CORPS INERTES. —MÉTAUX. FER
le carboae, il ee trouve dans la fonte ou gueuse et dans Taeier (154) ; il se joint aussi à Tarsenic , ou fonnant des sels : c'est ainsi qu'il se trouve uni à beaucoup d'acides. Les alchimistes Font désigné sous le nom de Man,
154. Aucun métal ne présente pour sa réduction autant de difficultés à rbomme que celui-ci. Lorsqu'on ledésoxyde il s'u* nit aussitôt avec le carbone , forme une masse fusible qu'on nomme fer de fonte ou fer de gueuse ou fer coulé. U est alora très-cassant; il faut Taffîner, ou lui enlever ce carbone et le peu d'oxygène qu'il contient, i l'aide d'un grand feu et par l'actioa des marteau?^ qui le frappent et resserrent davantage ses molé^ cules en lui communiquant ia ductilité qui fait le mérite du fer forgé f battu, ou affiné. Dans cet état il s'amollit bien au feu» mais il ne se fond plus qu'autant que la température en est ex** cessivement élevée, ou à moins qu'on ne lui fournisse du car** bone* Avec cette addition il forme ïacier naturel, quand il contient beaucoup de fer; la combinaison du charbon avec le fer produit l'acier cémenté et sert à former beaucoup d'instruments tranchants. On en obtient un autre par divers procédéii et tel est celui qui porte le nom d'acier fondu, qui est préféré pour la coutellerie fine, l'horlogerie, la bijouterie, car il peut recevoir le plus beau poli. On désigne sous le nom de plomba^ gine graphite (S17) ou crayon noir, quand cette sorte d'alliage contient peu de fer et beaucoup de charbon, c'est-à-dire quand c'est du fer carburé. On le nomme improprement mine de plomè (217). On le £ait maintenant d'une manière artificielle , c^o de l'obtenir plus {Hir, et pour lui donner plus ou moins de dureté, suivant les usages auxquels on le destine.
155. On ne peut remplacer le fer par aucun des métaux. On l'emploie sous les trois états de fonte, de fer battu et d'acier pour donner la forme à tous les autres. Ses usages sont si nombreux, qu'il n'est aucun artisan qui n'en ait le besoin le plua absolu. Ses oxydes , tels que le vitreux ou les paillettes de fer et l'aimant, sont d'une grande nécessité dans plusieurs arts, ainsi que les sels qu'il forme, tels que le sulfate appelé vulgairement couperose ou vitriol vert^ qui est, sous ces trois noms, la base de l'encre à écrire et (295) de toutes les teintures noires, à l'aide de l'infusion de noix die galle ou de tout autr^ principe a^*
GOBPS WEBTES. -^ MANGANESC. H
trtngent; leyrussiate de fer est un sel qu*on nomme maintenant hydrocyanate, et qui donne le bleu de Prusse dont on se sert en peinture, principalement dans celle en détrempe, et dans la teinture. Cette belle couleur s'obtient par des procédés chimiques , qui consistent dans la calcination d'un mélange de potasse avec des matières animales, comme des rognures de corne et des grumeaux de sang desséchés ; la matière obtenue est lavée , filtrée , et Ton verse dans cette eau une partie de cou* perose verte et deux d'alun , qui produisent un précipité qu'on lave jusqu'à ce que la couleur devienne d'un beau bleu.
156. Il est difiicile de voir le manganèse pur ou le man^an^mm soussa forme métallique, carilsebrûle ou se combine avec l'oxygène aussitôt qu'il est en contact avec l'air. Quand on l'a réduit, on le tient sous l'huile : il est alors d'un gris blanc, très^ur et très-cassant. On le trouve principalement dans la nature, mais il est impur; le plus souvent sous forme d'oxyde et c'est ainsi qu'on l'exploite dans quelques contrées de la France, dans les environs de laRomagne et de Périgueux, sous forme d'oxydes à différents d^rés, dont les couleurs varient, mais qui donnent au verra en fusion, avec lequel on les unit à l'aide du borax, une teinte violette ou purpurine, ainsi qu'aux émaux et aux couvertes de poteries. Quand cet oxyde est ajouté au verre en proportions convenables, il le rend plus transparent; c'est ce qui l'a £ait désigner sous le nom de savon des verriers. On retire aussi du bioxyde ou peroxyde de manganèse de l'oxygène par le seul effet de la chaleur. On l'emploie encore pour obtenir le chlore en décomposant l'acide hydrochlorique ou chlorhydrique par le procédé que nous avons indiqué (iâ4).
157. Les minéraux qui nous restent maintenant à étudier ne se rencontrent pas dans la nature à Tétat simple ou élémeU"» taire. Leurs principes sont combinés au moins deux à deux. La plupart sont des corps simples brûlés ou unis à l'oxygène; mais quelques autres résultent de la combinaison de deux corps simples entre eux. On les nomme, comme nous l'avons dit (79), les alcalis, les terres , les oxydes et les acides. Ils ont été dé» composés par la chimie qui y a trouvé des matières brûlées, lesquelles ont a^cquis par cette oxygénation des propriétés nouvdîgs et des qualités qui les earactérisent.
158. Ainsi les alcalû (79, 151) sont solubles dans Teau; ils verdissent les sucs de la violette et la plupart des couleurs bleues végétales; ils rougissent la teinture jaune du curcuma; ils se combinent aux acides et les neutralisent en formant des sels ; la plupart sont des oxydes métalliques. Tels sont la potasse (162), la soude (165), la baryte, la strontiane (164) et la chaux (165), qui sont des oxydes métalliques ainsi que quelques autres alcalis moins connus. On range aussi avec les alcalis l'ammoniaque (166), qui est un gaz provenant de la combinaison du gaz hydrogène avec Tazote ou un azoture d'hydrogène.
159. Les terres (106, 151, 167) sont aujourd'hui regardées par les chimistes comme des oxydes de métaux, quoiqu'on ne les ait pas tous réduits à Tétat de pureté. Elles n'ont aucune des propriétés des alcalis ni des acides avec lesquels elles se trouvent combinées dans la nature, ou par l'art qui peut aussi les extraire ou les oxyder : telles sont la silice (Î67), l'alumine (168), la magnésie (169) et plusieurs autres moins connues (170).
160. Les oxydes (171) sont analogues aux terres parleurs propriétés générales; mais tous ont été et sont facilement décomposés. On a reconnu que la plupart étaient des corps brûlés ou combinés avec l'oxygène , mais les chimistes ont pu observer différents états d'oxygénation. Ainsi ils les nomment protoj?ydw, deutoxydes, tritoxydes, peroxydes, suivant la quantité d'oxygène absorbé dans un cas, ou restitué dans l'autre par les métaux, ou suivant que le métal est en plus ou moins grande quantité dans l'oxyde en changeant la terminaison en ique et enetij?, comme oxyde ferreux, -ferrique, manganeux, manganique. On les désigne par les noms des matières combustibles qui en sont la base. Tels sont l'eau (172) ou l'oxyde d'hydrogène, et tous les oxydes métalliques, qu'on nomme vulgairement chaux de métaux ou métaux calcinés.'
161. Enfin les acides qui sont, pour la plupart, dans le même cas que les oxydes. On les reconnaît à la propriété qu'ils ont de rougir presque toutes les couleurs bleues des végétaux, et de ramener au jaune celle du curcuma, qui aurait été rougie par l'action d'un alcali. On les distingue à leur saveiu* aigre, et parce qu'ils perdent leurs qualités pour en prendre d'autres, lorsqu'ils se changent en sels, en se combinant avec les oxydes
et les alcalis. Ceux-ci formant la bcue des sels, ou les bases saliûables, et l'acide leur radical, nous étudierons particulièrement parmi les acides, le nitrique ou azotique (177), le carbonique (178), le sulfurique (179), le phosphorique et le borique (180).
162. La potasse est évidemment Toxyde d'un métal qui a tant d'affînité pour Toxygène, que quand on Ta obtenu pur, il faut le soustraire au contact de Fair et de tous les corps qui contiennent Toxygène, même en combinaison intime, car il en est si avide, qu'il les décompose à l'instant : voilà pourquoi on ne trouve jamais le potcusium pur dans la nature. Ce métal, qu'on obtient par les procédés chimiques, et que jusqu'ici on n'a pu conserver que sous l'huile de naphte bien purifiée, est très-brillant, très-fusible; il a la mollesse de la cire, et il est presque aussi léger que cette substance ; il nage à la surface de l'eau, qu'il décompose presque aussitôt en y brûlant avec flamme. Il se volatilise sous forme de vapeurs vertes. On Ta obtenu d'abord, en 1807, par l'action de là pile voltaïque, en l'alUant ou l'amalgamant aussitôt avec le mercure, puis en distillant cet alliage ; mais depuis, on le produit en plus grande quantité à peu près par le même procédé qui avait servi à l'analyse de l'eau ou à la démonstration de sa composition, par la décomposition et le débrûlement de la potasse, à l'aide de l'action combinée du feu et des tournures de fer. La potasse, dont on extrait ce métal, est elle-même tirée des cendres des végétaux, c'est un carbonate; mais elle njy est pas pure; il faut la séparer d'autres sels et de quelques matières avec lesquelles elle était combinée. On se sert en particulier de la chaux vive pour obtenir la potasse dans l'état où elle jouit de toutes ses propriétés. On la nomme hydrate de protoxyde de potassium ou pierre à cautère. Quand elle est desséchée, elle est solide, inodore, d'une saveur acre, très-caustique. Elle dissout la plupart des matières animales. Exposée à l'air, elle en absorbe toute l'humidité, elle se fond, s'unit à l'acide carbonique. Dans l'état à peu près pur, elle s'unit aux graisses et aux huiles pour former les savons^ et en particulier, avec les huiles communes, les savons mous qui sont naturellement jaunes, mais que l'on verdit par l'addition de quelques matières bleues; elle entre
H COUPS miSRTES. ^ ALCALIS.
ônm la composttion de beaucoup de seb employés tris^itilemeut daûs rindnstrie : en particulier de Falun , de Tazotate dit salpêtre, dans la poudre à canon, du verre avec le silex. C'est j^incipelement soos la forme liquide de sous^arbonate impur que cet alcali est employé pour les lessives et par les peintres barbouilleurs pour nettoyer ou dégraisser les boiseries, ainsi que par les chaudronniers, sous le nom d'eau seconde.
iés. L*histoire de la soude est à peu près celle de la potasse. Dans son état de pureté , c*est aussi Toxyde d'un métal que leâ chimistes ont nommé sodium. Sa couleur est plus grise, il est moins volatil et moins fusible que le potassium, et il ne s'enflamme point à la surface de l'eau, en la décomposant instantanément et en mettant le feu à l'hydrogène qui s'en dégage. La soude ne se rencontre jamais pure , elle est unie à l'acide carbonique ; et, dans cet état, le sel, au lieu d'être déliquescent, comme celui de la potasse, est au contraire sec. Il se boursoufle , blanchit ; il perd son eau de cristallisation et s'effleurit. On l'obtient, pour le commerce, par la décomposition du sel marin, on chlorhydrate de sodium, par l'incinération des plantes qui végètent dans le voisinage de la mer ou dans l'eau talée ; en particulier des diverses espèces de soudes (586) ou de varecs (S65). Le carbonate de soude impur se trouve aussi naturellement à la surface de la terre, par suite du dessèchement des eaux de certains lacs; on le nomme alors natron. Tels sont ceux d'Egypte et de Hongrie. C'est avec la soude rendue caustique à l'aide de la chaux et de l'eau qu'on nomme lessive des savonniers, qu'elle est dans les arts combinée à l'huile d'olives, de sésames et quelques autres, qu'on obtient les savons durs de Marseille et de Naples. Elle entre aussi dans la fabrication du verre. Elle est employée pour le dégraissage des étoJBfes, et dans l'art du teinturier.
164. Le nom de baryte signifie lourd ; cet alcali est en effet très-pesànt. On ne le trouve jamais pur dans la nature. Il est même difficile de l'obtenir et de le conserver sous cet état. On l'extrait par l'art des sels terreux qui le contiennent et qui sont des sulfates ou des carbonates insolubles. Dans son état de pureté la baryte est solide, poreuse, d'une couleur grise. Elle a été décomposée par les mêmes procédés physiques que la po-
tâ880«lla soude, etonareccmnuqu'dleétaitrax^cUfâ'oii méM ^'oii a nommé baryum,- mais on est ensuite parfenu à robtenir en pli» grsmde quantité à l'aide du mélange d'un tiers de gaz oxygène et de deux de gaz hydrogène , dont la llamme est dirigée par le chalumeau de Newman (82) contre la haryte placée but un support de charbon ou de plombagine* Le baryum est un Téritable métal ductile , qui ne se îcmd qu'à une teni^ pérature rouge; il n*est pas Tolatil, il brûle en répandant une lumière rougeàtre; il décompose Teau en ladébrûlant^ etii redcTimit de la baryte ou du protoxyde de baryum : combinée ayec de l'hydrogène, c'est une sorte d'hydrate. La baryte esl un réactif trè&-important pour la chimie; elle s'unit à tous les acides et les sépare, quand ils sont des sels, de la base à laquelle ils étaient combinés, en s'unissant ainsi à leur radical. La baryte se dissout à froid dans Tingt fois son poids d*eau distillée, Ot dans deux parties à chaud. Elle forme une sorte de Terre lors^ qu'elle est fondue avec la zircone, la silice ou l'alumine; elle n'est pas encore employée dans les arts, parce qu'il est trop dispendieux de l'obtenir pure. Lorsqu'elle est prise à l'intérieur, c'est un poison. -- La êirontiane a 1^ plus grands rapports aTec la baryte; mais unie arec ^ acides , elle produit d'autres sels. C'est aussi un oxyde métallique dont le principe a été nommé strontium. Pour l'obtenir pur et le séparer des acides sulfurique et carbonique qui en font un sel pierreux insoluble, on dissout ces pierres dans l'acide nitrique, puis on décompose le nitrate par la chaleur. La strontiane combinée avec des acides, ou sous Fétat de sels solubles , coloi'e en rouge la âamme de l'akool , et tes sels qu'elle forme ne sont pas vénéneuiit.
165. Les chimistes ont prouté que la ehauDC était aussi tm oxyde métallique alcalin ; et ils ont nommé ealûium la substance simple qui la produit, en se combinant atec Foxygène. On l'a obtenu en décomposant la chaux par l'action de l'électricité YOltaîque^ et en mettant aussitôt le métal en contact atec le mercure auquel il s'allie; puis, par Faction de la chaleur, on a volatilisé le mercure , et on a pu observer le calciam. La chaux elle-même, quoique très-abondante dans la nature, ne s'y trouve Jamais pure, parce qu'elle se combine avec un acide qui se raicCTln partout dans l'air; et c*est sous la Ibmie d'un sel
pierreux qae nous la trouvons dans les pierres à bâtir» dans la craie, dans les marbres. Pour l'avoir pure, il^uffit de chauffer fortement ces pierres de manière à faire rougir toute la masse afin de vaporiser Facide. C'est en quoi consiste Fart du chaufournier. Par ce procédé , on l'obtient sous la forme de liasse blanche plus ou moins grise, d'une saveur acre, désagréable, ayant toutes les propriétés des alcalis. C'est ce que l'on nomme de la chaux vwe. Abandonnée à l'air libre, elle en absorbe l'humidité et l'acide carbonique; elle s éteint, comme on dit, elle perd sa causticité, elle devient pulvérulente et blanchit. Arrosée d'eau, elle l'absorbe, la solidifie ; alors le mélange s'échaufie rapidement, se fendille, éclate. La chaux pure est dissoluble dans l'eau eh petite quantité; mais elle s'y suspend et ne tarde point à se précipiter, en se combinant avec l'acide carbonique ; unie à l'alumine et à la sitice, la chaux devient la base des mortierê et des ciments, pour former un enduit très-solide qui s'oppose aux infiltrations de l'eau dans les bassins qui la contenaient mal, sous forme de chaux éteinte, et combinée avec l'eau. On nomme chaux hydraulique une sorte de calcaire marneux, lequel, traité par le feu, fournit une poussière qui absorbe de l'eau sans s'échauffer beaucoup et qui forme Une pâte qui se durcit sous l'eau. On lui donne beaucoup de solidité lorsqu'il se trouve du sable ou de la silice avec de l'alumine : c'est alors un des meilleurs mortierê ou ciment et on le nomme béton. La chaux hydratée est employée dans les tanneries pour détacher les poils des peaux et pour les faire gonfler, avant de les placer dans les cuves avec l'écorce de chêne pulvérisée. Unie avec la potasse et la soude carbonatées liquides, celles-ci deviennent caustiques et propres à la fabrication des savons (162) ; par la même propriété , elle rend les lessives de cendres plus actives pour la dissolution des corps gras; c'est pour cela qu'on l'emploie dans le blanchissage du Unge.
166. Nous plaçons à la suite des alcalis une base salifiable qui n'est pas un corps brûlé ou oxygéné, mais le résultat de la combinaison des deux gaz hydrogène et azote : c'est l'azoture d'hydrogène ou Y ammoniaque. On a nommé ainsi ce gaz parce qu'on l'a obtenu par la décomposition du sel ammoniac, à l'aide de la chaux vive, ou privée d'acide carbonique. Or,
comme ce sel, susceptible d'être volatilisé par le feu, est composé d'un acide radical et d'une base, la chaux s'emparant du radical qu'elle fixe, le gaz s'échappe de l'appareil. Il a toutes les propriétés physiques des gaz; il est incolore, très-caustique; mais il s'unit à l'eau qui , alors , prend aussi les caractères des alcalis; aussi l'a-t-on nommé alcali volatil , esprit de sel ammoniac. On est parvenu dans ces derniers temps, à l'aide d'un très-grand froid artificiel et de la compression, à liquéfier ce gaz et même à le solidifier; c'est une sorte de glaçon transparent qui ne laisse dégager aucune odeur. Ce gaz tend continuellement à s'échapper de l'eau ; lorsqu'il est exposé à l'air libre , il porte alors une odeur acre, piquante, excitante, qui agit sur les yeux en même temps, et qui le caractérise. Ce gaz s'unit à presque tous les acides et hydracides; il les neutralise en formant avec eux des sels qui sont pour la plupart solubles; c'est ce qui l'a fait employer avec succès pour absorber le gaz acide carbonique dans l'estomac de quelques animaux qui digéraient mal. On a décomposé ce gaz dans l'eudiomètre à mercure de Voila, à l'aide d'une action très-lente et prolongée du gaz oxygène, qui produit de l'eau et dégage de l'azote et aussi par l'analyse, au moyen de la chaleur et de fils métalliques chauffés fortement dans un tube de porcelaine , et on l'a reproduit par la synthèse, à l'aide de l'action électrique; on a reconnu parla qu'il était formé de trois volumes d'hydrogène, et d'un seul d'azote, mais condensés de près de moitié. L'ammoniaque gazeuse ne se rencontre pas isolée dans la nature; on l'extrait des sels qui la contiennent. Sa formation s'opère quand les matières animales se putréfient, c'est-à-dire quand leurs éléments se séparent. C'est d'après cette découverte qu'on est parvenu à se procurer de l'ammoniaque et surtout du chlorhydrate d'ammoniaque en très-grande quantité et à fort peu de frais. L'ammoniaque est employée comme réactif dans les laboratoires de chimie; les dégraisseurs s'en servent quelquefois pour raviver certaines couleurs des étoffes, comme les teintes violettes sur la soie, quand elles ont été rougies récemment ou altérées par des fruits acides , ou pour enlever à la superficie quelques taches graisseuses; elle sert en médecine, soit pure, soit unie aux acides, en particulier au carbonique , c'est le sel volatil dit
W CORPS »8IITB9. - fEMIBS. ALtmiNB.
d'Angleterre ; à Facétique, c'est Yeêprit de Mindéreniê; quand rammoniaque est combinée avec Tacide hydrochlorique , c*est le sel ammoniac ; enfin , quand elle est unie aux corps gras sous forme de savon , elle produit un caustique très-actif qu'on met en usage pour produire promptement des vésicatoires.
167. Parmi les oxydes presque irréductibles, qu'on nomme tBRRES, la iilifê est des plus remarquables. Son nom lui vient des silex ou cailloux, dans lesquels on Ta d'abord reconnue. Les diimistes se sont assurés que ce n'était pas un corps simple^ mais qu'on pouvait en retirer un élément qui semble avoir beau* coup d'analogie avec les métaux et qu'ils ont placé parmi les métalloïdes ou métallomores; ils l'ont appelé êilicium (78). La silice est préparée par la chimie, ou tirée du cristal de roche pulvérisé , dans lequel elle est à peu près pure. Elle se présente comme une poudre blanche , sèche, aride, insipide, inodore, rude au toucher, et si dure, qu'elle raye et use tous les métaux. Cette matière oxygénée semble remplir dans la nature et dans les arts le rôle d'un acide. Elle n'est pas soluble dans l'eau, et très-difficilement fusible au plus grand feu , à moins qu'elle ne soit unie à quelques substances , et particulièrement aux alcalis, avec lesquels, en particulier avec la soude et la potasse; elle forme du verre, aussi a-t-on quelquefois nommé la silice terre vitriftable. C'est alors un sel solide, insoluble, qu'on regarde comme un êilicate\ on en compose, à l'aide d'un trèsgrand feu, le crown-glass ; c'est un verre sans couleur qui ne contient que du silicate de potasse avec très-peu de chaux et d'alumine. Le verre dont on fait des cristaux artificiels , devient du cristal, quand on y joint de l'oxyde de plomb. Le verre vert ou à bouteilles est un silicate de soude et de potasse. Combinée avec l'alumine, la silice devient, par l'action du feu, la base des meilleures poteries, et surtout de la porcelaine. Cette terre se trouve très-abondamment dans la nature, comme nous le verrons par la suite (207). Elle constitue la plupart des pierres très-dures, comme la pierre à fusil , le sable pur, les grès, les pierres meulières, les quartz, les agates, etc. (200).
168. C'est dans les argiles (207) et l'alun que se rencontre Y alumine ou Y oxyde d'^aluminium ; mais dans les premières, celte terre est combinée avec d'autres ; et dans le second, elle