‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 53 sur 158 · CORPS INERTES. ~ MÉTAUX. COBALT · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. ~ MÉTAUX. COBALT

Le vert de Schéeïe qui est beaucoup employé dans les papiers de tenture est un arsénite de cuivre.

142. On a regardé longtemps comme un métal pur, la combinaison naturelle de Yantimoine avec le soufre , et on désignait le métal qu'on en obtenait, sous le nom de régule. On le trouve oxydé et natif ; le plus souvent uni au soufre, mais on l'isole, on le purifie. On le trouve dans le midi de la France, le Cantal, la Lozère, etc.; c'est un métal bleuâtre, brillant, fragile, lamelleux ; lorsqu'il a été fondu et refroidi lentement, sa surface présente une sorte d'herborisation qu'on a comparée à une feuille de fougère. Le choc du marteau le réduit en poussière; il brûle et s'évapore à un grand feu ; ses vapeurs blanches condensées forment les fleurs argentines , la neige, ou l'oxyde blanc d'antimoine. On emploie l'antimoine allié avec d'autres métaux, auxquels il donne en général beaucoup de dureté ; ainsi avec quatre fois son poids de plomb, il sert à la composition de l'alliage dont sont formés les caractères d'imprimerie. Il donne avec le cuivre, dans la proportion d'un quart du poids , un alliage violet qui se fond plus facilement et prend un beau poli. Dans la proportion d'un tiers avec le fer, l'alliage très-dur qui en résulte fait feu sur la lime qui le racle. Uni àl'étain dans la proportion de dix-huit sur cent, il donne à ce métal assez de solidité pour en faire des cuillers qui sont moins flexibles que si le métal était pur. C'est une sorte d'alliage analogue qui sert aux planches des graveurs en musique. Vémétique^ qui est le tartre stibié ou le tartrate dépotasse anr timonié, provient d'une combinaison d'antimoine avec du tartrate de potasse; le verre d^antimoine, le crocus, le soufre doré, le kermès minéral , le protochlorure ou beurre d^antimoine, l'oxychlorure ou poudre d'algaroth, qui sont des préparations d'antimoine, servent en médecine, et sont des médicaments fort énergiques.

143. Le métal qu'on nomme cobalt est d'un blanc gris irisé, peu brillant ; il agit faiblement sur l'aiguille aimantée; sa cassure est grenue, serrée; il est très-difiicile à fondre. On le trouve ordinairement uni à l'arsenic, au nickel ou au soufre : on n'emploie guère que son oxyde ou sa mine grillée , qu'on nomme safre, pour donner à des matières vitriflables, comme

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la fiiiice et la potasse, une couleur bleue que Ton applique sur la couverture de la porcelaine, de la faïence, ou dont on co* lore le verre ou le cristal dans la gobeleterie , ou pour en faire une sorte d'émail que Ton appelle $maH, lequel, finement pul-» vérisé, porte le nom d'azur, et sert aux blanchisseurs pour donner à certaines étoffes blanches une teinte particulière. Oa le fait aussi entrer dans la pâte de chiffons fins destinée aux papiers à lettres auquel il communique une teinte bleuâtre. Gomme on prépare cet azur par décantation dans Teau , oa distingue la finesse des produits d'après le temps que la pous*sière ast restée suspendue dans l'eau; celui qui se dépose iam la première heure est, par charlatanisme, nommé du premier feu, et ainsi jusqu'au plus fin , qu'on ne recueille qu'à la qua~ trième heure; et qu'on nomme des quatre feux. Dissous dans l'acide hydrochlorique, le cobalt forme une encre de sympa-y thie, invisible tant qu'elle n'est pas chauffée, mais qui, eq exposant le papier ou l'étoffe à une légère chaleur, fait parattrt et disparaître à volonté, avec la teinte d'une belle couleur verW céladon, les caractères ou les dessins qu'on a tracés avec elle. La balle couleur bleue employée en peinture sous le nom do bleu de Tbénard , est une préparation de phosphate de cobalt obtenue par ce chimiste, en faisant calciner ce sel avec dO l'hydrate d'alumine.

144. La bUmuth, qu'on a nommé longtemps étain gHê, ou e'tain de glace, est d'un blanc jaunâtre, et comme formé de lames poUes, si fragiles , qu'elles se réduisent en poussière sous le choc du marteau; il cristallise régulièrement, et avec une grande facilité , en petits cubes irisés à la surface, formant une sorte de trémie creuse ou de pyramide renversée. Quand il est bien pur, il présente la cristallisation cubique par gradins dé» croisisants , ou en escalier formant une pyramide â quatre faces, comii\^ on le voit planche I, fig. 12. Il se fond aussi facilement que le plomb : on le trouve à l'état natif, mais plus souvent oxydé, ou uni au soufre et à d'autres métaux. On en fait de$ alliages avec l'étain et le plomb, auxquels il donne beaucoup de dureté. Ce triple alliage , quoique trèsKlur, devient coulant, et se fond à une chaleur au-dessous de celle de l'eau bouillant^,

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CORK iNERTES. ^ MÉTAUX. CXJIVBE. 8:^

se fondent à ane température telle qu'elle pourr&tt faire édater les générateurs des machines à vapeurs. On l'emploie pour faire des moules dans Tart du fondeur, et dans les injections anatomiques. Son oxyde entre dans la composition des émaux blancs, ainsi que dans les couvertes de porcelaine et de faïence. Mêlé à Toxyde d'or, dans la proportion d'un quinzième, il sert dîms la peinture sur porcelaine, en rendant l'or plus lusible, et en le ûxant ainsi sur les couvertes de ces sortes de poterie* Celui qui est pi*écipité de l'acide nitrique et bien lavé, produit le hia'M de fard ou le magistère. C'est un sel que les chimistûs désignent sous le nom d'oxyde hydraté ; on l'emploie en médecine avec succès dans certaines dyspepsies ou dans des digesrtions difficiles.

145. Tous les métaux que nous venons d'étudier, depuis l'arsenic, ne pouvaient être allongés, ni sous le marteau, ni goufi; le cylindre; de sorte qu'on les connaît peu sous leur état mé* taliique, n'étant employés que dans les arts. 11 n'^ est pas de même des deux qui vont suivre, dont l'usage est universeL C'est le cuivre et- le plomb. Nous traiterons ensuite tnmsiloirement des autres métaux que la chimie seule a fait connaître» et qui sont le nickel, le tellure, le titane, l'urane , le cérium, le colombium, le tungstène, le chrome, le molybdène (150)*

146. On appelle cuivre un métal rougeàtre, presque aussi ductile que l'argent, extrêmement sonore, plus brillant que l'étain, susceptible d'un beau poli, mais qui se ternit promptement à l'air, parce qu'il est attaqué par tous les acides et par l'eau. 11 exhale, quand on le frotte, une odeur particulière fort désagréable, qui adhère aux doigts et qui est analogue & sa sa* veur. Le cuivre est fusible à 27 degrés du pyromètre de Wedgv^ood; il produit, en se brûlant, une flamme de couleur vert bleuâtre. Il est très-tenace et malléable à chaud et à froid; presque tous les acides s'y unissent en Toxydant, et forment avec lui des sels vénéneux ; cependant l'acide oxalique ne dissout guère que ses oxydes. 11 s'unit également avec un très* grand nombre de métaux pour former des alliages. C'est peutêtre à cause de cela qu'il. était désigné sous le nom de Fénu$ par les alchimistes. On trouve le cuivre natif en grains et en lames ou petites v^inos ramifiées dans la gan^ie; le plus sou^

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