Les hommes de la race du Caucase ont le visage ovale
presque vertical, le nez long, saillant, pointu; les cheveux longs , flexibles , plats , de couleur variable du blond au noir foncé ; leur peau est blanche, leurs joues colorées en rouge ou en rose, et leurs lèvres vermeilles. Le prototype de cette race, ou les plus beaux individus, se trouvent entre TEurope et FAsie, parmi les peuples de la Turquie, de la Circassie, de la Géoi^ie, et chez tous ceux qui environnent le Caucase. Les intermédiaires sont au nord et au midi de TEurope : ceux du Danemarck , de la Suède, de la Hongrie, ont la peau trèsblanche, la taille élevée, les cheveux longs et blonds, l'iris bleu ; ceux.de la Russie, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France, ont en général la peau moins blanche, la taille moyenne, les cheveux et l'iris bruns; les peuples du Midi, comme les Portugais , les Espagnols , les Italiens , ont la peau plus brune, la taille moyenne, les cheveux noirs, bruns ou châtain foncé. Les individus de cette race qui nous paraissent les moins beaux vivent principalement dans les régions du nord de l'Afrique : tels sont les Arabes , les Maures , les Abyssins , les habitants des bords de la mer Rouge, qui ont la peau extrêmement brune, le nez fort large, ainsi que le front; les cheveux noirs , crépus et courts.
1353. La race Hyperboréenne se trouve tout à fait au nord des deux continents, au voisinage du cercle polaire : elle paraît provenir du mélange des Mongols et des Caucasiens. Les peuples du Labrador, des bords de la baie d'Hudson, ou les Eskimaux d'Amérique ; les Thibétains , les Ostiaques et les Kamtschadales, en Asie; les Lapons, les Samoïèdes, en Europe, appartiennent à cette race : leur visage est plat, court, arrondi ; leur nez écrasé; leurs cheveux noirs, courts et plats; leur peau brune.
1354. La population de la race Mongole est absolument inconnue : elle occupe sur le globe un espace mesuré par un arc de soixante-quinze degrés; elle comprend , danslaTartarie, les Mongols, les Mandchoux, les Kalmoucks; en Chine, les Siamois, les Japonais, les Malais; enfin les habitants de la Nouvelle-Hollande et ceux de toutes les îles de la mer du Sud , comme les Moluques, les Philippines, etc. Leur visage est plat et rond; leur nez écrasé, court, épaté ; leurs cheveux noirs ;
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leurs joues saillantes; leur crâne conique ; leur peau est brune ou d'un jaune rougeâtre.
1335. Les Nègres ou les Ethiopiens (Pi. I, fig. 5) vivent naturellement sous Téqualeur, entre les tropiques et dans un espace compris par un arc de trente à trente-cinq degrés : ils se rencontrent dans la zone torride, sur toutes les côtes du sud de TAfrique , depuis le Sénégal jusqu'à la mer Rouge ; aussi les désigne-t-on le plus souvent sous le nom d'Jfricains, Leur front est plat; leur visage oblique, à mâchoires saillantes; leur nez épaté ; leurs lèvres grosses, épaisses, formant un museau ; leurs joues larges , saillantes ; leurs cheveux noirs , courts, fins, crépus comme de la laine, et leur peau noire, pleine, luisante , tendue. Les Cafres et les Hottentots ont le visage plus allongé , triangulaire ; leur peau est olivâtre. Les nègres de Guinée sont les plus noirs; ceux du Congo les plus robustes. *
1336. Les Américains, à Texception des peuples du nord de leur continent, ont en général le visage large, triangulaire; les cheveux noirs, plats , longs et gros; ils n*ont que peu ou point du tout de barbe; leur peau est basanée, d'un brun rouge, comme cuivreux. Ces caractères se remarquent principalement au Mexique, au Pérou, dans le Brésil; mais cette race se mêle et se confond de jour en jour avec TArabe-Européenne.
1337. Indépendamment de ces variétés de l'espèce humaine, qui paraissent jusqu'à un certain point dépendre du climat , et s'être manifestées par les différences physiques que nous venons d'exposer, l'homme en général doit être encore étudié par le naturaliste dans ses haiâtudes principales, qui semblent, en quelque manière , avoir uusbi été déterminées par la nature du climat et les besoins les plus importants de la vie. C'est ainsi qu'on voit Thomme. dans bon état le plus simple . être d'abord chasseur ou pêcheur, devenir successivement pasteur, agriculteur et commerçant et unir ces diverses manières de vivre lorsqu'il est tout à fait civihsé.
1358. La vie de cha»seur ne parait être constamment celle de rhorome que dans les climats où la terre ne produit pas .996ez de végétaux pour alimenter sa famille, ou quand les tra*
vaux de Tagriculture deviennent tout à fait inutiles par Tintempérie des saisons ou par la nature du terrain , comme cela arrive au Canada , en Sibérie , dans les pays glacés et sur les bords stériles de la mer. Ces peuples, accoutumés aux privations, aux fatigues et aux dangers, sont en général sobres, robustes et braves : pour chasser avec plus d*avantage , ils ne vivent qu'en petites troupes , parce qu'ils craignent leur multiplication; ils ne se battent entre eux que pour conserver le grand espace dont ils ont besoin : ils tiennent peu à leur famille; leurs femmes sont leurs esclaves. Toute leur industrie se borne à dresser un arc, à tailler des flèches, à construire quelques huttes, à unir ensemble quelques pelleteries. Ils n'ont de domestique que le chien , et d'aides que leurs femmes, leurs enfants et leurs vieux parents.
1339. Les mêmes circonstances qui déterminent l'homme à ne vivre que de la chasse , paraissent en déterminer d'autres à devenir pécheurs. Ils ne se livrent cependant à cette manière d'exister qu'autant que la mer ou les eaux des fleuves semblent leur offrir plus d'avantages que la terre. Nous retrouvons des exemples de ces habitudes dans les Eskimaux , les insulaires de la mer du Sud et les peuples des côtes sud-ouest de l'Amérique septentrionale 9 dans les Groênlandais, les Samoïèdes, les Ostiaques, les Kamtschadales : leur vie est à peu près la même que celle des chasseui's; cependant, en général, elle est plus douce, et comme ils ont moins de besoins, ils multiplient davantage, ils sont plus liés entre eux; ils se recherchent, ils commencent à se civiliser ; ils ont déjà plus d'adresse; ils construisent des canaux et des pirogues; ils font des filets; les poissons leur fournissent toutes les armes et les ustensiles dont ils ont besoin; les tendons deviennent pour eux des cordages; les arôtes , des aiguilles; les épines des pastenagues et des silures, des moyens d'attaque et de défense; les vessies natatoires des esturgeons, des ustensiles de ménage; les mâchoires des cétacés, des poutres et des murailles sohdes : la graisse supplée à la lumière du jour dans leurs demeures souterraines , etc.
1340. Les peuples ont dû nécessairement devenir pasteurs dans les cUmats tempérés, et surtout quand ils ont pu dompter quelque animal herbivore : or presque tous les habitants du
globe ont obtenu de pareilles conquêtes; les Caffres ont le buffle; les Arabes, le clieval et le cbameau; les Tartares ont'^ de plus que ces derniers, le taureau et le mouton ; les Lapons ont le rhenue ; lés Péruviens, te lama et la vigogne; les insulaires de la mer du Sud , le cochon ; les Espagnols , le mouton ; les Suisses; le bœuf, etc.; mais les peuples pasteurs ne sonj restés dans cet état que lorsque le terrain trop sec ne pouvait être cultivé avec avantage. Par cela môme, et à cause de l'intempérie des saisons , ils ont été forcés de voyager avec leurs troupeaux , de devenir nomades; c'est ce que nous voyons en Laponie , en Afrique, en AraÉie, dacns laTartarie moyenne.
1341. Les pasteurs n'ont ni demeures fixes, ni J)ropriétés de terres ; les troupeaux et les thoses que procure leur échange , leurs dépouilles et les aliments qu'ils fournissent , font toute leur richesse. Leurs prisonniers de guerre deviennent esclaves et veillent sur les animaux; il y a parmi eux des riches et des pauvres , et par suite , des chefs et une sorte de gouvernement. Quelques homnaes vivent du travail des autres , ils emploient leurs loisirs à la culture de l'esprit. C'est parmi eux que commencent la poésie, l'écriture, le calcul, les longues narrations, les contes, les romans. C'est encore à cette richesse de quelque^ uns , à cette mollesse de la vie , qu'on peut attribuer l'origine du despotisme oriental , la cause du grand nombre de femm^ que possède un seul homme , la nullité de celles-ci dans les affaires, et leur servile réclusion.
1342. On voit les hommes se livrer & YagricuUure lorsque lé climat pt la terré le permettent. Cette manière de vivre nourrissant plus d'individus que n'en exigent les travaux , quelquesuns seulement y emploient leurs bras; mais les terres sont des propriétés qui ne se perdent point comme les troupeaux ; de là l'inégalité des fortunes. Les hommes deviennent plus dépendants les uns des autres. Les riches , pour assurer leurs propriétés, se soumettent à un gouvernement dont ils attendent Tordre et la tranquillité. Ils maintiennent la sévérité des lois ; ils établissent entre eux la plus grande subordination ; alors les Ipif sirs et le développement de l'esprit qui en est la suite , prpdui' sent les arts, les lettres et les scienceé. Bientôt l'homme cherche à profiter des besoins de la société dans laquelle il vit; il em^
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ploie tous ses moyens pour satisfaire les siens et ceux des autres, même pour en faire naître successivement de nouveaux; il spécule sur les nécessités. Il est commerçant. Les voyages qu'il entreprend servent à Tinstruction et au bien commun. Malheureusement alors les fortunes mobiliaires s'accumulent et se cachent; les propriétés des terres sont dépréciées : l'homme a moins besoin de ses semblables et de la protection du gouvernement; il devient égoïste mais il n'est plus ici l'objet de
notre étude comme naturaliste.
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TABLE ALPHABÉTIQUE