CORPS INERTES. — AIR ATMOSPHÉRIQUE
c'est pourquoi on le nomme baromètre. C'est un tube de verre d'à peu près trois pieds de longueur , dans lequel on introduit du mercure de manière à ce que l'air ne puisse y pénétrer. On le renverse dans le même but, et avec les précautions convenables, dans une cuvette qui contient et reçoit ce métal liquide : on voit alors la colonne de mercure descendre à peu près à soixante-seize centimètres ou à vingt-huit pouces dans les temps sereins, et sur un point de la surface de la terre correspondant à peu près au niveau de la mer. Car à mesure que l'on s'élève sur les montagnes, la colonne de mercure diminue de hauteur : elle s'élève ou s'allonge au contraire quand on en descend. On connaît même par ce procédé et l'on évalue les élévations ou la hauteur des grands édifices et surtout celle des montagnes , la sérénité de l'atmosphère : l'approche des orages et des tempêtes est aussi indiquée par cet instrument , dont la colonne de mercure s'allonge lorsqu'il doit faire beau temps, et descend lorsqu'il doit pleuvoir (i).
UÂ*. On estime la chaleur de l'air à l'aide du thermomètre (51); son humidité ou sa sécheresse, au moyen de Vhygromètre ou de Vhygroscope; la direction des vents ou les mouvements de translations , les courants de l'atmosphère qui poussent les couches de l'air d'un lieu dans un autre sont indiqués par les anémomètres, vulgairement appelés des girouettes ; toutes ces manières d'étudier les propriétés de l'air atmosphérique sont du ressort de la physique proprement dite. Nous dirons seulement ici que les instruments employés à indiquer les degrés de sécheresse ou d'humidité de l'air sont faits avec des matières dont la forme ou la position change , qui s'allongent ou se raccourcissent ; telles sont plusieurs matières animales ou végétales : les cordes à boyaux,
(0 Dans les baromélres qui sont employés généralement pour les observations, on applique sur la planche qui supporte le tube et dans sa partie supérieure, une échelle divisée par pouces et par lignes. Chaque grande division est partagée par tiers, car les quatre lignes deviennent des degrés. '28 pouces ou 76 cenlimélres correspondi-itl au niveau du mercure ou variable y indiqué ci-dessus. En dessus et successivement se trouve indi({uc : beau temps, beau, fixe et Irèg-gee ou 29 pouces; et plus bas, pluie ou veni, grande pluie, et à '27 pouces, tempête. 11 est rare que, dans nos climats, le baromètre indique quatre lignes en dessous, comme en 1728, ou même à huit lignes au-dessous de tempête, comme on l'a observé le 35 décembre 1821.
6f CORPS INERTES. — DU DIÂMAlfr OU CARBONE.
le parchemin, les cheveux lessivés, les bois, les aigrettes de plusieurs graines, surtout dans la famille des composées ou synanthérées. Enfin nous rappellerons que les anémomètres consisteat en une ou plusieurs feuilles de métal, placées en équilibre et très-mobiles sur un axe, exposées dans un lieu élevé, comme le sommet des bâtiments, aÏQn qu'elles puissent tourner au moindre vent, et indiquer ainsi la direction dans laquelle il souffle.
115. Les corps pondérables simples, qu'on regarde comme des éléments, c'est-à-dire qu'on n'est pas encore parvenu à décomposer et qui sont naturellement à l'état solide, sont distingués, comme nous l'avons dit (77), en non métalliques, appelés aussi métalloïdes ou mëtallomores, et en métaux qui réunissent un grand nombre de caractères communs , mais dont aucun n'est général et par conséquent essentiel; aussi la démarcation entre ces corps n'est-elle pas très-évidente dans l'état actuel de la science ; nous allons donc en exposer l'histoire, dans la série et d'après le tableau (80) où nous les avons précédemment indiqués.
116. Le diamant est du carbone dans le plus grand état de pureté; c'est, comme on sait, une pierre précieuse naturelle dont on fait des bijoux d'ornement très-recherchés à cause de leur éclat brillant, de leur admirable transparence, de leur dureté extrême qui les rend inaltérables, mais surtout, peut-être, à cause de leur rareté. C'est le corps qui résiste le plus au frottement, c'est le plus dur, car aucun ne peut le rayer ni l'user; aussi ne peut-on le polir qu'avec sa propre poussière, qu'on nomme Yégrisé; ne pouvant être entamé par aucune substance. On l'a employé utilement daus l'horlogerie pour soutenir certaines pièces qui pourraient être altérées par un mouvement continu ; pour user, couper, perforer les matières les plus difficiles à rayer : c'est avec la pointe d'un diamant brut, nettement cristallisé, enchâssé d'une manière particulière, que les vitriers incisent la surface du verre pour le casser ensuite sur h ligne droite ou courbe qu'ils ont tracée. On trouve dans la nature le diamant cristallisé sous des formes régulières; les principales sont l'octaèdre (PL I, fig. 5), ou le dodécaèdre rhomboïdal (PL II, fig. 8); mais ces cristaux naturels offrent sur