II
t&k DES OISEAUX GRIMPEURS.
dans le gosier. Leur voix est très-désagréable; mais leur plumage est orné des couleurs les plus vives. On en trouve communément deux espèces dans nos bois : le pic-vert , dont la tête est rouge, et Yépeiche, qui est tacheté de noir et de blanc, i^vec Tocciput écarlate. Lesjacamars sont des oiseaux d'Amérique qui ont le bec des pics (PI. III, fig. 4), la langue courte , et la queue comme les torcols. Leur plumage est comme doré ; ils se nourrissent d'insectes ; ils habitent de préférence les forêts humides; ils vivent solitaires, et leur chant est agréable.
1159. On ne trouve dans notre climat aucune espèce d'oiseau de la famille des Lêyirostres; tous sont des pays chauds. On peut, pour la facilité de l'étude, les diviser en ceux qui ont le bec dentelé, et en ceux qui l'ont presque entier. C'est à cette seconde division qu'appartiennent les perroquets et les barbus; dans la première, on a placé les toucans et plusieurs autres oiseaux moins connus.
1160. Rien de plus monstmeux au premier aperçu que les ioucansn dont le bec énorme, dentelé sur les bords, est, dans quelques espèces, quatre fois plus long que la tête (PI. III, ng. 3, réduit d'un tiers); aussi les a-t-on encore nommés touibecê. Ce sont des oiseaux de l'Amérique méridionale, qui vivent en 'petites troupes de huit à dix individus. Leur plumage est très-brillaat, et se distingue surtout par l'opposition des couleurs, comme du noir au blanc le plus pur, du jaune doré à l'écarlate. Comme ces plumes sont très-fines et très-serrées sur la peau, les indigènes en ont fait des fourrures dont ils ornent diverses parties de leur corps, et qu'ils recueillent pour faire des objets d'échange. Les toucans se nourrissent de fruits, principalement de ceux des palmiers; leur langue est divisée sur ses bords comme une plume. On a placé près des toucans les musophages, les couroucous (PI. III, fig. 6) et les touracost oiseaux des pays chauds, qui ont tous le bec dentelé, plus court que la tête (PI. III, fig. 11, réduit des deux tiers).
1161. Les perroquets ont le bec crochu; leur mâchoire supérieure est pointue et dépasse l'inférieure en la recouvrant (PI. III, fig. 1, 2); leur tête est très-grosse. On n'en trouve point naturellement en Europe; ils vivent dans les régions les plus chaudes, principalement en Amérique; leur langue est
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charnue. Ils $e nourrissent de fruits et de semences, qu^ils portent à la bouche avec Tune des pattes. Us marchent mal et lentement; mais ils grimpent parfaitement en se servant du bec. Lorsqu'on les irrite, ils se hérissent. Les perroquets ont une voix très-forte, apprennent à parler, imitent le cri de tous les autres animaux , et tous les sons qu'ils entendent, même ceux des poulies, des brouettes; ils rient aux éclats, pleurent avec sanglots; ilssiftlent, chantent, toussent, éternuent, miaulent, aboient; enfin, comme le dit Linné, ce sont des singes parmi les oiseaux.
1162. On connaît maintenant près de deux cents espèces de perroquets; on les a divisées en six sous-genres. On nomme aras les espèces qui ont la queue très- allongée, étagée, et la plus grande partie des joues nue. On appelle perruches les perroquets à queue longue, étagée, à joues couvertes de plumes ; kakatoès ( fig. 1 ), ceux qui ont sur la tête une huppe déplumes qu'ils peuvent redresser à volonté ; lom, les espèces qui ont des plumes rouges; amazones, celles sur lesquelles les plumes jaunes sont en plus grande quantité; enfin, perroquets , criks onpapegais, les espèces grises ou vertes variées. Lejaeot ou le perroquet cendré est celui qui apprend le mieux k parler; il répète tout ce qu'il entend ; on le trouve en Afrique.
1163. Les barbus, tamatias et barbicans, sont encore des oiseaux qu'on ne rencontre que dans les pays chauds; leur bec est droit, fort, un peu échancré à la pointe , fendu jusqu'aux yeux; leurs narines sont couvertes de poils roides (PI. III, fig. 9). Us se nourrissent d'insectes : on ne connaît pas bien leurs mœurs.
1164. L'ordre des Gallinacés (PI. III), qu'on distingue trèsfacilement de ceux des rapaces, des grimpeurs et des palmipèdes, pourrait être confondu, jusqu'à un certain point, avec ceux des passereaux et des échassiers. Presque tous ont des plumes jusqu'aux talons, et les doigts réunis à leur base par une courte membrane (PI. III, fig. 18); leur mâchoire supérieure est souvent arquée et voûtée : ils avalent leur nourriture sans l'écraser. La plupart, à l'exception des pigeons, pondent leurs œufs sur la terre : leurs petits marchent en sortant de la coque. On les a distribués en trois familles : les uns ne peuvent
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voler, parce que leurs ailes sont trop courtes; on les nomme brévipennes ou brachyptères. Les autres se servent bien de leurs ailes ; mais les uns ont le bec mou à la base, comme les pigeons ou périêtères (i 165) : les autres ont le bec dur, solide ; on les nomme alectrides ou oiseaux de basse-cour (H67).
1165. Les PtRiSTÈRES ou les pigeons paraissent tenir le milieu entre les gallinacés et les passereaux. On les reconnaît à leur bec presque droit à la base, un peu renflé à la pointe, percé à la racine par des narines couvertes d'une peau molle (PI. III, fîg. 16). Ils vivent par couples, font un nid en commun sur un arbre ou dans un endroit élevé, et pondent deux œufs que le mâle couve dans le milieu de la journée, pendant que la femelle pourvoit à ses besoins. Ce sont les seuls oiseaux qui boivent en suçant , et tout d'un trait. Le mâle et la femelle se dégorgent dans le bec. Tous deux vomissent dans Tœsophage de leurs i)etits leurs aliments, d'abord réduits en chyme, puis ramollis seulement, quand les pigeonneaux sont plus forts; c'est ce qu'on appelle engaver. Le chant des mâles se produit principalement dans la gorge; on le nomme roucoulement. Il natt ordinairement un mâle et une femelle de chaque couvée. Ces individus ne se quittent pas : ils s'accouplent le plus souvent au bout de six mois , et font jusqu'à dix pontes par année.
1166. On a trouvé des pigeons dans tous les pays de la terre« On en connaît maintenant près de cinquante espèces bien distinctes, sans compter les variétés du pigeon domestique , dont on nourrit plus de deux cents races, qui se propagent et se perpétuent. Les plus remarquables parmi ces variétés sont : le pigeon de Barbarie, le gros-bec, le biset y le pigeon hirondelle , le noyer, la grosse gorge , le dominicain ou jacobin , le culbuteur, le pattu ou à pieds plumeux. Toutes ces espèces ont le bec allongé, presque aussi étendu que la tcte. D'autres ont un bec court, semblable à celui des passereaux : tels sont ceux qu'on nomme polonais, queue de paon, nonain ou fraisé, qui parait avoir une fraise antique ou une palatine de plumes frisées, redressées sur la nuque et sur le cou ; le pigeon craeate, et beaucoup d'autres. Les ramiers, les tourterelles appartiennent encore à ce genre.