CHAPITRE VIII
De la méthode naturelle en botanique.
427. Nous venons de voir, par des exemples , que les systèmes sont des moyens imaginés pour parvenir facilement à la détermination du nom des plantes. Ces procédés ressemblent toujours à une sorte d'échafaudage, dont les pièces deviennent inutiles quand une fois on est arrivé à connaître le genre auquel l'espèce doit se rapporter; mais quelques-uns de ces systèmes, et en particulier l'analyse, peuvent être commodément appliqués à la méthode naturelle qui, n'empruntant pas constamment les caractères des mêmes parties, range tous les végétaux dans un ordre tel, que ceux qui se conviennent par le plus grand nombre de rapports se trouvent nécessairement groupés et réunis en familles. Nous allons essayer d'exposer l'histoire et les principes de cette méthode naturelle.
428. Césalpin, médecin italien, publia, en 1585, la première miéthode de botanique : il distribua en quinze classes les huit cents plantes parvenues à sa connaissance, en considérant successivement la disposition^ de Tembryon et la structure du fruit. Morison, médecin écossais, perfectionna un peu cette méthode, en ajoutant à l'étude du fruit celle du port de la plante et de la forme de la fleur. Rai, prêtre anglais, publia à peu près dans le même temps, en 1682, une méthode dans laquelle les caractères sont tirés de diverses parties des plantes; et si Tournefort s'était moins exclusivement attaché à la considération des corolles ou des parties extérieures des fleurs, sa méthode eût été moins systématique, et par conséquent plus naturelle. Linné en avait indiqué quelques aperçus, de 1757 à 1751, lorsque Adanson, naturaliste français, publia, en 1765^ ses Familles des plantes, au nombre de cinquante-huit, qui comprennent seize cent quinze genres disposés dans l'ordre qui lui parut le plus naturel.