‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 41 sur 158 · CORPS INERTES. — AIR ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. — AIR ATMOSPHÉRIQUE

un corps très-susceptible de se combiner avec Voxygèrie, un morceau de phosphore , par exemple , il arrive un moment où ce phosphose s'éteint et ne peut plus brûler. L'air dans lequel l'opération a eu lieu a diminué de poids et de volume, et ce qu'il en reste dans le vase, après avoir été lavé de manière à le dépouiller de tous les corps qui peuvent se dissoudre, éteint les matières enflammées qu'on y plonge ; les animaux qu'on force de respirer dans cet air y meurent bientôt étouffés. Voilà pourquoi on désigne ce gaz sous le nom d'azote, c'est-à-dire qui n'est pas propre à la vie des animaux , de sorte que l'air atmosphérique, celui que nous respirons habituellement , est un mélange de deux gaz azote et oxygène. Le gaz azote n'est véritablement distinct des autres fluides aériformes que par des caractères négatifs, ou parce qu'il n'en diffère que par des propriétés chimiques et en particulier parce qu'il ne peut pas se combiner avec plusieurs des réactifs qui font reconnaître les autres gaz -, cependant il joue un très-grand rôle dans la nature , dans des circonstances très-importantes. Ainsi il entre en très-grande proportion dans la composition de toutes les matières animales qui semblent le solidifier et dont il se dégage dans leur décomposition, il se combine avec l'oxygène, en diverses proportions, pour former les acides azotettœ et azotique (477) qu'on retrouve dans le nitre , ce qui l'avait fait appeler gaz mfro^én^ (184) ou producteur du salpêtre. Il se combine aussi avec l'hydrogène ou le gaz ammoniac dit aussi ammoniaque (466) ; avec le carbone il constitue le cyano^^ne ou l'cizoture #de carbone qui est gazeux sous la pression de l'atmosphère, et l'acide hydrocyanique ou prussique , le plus violent des poisons , lequel , lorsqu'il est uni au fer, produit le bleu de Prusse (455).

442. Quoique ces deux gaz, lorsqu'ils composent notre atmosphère , restent ainsi mêlés dans la proportion de quatre cinquièmes d'azote sur un d'oxygène, ils peuvent cependant, dans quelques cas , se combiner entre eux et changer alors de qualités et de propriétés. Il faut pour cela que leurs quantités relatives soient déterminées, et un concours de circonstances qui nous échappent souvent, mais dont la chimie ou l'observation nous ont fait connaître quelques-unes, comme lorsqu'on

GO CORPS INEIITËS. — AIR ATMOSPHÉRl(iCE.

les fait combiner par une compression subite et violente, dans les grandes commotions électriques, ou dans le dégagement pour ainsi dire naissant de l'azote qui se sépare des matières organisées quand elles se corrompent et se putréfient, etc. Nous traiterons de ces composés en parlant des combinaisons des corps simples entre eux, en particulier en faisant connaître l'ammoniaque (166) et l'acide nitrique ou azotique (177).

113. V air atmosphérique éiàni, comme nous l'avons dit, un simple mélange des gaz azote et oxygène dans des proportions à peu près constantes, auxquelles s'unissent quatre à six dixmillièmes d'acide carbonique, d'autres matières gazeuses ou dans un état de division extrême, comme un peu d'eau gazeuze ou en dissolution, d'hydrogène carboné, nous croyons devoir l'étudier ici. Il jouit de toutes les propriétés des gaz (551 , il est incolore, insipide, inodore, pesant, élastique, compressible, ou susceptible d'être condensé, resserré par l'eflet du froid ou de la pression, et raréfiable , ce qui signifie qu'il peut être dilaté par la chaleur, par la diminution de la pesanteur et de la compression. On prouve que l'air atmosphérique, comme tous les autres gaz, contient du calorique au moyen du briquet pneumatique ovl à air. C'est un tuyau, ou un petit corps de pompe en laiton bien calibré, dans lequel on fait entrer brusquement un piston terminé par une cavité dans laquelle on a introduit un petit morceau d'amadou bien sec, qui se trouve enflammé par cette forte et rapide compression.

114. On a reconnu, par des essais comparatifs, que le poids d'une quantité déterminée d'air, à quinze degrés de température, était près de huit cent fois plus léger que celui d'un pareil poids d'eau distillée, élevée au même degré de chaleur. On s'est servi de cette pesanteur de l'air comme moyen de comparaison pour désigner, sous pareils volumes, pression et température, la pesanteur des autres gaz, comme d'une unité de poids ou de pesanteur spécifique. La pesanteur de l'air sur la surface de la terre et des liquides produit un grand nombre de phénomènes^ qui deviennent surtout manifestes quand elle cesse- de s'exercer ; on estime en physique les variations de la pesanteur de l'atmosphère et la hauteur des lieux au-dessus du niveau de la mer, à l'aide d'un instrument qui donne la mesure de ce poids;

Page 1