaux retenues seules en cage, pondre au printemps des œufe absolument semblables à ceux qui auraient été vivifiés; ces œufs-là cepei^ dant ne donnent jamais de petits. Les œufs des oiseaux diffè^ rent beaucoup par la couleur de la coquille calcaire. Le plus généralement ils ont la forme d'une boule allongée, et l'une de leurs extrémités est plus grosse que l'autre; ils sortent du corps de la femelle par le bout pointu, qui est moins souvent marqué de taches particulières. Chaque femelle n'en pond ordinairement qu'un par jour; et quand eUe doit en pondre peu, il y a ordinairement un jour d'intervalle. Les pigeons n'en font que deux; les linotes, cinq à six; les petites mé^ sauges, de douze à dix-huit; les poules et les perdrix, de dixhuit à vingt-quatre.

iiiS. Tous les œufs sont à peu près composés des mêmes parties : il y a d'abord l'écaillé ou la coquille calcaire extérieure y dont la couleur, la consistance et le poli varient : on y aperçoit toujours, quand on la considère avec attention, de petits pores par lesquels l'air du dehors peut pénétrer, et certaines parties intérieures s'échapper. Voilà pourquoi les œul^ gardés longtemps, ou, comme l'on dit, qui ne sont plus frais, laissent apercevoir, lorsqu'on les mire vers le gros bout, un petit vide qu'on désigne vulgairement sous le nom de chambre à louer. Lorsqu'on couvre cette coquille d'un vernis, les œufs restent longtemps sans se corrompre; mais, pour les faire cou* ver, il faut nécessairement enlever cette matière, afin que le petit puisse s'y développer. On trouve sous la coquille calcaire une membrane très-résistante, à l'extérieur de laquelle la concrétion semble s*ètre opérée (1). Sous cette membrane, on

(1) On nomme kwr4i$ Im ibuU mqs ceqaille, et couTerts seulement de

observe un liquide plus ou moins transparent et visqueux, selon les espèces. Cette humeur se concrète par TefiTet de la chaleur; c*est ce qu'on nomme la glaire, le blanc à*œaf, ou mieux Y albumine. Au centre de cette glaire, on voit une boule d'un jaune plus ou moins foncé, formé d'une membrane particulière, qu'on appelle «tïéWtitf . et d'une humeur huileuse, qui se durcit et devient friable par l'action du feu. On aperçoit à la surface de la vitelline une sorte de zone ou de cordon blanchâtre, placé en travers comme une bride; c'est ce qu'on nomme ehalaze, Â une distance à peu près égale de l'un et de l'autre côté , ces chalazes se réunissent et se confondent dans un tubercule gélatineux, ou dans une sorte de cicatrice qu'on appelle germe ou embryon, qui est plus léger, et qui vient toujours se placer au-dessus du jaune , de quelque manière que l'œuf soit situé lorsque la mère couve ses œufs.

4119. Les œufs fécondés des oiseaux ont besoin d'éprouver une chaleur de près de trente-huit degrés du thermomètre centigrade, pour que le germe qu'ils contiennent puissent s'y développer. On dit que les oiseaux qui vivent dans un climat où le sable reste constamment élevé à une température à peu près égale à celle-là, y déposent leurs œufs, qu'ils ne couvent pas, et que ceux*ci éclosent à une époque déterminée : c'est au moins ce que l'on raconte de l'autruche et d'un très-petit nombre d'autres oiseaux des pays chauds (1). Presque tous les oiseaux couvent, et, pendant cette incubation , ils jeûnent ou mangent moins et seulement à des heures fixes de la journée; à cette époque ils éprouvent une sorte de fièvre produite par l'amour maternel, qui élève leur température quelquefois jusqu'à tiSf* centigrades.

IISO. D'abord on voit le germe parsemé de points rouges,

Mite lunnibrane , que les poules pondeot quelquefois. C'est une monstruosité qui a donné lieu à beaucoup de contes populaires , qui sont trop ridiculet pour que nous ayons besoin de les réfuter.

(1) Au reste , on a profité de cette observation pour faire éclore des œufs de poule, à Taide d'une chaleur artificielle, dans des fours ou sous des amai de fumier. Autrefois on employait beaucoup ce procédé en Egypte. On a aussi obtenu du succès en France de cette incubation artificielle, dont le grand Réaumur a fait connaître les procédés, mais qui ont été bien perfectionnés depuis l'invention des calorimètres à siphon , dont l'eau , cbaulTée à un eertain degré', eenserve un niveau déterminé et constant.

qu'on reconoait bientôt être des vaisseaux sanguins; ceux-ci se rendent vers le centre du germe, où l'on aperçoit le cœur en mouvement ; alors on commence à distinguer la tête avec deux gros yeux; le bec, les ailes, les pattes se développent ensuite ; mais toutes ces parties sont dans un état de mollesse considérable. La matière albumineuse est absorbée en proportion du développement du fœtus. Le jaune ne parait pas diminuer de volume; ce n'est qu'au moment où l'oiseau est près d'éclore, que cette humeur disparait, en entrant par le nombril dans le ventre du petit poulet On croit que ce jaune est absorbé dans l'intérieur du corps; qu'il passe dans les intestins, et qu'il peut être considéré comme une sorte de lait ou de nourriture première. Pour que l'oiseau puisse sortir de sa coquille, il faut encore qu'il la brise : dans ce but la nature a armé son bec d'une petite pointe tranchante , dont la matière très-dure use, comme un petit diamant, un point particulier de la paroi sphérique de son étroite prison, d'où l'animal sort tout humide, en s'aidant des pattes, du cou et des ailes.

ii21. Les oiseaux sont, à ce qu'il parait, d'autant plus long* temps renfermés dans l'œuf, qu'ils doivent naître plus développés : ainsi les espèces qui marchent en sortant de la coquille, ont besoin d'une incubation de vingt à trente jours, tandis que les mésanges, les hirondelles, et presque tous les autres petits oiseaux ne sont couvés par leurs parents que pendant onze ou dix-sept jours au plus. Le mâle ne couve ordinairement que depuis midi jusqu'à trois heures; les femelles, pendant ce temps, prennent leur nourriture. Les mâles des espèces qui ont plusieurs femelles ne couvent que trèsrarement : ils ne prennent aucun soin des petits. C'est ce que nous voyons parmi les coqs, les cailles^ les canards, les dindons.

ilââ. Deux points de la conformation des oiseaux peuvent conduire à une méthode avantageuse d'étude. Les lieux où ils vivent et la manière dont ils marchent sont, pour ainsi dire, indiqués d'avance par la disposition des pattes; ensuite la nature des aliments dont ils se nourrissent peut être, en quelque sorte, soupçonnée par la forme de leur bec. C'est en effet d'après la forme, la longueur des pattes et la disposition des

DES OISEAUX RAPAGES. S37

doigts, qu'on a divisé les oiseaux en six ordres, et c'est ensuite la configuration particulière du bec qui a conduit à les partager en vingt-trois familles.

1123. On a observé que les oiseaux qui nagent très-bien ont les pattes courtes et tous les doigts réunis entre eux, presque jusqu'aux ongles, par de larges membranes (PI. V, fig. 2-5 et 17 ). Ces oiseaux vivent nécessairement dans les lieux aqua* tiques : on les a nommés Palmipèdes ou Nageurs (1190). Gbez tous les autres oiseaux, les doigts sont plus ou moins séparés. Tantôt ces doigts sont libres, et sans aucunes membranes, comme on le voit dans les Rapacbs (1125) ou Accipitres, dont les doigts dirigés, trois en devant, un en arrière, sont armés d*ongles crochus, formant une serre, et chez lesquels le bec supérieur est toujours avancé et courbé en crochet. Dans les Grimpeurs (1155), qui constituent un ordre bien distinct, ces doigts sont libres aussi ; mais disposés de manière qu'ils forment une pince, parce que deux sont portés en avant et deux sont dirigés en arrière (PI. III, fig. 8) : tantôt, comme dans les trois autres ordres, les doigts sont réunis en partie ou à leur base seulement , par de courtes membranes : dans ce cas, le nombre des doigts varie. Le plus ordinairement on en compte quatre, et jamais il n'y en a qu'un seul en arrière. Les uns ont une courte membrane entre chacun des doigts ( PI. IV, fig. é)f et leur jambe est couverte de plumes jusqu'au haut du tarse; on les nomme Gallinacés (11(>4) : chez les autres, on n'aperçoit de membrane qu'entre les deux doigts externes. On a partagé ces derniers en deux ordres : les espèces qui ont les tarses très-élevés et nus, ainsi que le bas des jambes (PI. III, fig. 18), ont été nommées Échassiers (1180) ou oiseaux de rivage , parce qu'ils vivent en effet dans les marais et sur le bord des eaux, et on a appelé les autres Passereaux (1153). Ceux-ci ont les tarses courts et faibles (PI. II, fig. 22 et 50); ils se nourrissent principalement d'insectes et de graines; la plupart voyagent des climats tempérés vers des régions plus chaudes : voilà pourquoi on les a désignés sous le nom d'oiseaux de passage ou , en un mot, passereaux.

1124. En analysant cette classification, on pourrait obtenir le tableau synoptique que nous allons tracer, et dans lequel la

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Hm 0I8BAUX RAPàCBSi

série de numéros ramène Tordre méthodique que les divisions systématiques ont interrompu.

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