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liS5» On a aussi donné le nom d*oiseaux de proie et ù'aeci^ piîres à ceux que nous appelons Ràpàgis (PL I). Il est facile de les distinguer par les caractères suivants : leurs pattes sont courtes, partagées en quatre doigts, dont un seul derrière ; leurs ongles sont des griffes ou des serres longues, tranchantes et courbées; leur bec supérieur est plus long que Tinférieur ; il est ci'ochu, courbé en dessous*
il 26. Tous les rapaces se nourrissent de chair d*animaux vivants ou tués récemment. Ils ont le vol prompt, fort et rapide, à Taide de leurs ailes qui sont très-longues. Ils vivent par paires, ne pondent que deux ou quatre œufs dans un nid qu'on nomme aire , et qui est toujours placé sur un lieu élevée La femelle est ordinairement plus grosse : elle couve seule » et le mâle la nourrit pendant ce temps. Les petits sortent de Tœuf [bibles et aveugles. Plusieurs espèces fuient la lumière, et ne volent que pendant la nuit; d'autres cherchent les lieux les plus éclairés, et s'élèvent à de très-grandes hauteurs dans l'air»
liS7. Ou a partagé l'ordre des rapaces en trois familles, qui se reconnaissent facilement à des caractères extérieurs* Ainsi les uns ont la base du bec couverte de soies roides (PI. I, ûg. 7 ), et les yeux très-grands dirigés en avant : ils volent principalement la nuit; on les nomme nyctérin$ : les autres ont les yeux placés de côté, et le plus souvent la base de leur bec est couverte d'une peau nue et colorée (PL I, ûg« 5 et 8). Gei
DBS 0ISIAI7X RAPA€BS. tt9
derniers composent deux familles : la première comprend» sous le nom de nudicole$, des espèces qui ont la tète et une partie du cou presque à nu ou couvertes d'un duvet très-ûn semblable à des poils, et qui se nourrissent principalement de cadavres; on a appelé plumicoles tous les autres rapaces dont la tête et le cou sont couverts de plumes » et qui se nourrissent de la chair des animaux qu'ils attaquent et qu'ils dévorent aussitôt.
11i8. On partage facilement en trois grands genres Tordre des PLumcoLBS* Ceux qu'on nomme gypaètes oxi griffom ^ ont, sous, la mâchoire inférieure, des poils roides ou une sorte de barbe, formée par des plumes très-étroites. Ce sont de très* gros oiseaux , dont on a vu plusieurs fois une espèce sur le sommet des Alpes : on l'appelle en allemand îaemmer^geyer (vautour des agneaux). 11 en est qui ont la queue très-longue, étagée, ou formée de pennes qui diminuent successivement de longueur. Ils ont une huppe derrière le cou , et ce sont les seuls oiseaux de cet ordre dont les tarses soient très-allongés : on les nomme meêsagen ou êecritairei. Ils habitent en Afrique, se nourrissent principalement de serpents et de reptiles. Tous les autres oiseaux de cette famille sont appelés fauconi.
i129. Le genre des faucons comprend un grand nombre d'espèces qu'il est fort difficile de distinguer entre elles ; cependant on a donné le nom de faucons proprement dits à celles qui ont la première penne de l'aile plus longue que les autres, et dont le bec supérieur est échancré de chaque côté (PI. I » fSg. 8); tels sont le gerfaut, le hobereau y Yémérillon, la cres^ serelle : tous les autres sous-genres ont la première penne plus courte. On nomme aigles ceux qui ont le bec allongé^ crochu seulement à l'extrémité , comme le pygargus ou or fraye ^ le balbuzard : autours , ceux qui ont le bec courbé dès la base et les ailes plus courtes que la queue, comme ïëpervier^ qui détniit principalement les alouettes et les cailles : buses ^ ceux qui ont les ailes au moins aussi longues que la queue , comme la bondrée, le busard des marais; enfin, ou nomme milans ceux qui ont la queue fourchue et les ongles faibles.
il50. Toutes les espèces du genre faucon ne sont pas propres
240 DES OISEADt RAPAGES.
à i*ecevoir Téducation que Thomme a su donner à quelquesunes , pour en faire ses esclaves absolus et profiter de leurs facultés. Celles qui volent le mieux , qui ont le plus de vivacité et de courage, sont principalement instruites pour cette sorte de chasse , qu*on a nommée fauconnerie , parce qu'on y exerce surtout les faucons. Cette éducation est longue et difficile; il faut d'abord dompter l'oiseau, l'asservir, lui faire connaître sa dépendance et l'inutilité de la révolte, par la privation des aliments et les entraves. On attache à ses pattes des grelots, afin que leur son trahisse partout sa présence. On l'accable de fatigues; on le prive du sommeil; on l'excite continuellement pendant plusieurs jours; on l'accoutume à se laisser couvrir la tête d'un chaperon ; on ne lui donne à manger, et en petite quantité, que lorsqu'il va chercher lui-même, attaché à 'la longe, le pat ou la nourriture qu'on déguise sous toutes sortes de formes. Enfin l'oiseau est esclave, il reconnaît son maitœ, il entend sa voix , il exécute ses ordres, il s'attache à sa per* sonne. On l'accoutume peu à peu à connaître le gibier à la chasse duquel on le destine, en faisant courir devant lui des lapins ou des lièvres, en lâchant dans les airs des perdrix ou d'autres oiseaux. Cependant on ne laisse chasser le faucon entièrement libre que lorsqu'il est parfaitement dressé et qu'il ne peut plus vivre sans son maître. Alors on le porte sur le poing, la tète couverte de son chaperon : on ne lui rend la jouissance de la lumière que lorsqu'on veut le lancer sur quelque gibier. Aussitôt qu'il se sent délivré, il s'envole, fond sur sa proie, s'en empare , et l'apporte à la voix du chasseur.
il3i. L'ordre des Nudicoles ne comprend encore que les seuls genres qu'on nomme vautour et êarcoramphe (PI. I , flg. 6). Tous ont le bas du cou garni de longues plumes, disposées comme une cravate, au milieu de laquelle ils peuvent retirer leur tête. Leur bec , droit à la base , n'est crochu qu'à l'extrémité , et leurs narines sont percées dans l'épaisseur de la membrane qu'on nomme cire; leurs ailes sont aussi longues que la queue. Ce sont des animaux vomces, peu courageux, qui se nourrissent principalement de cadavres. Il se trouvent dans les deux continents, mais principalement en Amérique et en Afrique : leur nid ou aire est composé de branchages et de
DES OISEAUX RAPAGËS. 241
bûchettes. Le roi des vautours , nommé papa, qui vit en Amérique, est un sarcoramphe remarquable par ses couleurs. Ses paupières et sa cire sont aurores ; son cou et le sommet de la tôte de couleur de rose (PL I , fig. 5) ; ses tempes et sa nuque sont couvertes d'un duvet noir mat. Le condor est une des plus grandes espèces du même genre; elle n'a été observée que dans l'Amérique du Sud , où elle se plaît dans les plus hautes Andes du Pérou et du Chili. C'est un des plus grands oiseaux connus, car il porte près de deux mètres d'envergure lorsqu'il étale les ailes.
1132. Les NvcTÉRiNsoules chouettes ont une tête très-grosse, portée sur un cou fort court et couvert de plumes : leurs yeux sont très-grands, et, ce qui est bien rare dans les oiseaux, ils sont dirigés en avant, à pupille très-large, mais se resserrant en fente à la lumière comme ceux des chats. La circonférence des yeux est entourée de plumes formant au devant de la face deux concavités ; leur bec (PI. I , fig. 7) court : le supérieur est mobile, comnie brisé, il peut se mouvoir indépendamment de l'inférieur et produire ainsi une sorte de claquement particulier, il est percé à sa base par des narines que recouvrent des plumes roides et sans barbes; leur face se trouve ainsi enveloppée dans une sorte de collerette de plumes à barbes très-lâches et comme désunies. On appelle diics les espèces sur la tète desquelles on voit quelques plumes redressées en forme de pinceaux, tel est le hibou ; on nomme chats-huants ou chouettes celles qui sont privées de ces plumes, et qui ont la queue courte, carrée, comme V effraye, la hutotte et la chevêche, qui sont rangées dans ce sous-genre : car, quand cette queue est très-longue ou étagée, on les nomme chouettes-éperviers ou sumies, La plupart de ces oiseaux se nourrissent de petits mammifères, principalement de rats, de souris, de loirs et de taupes : ils chassent pendant la nuit ; dans la journée ils se retirent dans les troncs d'arbres, dans les trous des murailles et des rochers. La lumière les éblouit : ils sont aveugles alors, et ne peuvent échapper à leurs ennemis. Quand ils sont découverts parles petits oiseaux, ils semblent en devenir le jouet : tous ceux du voisinage paraissent §e rassembler pour venir les insulter. C'est qu'en effet lorsque les hibous sont ainsi surpris et entourés de ces faibles
t4S DBS moLkm PASSniBACX.
ennemis, ils font des mouTements trôs-bizarres, soit en tonr-^ nant la tête circulairement, soit en faisant rapidement claquer leur bec comme une cresserelle, soit en levant une des pattes dont les doigts semblent se mouvoir de derrière en avant comme les rayons d*une roue. On a profité de ce penchant inné des passereaux pour la moquerie. On imite le cri des chouettes, des ducs ou des hibous, en frouant, à Taidede certains instruments ou d*une feuille de graminée. On attire ainsi dans des pièges tous les oiseaux d*un canton. G*estce qu'on ap^ pelle faire la ehane à la pipée,
li33. On a rassemblé sous le nom de Passbiibaux (Pi. Il), des oiseaux qui ont entre eux, à la vérité , les plus grands rap« ports, mais qu*il serait très-difficile de faire connaître par un caractère commun qui ne conviendrait qu*à eux seuls. Voici cependant des signes qui peuvent servir à les distinguer : ils ont quatre doigts, trois devant et un derrière, ce qui les éloigne des grimpeurs : leurs tarses sont faibles, courts, ce qui les sé^ pare des échassiers; leurs doigts externes seulement sont réunis par une très-courte membrane, tandis qu'on en voit une large et longue, dans Tintervalle de chaque doigt, chez les palmipèdes, et qu'elle est étroite et courte dans les gallinacés; enfin, cette même réunion des doigts externes, avec les ongles et le bec presque droits , les éloigne des rapaces. A toutes ces notes d'exclusion , on peut ajouter que les passereaux ont , en général, des femelles plus petites et moins brillantes ; qu'ils vivent tou« jours par paires ; que leurs petits naissent aveugles, sans plumes» et qu'ils ont besoin de l'éducation de leurs parents.
1154. Sept familles partagent l'ordre des passereaux; deux d'entre elles comprennent les espèces dont le bec supérieur porte sur ses bords des crénelures plus ou moins profondes» Quand il n'y en a qu'une ou deux, on les nomme erénironreê (fig. 1 , S, 5); quand on en observe plus de deux, on les appelle éentirosirei ( fig. 4, 5, 6). On a divisé ensuite les espèces qui n'ont point le bec échancré en celles qui l'ont solide, fort, non flexible et qui peuvent vivre de fruits et de semences ; et en celles qui ont un bec mince, faible, destiné à saisir des insectes très-mous ou à loger une langue propre à sucer lanectaire des fleurs. Les passereaux de la troisième division sont nommés
pléniroiir€i(ûg 7, 8, 9), quand ils ont le bec droit, allongé, comprimé; et conirosires^ quand leur bec, de forme conique^ un peu courbé , est plus court que la tête. Ceux qui vivent d*in^ sectes et du suc des plantes, ou ont le bec très-long, arrondi en forme de tube, ce qui les a fait nommer alors lënuirostreê (fîg. 50 à 55) ; ou bien ils l'ont de la longueur de la tète au plus: alors, quand il est plat et très-large, ce sont des planirostres (fig. ââ à â6); et quand il est arrondi, étroit, on les nomme êubulirogfres (iig. 21).
1155. Tous les passereaux Grénirostres, dont le bec supérieur porte une ou deux échancrures au plus (PI. II, fig. 3), se nourrissent d'insectes ou des baies de végétaux; c'est parmi eux qu'on a placé les pies-grièches, les merles , et beaucoup d'autres moins connus en France, commeAes gobe-mouches avec lesquels on place les tyrans^ les mouckeroles, les t angoras ^ et c'est là qu'on range le bec^^argent , le septicolor ; enfin les cotingas^ dont le plumage est remarquable par la vivacité des couleurs , et la manière dont elles sont distribuées, comme on le voit dans le pompadour^ le cordon bleu,
1136. Toutes les pies-grièches se nourrissent d'insectes , de lézards, et de petits oiseaux; leur voix est très-désagréable. Plusieurs espèces imitent assez bien celle de l'homme , mais sur un ton très-aigre, et comme venant de la gorge. Les espèces qu'on observe le plus communément en France sont la grise, la rousse et Vécorcheur ; elles font leurs nids dans les buissons ou sur les arbres; elles attaquent les petits oiseaux pour dévorer seulement leur cervelle; elles se nourrissent aussi de grillons , de hannetons ; souvent elles empalent ou embrochent les gros insectes sur les épines des pruniers , aBn de pouvoir les reti*ouver au besoin. On rapproche des pies-grièches le jaseur de Bohême, remarquable par la belle couleur rouge brillante qu'offre l'extrémité libre et élargie des pennes secon-^ daires des ailes.
1137. C'est dans le genre des merles ou tour des qu'il fout ranger les grives et les merles proprement dits. La grive ordi-* naircy la draine ou drenne, la litorne, le mauvû, se nour^ rissent. principalement de baies de gui, de houx, de raisin; leur chaÂt est agréable et sonore : ils vivent le plus souvent en
société. Les merles ordinaires, dont le corps est noir ou brun et le bec jaune , aiment au contraire à vivre seuls. On les apprivoise facilement, et on leur apprend à siffler des airs. On rencontre des oiseaux de ce genre dans toutes les parties du monde ; on en connaît maintenant près de cent espèces. Ou observe quelquefois des merles blancs.
ii38. On ne trouve en Europe aucun passereau dont le bec porte plus de deux échancrures , et qui appartienne par consé* quent à la famille des Dentirostres. Ceux qui pourraient être rangés dans cette famille sont tous étrangers. Tels sont les calaos ou bucéros(?L III, ûg. 77) des Indes et de T Afrique, qui ressemblent un peu au corbeau , mais dont le bec énorme est surmonté d'une sorte de casque osseux très-singulier (PL II, Hg. 6); le momot d'Amérique, dont les deux mâchoires sont également denticulées (ûg. 4), et qui porte sur la tète des plumes de la plus belle couleur bleue , avec lesquelles les habitants de ce pays font des ornements' très-brillanls; enfin les phytotomes (fig. 5), dont on trouve une espèce au Chili, et une autre dans TAbyssinie. Tous ces oiseaux se nourrissent de végétaux qu'ils divisent, dit-on, avec le bec comme avec une scie. Ils font beaucoup de tort aux arbres, en détruisant leurs bourgeons.
il 39. Les corbeaux^ les voiliers, les paradisiers ^^ni les genres les plus connus parmi les passereaux Plénirostres. On reconnaît les corbeaux à leur bec gros, droit et fort, et aux poils roides , couchés en avant , qui cachent leurs narines (fig. 9) : leur voix est aigre et sonore ; ils ont l'odorat et la vue très-subtils. Quelques-uns se nourrissent de charognes, mais la plupart se contentent d'insectes et de fruits; ils s'apprivoisent facilement , et ils imitent la voix de l'homme. On nomme particulièrement corbeaux ou corneilles les espèces qui ont la queue non étagée et le bec non échancré, comme le freux, le choucas, le casse-noix. On appelle pies celles qui ont la queue étagée, et geais celles qui ont une échancrure au bec supépérieur. La plupart construisent leurs nids sur le haut des arbres <^u dans les tours; ils y pondent quatre ou six œufs, que les mâles couvent alternativement avec les femelles ; ils prennent soin en commun de l'éducation des petits, qu'ils chassent
et méconnaissent quand ceux-€i peuvent subvenir eux-mêmes à tous leurs besoins. Les rollierê ne diffèrent des geais que parce que leurs narines sont à découvert (fig. 8); ce sont des oiseaux des pays cbauds. Les mainates sont semblables aux rolliers par le bec, mais leur tête est cbauve en partie et garnie de proéminences charnues de couleur jaune; ce sont des oiseaux de Java qui imitent parfaitement le langage de Tbomme, dont ils répètent des phrases entières à l'instant même. Les paradisiers (fig. ii) ou oiseaux de paradis sont de très-belles espèces qui vivent sous la zonetorride, particulièrement dans la Nouvelle-Guinée, dans les Moluques. Leur nom vient de ce que les sauvages, qui en vendent les dépouilles, pour faire des panaches et des aigrettes , ayant Thabitude de leur enlever les pattes (fig. 7) , on a cru que ces oiseaux n'en avaient pas; puis on a dit qu'ils ne pouvaient se reposer; qu'ils volaient conti* nuellement, et qu'ils ne se nourrissaient que de rosée. On distingue encore dans ce genre, parmi les plus belles espèces, le sifUet , le manucode , le superbe , le magnifique , etc.
4140. Les moineaux, les bruants, les gros-becs , les étourneaux , les loriots , enfin tous les petits oiseaux de notre pays qui se nourrissent de graines et qui ont le bec court, conique , appartiennent à la famille des Gonirostres. Les éiourneaux et les loriots ont le bec presque aussi long que la tête (PI. II, fig. 28), les autres l'ont beaucoup plus court. Chez les premiers, il est un peu aplati, et les narines sont recouvertes d une sorte d'opercule. L'espèce la plus commune, qu'on appelle sansonnet, a le corps noir, ponctué de blanc, et le bec est jaune dans le mâle. Elle se réunit en grandes volées pendant l'automne et l'hiver. L'été elle fait son nid dans les trous des vieux murs et dans les colombiers. On apprivoise facilement cet oiseau : on lui apprend à parler et à siffler. Les mâles, qu'on nourrit en cage, sont sujets à une sorte de mal caduc ou d'épilepsie. Les loriots, qu'on nomme aussi troupiales, ont le bec allongé, se prolongeant sur le front, à base presque cylindrique ( PL II, fig. 14). La plupart des espèces vivent dans les pays chauds. Elles se nourrissent de fruits, et principalement de la pulpe de ceux à noyau. Presque toutes suspendent leurs nids à l'extrémité des branches. On n'en a observé qu'une seule espèce en
t46 DES OISEAUX PASSEREAUX.
Europe ; elle est jaune» ayec une sorte de bride et la plus grande partie de Taile de couleur noire ou brune.
il4i. Le genre des fringille» ou des moineaux est très-nombreux; il comprend de jolis oiseaux qui vivent principalement de graines , et dont le bec est court , fort , non renflé ( PL II , fig. 17) , avec la mandibule recouvrant la mâchoire. G*est là qu*on a placé : 1"* leptWon, dont le ramage se fait surtout en«* tendre au printemps, qui construit son nid sur les arbres avec beaucoup d'art, le recouvre au dehors de mousses et de lichens» et fait entrer dedans de la laine , du crin et des plumes ; 2* le chardonneret, qui a reçu son nom de la préféi'ence qu'il semble donner aux graines du chardon pour sa nourriture, et qui vit en société après la ponte ; S"* le eerin, originaire des iles de la mer Atlantique, et principalement des Canaries, qu'on élève en domesticité à cause de son chant agréable et mélodieux : cet oiseau est si docile , qu'on lui apprend à répéter les airs les plus difficiles, à l'aide d'un instrument à vent mécanique, dont les tuyaux produisent à peu près les mêmes sons que son gosier; 4° les linotes, qui ont aussi reçu leur nom de la graine de lin, qu'elles paraissent rechercher, et qui font très-adroitement dans nos buissons d'épines un nid composé avec la laine que les moutons abandonnent sur les troncs d'arbres et sur les buissons; 5" enfin les moineaux ordinaires, les friquels, les tarins , et beaucoup d'autres qui sont très-connus en France» comme en Asie et en Afrique les bengalis et les sénégalis,
114â. Les embérizes et les bruants ressemblent beaucoup aux moineaux, mais leur mâchoire est plus large que leur mandibule; c'est dans ce genre qu'on a rangé les ortolans. La plupart des espèces sont, en France, des oiseaux de passage dont la chair est très-recherchée. Leproyer (PL II, fig. i6); le bruan$ ordinaire, vulgairement appelé verdier dans quelques départements; les veuves , qui sont des oiseaux d'Afrique qui tous ont du noir dans le plumage et de longues plumes à la queue , et beaucoup d'autres passereaux appartiennent à la même divisioa des conirostres.
1145. On a réuni sous le nom de ïoxies ou de gros-becs tous les passereaux qui ont le bec court, robuste, très-renflé à la base (PL II, ûg. 19). On a nommé ensuite becs-croisés les es-
pèces qui ont les deux mâchoires placées obliquement Tune sur Vautre en forme de tenailles (PI. II, fig. 20). Cette disposi* tion du bec donne à ces animaux beaucoup de facilité pour extraire des cônes, ou des fruits d'arbres verts, les graines dont ils se nourrissent. On a appelé bouvreuils les espèces dont le bec supérieur, court, est plus long cependant que Tinférieur, sur lequel il est courbé , à peu près comme dans le perroquet. Enfin, on désigne plus particulièrement sous le nom de groi-be^ les espèces qui ont les mandibules presque droites (Pi. II, fig. 19). Ce sont des oiseaux qui vivent dans les bois, ordinairement réunis par paires. Ils se nourrissent de pépins, de fruits, et des amandes contenues dans les noyaux ligneux des drupes et des noix, qu'ils cassent facilement et avec une adresse étonnante. Beaucoup d'espèces étrangères se font remarquer par la vivacité de leurs couleurs: telles sont, entre autres, celles qu'on nomme cardinaux, qu'on apporte souvent d'Amérique, mais qui ne se propagent point naturellement en France. Cependant quelquesuns ont produit des petits en captivité; mais ils sont très«difi9ciles à nourrir, car dans le jeune âge ils ne mangent que des insectes, surtout des sauterelles.
il44. Presque tous les oiseaux qui sont réunis sous le nom de SuBULiROSTRES ont un bec faible, pointu, qui ne leur permet point d'écraser les graines : ils se nouiTissent des plus petites semences, de fruits mous et d'insectes. On les distingue d'après la longueur de leur bec : ainsi les manakins et les mésanges l'ont très-court, ou tout au plus du quart delà longueur de la tète (PI. II, ûg. 25, 26) ; les alouettes et les becs-fins (fig. 25) ont un bec qui forme presque le tiers de la longueur du crâne.
ii45. Les pipras ou manakins ont la queue extrêmement courte. Ce sont des oiseaux très-remarquables par la beauté de leurs couleurs , et par leur chant si mélodieux, qu'il a fait don* ner à quelques espèces le nom d'organistes. Ils vivent presque tous en Amérique. Le plus grand nombre ont les deux doigts extérieurs réunis par la peau jusqu'à la seconde articulation (PI. IV, fig. 5). On rapproche des manakins les rupicoles ou coqs de roche, qui sont de trè&*beaux oiseaux des terres les plus méridionales ; l'un , du Pérou, est entièrement d'une belle couleur jaune orangé ; l'autre » de Sumatra, est d'un vert ma*
lachite très-brillant : tous deux ont la tête ornée d*une huppe de plumes dressées, en forme de crête courte, au moins dans les mâles. On place encore près des coqs de roche, un très-bel oiseau du port Jackson qu'on appelle la lyre ou ménure, parce que la queue du mâle est garnie de plumes très-longues dont les deux extérieures surtout sont agréablement disposées comme les branches d'une lyre ; son bec est représenté (PI. II, fig. 27). Les mésanges sont des oiseaux de notre pays : la plupart ont une queue allongée. La vivacité de leurs mouvements, leur agilité, leur adresse, leur courage, leur fécondité, en font des oiseaux très-curieux à observer. Leurs doigts externes sont presque séparés : ils grimpent sur les murailles et sur les troncs d*arbres pour y chercher les araignées et les autres insectes dont ils se nourrissent. Ils font leurs nids dans quelques cavités ; ils y pondent des œufs en très-grand nombre, quelquefois au delà de vingt. Les espèces les plus connues en France sont la charbonnière, ainsi nommée parce que sa tête est d'un noir de charbon et le ventre jaune ; la grosse et la petite mésange bleue ; la nonnette cendrée ; la mésange à longue queue , dont les plumes rectrices sont plus longues que le reste du corps.
1146. Les alouettes ont Tongle du doigt de derrière extrêmement allongé, et le plus souvent non courbé (PI. II, iig. 21); les becs- fins ou motacilles ne difTèrent point, à cet égard» des autres oiseaux , qui ont en général Tongle du pouce crochu. Les alouettes peuvent marcher très-vite sans sauter, comme les autres passereaux, pour ainsi dire, à pieds joints. Elles vivent ordinairement sur la terre , où elles font leur nid : leur chant est très-agréable. On a donné diverses dénominations aux différentes espèces; ainsi on appelle farlouse celle des prés, cuje" lier celle des bois , rousseline celle des marais , cochevis une alouette huppée. D'autres sont nommées pipis, spipolètes, co^ quillades, calandres.
1147. On trouve des oiseaux chanteurs en trè&grand nombre parmi les becs-fins ou motacilles , qui ont tiré les noms sous lesquels on les désigne, soit de la ténuité de leur bec, soit de leurs mouvements vibratiles continuels : le rossignol appartient à ce genre. Cet oiseau , peu remarquable par son plumage d'un roux cendré , l'est beaucoup par la force étonnante, la mobilité
et la variété de son chant ; il vit ordinairement solitaire ; il quitte la France en hiver; il reparaît au premier printemps. Le mâle seul chante pendant que sa femelle couve, principalement durant la nuit. Il cesse de chanter lorsqu'il est occupé de l'éducation de ses petits. On range encore ici les fauvettes , dont on distingue sept à huit espèces, d'après la couleur des plumes. Celle qu'on nomme à tête noire chante presque aussi bien que le rossignol. On y rapporte aussi les bergeronnettes, qu'on appelle vulgairement AocAtf-^uetie, parce qu'à chaque mouvement elles font mouvoir leur queue , qu'elles tiennent toujours redressée. Enfin, c'est parmi ces espèces qu'on place la lavandière, ainsi nommée parce qu'on la voit sur le bord des eaux , où elle va chercher les insectes et les petits vers dont elle se nourrit ; le motleux, le traquet et le tarier, qui font leurs nids sous les pierres et dans les terriers ; la rouge^gorge , la gorgebleue, le troglodyte, lepouillot, le roitelet, qui sont autant de motacilles diflérentes.
1148. Les hirondelles et les engoulevents on tette-chévres sont les deux seuls genres de passereaux auxquels le nom de Plani- ROSTRES peut convenir, car leur bec est court, fendu très-avant, faible, et aplati horizontalement (PI. II, fig. 28, â9). Ils vivent d'insectes, qu'ils saisissent en volant la bouche béante. Presque toutes les hirondelles ont la queue fourchue (1). Elles volent de jour avec la plus grande rapidité ; elles maçonnent très-artistement un nid avec de la boue humide et de la paille. Dans l'hiver, ces oiseaux disparaissent; ils s'envolent en troupes innombrables à des époques qui paraissent déterminées. Ils s'attendent pendant deux ou trois jours, et partent d'un point commun. On appelle martinets les espèces qui ont les quatre doigts séparés et dirigés en avant; hirondelle des cheminées ou domestique, une espèce qui a une tache blanche sur chaque plume de la queue, excepté sur les deux externes : elle construit son nid dans les cheminées. Vhirondelle des fenêtres est une autre espèce à croupion blanc et à pattes laineuses; Vhirondelle de rivage a le plumage cendré, le gosier et le ventre
(1) C'est de cette conformation qu'est emprunté le terme de queue d^aronde^ qu'emploient les menuisiers pour indiquer une sorte de mortaise.
blancs. On mange à la Chine les parois du nid d'une espèce qu*on nomme salangane; ce nid est composé d*une matière gé* latineuse que Voiseau recueille sur les bords de la mer.
1149. Les engoulevents ne volent que le soir, aussi ont-ils les yeux très-grands et les teintes grises : leurs pattes sont courtes, à tarses emplumés, et leur ongle du milieu est dentelé; on n'en trouve qu'une seule espèce en Europe. C'est un oiseau beaucoup plus gros que les martinets : son plumage est gris, mélangé de brun. Ou les a nommés crapauds-volants , à cause de la largeur de leur bec, qui est excessivement fendu, garni de fortes moustaches; tette-chèvres ^ parce qu'on a cru que ces oiseaux tétaient les chèvres pendant la nuit. Ils ne font point de nid; ils pondent et couvent leurs œufs sur la terre nue ; ils n'en ont ordinairement que deux. lisse nourrissent de phalènes, de noctuelles et de bombyces qu'ils saisissent en volant, en tenant ouvert le bec, où le vent semble s'engouffrer : dispo* sition que semble rappeler le nom d'engoulevent. Ils ne commencent à voler et sans bruit qu'au crépuscule du soir ou du matin; ils émigrent en automne, comme les hirondelles. Presque toutes les autres espèces sont d'Afrique et d'Amérique.
1150. Tous les passereaux qui ont le bec au moins deux foig plus long que la tôte, et qui forment la famille des Ténun BOSTRES, sont partagés en deux sections; ceux qui ont le beo droit et ceux qui l'ont arqué. C'est dans la première qu'on a placé les sittelles, les martins-pêcheurs ou alcyons^ les todiers et les orthorynques (PI. II, fig. 30, 32, 35). On a rapproché dans la seconde section les colibris^ les grimpereaux, les huppes et les guêpiers ( fig. 33 , 34 ). On trouve très-peu d'es<« pèces d'oiseaux de cette famille en Europe. Nous ne parlerons que des plus remarquables.
1151. On nomme sittelle ou torehepoi un petit oiseau d'un bleu cendré, à pennes supérieures des ailes brunes, avec uq trait noir sur la joue. Il grimpe sur les troncs des arbres pour y chercher les larves d'insectes, dont il se nourrit principale^ ment : il fait son nid dans les trous qui ont été abandonnés par les pics; mais il en rétrécit l'entrée avec de l'argile qu'il pétrit et qu'il arrange grossièrement, comme les bords d'un vase de terre ; de là le nom de iorehepot, sous lequel on le désigne. U
DfiS OISBAUX PASSEREAUX. 251
n^existc aussi qu'une seule espèce d*aIcyon en Europe : c'est un joli oiseau, d'un bleu brillant et nacré en dessus, roux en dessous. Il se nourrit de petits poissons qu'il saisit en volant à la surface de l'eau, quoique ses ailes soient très-courtes. On le nomme martin^cheur. On a observé beaucoup d'espèces de ce genre dans les diverses parties du monde.
H52. On n'observe pas les todiers en Europe. Ce sont de petits oiseaux d'Amérique, qui se nourrissent, dit-on, d'insectes. Plusieurs sont remarquables par le brillant de leurs couleurs» Les orthorynques ou oiseaux-mouchês ressemblent beaucoup aux colibris, avec lesquels on les avait autrefois réunis; mais ils ont le bec droit (PI. II, fig. 38). C'est dans ce genre que sont placés les plus petits oiseaux connus : on ne les a observés qu'en Amérique; ils pompent, en voltigeant, le nectaire ou le suc des fleurs , à l'aide d'une langue semblable à ceUe des sphinx et des autres lépidoptères; ils font leurs jaids avec du coton , et ne pondent que deux œufs. On en connaît plus de trente espèces. La plupart sont ornées des couleurs les plus brillantes.
1153. Les eolibriê ont les plus grands rapports avec les orthorynques, mais leur bec est arqué (PI. II, fig. 34). Ce sont aussi des oiseaux très-brillants, dont les plumes resplendissent d'un éclat métallique changeant, qu'on ne peut comparer qu'à celui des pierres précieuses : aussi les a-t-on désignés sous le ûom de topazes, améthystes, émeraudes, etc. Les grimpereaux, qui ont beaucoup de ressemblance, par la forme générale du corps, avec les colibris, n'ont point, comme ces derniers, la langue en forme de tube. On en a trouvé dans toutes les parties du monde : ils se nourrissent d'insectes. On en voit plusieurs espèces en France ; l'une d'elles en particulier a les couvertures des ailes d'une belle couleur rose. Ils grimpent très-bien sur les arbres et sur les murailles; c'est même de là qu'on a emprunté leur nom. Les sucriers ou souï-mangas ( mange-sucre ), comme on les appelle à Madagascar, sont pour l'ancien continent les analogues des colibris et des orthorynques du Nouveau-Monde. Ils sont aussi très-richement ornés de couleurs briUantes, dont les teintes métalliques produisent des effets si surprenants, que l'art n'a pu les imiter, et que l'explication de cet effet d'optique